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EAN : 9782259264341
416 pages
Plon (11/01/2018)
3.29/5   104 notes
Résumé :
Jonathan Dee, " l'un des meilleurs décrypteurs de l'Amérique contemporaine ", livre un roman magistral sur la middle class et ses désillusions. Captivant et terriblement actuel.Howland, petite ville du Massachusetts, attire de nombreux riches vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts depuis un placement hasardeux. Lorsque Philip Hadi, un richissime gestionnaire de fonds d'investisseme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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gabb
  23 février 2020
Et hop, un petit nouveau dans ma bibliothèque, rayon "littérature américaine" ! Bienvenue à vous, Jonathan Dee, je vous ai trouvé une belle place entre T.C Boyle et Jonathan Franzen, non loin de John Irving et de Philip Roth, j'espère que vous y serez bien. (note pour plus tard : penser à renforcer cette étagère qui commence à ployer un peu sous la charge...)
Peut-être n'avez-vous pas encore atteint la renommée que vos illustres voisins de rayonnage, mais en lisant "Ceux d'ici" on devine déjà que vous partagez avec eux les mêmes sujets de prédilection et que vous abordez - non sans talent - les mêmes thématiques à commencer par celle - inépuisable - de la grande Amérique, de ses mythes et de ses dérives...
Et pour prendre la température de ce grand pays de contrastes, à jamais chamboulé par le séisme du 11 septembre, quoi de mieux qu'un voyage à Howland, au fin fond du Massachusetts ?
C'est là, à quelques encablures de la Grosse Pomme et de Ground Zero, que nous emmène Jonathan Dee pour une immersion criante de réalisme dans une petite ville typiquement yankee, façon "j'irai dormir chez vous", à la rencontre d'une population aussi authentique qu'hétéroclite.
Mark Firth et les siens (épouse, frère et soeurs), leurs collègues, voisins et amis, le facteur et la barmaid, le flic, le maire et son équipe municipale, sans oublier le richissime nouvel arrivant, Philip Hadi, fraichement débarqué de New-York pour éloigner sa famille du risque terroriste : les voilà, ceux d'ici.
En les regardant vivre, entreprendre, se disputer, se remettre en question, se concerter sur la meilleure façon de développer l'économie de la région, le lecteur se trouve bien vite intégré dans le quotidien de leur petite communauté pleine d'espoirs et de doutes, de rêve et de ressentiments, ballotée d'une crise à l'autre entre les attentas de 2001 et la débâcle financière des subprimes en 2008.
La construction du récit, qui semble s'attarder au hasard sur l'un ou l'autre des personnages au gré de leurs déambulations en ville et de leurs changements de trajectoires personnelles, est particulièrement brillante. Elle m'a souvent rappelé ces longs plans-séquences dont je raffole au cinéma, lorsque la caméra mobile suit l'un des protagonistes puis s'en détourne au profit d'un autre nouvellement apparu dans le champ.
L'effet est très réussi, et la vie de ces citoyens modestes, pour la plupart représentants typiques d'une middle-class américaine en proie aux affres du déclassement, m'a semblé fidèlement restituée.
A travers tous ces portraits terriblement humains et pétris de contradictions, c'est bien celui d'une Amérique en tension, minée par les inégalités sociales et la peur du lendemain, que Jonathan Dee nous propose ici.
Un grand roman sur le désenchantement et les vicissitudes de ceux d'en-bas, qui se dévore avec un plaisir évident !
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Bazart
  24 avril 2018
Howland, petite ville du Massachusetts, havre de paix bucolique au Nord de New-York. Mark Firth, entrepreneur récemment ruiné par les investissements hasardeux d'un escroc, effectue des travaux de modernisation dans la belle villa d'un professeur d'université qui a fait fortune dans l'informatique.
Philip Hadi, après les attentats de septembre 2001, veut mettre sa famille à l'abri à la campagne. Hadi, riche philanthrope se lance en politique et devient maire de la ville.
L'argent à le pouvoir de tout adoucir, d'huiler les rapports de domination et de soumission. le carnet de chèque personnel du maire est tellement plus rapide et efficace que la lente administration démocratique. La petite bourgade glisse vers un confort douillet lorsque les riches New-yorkais viennent passer des vacances loin de la grande métropole.
Mark Firth comme tous les locaux, titre original du roman, regarde avec envie cet argent qui achète tout, même l'opposition politique, même la liberté de penser. Mais qu'arrivera-t-il lorsque que le milliardaire se sera lassé de son jouet ?
« Ceux d'ici », vie et mort d'une petite ville du Massachusetts sur l'autel d'un libéralise effronté. Envie, jalousie, anxiété, des riches toujours plus riches observés par des pauvres qui peinent à se maintenir la tête hors de l'eau. Jonathan Dee décrit de manière naturaliste l'Amérique de 2001 jusqu'à la crise des subprimes de 2008.
Il dresse le portrait de la classe moyenne avec réalisme et précision, des hommes et des femmes qui, abandonnés par l'American Way of Life se désespèrent et se résignent. Ce grand roman contemporain témoigne d'une Amérique qui a, sans s'en rendre compte, élu Donald Trump.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Brooklyn_by_the_sea
  24 novembre 2019
Jonathan Dee livre ici une chronique amère des Etats Unis entre le 11 Septembre 2001 et la crise financière de 2008.
Le rêve américain s'est dissous, mais Mark, entrepreneur en bâtiment, veut y croire encore. Dans son coin paisible du Massachusetts, il y croit d'autant plus qu'un millionnaire new yorkais, venu s'y réfugier et s'imposant peu à peu comme le Maître des Lieux, exhibe avec désinvolture ses signes de réussite. Mark parviendra-t'il à "réussir sa vie", lui aussi ? En tout cas, il y travaille...
J'ai bien aimé la mélancolie qui se dégage de ce roman, la nostalgie d'une époque, pas si lointaine, où l'argent n'influençait pas à ce point la vie des gens, où les rapports humains étaient plus simples. Désormais, tout n'est que conflits, rébellions, difficultés administratives et financières, affaires d'apparences... Comment vivre dans une société où les valeurs se réduisent à celle du dollar ? C'est tout cela que Mark et les autres personnages doivent affronter, page après page, et c'est un peu déprimant -ça l'est d'autant plus que le constat est semblable de ce côté-ci de l'Atlantique.
Néanmoins, le style de Jonathan Dee est agréable à lire, et la finesse de son analyse rend son roman pertinent et touchant. de quoi passer un bon moment littéraire.
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WillWillWill
  28 janvier 2018
Au volant de ma voiture en rentrant du boulot, à l'écoute de la radio, mon attention redouble lorsque le journaliste qualifie "Ceux d'ici" de "chef-d'oeuvre de la littérature américaine". Oh là là, on se calme je n'utiliserai pas ces termes pour qualifier le dernier roman de Jonathan DEE. Je mettrai plutôt en avant une plume enlevée et relevée, des personnages attachants; d'autres plus irritants aux contradictions multiples.
La psychologie des personnages est habilement mise en relief par ce portraitiste américain contemporain qui commet ainsi son quatrième roman et également par la qualité de la traduction offerte par Elisabeth PEELVAERT.
On navigue sur une petite décennie, de l'Amérique post 2001 traumatisée par les attentats jusqu'aux premiers relents de la "crise des subprimes". La recherche de logements décents, la réhabilitation ou la dégradation de maisons, les déménagements de plusieurs protagonistes, le squat d'une bibliothèque...nous montrent des personnages qui se cherchent et qui parfois se retrouvent lors d'une réunion d'un conseil municipal ( truculamment dėcrite) ou d'un dîner de Noël pathétique. La force de l'auteur est de ne pas sombrer dans la caricature. Jonathan DEE dessine puis peint la vie quotidienne de ses personnages avec délicatesse tant dans la cadre de leur travail (bliothécaire, professeurs, agents immobiliers de Stockbridge, barman, restaurateur, postier, policier, licenciė-e-s...) que de leurs relations familiales.
Je vous laisse découvrir les aléas et les quelques turpitudes qui sévissent au sein du couple Karen et Mark FIRTH. Vous aurez aussi l'occasion de pérégriner avec plaisir auprès de Gerry et de suivre l'actualité locale par le prisme de son blog internet ou d'apprécier les parcours de vie de la très attachante Haley et de sa tante Candace.
D'autres personnages peints au cordeau soutenus par des dialogues acérés donnent du rythme au roman et montrent chez certains une obsession toute américaine des taxes foncières, des impôts, de la promotion sociale, de la scolarisation des progénitures dans les meilleures écoles privées, le tout empaquetés de petites jalousies, de mesquineries, de non-dits ou plus simplement d'incompréhension ou d'absence d'intérêts communs. Je n'en fais pas un livre moralisateur ou jugeant ; les personnages ne sont en rien monstrueux, on peut d'ailleurs s'y retrouver dans l'un d'eux. Ceux de là-bas sont également ceux d'ici.
La veille de la rédaction de ce petit commentaire je me suis rendu au Café des Images pour découvrir un film qui lui aussi brosse de manière magistral un aspect de l'Amérique contemporaine. Ce film "3 billboards les panneaux de la vengeance" mérite t-il le qualificatif de "chef-d'oeuvre" attribué au livre susnommé par un journaliste enthousiaste ? À mon goût plus probablement mais les deux offrent une belle dose de plaisir.
Bon film et bonne lecture.
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Jeneen
  08 février 2018
« Ceux d'ici » est un excellent roman, très bien écrit, passionnant et subtilement construit. C'est le roman d'une famille, d'une petite ville, d'une Amérique que le 11 septembre 2001 et les crises successives ont transformées.
Le livre part du 12 septembre 2001 à New York pour poser le décor d'une Amérique attaquée dans son coeur et affaiblie. Mais la question de la liberté collective bafouée est mise de côté au profit d'un repli sur soi d'une partie de la société américaine, prise de paranoïa envers les classes plus riches, les communautés différentes, les politiques qui les oublient. Une société qui a perdu de vue son rêve américain...
Le roman évoque en parallèle l'ascension d'un milliardaire new yorkais dans la petite ville où il prenait ses vacances et les ambitions, succès et échecs des habitants de la même ville pour qui ce milliardaire est un modèle du rêve américain...Ou un représentant d'une classe riche à haïr. Toutes ces histoires, très bien racontées, avec des personnages très bien décrits psychologiquement, servent de prétexte pour montrer les inégalités dans la société américaine, la montée d'un sentiment de rejet de l'autre, quel qu'il soit, de la politique politicienne et du repli sur soi.
Une idée revient souvent dans ce roman : à la politique réelle et démocratique se substitue parfois la richesse des élus qui leur donne une légitimité pour agir, sous couvert d'efficacité, mais au détriment de la démocratie. Le principe qu'un homme riche ne s'intéresse forcément pas à l'argent puisqu'il en a, mène à l'idée qu'il est donc incorruptible et que son engagement est dans l'intérêt collectif. Cette idée est souvent évoquée et développée dans ce livre au travers des ambitions des différents personnages, de la transformation de la ville, des réactions de rejet ou d'adhésion des habitants. Les rancunes apparaissent, les inégalités se creusent, conduisant à des réactions populistes et de repli.
Un roman, donc, où les tensions sont dans tous les domaines, et s'exacerbent au fur et à mesure de la lecture, un roman (et une dernière phrase, parfaite) qui fait froid dans le dos car on ne peut éviter de faire un parallèle avec la réalité aux Etats-Unis...Pourtant, Jonathan Dee avait commencé son livre bien avant l'avènement d'un certain président milliardaire (mais après celui d'un riche maire de NY charismatique...)
Un roman que je conseille en tout cas, parce-que Jonathan Dee sait raconter des histoires, tout en nous faisant subtilement réfléchir. Et que son livre, au delà des qualités littéraires, réussit à brosser avec brio une image de la middle-class américaine confrontée à ses espoirs et désillusions, sans en faire trop. Un très bon livre pour tous ceux qui s'intéressent à l'Amérique contemporaine et aux jeux de pouvoirs.
Je remercie les éditions Plon et NetGalley pour la lecture de ce roman.
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critiques presse (5)
LaLibreBelgique   14 février 2018
"Ceux d’ici", septième roman de Jonathan Dee, dépeint avec subtilité les mécanismes du repli des citoyens.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournaldeQuebec   12 février 2018
Sans revenir à fond sur les fameux événements du 11 septembre, Ceux d’ici raconte les principales dérives de l’Amérique des 15 dernières années.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaCroix   02 février 2018
L’auteur des Privilèges brosse un portrait inquiétant et tristement réaliste de l’Amérique post-11-Septembre, moins rongée par la menace terroriste que par les inégalités sociales.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   26 janvier 2018
Avec « Ceux d’ici », l’écrivain signe le premier roman significatif sur les Etats-Unis de Trump. Il l’a pourtant terminé quelques mois avant l’élection…
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   24 janvier 2018
Roman éprouvant, Ceux d’ici brosse un tableau effarant et parfois glacial de la société américaine. À envisager avec un excellent verre de whisky. Voire une bouteille fraîchement ouverte.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
gabbgabb   17 février 2020
Les gens de Manhattan surtout semblaient mus par la conviction erronée que les autres, les provinciaux, vivaient déconnectés de la réalité. Alors que c'était tout le contraire : sur terre, aucune espèce n'était plus déconnectée qu'un New-Yorkais. Des insulaires qui payaient un studio un million de dollars et passaient leurs journées à créer des programmes informatiques pour s'échanger des choses qui n'existaient pas - des gens réels, ça ?
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gabbgabb   13 février 2020
Les périodes de crise faisaient ressortir le mauvais côté des gens, semblait-il, et cet Internet, c'était comme un cabinet de toilette géant où on pouvait se permettre de gribouiller toute la haine qu'on voulait.
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WillWillWillWillWillWill   27 janvier 2018
Plus elle s'efforçait de développer sa comparaison, plus ils riaient. Elle n'était pas passionnée de politique, mais elle était effarée par le peu d'intérêt de ses camarades à l'égard du monde extérieur à leur propre monde. C'était comme s'ils s'évertuaient sciemment à s'en détacher.
Cette attitude, ce sentiment de satisfaction inné et d'ignorance orgueilleuse à l'égard de tout ce qui ne les touchait pas directement, restait acceptable quand ils étaient tous à l'école mais dès qu'elle rejoignait au dehors, dans le monde réel, en week-end ou pendant les vacances, ses meilleurs amis de Mullins elle éprouvait une certaine gêne ou tout perdait sa saveur. Dès qu'ils se retrouvaient à plus de deux ils n'étaient pas longs à manifester leur élitisme.
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gabbgabb   10 février 2020
Elle s'efforçait de bien s'acquitter de ses tâches de façon ostensible parce qu'elle savait que son travail n'était pas vraiment indispensable [...] Il fallait donner l'impression d'être nécessaire tout en ayant conscience, et elle était la mieux placée pour le savoir, que ce n'était pas le cas.
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WillWillWillWillWillWill   24 janvier 2018
Alors je ne sais pas si vous avez déjà eu beaucoup d'argent, mais putain que c'est lourd. C'est-à-dire, vous pouvez avoir mille dollars et vous sentir malin, mais quand vous en avez deux cent quarante mille, qui attendent là sans rien faire, vous vous sentez sacrément idiot. Je travaillais au labo à ce moment-là, mais c' était avant l' arrivée de Yuri. Les seuls types avec qui je pouvais parler étaient fondamentalement débiles, et ils ont commencé à me mettre la pression, vous voyez ? Tu dois l' investir. Il faut que tu le places, sinon il reste là à générer des impôts jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, ça doit fructifier ou ça meurt. C'est ça l'Amérique.
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