AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2757819895
Éditeur : Points (14/06/2010)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Un jour - c'était en 1880 - on décida de construire un pont géant qui relierait New York à Brooklyn. Ceux qui participèrent à sa construction furent pour la plupart des immigrants : des hommes qui n'avaient rien à perdre. Parmi eux, il y avait Simon, le Français. Et sa femme, Gelsomina, d'origine italienne. Et entre eux - comme un autre pont - il y eut Kate : vingt ans, Américaine, qui s'était évadée des pontons pénitentiaires où des crabes rouges dévorent les déten... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
  25 décembre 2018
Un moment agréable de lecture! Abraham de Brooklyn,c'est la genèse de la modernité, c'est le temps des rencontres, c'est l'éveil du gout pour l'aventure, c'est le moment d'un amour étrange! Un amour qui ronge notre héros, Simon Abraham, il abandonne tout , il s'enfonce dans le désert sans avoir peur de l'inconnu, il s'embringue dans une histoire dont il ne connait ni le début , ni la fin, il se jette à l'eau dans les méandres de Kate! Un beau roman, où l'on découvre que le modernisme a eu du prix, un prix fortement humain à la fin du XIXe Siècle et au début du XXe Siècle!
Commenter  J’apprécie          220
LiliGalipette
  14 mai 2015
Simon a quitté la France pour New York. Peu de temps après avoir accepté de travailler sur le pénible chantier de construction du pont qui doit relier New York et Brooklyn, il épouse Gelsomina, dite Mina. « Travailler sous la mer, pourquoi pas ? Aux aurores, dans le froid, presque à jeun, le cri des mouettes était propre, il y avait tant de blancheur dans cet ouvrage qu'on vous proposait – dans ces précautions que l'on prenait avec vous. » (p. 16) Simon espère gagner de l'argent très vite et quitter la grande ville, échapper à sa boue et se sauver du mal des caissons. Un soir, il rencontre Kate qui court pour échapper à la police. Jeune et mystérieuse, la fugitive s'empare de son coeur. Simon décide de tout faire pour la cacher, puis pour la sauver.
L'amour qui lie Simon à Kate est étrange. « Je t'aime, Kathleen, et je me cache en toi... » (p. 128) Alors que la jeune fille ne pense qu'en termes de désirs – appétit, sommeil, sensualité –, Simon sublime le sentiment et aime Kate comme une enfant. « Moi, je te veux pour petite fille, tu comprends ? Mina est ma femme, je ne peux rien changer à cela. Toi, tu es ma fille. » (p. 74) En adoptant cette fille au crime inconnu, Simon cherche à préserver la pureté qui manque tant à son univers d'eau saumâtre. Mais sa recherche est illusoire. « Simon, dit brusquement Kate, la pureté n'existe pas. Ce pays n'est pas pur, les gens non plus. » (p. 75) Qu'importe Simon veut sauver Kate. Sur un cheval immense, il emporte sa femme et celle qu'il considère comme sa fille : vers les étendues sauvages du nouveau continent, c'est là qu'est la rédemption. La fuite, entre conquête de l'ouest et pèlerinage, est un nouvel exode, une nouvelle alliance. « Ne dites pas que je blasphème... C'était une nuit pleine de brouillard. Et soudain, Kate fut devant moi, et je l'ai prise par le bras, et je l'ai entraînée... L'annonce faite à Abraham, voilà ce qu'il en est, et rien de plus. » (p. 146) Hélas, dans la Bible, l'on sait bien que Dieu demande à Abraham de sacrifier son enfant...
Ce roman est beau et puissant : ses accents bibliques, voire mystiques, en font une légende des temps modernes. Il est question de culpabilité, de rédemption et de liberté. Il n'est pas important de connaître le crime et le passé de Kate : ce qui importe, c'est que Simon/Abraham accueille la fugitive telle qu'elle est en son présent, sans dimension temporelle superflue : Kate n'est qu'immédiateté et présence palpable. Et cette acceptation totale, faite d'amour et de pardon inconscient, permet à Simon d'embrasser pleinement sa nouvelle identité, celle qu'il ne pouvait pas endosser à New York, cette ville de béton et d'acier qui n'est déjà plus faite pour les miracles.
J'ai découvert Didier Decoin avec John l'Enfer, autre texte sublime et étrange qui parle d'amour, de vertige et de sacrifice. Je vous conseille aussi La promeneuse d'oiseaux, charmante romance désespérée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
aouatef79
  26 août 2017
Didier Decoin est le fils du réalisateur de cinéma Henri
Decoin qui a son actif une importante filmographie .
Didier Decoin est surtout romancier , journaliste à ses
débuts , essayiste , scénariste cinématographique et
réalisateur de cinéma : il a réalisé en 1982 le film :" La
dernière nuit " .
Son roman " Abraham de Brooklyn" a été écrit au début des années soixante-dix .
le principal protagoniste est Simon . Il quitte son pays , la
France à la recherche d' un travail . Il aura le temps de se
marier avec une femme d' origine italienne, Gelsomina,
Ils sont recrutés sur le chantier du pont de Brooklyn , pont
qui doit relier la ville de New-York à Brooklyn . C' est un
ouvrage très important et grandiose où le travail n' est pas
une sinécure . Un soir alors que Simon vadrouillait pour
combattre son ennui , il fait une rencontre fortuite avec une
jeune et frêle femme qui ressemble à une gamine . C' est
Kate , jeune femme d' à peine vingt ans qui vient de
s' évader du pénitencier où elle est incarcérée .
Simon tombe sur le coup amoureux de cette étrange
gamine . Il éprouve pour elle un grand amour pur , chaste , filial et mystique .
Il la croit pure . Il la sent fragile et veut la sauver de cette
ville et surtout la sauver d' elle-même .
Ce roman je l' ai lu au milieu des années 70 , je l' ai lu et
relu maintes fois avec le même plaisir et jamais je ne me suis lassé .
Abraham de Brooklyn est un très bon et beau roman !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
wagnerdavid
  19 mai 2013
Je rejoins la première critique sur le rapprochement à faire avec Les saisons de la nuit,à propos de l'évocation de la construction des tunnels à Manhattan.
Le ton est donné,on est juste a la fin du XIXe siecle ,un français un peu paumé débarque à new york ,trouve femme et emploi de forçat à Brooklyn dans le forrage et la construction de tunnels souterrains,avant de s'enticher d'une pauvre fille errante et partir vers l'ouest(à pied).
La comparaison avec le roman de Colum McCann s'arrête la.Les saisons de la nuit est un roman dense,sombre et magnifique.Decoin se contente d'un récit en demi teinte,la deuxième partie et les motivations de son personnage principal étant bien souvent incompréhensible .
De belles qualités pourtant au début,un rythme,un souffle qui m'a emporté vers ces lointains rivages,ca sentait vraiment le rêve americain raté,bloqué,puant.Puis patatra ,une sorte de dérive littéraire a tout gâché,blubi-bulga intellectualo-biblique,auquel j'ai eu beaucoup de mal à adhèrer.
Ou que je n'ai pas compris,peut être !

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
kathel
  13 avril 2011
Mais qu'est-ce que ça fait du bien de sortir de temps à autres des nouveautés pour simplement choisir un livre mis en avant par un libraire dans un salon du livre, et dont le titre et le sujet vous « parlent » ! Et si en plus cette lecture s'avère aussi prenante que bien écrite, il n'y a plus qu'à s'auto-congratuler pour ce choix !
Même si l'histoire ne se déroule pas strictement à la même époque, il se retrouve dans ce livre quelque chose de l'atmosphère de Brooklyn de Colm Toibin ou des Saisons de la nuit de Colum McCann. Simon, Mina et Kate, un drôle de trio, pas vraiment un triangle amoureux, pas non plus une famille recomposée… Dans le décor brumeux des rues de Brooklyn, du chantier du pont, puis des routes vers l'Ouest à la fin du XIXème siècle, l'auteur décrit les faits et gestes de ces personnages atypiques.Tous trois sont un peu difficiles à cerner, on en apprend plus sur eux par les dialogues et leur langage corporel que par des remarques de l'auteur qui évite avec un grand soin tout ce qui pourrait ressembler à une explication psychologique. J'ai beaucoup aimé cette mise à distance qui suscite bon nombre d'interrogations. Simon est un personnage complexe, sorte de héros biblique, d'où le titre, et même si on ne s'attache pas complètement à lui, il intrigue...
J'ai trouvé passionnante la construction périlleuse du mythique pont sur l'East River et l'existence de pontons pénitentiaires, bateaux réutilisés comme prisons dans le port de New York, « prison hulks » en version originale. Sur les thèmes de la rédemption et de la liberté, ce dernier thème étant assez peu traité, (non ?) Didier Decoin a écrit un très beau texte, à la fin superbe, qui me restera en mémoire.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   13 avril 2011
Le jour se levait, gris et lent. D’un geste, Kate désigna New York à sa gauche, et Brooklyn sur sa droite. La pâleur de l’aube confondait les deux cités en une succession à l’infini de façades obliques, sans ouvertures. Des fumées montaient droit vers le ciel. La ville était semblable à une ruine encore debout, après un incendie qui lui eût ravagé les entrailles.
Un clairon sonna, quelque part : les couleurs américaines s’élevaient le long du mât d’un bâtiment de guerre.
Kate répéta :
- Regarde !
Du bout de son aviron, Simon écarta le corps d’un oiseau marin aux ailes déchiquetées.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
aouatef79aouatef79   26 août 2017
Ne dites pas que je blasphème . C' était une nuit pleine de brouillard . Et
soudain Kate fut devant moi , et je l' ai prise par le bras , et je l' ai entraînée .
Commenter  J’apprécie          90
LiliGalipetteLiliGalipette   14 mai 2015
« Ne dites pas que je blasphème... C'était une nuit pleine de brouillard. Et soudain, Kate fut devant moi, et je l'ai prise par le bras, et je l'ai entraînée... L'annonce faite à Abraham, voilà ce qu'il en est, et rien de plus. » (p. 146)
Commenter  J’apprécie          50
LiliGalipetteLiliGalipette   14 mai 2015
« Travailler sous la mer, pourquoi pas ? Aux aurores, dans le froid, presque à jeun, le cri des mouettes était propre, il y avait tant de blancheur dans cet ouvrage qu'on vous proposait – dans ces précautions que l'on prenait avec vous. » (p. 16)
Commenter  J’apprécie          20
LiliGalipetteLiliGalipette   14 mai 2015
« Moi, je te veux pour petite fille, tu comprends ? Mina est ma femme, je ne peux rien changer à cela. Toi, tu es ma fille. » (p. 74)
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Didier Decoin (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Decoin
http://www.librairiedialogues.fr/ Numéro 77 de l'émission Dialogues littéraires d'avril 2017, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. Invités : Pierre Adrian pour "Des âmes simples" (Équateurs), Didier Decoin pour "Le bureau des jardins et des étangs" (Stock), puis la chronique du rayon Littérature étrangère par Delphine. Présentation : Élise le Fourn. Interviews par Laurence Bellon et Élise le Fourn.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
+ Lire la suite
autres livres classés : new yorkVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3409 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre