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ISBN : 233001080X
Éditeur : Actes Sud (08/09/2012)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Mai 2005. Sur l'avenue qui sépare le lycée Ravel de la cité Presov, une jeune fille disparaît. Le groupe de policiers chargé de l'enquête découvre le quotidien de l'adolescente : la tour HLM, la chambre qu'elle partage avec son petit frère, le blog, les strings. Et le bulletin de notes : "Trimestre catastrophique. Passage inenvisageable." Dans la même tour, Lila veut s'en sortir : travailler, décrocher son bac, vivre sa vie. Fuir la cité, aussi, et ressembler un peu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  07 janvier 2013
Actes Noirs est la collection de romans noirs de la maison d'édition Actes Sud. Cette collection, qui a été créée en 2006, est actuellement dirigée par Manuel Tricoteaux. le roman noir "404 not found" d'Hervé Decca a été publié dans cette collection en 2012.
Né en 1977, Hervé Decca est un écrivain de notre temps : les yeux ouverts, la tête en éveil, encore gonflé à bloc par des idéaux qui l'animent et le portent, Hervé Decca est catastrophé par la tournure que prennent certains événements contemporains, à commencer par notre société qui fait la part belle à la méritocratie, qui fabrique du rêve et fait des exclus, trop d'exclus. Ayant enseigné six ans dans un lycée du Val-de-Marne, Hervé Decca a pu observer, pire, vivre de près le phénomène de l'exclusion qui dans les cités atteint un paroxysme.
Univers de béton, appartements au confort sommaire et aux parois de papier mâché rendant toute intimité et tout repos impossible, les cages d'escalier crasseuses et pleines de graffitis obscènes, les caves humides où règnent de petits trafics, les petites misères frappant hommes et femmes en grande précarité, la plupart au chômage, les factures qu'on ne peut plus payer, les ordonnances qui prescrivent des médicaments de moins en moins bien remboursés, l'individualisme qui pousse chacun à se cloîtrer dans l'ignorance de l'autre, les familles explosées par les divorces, l'absentéisme scolaire qui conduit à un analphabétisme grandissant, les fins de mois difficiles, la télé et la radio à fond afin de s'enivrer d'un pseudo-bonheur peu coûteux, les supérettes à portée des tours de HLM qui regorgent de denrées inaccessibles en dehors des promotions, des gosses désoeuvrés, qui se traitent d'enculés et qui frappent (page 17) pour s'amuser, les grands frères qui dealent en s'appuyant sur quelques petits qui leur servent d'observateurs, les parents qui ne s'essayent plus à la sanction et qui se font convoquer par les professeurs d'établissements scolaires en déroute où l'on trouve péniblement 2 à 3 surveillants pour 2000 élèves, un corps enseignant résigné, peu motivé, effectuant remplacements sur remplacements, épuisé par un quotidien où la bêtise et la violence règnent en maître (page 36, on s'adresse au prof par la formule "Tu m'espionnes ou quoi?"; page 37, sa propre mère "Elle me saoule, cette vieille conne"; page 41, le petit frère "Une petite frappe qui trafique, qui tague les murs en faisant des fautes"), un univers où la fille est l'honneur de la famille ... alors on la protège, pour son bien, et si elle désobéit (page 70) on la frappe. le Coran, mon frère! Et la violence (page 80) ? On la filme depuis son téléphone portable.
La cité, les commerçants la fuient, les bus l'évitent de peur de prendre des caillasses dans le pare-brise (page 70, "Mon titre de transport? Un doigt, la voilà ma carte orange!") et les policier y constatent la profusion des zones de non-droit. La cité est donc le théâtre d'une enquête qui va pousser l'inspecteur Arénas, Dorothée, son adjointe, et Bonnal, un flic ripoux aux pratiques fascistes et à la limite de la légalité, à la poursuite de Déborah Brahmi, une adolescente de 15 ans qui apparaît en petite tenue sur un blog largement visité par des personnes parfois assez mal intentionnées. le roman est très noir et l'enquête assez accessoire : le livre est un prétexte à filmer la banlieue dans toute sa réalité en mettant l'accent sur ces jeunes gens qu'on prive de tout horizon, scolaire, culturel et social et qui, pour certains d'entre eux, sont tiraillés entre le bled et l'inaccessible modernité, faute d'argent.
Bon, la banlieue (page 88), c'est pas comme à la télé! Il n'y a pas de tortionnaires, et les pères ne sont pas tous absents. Certains gosses arrivent à s'en sortir quand d'autres "feraient n'importe quoi (page 161) pour monter en grade". L'orientation par défaut (page 230) permet de donner un métier à quelques-uns, même si les consignes du rectorat ou de l'académie ne constituent pas une incitation à l'excellence. Au-milieu des profs qui "gèrent", il y en a certains qui préfèrent démissionner : Hervé Decca en avait trop vu et il avait trop souffert de ne pas pouvoir faire avancer les choses dans la bonne direction et au bon rythme. Ne le cherchez pas : il est aux abonnés absents ("Error 404. Not found").
Ce livre est un chef-d'oeuvre. Les personnages ont un caractère bien trempé, le style est vif, la langue est rude et fait mal comme des coups de canifs, le suspense reste constant ... Je recommande !
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janemar
  19 octobre 2013
Ce livre est passionnant, passionnant non par l'intrigue policière qui n'est qu'un prétexte à l'étude "sociologique" "politique", évènementielle etc... de la situation des banlieues parisiennes ou provinciales, mais passionnant car hélas, c'est l'information assez complète de tout ce que les petits et grands écrans nous dévoilent chaque jour. L'avantage de ce livre, est de nous amener à réfléchir sur les "archétypes" sur les nuances de noir et de blanc. Et l'auteur n'oublie pas grand chose. Etre prof en France dans les Banlieues aujourd'hui, aimer ou pas son travail. Et nous voilà "au delà des murs" dans la cité, dans les familles aux multiples origines où l'on se protège comme on le peut, voile noir ou blanc, barette de shit, ou sans fleur mais au fusil... et j'en passe et des meilleures. Les flics, comme les profs des bons et des mauvais, des "tuez les tous", ou "je me tire, j'en ai marre". Et les politiques au fait....où sont ils ? à l'enterrement des minots qu'une balle perdue à faucher ??
Ce livre m'a vraiment secouée, car il réunit tout ce qu'est cette société française (et autre aussi) actuelle, cette vie au quotidien, avec ses réussites et ses échecs. le style est incisif, les dialogues très réalistes, agrémentés de quelques pages qui laissent pousser les germes d'une véritable poésie, d'une mélancolie non désespérante... Merci de cet excellent roman, et merci aussi à Actes Sud, de détecter toujours des perles , mais dans la série noire.
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Eskalion
  29 décembre 2012
Nous sommes en 2005. Villeneuve Saint Maur. La banlieue. Dans ce paysage de béton où se désagrègent les existences, où l'espoir a les ailes englué dans le papier tue-mouche de la fatalité, une jeune fille a disparu.
Elle s'appelle Déborah Brahmi, habite la cité du Presov, dans une de ces barres si caractéristiques de l'urbanisme galopant des années 60-70 censées clamer la puissance du modernisme français, avant de devenir au fil du temps et des crises, les tombeaux des horizons des plus pauvres.
Deborah, 15 ans fréquentait le lycée Ravel. Profil scolaire d'élève en grande difficulté, au comportement parfois transgressif, elle ressemblait à n'importe quel autre élève de son établissement qui voit déjà son avenir muré dans l'échec. Alors fugue ou affaire criminelle?
Pour débrouiller cette histoire, l'enquête est confiée à l'inspecteur Arénas et ses collègues.cité1 Dorothée, une femme au passé douloureux qui s'adonne à la boxe, et Bonnal, un flic aux discours et aux méthodes borderline qui ne tardera pas à commettre une bavure.
Secondés par Karim, un informaticien de la maison, ils vont découvrir en décortiquant le contenu de l'ordinateur de la jeune fille que celle ci avait un blog sur lequel elle apparait en petite tenue. de fil en aiguille plusieurs pistes vont se faire jour, chacune gravitant autour de jeunes hommes que Déborah fréquentait, et que les policiers vont exploiter pour tenter de découvrir ce qu'il est advenu de la jeune fille.
Pendant ce temps là, le quotidien de la cité Presov. Des dealers aux coins des rues, des flics en patrouille, des petits caïds qui roulent en Mercédès et des filles, à l'image de Lila, qui rêvent de s'en sortir et de fuir la cité pour échapper à leurs conditions sociales et à leurs frères imbéciles et violents qui contrôlent leurs moindres faits et gestes et les enferment dans la camisole d'un honneur hypothétique à défendre coûte que coûte.
A cela se rajoute les rivalités quotidiennes entre les bandes du Presov et celle du quartier voisin de la Grange aux Loups qui ne manqueront pas de dégénérer et de laisser sur le carreau les plus innocents d'entre eux.
Et au milieu de cet univers gris, le lycée Ravel. Usé, épuisé à essayer de maintenir en vie avec les moyens du bord, une petite flamme de curiosité et d'espérance pour des générations de jeunes qui savent qu'ils ont déjà perdu le combat de l'avenir, et où finit de se dissoudre les illusions des plus motivés des enseignants.
Hervé Decca nous livre là un roman particulièrement sombre, noir. Un roman où l'enquête policière n'est qu'accessoire, tant l'intérêt du livre tient dans la description de ces vies qui se croisent, qui s'affrontent parfois, mais qui ont en commun d'essayer de survivre toujours, à leur cité, à leur vie misérable, à ce quotidien qui avale les rêves.

Et de nous dresser des portraits de ces habitants, de ces profs et de ces flics aussi résignés de part et d'autre de cette frontière invisible qui les sépare, qui essayent malgré tout pour certains, de s'en sortir par le haut à l'image de l'inspecteur Arenas qui tente de décrocher ce concours de commissaire qui pourrait enfin lui permettre d'offrir à sa femme et à son fils cette maison qu'il leur promet depuis toujours. Un flic qui reste englué dans son boulot de terrain qui lui barre toute perspective d'ascension professionnelle .
Contrairement à ce que j'ai pu lire dans un article consacré à ce roman, l'auteur ne fait pas une description caricaturale de cette banlieue si souvent décriée. D'ailleurs, qui mieux que lui peut en parler, lui qui a enseigné et à été sans doute directement confronté à cette jeunesse en perdition, à ces habitants abandonnés de la République.
Si la description qu'il en fait ne laisse pas la place à un soupçon d'optimisme, il ne porte cependant aucun jugement de valeur sur cette banlieue. Tout juste un de ses personnages, une jeune prof qui décide de démissionner de l'Éducation Nationale, se retourne vers cette cité avec de l'amertume au coeur de n'avoir su ou n'avoir pu, avant de franchir ce pont qui la ramène de l'autre côté, dans l'autre monde.
Nous sommes en 2005, l'année où les cités finirent par s'embraser.
Nous sommes en 2012, où rien n'a changé pour ses quartiers, où la vie continue mais en pire.
Ce roman, c'est d'abord celui d'un échec. Celui d'une société qui exclue les bidonvilles de son paysage et de son vocabulaire mais crée des ghettos et des zones de non droit, où même les oiseaux sont en acier, à l'image de l'oiseau tour qui domine ce quartier du Presov.
Un premier roman vraiment réussi que je vous invite à découvrir.
Lien : http://passion-polar.over-bl..
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wiggybis
  29 mars 2013
Bienvenue en banlieue parisienne, dans la cité Presov où une adolescente a disparu...
Dans ce roman très réaliste, nous suivons le quotidien des enquêteurs de police sur cette affaire de disparition parallèlement à la routine des jeunes lycéens (ou jeunes...tout court !) dont Lila, bonne élève, constamment surveillée par ses frères.
Contrairement à tout ce qu'on peut lire où entendre sur la cité, ici l'auteur ne suit pas leur chemin. Non, il donne un portrait réel de la vie en banlieue dite difficile :
Comment les profs gèrent leurs journées au lycée avec devant eux des élèves qui ne veulent pas toujours s'en sortir mais avec d'autres qui les prennent comme modèles.
Le cliché du policier un peu véreux et qui se croit tout permis est ici utilisé, mais grâce à ses collègues, on a l'heureuse liberté de penser qu'ils ne sont pas tous comme lui.
Quant aux jeunes, il y a plus de jolies roses au milieu des mauvaises herbes qu'on le croit, Lila en est une preuve.
Bref, tout n'est pas tout blanc ni noir. L'auteur a fait preuve d'une justesse et d'une sensibilité exceptionnelle.
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inclassable1
  13 juillet 2014
404 not found d'Hervé Decca se déroule en 2005 (la date a son importance). Les personnages principaux sont la Cité Presov, dans le Val de Marne, une tour immense, plus de 600 fenêtres sans un seul balcon, et le Lycée Ravel, un décollage toutes les 2 minutes d'Orly qui oblige à garder les fenêtres fermées.
Les personnages secondaires sont la Grange-aux-Loups,cité voisine et ennemie, située de l'autre côté du fleuve, le Maximarket pour faire ses courses, Paris où personne ne va jamais et la médiathèque où Lila, entre 2 heures de cours, va travailler en cachette de son frère Icham qui veut qu'elle rentre direct à la casa après les cours et la fait surveiller par ses potes. Cette partie de l'histoire ne va pas bien se passer.
L'autre non plus, la disparition de Déborah, même sa copine Hélène Glauce ne sait rien, ses résultats scolaires ont dégringolé depuis un trimestre, elle s'habille parfois comme une bimbo, pour ne pas dire comme une pute.
Du côté de la Loi, des profs ; certains luttent, persévèrent, organisent des ateliers, d'autres démissionnent tout doucement, libèrent les élèves plus tôt pour choper le RER de 15H27 qui les emmènera dans une autre banlieue plus tranquille. Exclure les élèves, mauvaise solution, c'est casser le seul fil qui les sort de la cité.
Des Flics aussi : Arénas, qui essaie de passer le concours de Commissaire pour pouvoir acheter un pavillon mais en attendant rentre chez lui toujours trop tard, Dorothée, Karim...puis Bonnal, raciste, violent, mauvais.
Outre une histoire qui tient bien la route (on pourrait dire malheureusement), 404 not found est à mon sens une excellente chronique sociale des cités. Presov n'est pas pire que les autres : beaucoup de petits trafics, les commerces qui ont fermé, des parents qui ont démissionné, quelques bandits, des jeunes qui n'ont pas d'horizon.
Hervé Decca, qui a enseigné plusieurs années dans un tel contexte, semble savoir de quoi il parle ; la vie du lycée, les dialogues, sont criants de vérité. La désespérance aussi : des enfants, des parents, des profs, des flics.
Ce n'est pas pour rien que l'auteur a placé l'action de son livre (sorti en 2012) en 2005, année d'émeutes d'une intensité jamais connue dans la plupart des banlieues françaises, émeutes allumées par le décès de Zyed et Bouna.
Peut-être pour ne rappeler que rien n'a vraiment changé, il suffit sans doute d'un rien pour allumer la mèche.
On a dit qu'en 2005 le contrat social avait été rompu, il l'était sans doute depuis longtemps et n'a toujours pas été rétabli.
A noter : le Ministre de l'Intérieur de l'Epoque, un certain Nicolas S., s'était empressé de déclarer que les policiers n'avaient pas poursuivi physiquement ces deux gamins, puis avait été contredit par le rapport de l'Inspection Générale des Services. Un mensonge de plus.
Les cités ne font la une des journaux que le 1er janvier, tout le monde se félicite de ce que le nombre de voitures brûlées a diminué, ou bien lorsqu'un môme prend une balle perdue.
Tous les éléments d'une guerre sont réunis, il faut tout casser, c'est d'ailleurs le pronostic d'Hervé Decca au début de son livre.
404 not found d'Hervé Decca est paru chez Actes Sud (8 septembre 2012, 20 €), il est aussi disponible au format numérique (14,99 €)
Lien : http://occasionlivres.canalb..
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
ZebraZebra   07 janvier 2013
page 195
[...] Les frères Mezouani le regardaient, debout. Des guignols. De vraies caricatures de cinéma.
- Attention, mon pote. Le quartier est pas très sûr.
Mamadou se releva.
- Qu'est-ce qui vous arrive, les Mahomet?
- On vient te parler de notre sœur.
- Ah oui? Trois filles dans la famille? Papa Mezouzou sait pas faire des garçons ou quoi? Si votre vieux fossile de mère remuait encore son cul, je pourrais lui proposer une démonstration.
Hicham s'agita. Mohamed le regarda derrière ses lunettes cerclées.
- Alors, la soeurette ... La petite Lila. Ben, je sais pas comment vous ondulez sous le dard des minettes, mais votre frangine, j'avoue! Elle te saute au paf, bien goulue! Elle aime le nègre. Elle aime la bite de Nègre.
- Je te saigne, sale fils de pute!
Hicham s'élança, Mohamed le retint.
- La politesse, khoya. Laisse le monsieur s'expliquer.
- Vous voulez des détails? Sur la cavalcade, sa petite schneck est encore un peu étroite. Mais je vous garantis -il se caressa l'entrejambe- quelqu'un se charge d'élargir le chemin.
Ricanements.
Mamadou observait la fouine. Juste à point, prête à craquer. Elle allait sortir ses griffes et le lion la dévorerait tout cru. Un bon coup de coude dans le nez. Le grand mou servirait de dessert : il lui ferait bouffer sa gourmette.
Sur un signe de son frère, Hicham descendit la fermeture de son blouson et sortit un torchon crasseux.
- Vous partez en pique-nique, les filles? dit Mamadou. Je vous conseille les quais. Je connais un coin, près du pont ...
Il s'interrompit quand il vit la gueule du 11.43 braquée sur lui. Les petits frères quittèrent le tourniquet et s'éparpillèrent dans la cité comme une volée de moineaux.
Mamadou inspira profondément. Arrêter la provoc et jouer serré. [...]
- Les gars, qu'est-ce qui vous prend? Je peux pas vous taquiner un peu? On palabre à l'ombre et vous me sortez votre pitbull? Votre sœur, je l'ai pas touchée. Vous lui avez parlé, non? Alors, vous savez qu'on n'a rien fait de mal. Une virée en caisse, un ou deux kebabs. Et des discussions comme maintenant, tranquilles, entre amis.
Mohamed lui adressa un large sourire.
- Sauf que nous, on est pas tes amis.
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wiggybiswiggybis   27 mars 2013
- Kossi est en situation irrégulière.
- Tous les jours, on croise des gamins de douze ans qui dealent du shit. Des grands frères qui tabassent leur petite soeur parce qu'elles refusent de porter le voile. Tu veux que je t'emmène dans la salle des archives ? Et on va expulser Kossi parce qu'il manque un tampon sur sa carte de séjour ? Ses parents l'ont envoyé en France pour qu'il ait une vie meilleure. Comme tous les autres, d'ailleurs, toutes les troisièmes générations qui crient "la République on t'encule" à longueur de journée !
Sauf que Kossi a compris. Il bosse, il apprend. Offrir à ses enfants une vie meilleure, Stephan ! Pas une vie de rêve ! Une vie d'efforts. Papy labourait les champs, papa est fonctionnaire, moi médecin et mon fils deviendra astronaute. La France ! C'est pou défendre ça que je suis devenue flic !
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wiggybiswiggybis   27 mars 2013
On est plus le fils de son époque que le fils de son père.
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