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Francis Ledoux (Traducteur)Henri Hubert Mollaret (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070373727
384 pages
Éditeur : Gallimard (14/04/1982)
3.64/5   50 notes
Résumé :
En 1665, pour la quatrième fois dans le siècle, la peste ravage Londres où elle fait en un an 70 000 morts. En 1720 elle est de nouveau à Marseille. Journaliste toujours à l'affût d'une grande affaire, Defoe voit là l'occasion d'un livre qui rappelle un drame très proche et mêlera les conseils prophylactiques aux réflexions morales sur les décrets de la Providence. S'aidant peut-être de ses souvenirs mais réunissant surtout avec une rigueur toute scientifique témoig... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
oran
  07 octobre 2019
Il convient de lire attentivement la longue préface d'Henri Mollaret (1923-2008) éminent professeur à la faculté de médecine de Paris-Ouest, chercheur en microbiologie, directeur du laboratoire spécialisé dans l'étude de la peste à l'Institut Pasteur de Paris car elle éclaire admirablement tout le livre de Defoe.
Après un bref historique de ce fléau et l'exposé des éléments favorisant sa propagation, il décrypte d'autres points majeurs : les conditions dans lesquelles Defoe entrepris cette rédaction, ses sources d'inspiration…
Le Journal de l'Année de la Peste à Londres (1665), est bien plus qu'une oeuvre romancée c'est un véritable documentaire. Daniel Defoe, journaliste à cette époque – 1722- en pleine tourmente financière comme souvent dans d'autres périodes de sa vie, décide d'écrire une longue chronique consacre à la Peste qui sévit quelques années plus tôt à Londres, enrichie par une actualité récente : La Grande Peste de Marseille qui s'abattit sur la cité phocéenne, gagna la Provence, le Comtat Venaissin , une partie du Languedoc.
La compilation des informations, le réalisme des situations, la mentalité des intéressés, les tourments de l'enfermement, le fanatisme religieux… sont autant d'éléments qui servirent, bien plus tard à Albert Camus quand il rédigea La Peste, publiée en 1947, également sous la forme d'une chronique.
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Chocolatiine
  30 juillet 2015
1665, la peste frappe la capitale anglaise. Daniel Defoe, au siècle suivant, alors que la maladie touche Marseille, prend sa plume pour nous raconter le fléau londonien. Il décrit avec force détails cet épisode, en se basant sur des souvenirs (il avait cinq ans à l'époque), des témoignages et divers documents.
Ce Journal est également l'occasion pour Defoe de présenter des théories médicales très en avance pour son époque. Il s'interroge ainsi des délais d'incubation, des modalités de transmission, etc.
Daniel Defoe nous offre là un tableau complet de l'état de la ville, du comportement de la population, des manifestations de la maladie durant la terrible épidémie de 1665. En ce sens, ce livre est un grand livre.
Cependant, le style détaché, froid et purement descriptif ne m'a pas plu du tout. On notera aussi que le roman n'est pas découpé en chapitres et que les paragraphes semblent s'enchaîner de manière un peu aléatoire parfois, et cela est relativement désagréable.
Commenter  J’apprécie          210
poparaile
  05 août 2020
Au début, j'ai cru que Daniel Defoe nous faisait part de son témoignage (édifiant) sur la dernière peste qui a eu lieu à Londres, en 1665. Mais pas du tout, c'est un docu-fiction qu'il a écrit 60 ans plus tard. Il m'a eu, à 300 ans de distance... C'est comme s'il m'avait fait croire que Robinson Crusoë avait vraiment existé, le bougre! Il faut dire qu'il sait y faire avec ses "on m'a rapporté plusieurs fois que..." telle rue, tel jour, le fils de la servante d'un client de mon frère." "mais moi-même je ne peux y accorder foi" etc. Sûr que Borges, dans ses nouvelles, a reproduit ce procédé-là.
Cela dit, on sait maintenant que son récit est historiquement et médicalement crédible, et même précis. On dit aussi qu'il se serait inspiré d'un vrai journal, celui de son oncle.
Le style classique est évidemment clair, scrupuleux, les longues phrases s'y déploient et les démonstrations bien cadrées prennent leur temps. (Ce style collait bien au personnage de Robinson car il est l'archétype de l'homme pieux, organisé, rationnel, constructif).
Mais ici, l'épidémie décrite est proprement épouvantable. A un moment, le narrateur concède que les mots qu'il utilise ne savent pas vraiment atteindre à l'horreur vécue et il lâche alors qu'il faut que le lecteur comprenne simplement que c'était "très, très, très affreux". Il n'y a que la littérature des camps ou celle de la guerre qui suscite à ce point-là un sentiment d'effroi, lorsque l'abîme de la mort est là, pour tout le monde, constamment. "Ca vaut tous les sermons" fait-il dire à un des personnages qui conduit "la charrette des morts". Lui-même parle souvent de la Providence. Bon. Beaucoup mourront littéralement de peur, de folie ou se suicideront. Pas vraiment une lecture de vacances, en fait.
Tout ça est sans commune mesure avec l'épidémie du Covid19, certes, mais quand même, il y a de très nombreux points communs qui mettent les choses en perspective (les controverses entre savants, le refus du confinement, les différences sociales, le déconfinement trop précoce, les illusions sur le "monde d'après" etc.)
Curieusement, il y a beaucoup de répétitions (il paraît que c'est voulu), mais le livre pourrait faire au moins 100 pages de moins.
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Bibliosam
  03 janvier 2021
1665, la peste ravage Londres pour la quatrième fois dans le siècle. Defoe, l'auteur de Robinson Crusoé, nous en livre un témoignage passionnant.
Je cultive depuis toujours (bien avant la Covid) une fascination inexplicable pour les pandémies dans l’Histoire. Je n𠆚vais encore jamais lu de témoignages relatant la vie quotidienne des populations touchées par ce fléau.
Ce n𠆞st pas un roman mais un reportage. Avec une approche journalistique de grande qualité Defoe dresse le portrait de la société sous le joug de la peste et de la maladie en elle-même. Il nous raconte les mesures prises par les autorités pour limiter la propagation mais aussi le quotidien de la population en s𠆚ppuyant sur des chiffres et les ordonnances prises par les autorités.
La peur, le rejet de l𠆚utre, le recours au charlatanisme, c𠆞st cet aspect sociologique qui m𠆚 le plus intéressée.
Les plus fortunés ont quitté la ville dès les premiers signes pour leurs maisons de campagne laissant les plus pauvres à leur malheureux destin.
La peur de la mort entrainait une certaine régression. Elle poussait à la folie et à la violence mais aussi à briser les liens sociaux.
Si le mal entrait dans une maison, la famille qui occupait celle-ci y était enfermée. Marqué d’une croix rouge et de la phrase « Que Dieu aie pitié de nous », elles étaient condamnées à une mort certaine. Cette mesure étant ressentie comme injuste, elle a poussé de nombreuses personnes infectées à se jeter sur les routes et à propager la maladie.
La période d’incubation étant assez longue et les marques de la gangrène arrivant à l𠆚ube de la mort, c𠆞st ainsi que le mal a causé tant de ravages.
Et quand tout le monde s𠆞st cru condamné, qu’il n’y avait rien à faire pour lutter contre la peste, ils se sont remis à vivre normalement abandonnant leur destin à la providence causant des résurgences.
On ne peut ignorer la résonance particulière de ce récit avec avec la situation actuelle. Les siècles passent et une partie de l’âme humaine reste la même.
Au delà du témoignage, Defoe livre de nombreuses mises en gardes pour les générations futures au cas où le mal viendrait à réapparaitre. Pars vite et reviens tard.
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apcalipticart
  27 juillet 2020
Pourquoi lire un livre sur la peste aujourd'hui ? Une maladie vieille de plus de 700 ans, dont on est immunisé, quelle est l'utilité de remuer le passé ? Avec son journal, Defoe nous embarque en 1665 durant l'une des épidémies de peste les plus ravageuse de l'histoire. On suit un narrateur qui décide de rester à Londres afin de suivre l'évolution de l'épidémie.
Ici la peste ne revêt pas plusieurs significations comme chez Camus. le livre aborde la maladie du point de vue de la masse et va axer sa réflexion sur le comportement individuel et de masse qu'il va y avoir suite à l'arrivée du fléau.
Mais la Peste ne se fait pas ravageuse tout de suite. Elle se terre dans les petits villages et commencent à tuer, à se répandre doucement mais sans affoler les taux de mortalités. Petit à petit les gens soupçonnent quelque chose, les morts se font de plus en plus fréquentes, certaines paroisses ferment. La peste semble être un avertissement de Dieu.
Les charlatans se font légion et commencent leur commerce. Onguents miraculeux, herbes divines, partout à travers l'Angleterre, les faux prophètes se multiplient aussi vite que les contaminés. Les marques rouges sur les portes des maisons forcent la population à se confiner, devant leur porte un agent de la paix, à l'intérieur une infirmière attitrée pour soigner les pestiférés.
Le bruit des charettes prévues pour acheminer les morts dans les fosses se font de plus en plus fréquents. le taux de mortalité explose, la répression avec. Plus personne ne doit ou ne peut sortir de chez lui. Les bubons sont les nouveaux annonciateurs de la mort imminente.
La Mort annonce la saison de la moisson, la peste est sa faux, les humains ses blés.
Foudroyante, la peste décime des villages entiers, la folie s'empare des Hommes. Il n'est pas rare de voir un homme hurler et se jeter dans le fleuve. Châtiment de Dieu ou non, la peste se propage, par la mer, les airs et la terre. Un unique espoir, celui d'avoir été épargné par la providence. La saison de la moisson continue et les champs brûlent, laissant sur les victimes une trace noire.
Dernière marque annonciatrice d'une mort foudroyante dans l'agonie la plus totale, l'espoir s'amenuise, la criminalité explose, le frontières ferment et plus personne a confiance en quoi que ce soit. Des maisons entières sont vidées de morts, des familles, femmes enfants, maris sont transportés puis oubliés au creux d'une fosse déjà trop remplie.
Puis un beau matin la fin aussi violente qu'imprévue.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine   30 juillet 2015
Hélas ! c'était une époque où chacun était si préoccupé de sa propre sécurité que la pitié pour la détresse d'autrui ne trouvait aucune place ; chacun voyait, pour ainsi dire, la mort à sa porte, souvent même dans sa propre famille, et nul ne savait que faire ni où s'enfuir.
Cela, dis-je, supprimait toute compassion ; la conservation de soi-même semblait, en fait, la règle primordiale : les enfants fuyaient leurs parents alors qu'ils languissaient dans la plus grande détresse ; en certains endroits, encore que cela fût moins fréquent, les parents firent de même pour leurs enfants - oui, il y eut des exemples affreux. Ainsi particulièrement deux fois en une seule semaine, l'on vit des mères désespérées tuer, dans leur folie et leur délire, leurs propres enfants ; l'une d'elles habitait non loin de chez moi, et cette pauvre démente ne vécut pas assez longtemps pour se rendre compte du péché qu'elle avait commis et encore bien moins pour en être punie.
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YouplalaYouplala   09 mai 2020
Ici aussi, je dois faire une remarque pour le bénéfice de nos descendants au sujet de la façon dont les gens s'infectaient les uns les autres : ce n'était pas seulement des malades que les gens sains prenaient directement le mal, mais aussi des bien-portants. Je m'explique : par malades, j'entends ceux qui étaient connus pour tels, qui avaient pris le lit, qui avaient reçu des soins ou qui portaient des enflures ou des tumeurs. Ceux-là, tout le monde s'en méfiait : ils étaient ou dans leur lit ou dans un état tel qu'ils ne pouvaient pas le dissimuler.
Par bien-portants, j'entends ceux qui avaient reçu la contagion, qui l'avaient réellement sur eux et dans leur sang, et dont, cependant, l'aspect extérieur n'en révélait rien ; bien mieux, qui ne s'en rendaient pas compte eux-mêmes, comme il arrivait pour beaucoup de gens pendant plusieurs jours. Ceux-là exhalaient la mort en tous lieux et sur toutes les personnes qui les approchaient ; leurs vêtements mêmes retenaient l'infection, leurs mains contaminaient les objets qu'ils touchaient, surtout si elles étaient chaudes et moites, ce qui était fréquent.
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ChocolatiineChocolatiine   30 juillet 2015
L'homme [...] ne peut supporter de se voir plus malheureux que d'autres de son espèce et [...] désire involontairement que tous ses semblables soient aussi misérables et se trouvent en aussi mauvaise condition que lui-même.
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YouplalaYouplala   03 mai 2020
J'ai souvent réfléchi à l'état d'impréparation où se trouvait la grande masse du peuple au moment où cette calamité tomba sur lui et combien ce fut le défaut de mesures et de dispositions prises en temps utile qui fut cause de toute la confusion qui suivit. Ce fut la raison du nombre prodigieux des gens qui succombèrent dans ce désastre, alors que cela eût pu être évité, la Providence aidant, si les mesures convenables avaient été prises ; et la postérité pourra, si elle le trouve bon, en tirer l'avertissement ainsi donné.
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YouplalaYouplala   09 mai 2020
En effet, lorsque, dès l'apparition de la première diminution importante du chiffre des décès, cette idée se fût répandue par toute la ville avec la rapidité de l'éclair, tournant la tête des gens, nous vîmes que les deux bulletins suivants n'accusèrent plus une décroissance en proportion. J'en trouve la raison dans le fait que les gens se précipitaient aussi inconsidérément dans le danger, renonçant à toutes les précautions, à tous les soins qu'ils avaient pris et à la méfiance qu'ils avaient pratiquée jusque là, sûrs qu'ils étaient que la maladie ne les atteindraient pas ou que, si elle le faisait, ils n'en mourraient pas.
Les médecins s'élevèrent de toutes leurs forces contre cette humeur inconsidérée et distribuèrent des notices imprimées, les répandant par toute la ville et les faubourgs, pour conseiller aux gens de maintenir leur réserve et d'agir toujours avec la plus grande prudence dans leur conduite de tous les jours malgré la décroissance de la maladie.
[...]
Mais ce fut en vain.
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