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EAN : 9782081471924
192 pages
Flammarion (08/01/2020)
3.56/5   332 notes
Résumé :
«Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour.»

Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose la question de l’autre et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
3,56

sur 332 notes

Wyoming
  09 février 2021
Le titre est en complet décalage avec le vécu de l'héroïne, Constance Debré qui a peu d'amour à donner et, de fait, elle n'en reçoit quasiment pas. Pourtant, même si elle s'est mise aux filles après la séparation d'avec son mari, elle ressent un manque de son fils qu'elle ne peut voir car le père a verrouillé toutes les possibilités de rencontre, aidé par les lenteur judiciaires.
Alors, elle essaie, durant des années, de garder le contact avec cet enfant qui grandit, qu'elle finit par voir très peu, puis plus du tout, admettant finalement que le besoin maternel qu'elle ressentait finit par s'éteindre.
Tout au long du roman, elle a deux activités nécessaires : nager et baiser des filles. La première la détend, la déstresse, lui forge un corps épanoui et séduisant. La deuxième finit par la lasser même si elle passe de l'une à l'autre en redoutant tout attachement et surtout toute reproduction d'une quelconque vie de couple.
L'écriture structure très bien cette vie saccadée, on passe de la piscine au tribunal, des locaux d'une association permettant de rencontrer le fils aux vibrations d'une boîte de nuit, du vol à l'étalage pour manger à la dépossession totale de tout objet. Cette progression vers le rien est fort bien rendue par l'écriture de Constance Debré qui zoome d'une situation à l'autre, d'un alcool fort à une tisane, d'une blonde à une brune, d'un sein à un saint.
Il y a aussi la personnalité de son père qu'elle côtoie très peu, en fin de vie, saturé d'héroïne, et elle traduit très bien par l'écrit cette non relation pourtant indispensable.
On peut ne pas aimer ce genre de vie, pourtant n'a-t-on pas ressenti quelquefois ce sentiment d'un désir de tout larguer? Les différents freins de la société, du quotidien, nous en ont dissuadé, il reste ces quelques éclairs qui permettent de comprendre les désarrois de Constance.
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Nat_85
  09 mai 2020
C'est une écriture à "l'écorché vif". Frontale. le minimalisme n'empêche en rien la puissance des mots et des sous entendus. Deux ans après la sortie du roman "Play Boy" dans lequel Constance Debré mettait en scène la découverte de son homosexualité, l'auteure revient avec "Love me Tender" aux éditions Flammarion . C'est l'histoire d'amour d'une mère pour son fils. C'est l'histoire d'amour d'une femme pour les femmes. Elle plaque tout pour tendre vers l'essentiel. Un détachement matériel et financier vers une vie ascétique. Vraie. Ce livre est la représentation d'une certaine forme de courage par la dépossession et la liberté. Une lecture coup de poing...coup de coeur
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Annette55
  05 juin 2021
«  Il y a un certain plaisir à faire les choses dont on ne se savait pas capable » «  Je nage tous les jours, c'est ma discipline, ma méthode, ma folie pour échapper à la folie, je coupe le temps... »
«  Puisque la famille c'est l'enfer .Puisque ça rend fou . »
Livre choc lu d'une traite: l'auteure vit comme elle pense, elle envoie sa vie d'avant valdinguer, se déleste du quotidien , ne craint plus rien , elle a trouvé sa place , ne donne aucune leçon, laisse un univers douillet , métier d'avocate et mari , crée sa propre liberté , entre «  la baise des filles » et les longueurs à la piscine, se fabrique un beau corps mais à quel prix ? .
.
Voilà des mots forts, bruts , percutants, des phases courtes , tranchantes avec , au coeur L'AMOUR MATERNEL , c'est ne plus faire semblant pour plaire aux autres et à son milieu d'origine , se détacher de tout bien matériel , ne plus rien n'avoir à perdre , en quelque sorte aller au bout de soi , utiliser LA FORCE DES MOTS pour écrire et dire son combat , ne pas se soumettre à un rôle .
Mais aimer avec un grand À , aimer tout simplement ne va pas de soi.
Constance D. nous rappelle à travers sa révolution intérieure qu'aimer n'est pas si simple , que l'amour ne lie pas , au fond, qu'il délivre , émancipe, élève, délivre ? .
Une FORCE des MOTS jusqu'au boutiste ....
Un livre cri, cru , déstabilisant , à la sincérité mordante, percutante qui fait réfléchir, interroge sur nos vies, aux mots lapidaires , fiévreux , enragés , grinçants .
Une claque , un cri qui ressemblerait à une force de stoïcisme.
Peut - on renverser le chagrin : la justice tue t- elle les familles ? Qu'à un moment donné c'est trop tard ? le chagrin bouffe t- il tout ? ...
Beau et choquant à la fois .....
Qui peut ne pas plaire à tout le monde .....
Enfin , ce n'est que mon avis, sur le vif ......
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Killing79
  17 janvier 2020
Contrairement à la plupart des gens, Constance Debré a décidé de faire tout l'opposé de ce que l'on attendait d'elle. Elle a lâché son boulot stable pour se consacrer à l'écriture, elle a divorcé pour vivre son homosexualité sans tabous, elle a quitté son logement pour passer d'appartement en appartement. Autant dire qu'en terme de changement, elle n'a pas fait dans la dentelle. Elle a laissé une vie ordinaire et rangée pour vivre SA vie. Elle s'est créé sa propre liberté, en faisant exploser l'ensemble des conventions de son quotidien. N'écoutant que ses envies, elle se contente d'un minimum qui la rend heureuse.
Seulement cette quête de liberté se heurte aux préjugés, qui sont encore très puissants dans notre société pourtant moderne. Tel « l'étranger » de Camus, l'autrice n'est jamais comprise par le reste de la population. Son comportement déroute le monde aseptisé d'aujourd'hui, qui rejette ce qu'il ne comprend pas. Elle pourrait s'en moquer mais la présence de son fils constitue un lien avec le monde qu'elle ne peut briser.
Grâce à une plume incisive, à l'os, l'autrice nous livre le récit d'une écorchée vive qui se débat afin de rester un électron libre. Elle tente de continuer son chemin en dehors des clous, malgré les injonctions des us et coutumes. le texte est subversif sans concession, mentalement brutal. Il dérangera surement les bienpensants. Mais l'honnêteté dont fait preuve Constance Debré, rend son histoire particulièrement touchante.
Personnellement, je suis plutôt conventionnel dans mes choix de vie. Conditionné par mon environnement, j'ai toujours essayé de faire comme Monsieur Tout le Monde, suivre les règles, ne pas trop déranger. C'est pourquoi le roman de Constance Debré a agi sur moi telle une véritable secousse. Entrer dans son esprit libéré m'a vraiment dérouté. J'ai été bouleversé par sa révolte silencieuse, dénuée de violence. Mon premier coup de coeur de la rentrée !
Lien : http://leslivresdek79.com/20..
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Agathethebook
  08 janvier 2020
Une femme explique à son ex-mari qu'elle aime les filles. Un an plus tard, elle n'a toujours pas revu leur fils. Comment peut-on en arriver là ?
Dans son premier roman, Play Boy, Constance Debré assumait sa nouvelle orientation sexuelle. Dans le second, elle raconte à quoi ressemble sa vie quand on l'a choisie. Elle nage, elle écrit, elle boit peu, elle fume des Marlboro light et elle côtoie beaucoup de femmes. À côté de cette liberté choisie, elle a perdu son fils. Son ex-mari —humilié, en colère— lui a fait vivre l'enfer, l'a totalement éloignée de lui pendant plusieurs mois. Et elle le raconte.
Méfiez-vous d'un écrivain qui n'a plus rien à perdre.
Elle aurait pu faire semblant, après tout, comme beaucoup de gens. Elle aurait pu sacrifier ses idées et le sens de sa vie pour son époux, son fils, ses clients. Elle était avocate, elle avait les cheveux longs, elle gagnait bien sa vie. Elle aurait pu mourir après avoir fêté encore une bonne trentaine de réveillons de Noël, en feignant le bonheur. Mais certaines choses méritent qu'on aille au bout de soi, que l'on dise non aux schémas ancestraux, que l'on soit heureux de se lever et d'écrire, heureuse d'aimer des femmes, et ce malgré les jugements, malgré cet enfant que l'on ne voit plus, malgré le doute, malgré le manque d'argent. Devenir soi, ça n'a pas de prix.
Les lois et les avocats, elle les connaît. Elle sait bien le temps que cela prendra. Elle fait appel à une association, petit à petit elle obtient un droit de rencontre, sous surveillance. Puis un droit de visite. Mais au juste, sous quel motif précis l'a-t-on privée de son fils ? L'amour était là, il sera toujours là. Elle ne renonce pas, elle accepte.
J'ai été profondément émue et envahie par l'abnégation dont l'auteure fait preuve. On est dans le dénuement le plus total, le corps et l'âme sont au service de l'écriture.
Sur la quatrième, il est précisé que ce roman traite de l'amour, maternel, des femmes. En le refermant, j'ai pensé que c'était avant tout une déclaration d'amour à la littérature.
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critiques presse (5)
Lexpress   18 février 2020
Dans le style cru qu'on lui connaît depuis Play boy, son premier livre, Constance Debré interroge l'amour maternel et le droit de vivre sa vie. "Mon boulot c'est d'attendre, de nager et de baiser les filles." La première phrase du livre, plante le décor. Transgression et quête de soi au programme, mais aussi écriture ultra-sèche et dépouillée. Un livre qui interroge ? Sûrement, quitte à ne pas toujours plaire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   27 janvier 2020
L'avocate et romancière le rappelle, ce n’est pas parce qu’on porte un nom célèbre et qu’on vient d’une famille ultrachic que la tragédie se tient à distance.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   20 janvier 2020
Avec Love Me Tender, Constance Debré livre le récit implacable, sans filet et en toute honnêteté, d'une révolution intérieure et d'un dépouillement tous azimuts, au risque de mettre en péril son statut de mère.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   13 janvier 2020
Si « Play boy » était un bras d’honneur, « Love Me Tender » est un coup de poing dans le cœur.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   10 janvier 2020
Devenue lesbienne, une femme largue tout et lutte pour la garde de son jeune garçon. L’auteure ne cherche pas la belle phrase, mais la justesse afin de dire toute la vérité.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   30 décembre 2019
[...] pourquoi il faudrait absolument qu'on s'aime, dans les familles et ailleurs, qu'on se le raconte sans cesse, les uns aux autres ou à soi-même. Je me demande qui a inventé ça, de quand ça date, si c'est une mode, une névrose, un toc, du délire, quels sont les intérêts économiques, les ressorts politiques. Je me demande ce qu'on nous cache, ce qu'on veut de nous avec cette grande histoire de l'amour. Je regarde les autres et je ne vois que des mensonges et je ne vois que des fous. Quand est-ce qu'on arrête avec l'amour ? Pourquoi on ne pourrait pas ? Il faudrait que je sache.
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Annette55Annette55   05 juin 2021
«  Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours.
Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer.
Pourquoi on ne pourrait pas rompre .
Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes de l’amour, de l’amour prétendu , de toutes les formes d’amour, même de celui- là , pourquoi il faudrait absolument qu’on s’aime » .
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   30 décembre 2019
Je nage tous les jours, j'ai le dos et les épaules musclés, les cheveux courts, bruns un peu gris devant, le détail d'un Caravage tatoué sur le bras gauche, et Fils de Pute, calligraphie soignée, sur le ventre [...] je fume des Marlboro light le soir, je bois peu, je ne me drogue pas, je vis à Paris, dans un studio vers Denfert, [...] je n'ai pas d'argent parce que je m'en fous, parce que je préfère écrire que travailler, je ne pense jamais que j'ai 47 ans, j'imagine que je vieillirai d'un coup, sauf si comme ma mère je meurs avant, à part mon fils que je ne vois plus tout va bien, il a huit ans mon fils, puis neuf, puis dix, puis onze, il s'appelle Paul, il est super.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   30 décembre 2019
Je ne conserve qu'un droit de visite, limité et encadré, médiatisé comme dit la justice. Une heure tous les quinze jours dans une association, un "espace rencontre" près de République,où des spécialistes de l'enfance assisteront aux rendez-vous entre Paul et moi, comme une mère sous crack ou un père qui cogne, et encore pas tous. [...] Je n'aurai pas d'audience avant deux ans. Deux ans c'est mille ans. Deux ans c'est jamais.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   30 décembre 2019
[...] la juge fixe le tatouage qui dépasse de ma manche, me demande pourquoi j'écris un livre et sur quoi, pourquoi j'ai parlé de mon homosexualité à mon fils, elle dit que ça ne regarde pas les enfants ces choses-là, elle dit qu'on ne parle pas de droit, là, qu'on parle de morale, que je peux comprendre, que je suis intelligente.
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Videos de Constance Debré (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Constance Debré
Constance Debré vous présente son ouvrage "Love me tender" aux éditions Flammarion. Rentrée littéraire janvier 2020.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2394455/constance-debre-love-me-tender
Notes de musique : Free Music Archive
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