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EAN : 9782859406752
480 pages
Éditeur : Phébus (26/08/2000)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 8 notes)
Résumé :
L'affaire Bougrat : à la vue de tous les journaux des années 20, ce procès déclencha de terribles passions. Accusé de meurtre, un brillant médecin marseillais, le docteur Bougrat, se retrouva condamné aux travaux à perpétuité à Cayenne.
Ce fut une erreur judiciaire, mais aussi le début d'une destinée extraordinaire. A la suite d'une longue enquête, Christian Dedet ressuscite l'univers du bagne, la folle évasion jusqu'au Venezuela où Bougrat, médecin des pauvr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Patsales
  26 mai 2015
Ouh là! Mais c'est quoi ce truc?
Roman, biographie, hagiographie, journal, le tout avec plein de gros morceaux de Victor Hugo dedans.
Le docteur Bougrat, malgré une conduite irréprochable en 14-18,est envoyé à Cayenne pour meurtre. Il s'évade et au terme de sa cavale devient médecin des pauvres au Vénézuéla.
Jean Valjean enfoncé!
D'autant plus que Bougrat est innocent ! Dedet le clame et affirme dans son épilogue que la victime est morte d'un accident thérapeutique: soigné pour la syphilis, Jacques Rumèbe suit un traitement risqué. Il aurait été déclaré assassiné pour sauver la mise aux pharmacologues et à leurs produits. Bougrat a été jeté à la vindicte populaire pour que les vérolés continuent à avoir foi dans les officines d'apothicaires.
Mais, mais, mais.
Roumèbe a disparu alors qu'il transportait 8000F. qu'il venait d'encaisser. Et où va-t-on retrouver son corps? Dans le faux-plafond du docteur Bougrat. Et les 8000F.? Eux ne seront jamais retrouvés, mais Dedet avoue tout à la fin de son livre qu'il est fort possible qu'ils aient transités par la poche de Bougrat.
Bref, Bougrat n'a peut-être pas tué, mais il a planqué un cadavre (par affolement, plaidera-t-il ensuite) et l'a peut-être détroussé, ce qui me rend personnellement beaucoup moins accessible aux cris dénonçant l'erreur judiciaire.
Selon André Velter, du "Monde", "Le livre de Christian Dedet se lit la rage au ventre... Un roman vrai qui s'impose comme (...) une oeuvre de justice là où la justice a failli." Vraiment? J'ignore si Bougrat était innocent, mais la défense que lui prodigue Dedet sent la justice de classe. Après Meursault condamné pour ce qu'il était et non pour ce qu'il fit, voici le docteur Bougrat envoyé aux galères malgré ce qu'il était: un bourgeois et un ancien combattant. C'est ainsi que j'interprète le plaidoyer de Dedet (lui-même médecin) horrifié de ce qu'un jury populaire puisse croire qu'un homme comme il faut puisse devenir un voleur et un assassin.
Donc, Bougrat est envoyé aux galères. le pauvre homme! Là-bas, il vit à part des bagnards et continue d'exercer. Il lui arrive même d'être reçu au domicile de ses confrères (entre gens du même monde, quoi). Il s'évadera quand ce régime de faveur sera sur le point de lui être retiré.
Alors, personnellement, si j'ai eu la rage au coeur (rage rigolarde toutefois), c'est uniquement quand j'ai dû supporter la litanie des portraits féminins croqués par Dedet:
- L'épouse française qui renie son mari (lequel l'a mise dans son lit quand elle n'avait que 15 ans)
- La maîtresse , "une créature de si piètre envergure".
- Madame de Roquevaire qui reçoit le forçat à sa table et lui demande d'excuser son fils: "À son âge, les distractions ne sont pas nombreuses. Il n'a pour jouer que les enfants des mulâtres et des Indiens!"
- Tindia, la jeune Indienne: "J'avais désiré les seins nue de la jeune fileuse, je m"étais attaché à la grâce un peu lourde de ses formes. (...) Mais à quoi m'aurait conduit de m'attacher à cette peau satinée, à ce sourire d'éternelle enfant?"
- Magdalena, l'épouse vénézuélienne: elle "fut l'âme de la maison. Elle avait su gagner dès le premier jour la confiance d'Anna, mis un peu d'ordre dans la composition des repas, rendu le bureau de son mari plus confortable."
Au secours! Vite, un roman de Benoîte Groult!
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le_Bison
  21 février 2012
Marseille - Cayenne - Caracas, l'aventure d'un proscrit
1ère étape : Marseille
C'est le lieu du crime. C'est aussi celui du procès et de la sentence. le cadavre de Jacques Rumèbe est retrouvé, par hasard, dans un placard du cabinet du Dr Bougrat. Rumèbe, encaisseur de fonds, est justement un ami de Bougrat et son patient pour un long traitement de la Syphilis. le docteur est accusé (à tort ? et peut-être un peu trop facilement ?) par un jury populaire pour cet assassinat. Les médias et l'opinion publique se déchaîneront sur ce médecin-meurtrier de Marseille. Un crime odieux aux dires de journalistes, une proie facile aussi en la personne du Dr Bougrat. Une justice au goût amer qui me (lui ? nous ?) reste en travers de la gorge. Comment un docteur peut commettre pareilles atrocités ? La question est posée, mais seul le Dr Bougrat pourra nous révéler, un jour, ses motivations. Quoi qu'il en soit, le Dr Bougrat, sera condamné au bagne à Cayenne. Sur le bateau en départ à Saint-Martin-de-Ré, la gouaille marseillaise se mêle au titi parisien. La houle embarque nos prisonniers, à bord De La Martinière, vers ce terrible lieu de peur, de maladie, de mort.
2ème étape : Cayenne
C'est le lieu de la souffrance. La maladie rode autour, la mort aussi. le Dr Bougrat pourrait se sentir anéanti dans un tel environnement. Pourtant, il va trouver sur place la force d'exercer, avec les moyens du bord, son métier. le serment d'Hippocrate, il le connaît par coeur et a justement le coeur pour pouvoir l'utiliser au mieux afin d'aider les plus mal-lotis que lui. Il se met en devoir d'aider tous ces relégués, déportés et transportés soumis au doublage. Finalement, son statut enviable de médecin lui octroiera quelques privilèges et lui facilitera à supporter le pire. Mais comme hanté par l'injustice d'être à Cayenne, l'envie de s'évader ne lui a jamais quitté l'esprit.
3ème étape : Caracas
C'est le lieu de son échappatoire. Une évasion pour le Venezuela sortira le Dr Bougrat de cet enfer terrestre. Des moments difficiles, douloureux aussi bien physiquement que moralement pour un évadé mais qui n'auront pas d'incidence sur sa détermination à fuir ce « territoire » français. Et là-bas, une nouvelle vie débutera. Toujours passionné par la médecine et par les autres, il sera toujours emprunt de compassion pour aider les autochtones. Son crime, il l'a payé au centuple et ses bonnes actions restent mémorables dans ce pays. Il fondera un hôpital, ira dans les endroits les plus reculés pour justement servir et aider les vénézuéliens les plus pauvres pour la plupart oubliés de leur gouvernement. Il y découvrira l'humanité de son caractère mais aussi l'amour en fondant une nouvelle famille. Devenu médecin des pauvres, il sera traité en Saint par les villageois. Un Grand Homme du Venezuela est né.
A l'origine petit médecin de quartier, misérable et miséreux, anonyme et peu enviable, le Dr Bougrat aura su forcer son destin. C'est la principale leçon à tirer de l'aventure « surhumaine » de cet homme. Une formidable bonté a su naître dans l'âme du Dr Bougrat en lui octroyant une aura merveilleuse et un fabuleux destin « hors du commun » qu'il n'aurait certainement pas eus en restant dans la société conformiste de Marseille. Accusé de meurtre, condamné au bagne, il aurait pu sombrer encore plus bas qu'il ne l'était (fusse-t-il possible ?). Pourtant il aura la force de se relever pour aider d'abord les autres prisonniers et relégués de Cayenne, puis les plus pauvres du Venezuela. Sur le plan littéraire, Christian Dedet a su retranscrire parfaitement (et je devrais dire comme d'habitude, au regard de ma précédente lecture de ce « romancier ») cette aventure humaine en une histoire captivante qui vous prend tripes et coeur en suivant l'expédition « initiatique » de ce Dr Bougrat vers la découverte d'un courage insoupçonné et d'une rare compassion.
Magnifique, émouvant, rageant...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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gill
  05 juillet 2012
Accusé d'un meurtre, un brillant médecin marseillais, le docteur Bougrat est condamné aux travaux forcés à perpétuité à Cayenne.
Cette cruelle erreur judiciaire est le point de départ d'un destin hors norme qui mènera Bougrat jusqu'à Cayenne et jusqu'au Vénézuela où, médecin des pauvres, il deviendra une véritable légende.
Ce livre est passionnant, comme ''Papillon'' et ''Banco'' d'Henri Charrière.
Il prend aux tripes et ne nous lâche qu'une fois parvenu à l'épilogue.
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mikaelunvoas
  03 mars 2018
Je ne m'attendais pas à cet histoire, celle d'un homme qui a eu une vie avant le bagne et une autre après. Je ne raconte pas l'histoire car elle se découvre. On entend parler d'un homme inconnu mais qui mérite d'être réhabilité. Récit saisissant, une énorme surprise.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   21 février 2012
Ici, la séparation est absolue, il n’y aura pas de retour. Forçat... Étais-je « tombé si bas » ? Étais-je promis à cette pourriture dès l’instant où le regard d’Andrée avait croisée le mien sur les allées de Meilhan ? Ils l’ont dit - ce fut même le cheval de bataille du triste Siame. Le vice m’avait pris par la main pour me conduire au crime ! Et la preuve qu’ils ont réussi à me rendre coupable, c’est que l’autre jour à Saint-Charles, en arrivant sur le quai éloigné, semi-clandestin où avait lieu notre embarquement, j’ai été soulagé de voir qu’inavouable et la viande criminelle qu’on chargeait se trouvaient des misérables certes, et même d’authentiques monstres, mais aussi trois bougres à face humaine et un gamin complètement perdu. C’est alors que j’ai découvert ce que tout être injustement condamné rumine : le désir de vengeance ! Gratitude pour les rares compassions entrevues tout au long du calvaire mais, avant tout, vengeance. Une vengeance que je me sens capable, maintenant, d’imaginer avec une précision froide et maniaque...
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gillgill   03 octobre 2012
L'affaire Bougrat : à la vue de tous les journaux des années 20, ce procès déclencha de terribles passions. Accusé de meurtre, un brillant médecin marseillais, le docteur Bougrat, se retrouva condamné aux travaux à perpétuité à Cayenne.
Ce fut une erreur judiciaire, mais aussi le début d'une destinée extraordinaire. A la suite d'une longue enquête, Christian Dedet ressuscite l'univers du bagne, la folle évasion jusqu'au Vénézuéla où Bougrat, médecin des pauvres, devint une légende vivante...
(quatrième de couverture de l'édition parue chez "Presses Pocket" en 1990)
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>Droit>Procédure civile>Organisation judiciaire en France (30)
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