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EAN : 9782841112494
216 pages
Éditeur : Editions Nil (01/03/2005)
3.58/5   65 notes
Résumé :
" J'ai fait ce livre pour dire que je n'habite pas une maison mais que je suis habité par elle. " Lorsqu'il était enfant, Didier Decoin a passé des vacances dans le Nord du Cotentin. Il est tombé amoureux de cette région et a consacré des années à y chercher la maison de ses rêves. Il nous raconte ici joliment se mésaventures immobilières, les péripéties inévitables liées aux travaux, les tempêtes, son jardin, les petits bonheurs du voisinage et des nourritures terr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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mollymon
  15 août 2015
Dans ce livre Didier Decoin nous raconte une histoire d'amour pas banale: celle qu'il entretient depuis vint cinq ans avec une petite maison biscornue.
Dès sa plus tendre enfance, il tombe amoureux de la mer, "lameradovil", celle qui sent bon l'ambre solaire. A l'âge de onze ans, lors d'un séjour chez un ami, il a un véritable coup de foudre pour la presqu'île du Cotentin. Plus exactement pour le hameau de La Roche à la pointe de la Hague. Face au raz Blanchard, il découvre un autre visage de la mer qui le séduit et le fait rêver.
Devenu adulte et écrivain reconnu, il décide de réaliser son rêve: acheter une bicoque dans cet endroit pour y retrouver enfin le brouillard, le vent, la pluie et surtout la tempête. Il ne veut rien de somptueux, sa seule exigence est d'avoir vue sur la mer. Mais ne devient pas horsain qui veut, ça se mérite ! Comme lui dit le notaire, la première caractéristique de la terre normande c'est d'abord de n'être pas à vendre.
C'est avec beaucoup d'humour et de poésie que Didier Decoin relate ses années de recherche puis enfin la trouvaille de sa minuscule maison de pêcheur qui ne paie pas de mine. Avec son épouse il la restaure avec respect pour ne pas défigurer sa "laideur tranquille", lui garder son âme et la transformer en nid douillet où il fait bon se blottir quand la tempête fait rage.
Un joli moment de lecture qui m'a donné une furieuse envie d'aller, moi aussi, me heurter à la rudesse du climat haguais, me perdre dans la contemplation des déferlantes, marcher dans les embruns puis déguster un plateau de fruits de mer....
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fanfan50
  23 mars 2020
Mettant en pratique cette épreuve nouvelle pour nous de confinement, je relis mes ouvrages de bibliothèque en prenant mon temps et en les savourant. Celui-ci est une pure merveille pour tous ceux qui aiment cette région si belle et si sauvage qu'est le Cotentin. Chacune de ses remarques est juste et il a vraiment fait une déclaration d'amour pour la Hague. Il nous raconte avec beaucoup d'humour son attachement à cette contrée puis son désir d'en faire partie en achetant une maison. Bizarrement aucune ne semble en vente. Il finit par en trouver une avec bien de la ténacité. Au moment de signer l'acte de vente, les propriétaires avaient changé d'avis et préféraient leur verser un fort dédit plutôt que d'abandonner leur pied-à-terre dans la Hague. le couple est bouleversé. Ils s'écrient : « - Voyons, maître, il faut sauver ces gens-là malgré eux : c'est comme s'ils jetaient cet argent par les fenêtres ! – Oui, reconnut le notaire, mais des fenêtres qui ont une sacrée vue sur la mer »… L'auteur nous fait si bien ressentir l'attachement des habitants à leur terre et leur aversion viscérale des Horsains. Ce livre peut se lire et se relire car tout y est juste. Bien sûr il n'y a pas d'intrigue, pas de suspense, pas de fortes peintures de caractère, tout est en nuance et les descriptions de cette terre où Jacques Prévert a choisi de finir sa vie et qui est si critiquée par le reste de la France : « La Hague, il y pleut sans arrêt, et c'est plein de tout un tas de ridicules petites routes stupides qui ne mènent nulle part. » Et pourtant, il faut y vivre pour l'aimer et c'est ce que fait Didier Decoin. D'autres vont jusqu'en Irlande retrouver cette même beauté de paysage, lui a su rester en France.
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Cannetille
  09 mars 2019
Rares sont les ouvrages où j'ai trouvé un tel plaisir de la langue française, où la beauté des mots et des tournures de phrases me les a fait remâcher plusieurs fois avec gourmandise et admiration. Avec vue sur la mer rejoint le panthéon de mes plus grands coups de coeur, ceux que je compte sur les doigts d'une seule main.

Didier Decoin y relate comment il est tombé amoureux de la Hague et de la pointe du Cotentin, évoquant sa recherche d'une maison avec vue sur la mer, les mésaventures de ses travaux d'aménagement, ses bonheurs en famille au bord d'une mer turbulente et embrumée, tellement loin de la lisse "Meradoville".

A l'humour qui m'a presque autant fait rire que dans Je vois des jardins partout - où il partage sa passion pour les jardins -, s'ajoutent une tendresse et une émotion d'autant plus touchantes qu'elles résonnent avec mes propres coups de coeur pour des lieux qui me sont chers.

Ce sont ces émotions et ces attachements qui ont nourri l'écriture des romans de Didier Decoin : s'y retrouvent des lieux, comme la ville de la Hague qu'il décrit plusieurs fois sous la forme d'un poisson, les îles anglo-normandes, les ports..., et les odeurs, qu'on regrette de ne pouvoir sentir au travers des pages.

Je suis définitivement admirative de la plume de cet auteur, qui sait si bien choisir les mots pour transcrire l'émotion sans jamais l'évoquer.
Lien : https://leslecturesdecanneti..
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ldupeyron
  21 mai 2015
Didier Decoin nous fait rêver en évoquant dans "Avec vue sur la mer" la beauté et l'attrait de ce petit coin du Nord Cotentin (département de la Manche) dans lequel, tombé sous le charme, il décide avec son épouse d'acquérir une maison.
Le plaisir pour le lecteur connaissant cet auteur vient d'abord du fait que l'on sort des sentiers battus, que l'on découvre un autre écrivain, à travers un récit qui est emprunt de petits bonheurs, de légèreté et d'hédonisme. C'est donc entre autres une philosophie de la vie qu'il nous est donné d'apprécier.
Et puis, le titre en lui-même attire toute personne un tant soit peu amoureuse de la mer. Elle ne sera pas déçue ! au fil des pages, l'iode nous chatouille les narines et les paysages nous remplissent de bien-être !
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miriam
  01 octobre 2020

Voici un livre que j'aurais aimé emporter avec moi lors de notre séjour dans le Cotentin et que je recommanderais si d'aventure j'organisais une virée à La Hague.  Je l'ai lu quelques temps après notre retour et j'ai retrouvé, le village, le phare de Goury, le vent et les dégustations de crustacés et de poisson frais.
L'auteur, Didier Decoin jeune marié et prix Goncourt 1977,  décide avec sa femme, d'acquérir une maison "Avec vue sur la mer". A la suite de la construction de l'Usine de Retraitement des déchets nucléaires, les futurs propriétaires imaginent que les prix des maisons sont dévalués et qu'ils pourront s'installer à peu de frais. Quelle erreur! Les normands sont attachés à leur terres et ne vendent pas. Impossible de construire en bord de mer dans des zones protégées par le Conservatoire du Littoral. Il faudra beaucoup de ténacité et de diplomatie pour entrer dans le club très fermé des propriétaires "avec vue sur la mer". Decoin raconte avec humour et pittoresque leurs démarches. 

La maison trouvée, il faut l'aménager. le récit des travaux est aussi divertissant. Ensuite, la routine s'installe avec la bienveillance des voisins, l'acclimatation à un climat particulier, le bateau, le jardin....
Et tout cela fait un livre sympathique, amusant!
A lire avant de partir à la Hague, ou en revenant, ou simplement pour donner envie de découvrir cette côte pittoresque! Et comme j'ai bien aimé cet auteur, je vais le suivre au moins avec Les Trois vies de Babe Ozouf qui se déroule dans le même décor. 
Lien : https://netsdevoyages.car.blog
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   23 mars 2020
A cette époque, Chantal suivait des cours d’histoire des jardins au potager du Roi à Versailles. Elle avait appris que l’art du jardinage ne se limite pas à faire pousser des plantes. Le jardinier pratique la géométrie avant la botanique, il est architecte autant que peintre. Davantage, même. Concevoir et entretenir un jardin, c’est d’abord raisonner l’espace, le structure, jouer des perspectives, donner une lisibilité et un sens au chaos.
C’est aussi travailler non pas contre un environnement, mais avec lui : faire fleurir des edelweiss au Sahara ou des agaves au Groenland relève du domptage, pas du jardinage.
Gauguin en a fait la curieuse expérience aux Marquises : ayant importé de France des graines de tournesol dans l’idée de composer quelques natures mortes plus classiques que les fragment de paradis terrestre qu’il peignait (et que boudaient les acheteurs), il avait constaté que les grandes fleurs qu’il avait semées venaient malingres et d’un jaune pisseux. Ni le sol ni le climat n’étaient pourtant en cause : simplement, les tournesols n’étaient pas chez eux aux Marquises, et ils manifestaient leur désapprobation d’y avoir été exilés en affichant une tristesse de vieilles marguerites effeuillées.
Forte de cet exemple, Chantal ne voulait pas d’un jardin de plantes forcées, soumises et asservies, mais d’une population végétale issue du paysage haguais et se fondant en lui.
- Puisqu’on aime cette maison, me dit-elle, on va lui faire un jardin qui lui ressemble. Tellement à son image, tellement sa prolongation que, sauf les fois où il pleuvra, on sentira à peine la différence entre dedans et dehors.
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cdisaintemargueritecdisaintemarguerite   10 août 2015
p.139 : " Alors un souffle balaya la mer qui se convulsa et, d'un coup, devint quelque chose d'innommable. Le vent frappa la côte de plein fouet, faisant sonner les falaises comme des orgues géantes, arrachant à la lande des plaintes déchirantes...
Un bateau du port de Goury rompit ses amarres, traversa le plan d'eau en une course précipitée et pataude d'oiseau aquatique cherchant l'envol, franchit une plage de galets où il laissa sa quille, et escalada une colline en haut de laquelle il s'arrêta enfin, le nez englué dans une bouse de vache."
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domisylzendomisylzen   20 juillet 2015
La mer à Deauville. Chez nous, on disait ça d'un trait, sans respirer, cul sec et à la russe, comme quand on s'envoie un verre de vodka. Ce qui fait que les gens comprenaient lameradovil. Comme un nom de médicament. Ils n'avaient d'ailleurs pas complètement tort : lameradovil fut longtemps le remède familial par excellence, particulièrement souverain contre les maladies estivales.
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CannetilleCannetille   09 mars 2019
Nous quittâmes Me B… avec la conviction que, derrière son apparence de notaire de province affable et bon vivant, se dissimulait un dangereux pervers qui, ne pouvant trouver sa jouissance qu’en sapant le moral de ses concitoyens, utilisait le découragement comme d’autres l’arsenic. Je l’imaginais assez bien sous les traits de Michel Serrault dans un film de Chabrol, quittant son étude courbé sous le crachin, se dirigeant en ricanant vers quelque brasserie où il avait ses habitudes – et surtout ses victimes auxquelles il instillait subrepticement des doses de pessimisme qui, pour n’être pas létales, étaient mesurées de façon à provoquer des lésions irréversibles dans leur aptitude au bonheur.
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CannetilleCannetille   09 mars 2019
En quittant la maison, j’emporte des souvenirs à la Hulot, crépuscules incendiés, agapanthes bleues, peaux salées, galets brûlants roulant sous les pieds nus, senteur des herbes miellées, siestes légères sur les chaises longues copiées sur celles du Queen Elizabeth, menuets d’abeilles en petits gilets de majordome allant et venant sous les tentures gris sombre des orages, ombres mauves, amertume anisée des salades estivales, fourmis ailées montant en procession du dessous des pierres chaudes pour un premier et dernier vol d’amour et de mort, jacasseries huileuses des goélands, et tout là-bas, dominant le froissement de soie du ressac, la cognée un peu essoufflée du diesel d’un chalutier.
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Videos de Didier Decoin (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Decoin
http://www.librairiedialogues.fr/ Numéro 77 de l'émission Dialogues littéraires d'avril 2017, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. Invités : Pierre Adrian pour "Des âmes simples" (Équateurs), Didier Decoin pour "Le bureau des jardins et des étangs" (Stock), puis la chronique du rayon Littérature étrangère par Delphine. Présentation : Élise le Fourn. Interviews par Laurence Bellon et Élise le Fourn.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie des écrivains (238)
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