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EAN : 9782081471924
192 pages
Flammarion (08/01/2020)
3.51/5   451 notes
Résumé :
«Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour.»

Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose la question de l’autre et ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (107) Voir plus Ajouter une critique
3,51

sur 451 notes

« Il dit que Paul me déteste, qu'il se roule par terre, qu'il me hait. Je vais chez eux. Mon fils se roule par terre. Il me hait. »

Le livre porte sur le délitement d'une relation, celle d'une mère et de son fils.

Les causes en sont multiples. Il y a le père de l'enfant qui, à tort ou à raison, se persuade de la toxicité de son ex-femme, et met tout en oeuvre pour l'empêcher de voir Paul. Il y a la société entière, institutionnelle et civile, — nous tous, en somme — qui, encore passablement empêtrée dans des représentations fausses et périmées de la maternité, se crispe face à une femme ayant opté pour une existence marginale qui claque comme un bras d'honneur. Et il y a la mère qui, pour vivre une vraie vie, une vie d'ascète dépouillée à l'extrême, et non plus « une vie lamentable », est prête à payer le prix fort. Cette vie, elle l'a choisie, elle n'y renoncera pas. Car y renoncer, c'est mourir. J'ai pensé à Anna Karénine. Elle aussi doit renoncer à son fils unique et adoré. Elle aussi est maudite par le père de l'enfant, stigmatisée, marginalisée. Elle aussi lutte pour ne pas sombrer dans la folie. Il existe cependant une différence de taille entre les deux femmes : leur motivation n'est pas la même. Anna quitte tout pour l'amour d'un homme, Constance quitte tout pour l'amour de la liberté. Anna cherche son salut en l'autre, Constance cherche son salut en elle et en elle seule.

Constance Debré fait de sa vie — de sa nouvelle vie — la matière de ses livres. Comme Annie Ernaux dont elle pourrait reprendre à son compte cette phrase tirée du Jeune homme : « Si je ne les écris pas, les choses ne sont pas allées jusqu'à leur terme, elles ont été seulement vécues ». Ou comme Angot, en moins obsessionnel. En moins redondant, aussi. Quoique des redondances, il y en a peut-être d'un livre à l'autre, mais si tel est le cas, ça ne m'a pas gênée. Peut-être parce que je n'ai lu que deux de ses livres, je ne suis pas encore lassée. Je suis loin d'être lassée en réalité, très loin. Je suis au contraire et à ma grande surprise incroyablement intéressée, limite envoûtée. Fascinée par cette langue âpre et crue qui va à l'essentiel. À l'os. Il faut être très attentif avec une telle langue parce que sa simplicité peut masquer aux yeux du lecteur distrait sa profonde richesse. Un peu comme un haïku. C'est tellement dénudé, un haïku, qu'il est parfois difficile d'en saisir toute la beauté, toute la signification. Avec Constance Debré, j'ai été parfois déroutée, pressentant que je n'appréhendais pas dans leur totalité les implications de ce que je venais de lire.

Un exemple : son ex-mari réclame la garde exclusive de leur fils, la déchéance de son autorité parentale, et l'accuse, entre autres choses, d'inceste, ce qui suscite ce commentaire grinçant de l'intéressée :

« Ça claque, l'inceste. Un vrai crime de mec. Presque une reconnaissance pour une meuf. »

Au-delà de son air bravache que veut nous dire cette phrase au juste? Elle est choquante cette phrase, ça c'est indubitable. Parce qu'elle transforme une accusation gravissime en une sorte d'hommage. Mais si elle n'était là que pour choquer, ça ne serait pas très intéressant. Dix pages plus loin, le sens sous-jacent s'éclaire un peu :

« Ce qui m'intéresse dans l'homosexualité ce n'est pas les filles que je baise, c'est la fille que je deviens. Avec les hommes il y avait toujours une limite, ici j'ai tout l'espace que je veux, il me semble que je peux tout faire. »

Il y a d'autres indices bien sûr : les fringues, les tatouages, la coupe de cheveux, une manière d'être au monde. Bref, la lumière s'est enfin faite dans mon esprit : ce qu'elle veut Constance Debré, c'est être un mec. Et pourquoi elle veut être un mec? Pour les potentialités que cela lui ouvre. Je me suis souvenue d'une interview donnée par la romancière Belinda Cannone dans laquelle elle explique choisir pour ses romans des personnages principaux masculins en ce qu'ils peuvent porter, contrairement aux personnages féminins, des problématiques universelles. le masculin, c'est le neutre. Je pense que c'est la même motivation à l'oeuvre chez Constance Debré, mais elle, ça n'est pas dans ses livres qu'elle veut être un mec, c'est dans sa vie : vivre et se comporter en mec, c'est briser le carcan qui assigne les femmes à une place contrainte, c'est être pleinement libre.

J'ai également pensé à Coleman Silk dans « La tache » de Philip Roth ou à Stella Vignes dans « L'autre moitié de soi » de Britt Bennett, deux personnages dont l'origine afro-américaine les condamne à une existence aux perspectives limitées, mais qui ont la particularité d'avoir la peau très claire. Aussi, Coleman et Stella choisissent-ils de changer d'identité et de devenir Blancs.

C'est incroyablement dur et exigeant de renoncer à une part de son identité, de renier tout ou partie de son passé. Il faut une volonté et une discipline de fer :

« Alors je nage tous les jours, je ne réfléchis même plus. Je le fais et puis c'est tout. C'est ma discipline, ma méthode, ma folie pour échapper à la folie. (…) C'est mon contrat avec moi-même. Mon seul engagement. Une question de vie ou de mort. le jour où j'arrête je tombe. (…) Chaque jour je me sauve. Bien sûr il faut recommencer le lendemain. »

Et bien sûr, ca ne suffit pas toujours :

« Avant je ne les voyais pas, je n'avais pas remarqué comme ils étaient nombreux, comme ils étaient partout, les enfants, toutes les sortes d'enfants, toute la gamme, les bébés, les trois-quatre ans, les six-huit, les dix-douze. J'ai l'impression qu'ils sont là pour moi, pour me narguer, un coup des dieux qui veulent se moquer de moi, me rappeler ce que j'arrive à peu près à oublier à force de discipline, me dire qu'elle sert à rien ma discipline, mes longueurs de piscine et toutes ces filles que je vois. Je fuis les enfants comme s'ils étaient des bombes à fragmentation, comme s'ils allaient m'exploser à la gueule, cribler mon corps de petits morceaux de métal coupant. »

La liberté, la vraie, celle où on est seul, sans attaches, dépossédé, pas celle que nous choisissons généralement et qui comporte plus ou moins de compromis, plus ou moins de faux-semblants, de grands et de petits attachements, est à ce prix. Mais ça vaut le coup, nous dit Constance Debré.

« Alors oui comme ça, sans filet, marcher sur les toits, ça me plaît. (…) Peut-être qu'il ne vaut pas lourd mon romantisme à deux balles. Mais c'est comme ça. La vie tout confort et les frigos pleins, ça me donne envie de crever. »

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Le titre est en complet décalage avec le vécu de l'héroïne, Constance Debré qui a peu d'amour à donner et, de fait, elle n'en reçoit quasiment pas. Pourtant, même si elle s'est mise aux filles après la séparation d'avec son mari, elle ressent un manque de son fils qu'elle ne peut voir car le père a verrouillé toutes les possibilités de rencontre, aidé par les lenteur judiciaires.

Alors, elle essaie, durant des années, de garder le contact avec cet enfant qui grandit, qu'elle finit par voir très peu, puis plus du tout, admettant finalement que le besoin maternel qu'elle ressentait finit par s'éteindre.

Tout au long du roman, elle a deux activités nécessaires : nager et baiser des filles. La première la détend, la déstresse, lui forge un corps épanoui et séduisant. La deuxième finit par la lasser même si elle passe de l'une à l'autre en redoutant tout attachement et surtout toute reproduction d'une quelconque vie de couple.

L'écriture structure très bien cette vie saccadée, on passe de la piscine au tribunal, des locaux d'une association permettant de rencontrer le fils aux vibrations d'une boîte de nuit, du vol à l'étalage pour manger à la dépossession totale de tout objet. Cette progression vers le rien est fort bien rendue par l'écriture de Constance Debré qui zoome d'une situation à l'autre, d'un alcool fort à une tisane, d'une blonde à une brune, d'un sein à un saint.

Il y a aussi la personnalité de son père qu'elle côtoie très peu, en fin de vie, saturé d'héroïne, et elle traduit très bien par l'écrit cette non relation pourtant indispensable.

On peut ne pas aimer ce genre de vie, pourtant n'a-t-on pas ressenti quelquefois ce sentiment d'un désir de tout larguer? Les différents freins de la société, du quotidien, nous en ont dissuadé, il reste ces quelques éclairs qui permettent de comprendre les désarrois de Constance.

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Contrairement à la plupart des gens, Constance Debré a décidé de faire tout l'opposé de ce que l'on attendait d'elle. Elle a lâché son boulot stable pour se consacrer à l'écriture, elle a divorcé pour vivre son homosexualité sans tabous, elle a quitté son logement pour passer d'appartement en appartement. Autant dire qu'en terme de changement, elle n'a pas fait dans la dentelle. Elle a laissé une vie ordinaire et rangée pour vivre SA vie. Elle s'est créé sa propre liberté, en faisant exploser l'ensemble des conventions de son quotidien. N'écoutant que ses envies, elle se contente d'un minimum qui la rend heureuse.

Seulement cette quête de liberté se heurte aux préjugés, qui sont encore très puissants dans notre société pourtant moderne. Tel « l'étranger » de Camus, l'autrice n'est jamais comprise par le reste de la population. Son comportement déroute le monde aseptisé d'aujourd'hui, qui rejette ce qu'il ne comprend pas. Elle pourrait s'en moquer mais la présence de son fils constitue un lien avec le monde qu'elle ne peut briser.

Grâce à une plume incisive, à l'os, l'autrice nous livre le récit d'une écorchée vive qui se débat afin de rester un électron libre. Elle tente de continuer son chemin en dehors des clous, malgré les injonctions des us et coutumes. le texte est subversif sans concession, mentalement brutal. Il dérangera surement les bienpensants. Mais l'honnêteté dont fait preuve Constance Debré, rend son histoire particulièrement touchante.

Personnellement, je suis plutôt conventionnel dans mes choix de vie. Conditionné par mon environnement, j'ai toujours essayé de faire comme Monsieur Tout le Monde, suivre les règles, ne pas trop déranger. C'est pourquoi le roman de Constance Debré a agi sur moi telle une véritable secousse. Entrer dans son esprit libéré m'a vraiment dérouté. J'ai été bouleversé par sa révolte silencieuse, dénuée de violence. Mon premier coup de coeur de la rentrée !


Lien : http://leslivresdek79.com/20..
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C'est une écriture à "l'écorché vif". Frontale. le minimalisme n'empêche en rien la puissance des mots et des sous entendus. Deux ans après la sortie du roman "Play Boy" dans lequel Constance Debré mettait en scène la découverte de son homosexualité, l'auteure revient avec "Love me Tender" aux éditions Flammarion . C'est l'histoire d'amour d'une mère pour son fils. C'est l'histoire d'amour d'une femme pour les femmes. Elle plaque tout pour tendre vers l'essentiel. Un détachement matériel et financier vers une vie ascétique. Vraie. Ce livre est la représentation d'une certaine forme de courage par la dépossession et la liberté. Une lecture coup de poing...coup de coeur

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«  Il y a un certain plaisir à faire les choses dont on ne se savait pas capable » «  Je nage tous les jours, c'est ma discipline, ma méthode, ma folie pour échapper à la folie, je coupe le temps... »

«  Puisque la famille c'est l'enfer .Puisque ça rend fou . »

Livre choc lu d'une traite: l'auteure vit comme elle pense, elle envoie sa vie d'avant valdinguer, se déleste du quotidien , ne craint plus rien , elle a trouvé sa place , ne donne aucune leçon, laisse un univers douillet , métier d'avocate et mari , crée sa propre liberté , entre «  la baise des filles » et les longueurs à la piscine, se fabrique un beau corps mais à quel prix ? .

.

Voilà des mots forts, bruts , percutants, des phases courtes , tranchantes avec , au coeur L'AMOUR MATERNEL , c'est ne plus faire semblant pour plaire aux autres et à son milieu d'origine , se détacher de tout bien matériel , ne plus rien n'avoir à perdre , en quelque sorte aller au bout de soi , utiliser LA FORCE DES MOTS pour écrire et dire son combat , ne pas se soumettre à un rôle .

Mais aimer avec un grand À , aimer tout simplement ne va pas de soi.

Constance D. nous rappelle à travers sa révolution intérieure qu'aimer n'est pas si simple , que l'amour ne lie pas , au fond, qu'il délivre , émancipe, élève, délivre ? .

Une FORCE des MOTS jusqu'au boutiste ....

Un livre cri, cru , déstabilisant , à la sincérité mordante, percutante qui fait réfléchir, interroge sur nos vies, aux mots lapidaires , fiévreux , enragés , grinçants .

Une claque , un cri qui ressemblerait à une force de stoïcisme.

Peut - on renverser le chagrin : la justice tue t- elle les familles ? Qu'à un moment donné c'est trop tard ? le chagrin bouffe t- il tout ? ...

Beau et choquant à la fois .....

Qui peut ne pas plaire à tout le monde .....

Enfin , ce n'est que mon avis, sur le vif ......

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critiques presse (5)
Lexpress
18 février 2020
Dans le style cru qu'on lui connaît depuis Play boy, son premier livre, Constance Debré interroge l'amour maternel et le droit de vivre sa vie. "Mon boulot c'est d'attendre, de nager et de baiser les filles." La première phrase du livre, plante le décor. Transgression et quête de soi au programme, mais aussi écriture ultra-sèche et dépouillée. Un livre qui interroge ? Sûrement, quitte à ne pas toujours plaire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation
27 janvier 2020
L'avocate et romancière le rappelle, ce n’est pas parce qu’on porte un nom célèbre et qu’on vient d’une famille ultrachic que la tragédie se tient à distance.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress
20 janvier 2020
Avec Love Me Tender, Constance Debré livre le récit implacable, sans filet et en toute honnêteté, d'une révolution intérieure et d'un dépouillement tous azimuts, au risque de mettre en péril son statut de mère.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs
13 janvier 2020
Si « Play boy » était un bras d’honneur, « Love Me Tender » est un coup de poing dans le cœur.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde
10 janvier 2020
Devenue lesbienne, une femme largue tout et lutte pour la garde de son jeune garçon. L’auteure ne cherche pas la belle phrase, mais la justesse afin de dire toute la vérité.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (127) Voir plus Ajouter une citation

On devient fou à Montlouis. C’est quelque chose dans l’air.

Comme dans le sirocco de Mort à Venise. Ce n’est ni Venise ni Dirk

Bogarde, c’est cette Touraine pourrie et c’est mon père. Une sorte

d’antimatière, mon père, une puissance négative qui absorbe tout, tout élan

vital, tout désir même négatif, toute la joie, toute la colère. Trente ans que

les médecins disent que ce n’est pas normal qu’il soit vivant, que personne

ne peut vivre avec tout le poison qu’il a dans le corps, avec tout ce qu’il a

pris et qu’il continue plus ou moins de prendre. Mais c’est un détail cette

histoire de came, c’est la surface, la vérité derrière c’est la fixité, le rien, le

mou, le non qu’il oppose à tout. Si on ne se parle pas, lui et moi, si je ne lui

dis rien, c’est qu’avec lui il n’y a rien à dire. Vanitas vanitatum, dit son

regard gris dès qu’on commence une phrase, dès qu’on tente un geste.

Trente ans que ça les étonne qu’il ne meure pas. Que j’entends qu’il est hors

statistiques. Comme si c’était un concours. Comme s’il n’y avait que ça à

dire. Tic-tac tic-tac. Ils n’ont rien compris. C’est de ça qu’il vit. De faire

s’effondrer les volontés. Celles des autres. C’est sa force puisqu’il en faut

toujours une pour vivre. Plus fort qu’un ninja, papa. Trente ans, quarante

ans, combien de temps ? à faire mourir les choses, à jamais mourir, sans

qu’on puisse même le haïr puisqu’il est tellement charmant mon père. Il est

l’innocence, toute la saloperie de l’innocence. Même depuis l’autre bout de

la maison, il me contamine. Si je restais une heure de trop, je finirais par

penser que je suis comme lui. Incapable de m’arracher à rien. Je finirais par

croire au sang, par y voir une loi. Je finirais par croire qu’on est tous pareils

dans cette famille. Qu’on est des gens sur qui on ne peut jamais compter. Ça

n’a rien à voir avec l’amour. Il y a beaucoup d’amour. Mais un amour les

bras ballants. Un amour désolé. Tous là à se regarder les uns les autres

s’enfoncer dans les sables mouvants. Incapables d’un geste. D’un simple

geste. Ou bien c’est lui, seulement lui, qui nous tue tous lentement. Ma

mère d’abord. Les autres ensuite. Je ne me sens jamais coupable de ne pas

m’occuper de lui. On s’aime de loin. Trop près j’y laisserais ma peau. Peut-

être que mon fils fait la même chose. Peut-être qu’il sauve sa peau lui aussi.

Il s’en faudrait d’un fil quand je vois mon père pour que je croie à ces

saloperies. Du poison, je vous dis. Je sais bien que c’est la terreur de ma

sœur aussi, cette loi. C’est pour ça qu’elle ne me voit jamais, qu’elle ne

m’appelle pas, que je n’ai aucune nouvelle d’elle depuis que j’ai des

emmerdes. Une famille où le geste est impossible.

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[...] pourquoi il faudrait absolument qu'on s'aime, dans les familles et ailleurs, qu'on se le raconte sans cesse, les uns aux autres ou à soi-même. Je me demande qui a inventé ça, de quand ça date, si c'est une mode, une névrose, un toc, du délire, quels sont les intérêts économiques, les ressorts politiques. Je me demande ce qu'on nous cache, ce qu'on veut de nous avec cette grande histoire de l'amour. Je regarde les autres et je ne vois que des mensonges et je ne vois que des fous. Quand est-ce qu'on arrête avec l'amour ? Pourquoi on ne pourrait pas ? Il faudrait que je sache.

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«  Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours.

Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer.

Pourquoi on ne pourrait pas rompre .

Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes de l’amour, de l’amour prétendu , de toutes les formes d’amour, même de celui- là , pourquoi il faudrait absolument qu’on s’aime » .

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Je ne conserve qu'un droit de visite, limité et encadré, médiatisé comme dit la justice. Une heure tous les quinze jours dans une association, un "espace rencontre" près de République,où des spécialistes de l'enfance assisteront aux rendez-vous entre Paul et moi, comme une mère sous crack ou un père qui cogne, et encore pas tous. [...] Je n'aurai pas d'audience avant deux ans. Deux ans c'est mille ans. Deux ans c'est jamais.

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Je nage tous les jours, j'ai le dos et les épaules musclés, les cheveux courts, bruns un peu gris devant, le détail d'un Caravage tatoué sur le bras gauche, et Fils de Pute, calligraphie soignée, sur le ventre [...] je fume des Marlboro light le soir, je bois peu, je ne me drogue pas, je vis à Paris, dans un studio vers Denfert, [...] je n'ai pas d'argent parce que je m'en fous, parce que je préfère écrire que travailler, je ne pense jamais que j'ai 47 ans, j'imagine que je vieillirai d'un coup, sauf si comme ma mère je meurs avant, à part mon fils que je ne vois plus tout va bien, il a huit ans mon fils, puis neuf, puis dix, puis onze, il s'appelle Paul, il est super.

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Vidéo de Constance Debré
Nom - Constance Debré - Ed. Flammarion
Disponibles en librairie et sur furet.com https://www.furet.com/livres/nom-constance-debre-9782081515932.html
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