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EAN : 9782234062641
336 pages
Éditeur : Stock (01/06/2011)
3.08/5   129 notes
Résumé :

Tout commence par un massacre d’Indiens en décembre 1890 dans le Dakota du Sud. Jayson Flannery, un photographe anglais veuf de son état, recueille une petite fille de trois ans dont la mère a été victime du massacre. Il songe bien sûr à confier Emily à un orphelinat, s’apprête à reprendre son paquebot pour l’Angleterre, mais il ne repartira pas seul et décide d’enlever la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
3,08

sur 129 notes

Ode
  03 avril 2013
"Une Anglaise à bicyclette" avait été vanté par la presse comme un roman original et un beau portrait de femme dans l'Angleterre victorienne. Or ce premier contact avec Didier Decoin me donne l'impression de scènes juxtaposées sans véritable trame de fond, comme une couverture en patchwork aux couleurs dépareillées, dont les carrés n'auraient ni la même taille ni la même épaisseur...
Le récit s'ouvre sur la cruauté inouïe du massacre d'une tribu indienne dans le Dakota du Sud, en 1890. Un photographe anglais présent sur place décide de sauver une très jeune rescapée en l'embarquant clandestinement avec lui en Angleterre. Il fera d'elle sa fille adoptive, tout en cachant ses véritables origines. C'est cette petite fille, devenue femme, qui donne son titre au roman en parcourant inlassablement la campagne anglaise à bicyclette. Ses promenades l'amèneront à rencontrer des fillettes persuadées de l'existence des fées, et même à croiser un spécialiste en la matière : Sir Arthur Conan Doyle...
Tout ceci pourrait être passionnant, si Didier Decoin avait donné une unité à son récit. Or l'intensité narrative du début disparaît quand la petite Ehawee et son taciturne sauveur, Jayson Flannery, débarquent en Angleterre, tandis que de curieuses anecdotes viennent parasiter l'intrigue.
J'aurais aimé suivre en détails l'acclimatation de Ehawee-Emily dans son nouvel environnement, ainsi que l'évolution de son attachement à son tuteur. Mais après quelques pages, l'auteur élude cette période clé pour faire un saut en avant de 14 ans. La décision de Jayson de prendre Emily pour épouse tombe alors de façon incongrue car il manque toute la préparation psychologique qui aurait pu décrire la montée de sentiments réciproques.
De plus, les promenades solitaires d'Emily à bicyclette, jugées inconvenantes par la bonne société de l'époque, servent de prétexte à tout un délire sur l'hystérie féminine et le bien-être masturbatoire que procurerait une telle activité... de toute évidence, ce thème met l'auteur en joie, mais il est bien le seul et ses digressions graveleuses m'ont laissée perplexe !
L'incursion des fées apporte, via deux petites filles espiègles, un peu de légèreté et d'onirisme. Toutefois, cette envolée tardive a un côté artificiel, sans commune mesure avec le début tragique du livre.
Sur un sujet aussi riche que celui du déracinement et de l'adoption, j'aurais attendu davantage de finesse psychologique et, pourquoi pas, une émouvante histoire d'amour. Dommage que l'auteur soit passé à côté de tout cela... J'ai trouvé le récit trop distant et décousu pour m'y attacher.
Et si j'allais faire un tour de vélo pour me changer les idées ?
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Aela
  23 juillet 2012
Un roman plein d'émotion et d'originalité.
Le roman débute en 1890, nous sommes au lendemain de la terrible bataille de Wounded Knee, Dakota Nord, bataille qui s'est terminée dans un massacre. Peu de Sioux Lakotas ont survécu..
Parmi les rares survivants, une petite fille de 3 ans environ, prénommée Ehawee, est recueillie par un photographe anglais en vogue Jayson Flannery.
Il s'occupe d'elle, la remet dans un orphelinat religieux à New York, s'apprête à reprendre le bateau pour l'Angleterre, quand, brutalement, saisi d'un remords, il décide de retourner à l'orphelinat et de « recueillir » définitivement la petite Sioux Lakota, tout en lui donnant un nouveau prénom : Emily.
Revirement dû à la lecture d'un article du célèbre écrivain Conan Doyle qui écrivait dans « une étude en rouge » : « Cette enfant, c'est la vôtre ? Pour sûr que c'est la mienne ! vous savez pourquoi ? Parce que je l'ai sauvée. Alors maintenant, personne ne peut plus me la reprendre. »
Emily s'installe en Angleterre, et va être présentée comme une Irlandaise orpheline, afin d'éviter les préjugés raciaux de l'époque.
Plus tard, le célèbre créateur de Sherlock Holmes reviendra en scène, à l'occasion de recherches menées par la jeune Emily, devenue grande et désormais épouse de son sauveur Flannery ;
En effet Emily, tout en parcourant la campagne anglaise en bicyclette, ce qui était très mal vu de la part d'une jeune lady à l'époque, va également « enquêter » sur des phénomènes paranormaux, ce qui va l'amener à entrer en contact avec Sir Conan Doyle.
On apprend à cette occasion que Sir Conan Doyle était un passionné de spiritisme et de phénomènes liés à l'occultisme.
Il avait en effet rejoint la « British Society for Psychical Research. » et affirmait pouvoir communiquer avec son fils mort pendant la guerre de 1914…
C'est donc un beau roman à multiples facettes, comme je les aime, qui nous évoque la guerre, le sort des Amérindiens, l'adaptation d'une fillette à sa nouvelle vie dans l'Angleterre victorienne, et cela nous plonge également dans les croyances et les mentalités de cette époque.
C'est le premier livre de Didier Decoin que je lis mais ce ne sera sûrement pas le dernier …

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isabelleisapure
  22 août 2020
C'est un bien joli roman que celui que je referme. J'en ai aimé l'ambiance faite d'amour, d'humour mâtinée de tendresse.
L'histoire est celle de la petite Ehawee, une fillette âgée de 3 ans au moment du massacre de ses parents, le jour de noël 1890. Des soldats américains ont pris d'assaut le campement où ils vivaient, les centaines d'Indiens qui s'y trouvaient ont été exécutés.
Le plus heureux des hasards place Jason Flannery sur la route de la fillette. Pensant dans un premier temps l'abandonner dans un orphelinat, il l'emmène finalement dans la demeure familiale en Angleterre, la baptise Emily et les années passent…
Tout le charme de ce roman réside dans le savant dosage que nous propose l'auteur entre l'histoire, l'analyse des sentiments et l'ambiance.
Didier Decoin m'a embarquée dans une jolie balade, je me suis laissée, une fois de plus, envoûter par sa plume.
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Levant
  24 décembre 2019
Didier Decoin a imaginé l'histoire d'un amour paisible qui prend naissance de manière inattendue. Son point de départ est un épisode parmi les plus tragiques de l'histoire américaine. Nous sommes bien obligés de convenir et garder à l'esprit que lorsque nos ancêtres européens ont investi les somptueuses immensités du continent américain, ils l'ont fait au détriment de la culture pré existante, et malheureusement dans le sang.
C'est à la suite du massacre de Wounded knee qu'un reporter photographe anglais recueille une petite indienne dont les parents ont été tués par les tuniques bleues dans leur entreprise de "pacification" . de fille adoptive, elle passera au statut d'épouse, amoureuse sincère de son protecteur. Elle sillonnera la campagne environnante sur la bicyclette qu'il lui a offerte et entrera dans l'univers d'un certain Conan Doyle dont le registre littéraire ne s'arrête pas au célèbre Sherlock Holmes.
Un roman sympathique qui s'offre quelques digressions effleurant le fantastique sous la plume veloutée de Didier Decoin.
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MELANYA
  20 juin 2021
« Il y eut un massacre à Wounded Knee, dans les grandes plaines du Dakota du Sud. On touchait alors au terme de la Lune-des-arbres-qui-pètent-et-craquent-sous-le-gel, on allait entrer dans la période de la Lune-de-la-glace-jusque-dans-la-tente, ce qui revient à dire qu'on était fin décembre, quelques jours après Noël 1890. »
Une petite indienne Lakota (de la tribu des Sioux), Ewanee, sauvée de justesse par Chumani qui la trouve sous le corps de sa mère et qui l'emmène en courant dans la neige pour fuir ces atrocités et trouve de l'aide dans l'église épiscopale de la Sainte-Croix, auprès d'une institutrice, Elaine.
Pendant ce temps : « Jason Flannery en a profité pour arpenter ce que les soldats appellent « le champ de bataille » - (…) Jason a pris de nombreux clichés des corps éparpillés. » Jason est un photographe anglais convié par la presse pour immortaliser les faits. Après ces événements terribles, Jason se retrouve dans l'église épiscopale de la Sainte-Croix, et là, il remarque Ewanee qu'on lui « colle dans les bras. » Mais il ne sait pas quoi faire alors un conseil lui est donné : « Vous rentrez en Angleterre via New York, n'est-ce-pas ? Vous n'aurez qu'à la remettre à un orphelinat dès votre arrivée dans cette ville. » (p.38). Mais il ne peut s'y résoudre, lui donne un autre nom : Emily, et l'emmène avec lui dans son Yorkshire, où elle sera, peut-être, plus tard, une servante. A voir.
C'est ainsi que nous lisons « Une Anglaise à bicyclette » de Didier Decoin.
Emily va pouvoir enfin couler des jours paisibles avec un père adoptif aux petits soins – et puis l'enfant devient une jolie adulte au caractère bien trempé – Jason en tombe amoureux et désire l'épouser : ainsi de père il passera à l'époux de sa fille ... Jason va lui offrir une bicyclette et à partir de là, Emily n'a de cesse de parcourir des kilomètres pendant des heures.
On va rencontrer Sir Arthur Conan Doyle qui s'intéresse aux fées ??? - on nage un peu dans le fantastique et le romanesque ainsi que de la poésie – des digressions sur le fait qu'Emily (ou d'autres femmes) aiment tant rouler en bicyclette (cela les exciterait….) et ce n'est donc pas « convenable » : Nous sommes à l'époque victorienne et les esprits voient du mal là où il n'y en a pas – ils ont l'esprit « guindé » car pour eux, une femme à bicyclette risque de revenir de ses promenades, assez perturbée sexuellement : soit trop fatiguée, soit « excitée »….
Au début du livre, je m'attendais à une belle histoire à cause de ce massacre de Wounded Knee et puis l'intérêt s'est un peu émoussé avec cette vie, dans une Angleterre aussi à cheval sur des principes. Il y aurait eu mieux à faire que ces digressions qui semblent plaire beaucoup à Didier Decoin – ou alors, il en fait un peu trop. Mais cela reste une lecture agréable tout de même avec son côté romanesque – le caractère de Ewanee/Emily et la présence de Sir Arthur Conan Doyle.
Quant à la fin, je préfère ne rien dire : surprise, surprise !
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critiques presse (3)
LePoint   04 juillet 2011
[Didier Decoin ]affirme ici encore son amour irraisonné pour les êtres doux et forts, fragiles et sensibles, ludiques et passionnés. Avec une écriture riche et soyeuse.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs   30 juin 2011
Suite de variations sur les caprices du destin, le récit semble faire écho à une croyance des Lakotas. Pour cette tribu sioux en effet, la vie d'un homme est un cercle où tout finit par se rejoindre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   29 juin 2011
Romanesque à l'extrême, le nouveau livre de Didier Decoin doit beaucoup à Dickens et ­Conan Doyle, tel un délicieux hommage à la littérature anglaise de la fin du XXe siècle.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   20 juin 2021
Les Lakotas ont raison de penser que la vie d'une homme est un cercle, que tout finit par se rejoindre.
Commenter  J’apprécie          20
OdeOde   03 avril 2013
En plus de ses serpents des neiges, la petite fille abrite dans une boîte à biscuits quelques objets inspirés de ceux qu'elle a vus aux mains des hommes-médecine et auxquels elle prête les mêmes pouvoirs magiques : des plumes, des crottes de chat-huant exposées à la lumière de la lune pour les charger de fluides bénéfiques, des cailloux (elle les respecte parce qu'elle sait qu'ils lui survivront même si elle devient une très vieille femme), des herbes nouées, des brins de laine et des tiges d'orties qu'elle fait sécher pour se confectionner un attrapeur de rêves.
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AelaAela   23 juillet 2012
- Si vous appelez fantôme la survie de l’esprit et sa capacité à se manifester spontanément ou par l’intermédiaire d’un medium, alors oui j’y crois, affirma Doyle.
Parce que c’est une réalité qui a été prouvée.
Et je ne comprendrais pas que la science dédaigne plus longtemps de s’y intéresser.
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popie21popie21   12 avril 2018
Adopté par un fermier blanc qui l'avait rebaptisé Jack et initié au christianisme, Wovoka avait lu la Bible. Il en avait déduit que si les Blancs avaient osé tuer le Fils de Dieu, rien ne pouvait les empêcher de massacrer des Indiens qu'ils considéraient comme à peine supérieurs à des animaux.
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GribouilleChatGribouilleChat   21 août 2011
… rien ne doit ralentir Chumani, il faut qu’elle maintienne son avance sur l’essaim des éclats d’obus incandescents et des billes de plomb chauffées à blanc, elle se souvient du jour où elle a été prise en chasse par des abeilles dont elle avait bousculé la ruche, les insectes s’étaient aussitôt lancé à sa poursuite, ondulant derrière elle comme un torrent en crue, et Chumani, bien qu’elle ne fût plus alors qu’une fillette à peine plus âgée que celle qu’elle tente maintenant d’arracher à la fureur des soldats américains, avait compris qu’il n’était pas question de ruser, qu’elle n’échapperait au dard des abeilles qu’à condition de courir plus vite qu’elles, plus vite qu’elle n’avait jamais couru. Les fragments de métal qui la poursuivent aujourd’hui ne sont pas plus intelligents que des abeilles, mais ils sont beaucoup plus rapides, elle ne les voit pas voler au-dessus d’elle mais elle les entend ronfler ou siffler, le bruit dépend de la forme qu’ils ont prise lors de la fragmentation de l’obus, puis ils s’abattent dans la neige avec des grésillements rageurs, et là où ils tombent s’épanoussent de larges ombelles de vapeur grise. (p.15)
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Videos de Didier Decoin (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Decoin
http://www.librairiedialogues.fr/ Numéro 77 de l'émission Dialogues littéraires d'avril 2017, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. Invités : Pierre Adrian pour "Des âmes simples" (Équateurs), Didier Decoin pour "Le bureau des jardins et des étangs" (Stock), puis la chronique du rayon Littérature étrangère par Delphine. Présentation : Élise le Fourn. Interviews par Laurence Bellon et Élise le Fourn.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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Publié pour la première fois en 1970 aux États-Unis, ce livre de Dee Brown retrace les étapes de la Conquête de l'Ouest et les massacres des indiens entre 1860 et 1890 :

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