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Laurent Quevilly (Directeur de publication)Bernez Rouz (Directeur de publication)
EAN : 9782868432261
943 pages
Éditeur : An Here (09/09/2007)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :

Publiés en 1998, les Mémoires d'un paysan bas-breton, de Jean-Marie Déguignet ont créé l'événement. Plusieurs facteurs expliquent cet extraordinaire succès d'édition : Déguignet parle vrai ; issu des couches les plus pauvres de la paysannerie, il exprime par ses tripes la misère ambiante au XIXe siècle. Déguignet le soldat de Napoléon III apporte un témoignage unique sur quatre cam... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Woland
  01 juin 2008
Cet énorme "pavé" de plus de 900 pages (dans lesquelles il faut inclure l'index, le texte de Déguignet, sans les annexes, se regroupant sur 869 pages) abonde en paragraphes serrés, touffus, semblables à des blocs ou à des pierres de taille qui ont donc servi à dresser un monument posthume à un personnage hors du commun et hors de son temps.
Ajoutez à cela les notes, en bas de page, les "bretonnismes" dont le texte est truffé, la rage anti-cléricale du bonhomme, un esprit d'analyse carré, puissant, qui tient du prodige, un amour de la discussion pour la discussion qui tient, lui aussi, de l'exceptionnel, et vous vous ferez une bonne idée de cette "Histoire de Ma Vie."
L'avantage - et l'inconvénient - de la version intégrale, c'est que rien n'y est épargné au lecteur, pas même les répétitions et les redites. Car il est évident que Déguignet, sur la fin, vivant seul et n'ayant personne ni pour le relire, ni même pour le lire, refusant lui-même de se relire, aigri sans doute (et on le comprend) par ses malheurs, tombant dans une paranoïa que les événements de son existence avaient eu beau jeu de réveiller et d'alimenter, Déguignet n'a pas évité de patiner dans les injures et les malédictions.
D'où vient alors que la puissance du récit, le charme du conteur et l'authenticité de son texte parviennent, encore et toujours, à enchaîner le lecteur ? ...
Eh ! bien, parce que, bien que né au XIXème siècle et ayant connu aussi bien les guerres du Second Empire que les débuts de la IIIème République, c'est en homme du XXème, et même du XXIème siècle que raisonne Jean-Marie Déguignet.
Avec lui, on retourne aux sources de la misère paysanne telle qu'elle existait encore après la récupération de la Révolution par la bourgeoisie française. Et l'on sent retomber sur nos épaules la chape de plomb que représentaient à l'époque ces deux ennemis jurés de "L'Assiette au Beurre" : le sabre et le goupillon.
Ah ! le goupillon ! ... Pour les athées et les anti-cléricaux forcenés, lire Déguignet est une jouissance absolue car cet homme qui, jamais, ne connut l'école, a l'élégance suprême d'éviter au maximum de tomber dans la vulgarité lorsqu'il décrit ce clergé et ces bigots qui pesèrent si lourdement sur son destin. Certes, il piétine, il éructe, il rage, il s'époumone - surtout sur la fin. Mais on le lui pardonne bien volontiers tant on le sent sincère et viscéralement rebelle.
En ce qui concerne le sabre, c'est un peu différent. Déguignet, en effet, fut militaire et devint même sous-officier. Ce qu'il blâme, ce sont surtout les horreurs de la guerre moderne et la sottise et l'infamie des officiers qui conduiront la France au désastre de Sedan puis, quelques années après, à l'ignoble Affaire Dreyfus. Mais l'armée, Déguignet est clair là-dessus, il en faut bien une et il semble pencher vers l'armée de métier.
Figure récurrente dans "Histoire de Ma Vie", et non des moindres : le Christ.
Déguignet passe les trois-quarts de son livre à le traiter de tous les noms d'oiseaux qu'il connaît - et il en connaît pas mal. Mais dans la dernière partie et sans renoncer un seul instant à ses injures, il reconnaît aussi l'aspect révolutionnaire, voire anarchiste du personnage.
Car il y a beaucoup de contradictions chez Déguignet. Celle qui m'a le plus frappée - et amusée car je comprends parfaitement le raisonnement et je l'approuve - est celle-ci :
Déguignet commence par se moquer des saints bretons qui, de fait et comme lui-même le savait déjà, ne sont que des récupérations faites par l'église chrétienne de personnages légendaires celtiques, voire parfois de simples noms de lieux-dits - eh ! oui. Puis, il observe - et l'on sent son indignation qui gonfle, qui gonfle, qui va éclater - qu'aucun de ces saints ne semble connu des livres pieux de l'époque. Il en conclut donc que les saints bretons ne se retrouveront jamais au paradis mythique où se dorent leurs confrères juifs, grecs, romains, etc ...
Et d'assener, avec un mépris somptueux :
- "Mais de toutes façons, nous, Bretons, nous n'avons que faire de votre paradis !"
... Il ne menace pas d'en créer un spécialement pour les saints discriminés mais ... c'est tout juste. Wink
C'est par des traits aussi attachants que cette étrange personnalité trouve le moyen de toucher encore nos coeurs. ;o)
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Woland
  01 juin 2008
Né le 19 juillet 1834 à Guengat et mort aux portes de l'Hospice de Quimper, le 29 août 1905, Jean-Marie Déguignet était le fils d'un fermier qui, tombé dans la misère peu après la naissance de ce fils, dut louer ses services à d'autres fermiers, dans la région d'Ergué-Gaberic.
Pour aider sa famille, le petite Jean-Marie exerça très tôt le métier de mendiant, c'est-à-dire qu'il allait mendier du pain et des restes de nourriture chez les paysans plus aisés, leur promettant en échange de prier pour eux, ce que, conformément à l'usage du temps, il commençait à faire sur le champ. En ce temps-là, on croyait que les prières des jeunes enfants mendiants apportaient plus de grâces en paradis à ceux pour lesquels ils priaient.
Enfant timide mais extrêmement intelligent, voire surdoué comme on dirait probablement de nos jours, le petit Jean-Marie, tout en étant heureux de pouvoir aider ses parents, comprit très vite toute l'hypocrisie du procédé. Ceux qui donnaient pain et restes à l'enfant ne le faisaient pas par charité : comme Victor Hugo l'écrit dans ses "Misérables", ils "s'achetaient un peu de paradis."
C'est probablement dans cet étrange métier que lui imposait l'instinct de conservation que l'on doit rechercher les racines du formidable rejet de la religion, particulièrement chrétienne et catholique, que Déguignet manifestera jusqu'à son dernier jour.
Dès qu'il le put, l'adolescent opta pour la profession de vacher, à la ferme-école de Kermahonet en Kerfeunteun. La soif de connaissance le tourmentait déjà depuis belle lurette puisqu'il avait appris à lire breton et latin dans ... les livres de messe. Wink
A Kermahonet, il s'attaqua à la langue des "envahisseurs" : le français. Et il s'en tira très bien, sa monumentale "Histoire ..." le prouve amplement.
De nos jours, il paraît tout naturel de parler français. Mais si l'on replace les faits dans le contexte des années 1840/1850, il faut rappeler que, à cette époque, les Bretons n'étaient pas les seuls à ne pas savoir parler français. Dans d'autres provinces du pays, on se heurtait au même phénomène. C'est la IIIème République - honnie elle aussi par Déguignet Wink - qui, avec ses "hussards noirs", parviendra peu à peu à faire du français la langue-reine de notre pays.
Pour l'instant, revenons à 1854, date de l'engagement de Déguignet dans l'armée de Napoléon III. Il va y rester 14 ans et y deviendra même sous-officier. Il ira en Crimée, en Palestine, au Mexique (où il apprendra l'espagnol), en Italie (où il apprendra l'italien), en Kabylie (où il remarquera, non sans raison, une ressemblance prononcée entre la prononciation de certaines lettres bretonnes et celle de certains caractères arabes).
Quand il est démobilisé, il regagne la Bretagne. Il avait de belles économies mais il semble être tombé plus ou moins amoureux de la fille d'une fermière ruinée. Pour se marier, il reprit le bail de sa belle-mère et travailla donc comme fermier pendant quinze ans pour le compte d'un hobereau breton qui ne devait par la suite lui avoir aucune reconnaissance des bons soins donnés à la propriété.
Après la mort de sa femme dans une crise de delirium tremens, Déguignet, qui se retrouvait veuf avec trois enfants, put se faire donner un petit bureau de tabac. Mais ce bureau se trouvait sur le territoire très clérical du curé de Pluguffan et celui-ci, que les théories athées et anarchistes de Déguignet portaient, à chaque fois que les deux hommes se croisaient, aux limites de l'apoplexie, fit tout pour boycotter le nouveau débitant.
Vaille que vaille, Déguignet tint bon quelques années et puis, il se lassa, loua à son tour son bureau de tabac et s'en fut à Quimper. Lorsqu'ils avaient eu l'âge de travailler, ses enfants avaient été récupérés par leur famille maternel et le malheureux se retrouva dans la misère la plus absolue, dans un "trou" infect qui, pendant que je lisais ses mémoires, m'a évoqué celui dans lequel meurt la Gervaise de Zola.
Indomptable, inclassable, déclassé, vraisemblablement atteint d'une forme de paranoïa que les malheurs rencontrés dans l'existence n'avait fait que renforcer, mais toujours doté d'un esprit analytique et d'une soif de connaissance tout bonnement incroyables, Déguignet vivota là-dedans, fréquentant aussi la bibliothèque municipale de Quimper, lisant les journaux, discutant, rédigeant des lettres d'insultes à ceux qui le persécutaient, se rendant impossible à certains mais refusant de perdre une seule miette de sa dignité.
On le trouva mort à la porte de l'Hospice de Quimper, le matin du 29 août 1905.
Il laissait derrière lui une montagne de feuillets dont il avait écrit que, si lui n'en tirait aucun bénéfice, il en serait tout autrement pour ceux qui viendraient après lui. Il ne se trompait pas : aujourd'hui, son "Histoire ..." est traduite jusqu'en Russie. ;o)
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   07 juin 2017
LE RÉPUBLICAIN INTRANSIGEANT (1870)* :
La lutte était commencée. Le gouvernement avait choisi le scrutin d'arrondissement ; par ce moyen, il espérait un triomphe plus facile et plus complet de ses candidats, choisis dans chaque arrondissement parmi les plus notables, les plus connus, les plus riches et les plus influents du parti jésuitico-clérico-monarchiste. (...)
Les amis et protecteurs du candidat officiel avaient fait distribuer des brochures en français et en breton dans lesquelles la République et les républicains étaient flétris et maudits sur tous les tons. Le pauvre candidat républicain y était traité et caricaturisé [sic] de toutes les façons : en diable, en loup, en renard et en âne. Les jésuites et cléricaux, quoique sûrs du triomphe, avaient cependant jugé à propos d'attirer à eux les paysans et les ouvriers par tous les moyens. Ils mettaient leurs agents en campagne avec des pièces de cent sous plein leurs poches, qui distribuaient partout des discours et des boniments appris par cœur, des brochures, des journaux, des cigares, et du "guin ardent".** Les châtelains réunissaient chez eux leurs fermiers et leurs ouvriers, auxquels ils donnaient, comme on disait alors, des "rastel"*** pleins, c'est-à-dire à boire et à manger à volonté. Notre châtelain avait aussi convoqué les siens, le soir, la veille du vote. Après le "rastel", il leur avait dit de se trouver le lendemain matin à une auberge près du bourg, où il y aurait encore distribution de "guin ardent" et des bulletins, et le maître les conduirait ensuite en rangs serrés au scrutin. Mais la plupart de ceux qui avaient été se restaurer au château passèrent par chez moi après, pour me demander des bulletins au nom du candidat républicain. Je leur en avait donné, en leur recommandant de les bien ployer et les cacher dans leur gilet ou leurs manches, car le sire Malherbe pourrait bien les fouiller avant de leur donner les bulletins blancs, le lendemain.
Le lendemain, j'étais de bonne heure au bourg, à l'auberge désignée par notre sire Malherbe. Je trouvai la plupart de ceux qui avaient passé chez moi la veille, ayant déjà bu à la santé du seigneur. (...)
Quand je vis arriver la voiture du sire, je m'éloignai pour qu'il ne me vit pas avec sa bande. Il descendit de voiture, offrit encore à boire à ceux qui en voulaient, ensuite il les mit en rang sur la route et leur donna chacun un bulletin bien ployé dans la main. Il ne les fouilla pas. La distribution [terminée], il commanda par le flanc droit et les conduisit ainsi jusqu'à la salle du vote, marchant derrière eux pour les empêcher de prendre d'autres bulletins. Tous les autres nobles châtelains arrivaient ainsi avec des bandes de cinquante à soixante. (...) L'ancien maire bonapartiste de la commune, le principal agent des cléricaux monarchistes, ne quittant la porte de la mairie un seul instant, disait à ces seigneurs, à mesure qu'ils arrivaient avec leurs troupeaux, qu'ils pouvaient être tranquilles car tout le monde votait comme [un] seul homme pour le candidat officiel, et les seigneurs lui serraient la main en souriant.
("Le cultivateur", pages 389-390)

* - Élections législatives du 20 février 1876. Il y avait deux candidats pour la première circonscription de Quimper : Augustin Dumarnay, député sortant, favorable à une monarchie constitutionnelle, et Louis Hémon, avocat, candidat républicain.
** - gwin ardent : (breton) eau de vie.
*** - râtelier, terme consacré pour ces "apéros" pré-électoraux de l'époque.
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   13 mai 2017
LA GUERRE DU MEXIQUE (1865-1867) :

Maintenant, je savais enfin le mot de la fin. Je savais pourquoi nous descendions, et pourquoi les libéraux nous poursuivaient. Aucun traité de paix n'ayant été conclu (1), ces libéraux nous poursuivaient toujours en ennemis, et avec d'autant plus de confiance qu'ils se savaient appuyés par soixante mille Américains, par ceux-là même qui nous avaient donné l'ordre de déguerpir au plus vite. Nous partions donc chassés comme on chasse les troupeaux maraudeurs, à coups de fouet et de sifflet. Et il s'est trouvé des écrivains, même parmi ceux qui ont été là-bas, pour glorifier cette expédition, qui n'a été qu'une expédition de vandales, de bandits, d'incendiaires et d'assassins (2). Le fameux Dupin (3) dont le nom seul faisait frémir les Mexicains de peur et d'horreur, commit plus de crimes là-bas à lui seul que ne commirent, en France, Cartouche et Mandrin. L'abbé Domeneck (4), un de ces écrivains, trouva cette expédition magnifique parce que l'Empereur avait déclaré qu'il faisait cette guerre pour rétablir l'ordre au Mexique, pour donner le pouvoir aux évêques, et la liberté aux jésuites et aux moines voleurs que la république avait chassés. Les écrivains espagnols glorifièrent aussi les crimes et les horreurs commis là-bas par Fernand Cortez et ses bandits. Les grands bandits, les imposteurs, les grands massacreurs d'hommes trouvent toujours des écrivains pour les glorifier, les encenser, les déifier. Parmi tous les dieux offerts ou imposés à l'adoration des peuples ignorants et abrutis, on ne trouve que des monstres sanguinaires et cannibales.
("Le soldat", page 295)

(1) - Un ultimatum, de M. Seward, secrétaire d'État aux Affaires Étrangères américain, le 5 décembre 1865, intime l'ordre à l'Empereur français de retirer immédiatement ses troupes du Mexique. [ Jean Avenel, "La Campagne du Mexique (1862-1867)", éd. Economica, Paris, 1996, pp. 139-143]
(2) - "[...] en nous laissant pendant des mois entiers sans solde et sans vivre, nous obligeant ainsi à piller, à voler, à incendier, pire que les anciens bandits." ("Résumé de ma vie", cf. site internet www.deguignet.org/extraits/resumevie01.html).
(3) - Charles Dupin (1814-1871) : colonel, chef de la contre-guérilla française au Mexique, il était réputé pour ses méthodes expéditives. Cf. Jean Avenel, op.cit., pp. 56-57.
(4) - Emmanuel Domenech : abbé, auteur de "Histoire du Mexique, Juarez et Maximilien" (A. Lacroix Verboeckhaven & cie, Paris, 1868, 3 volumes).
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   29 juin 2017
LES ANNÉES NOIRES (1887-1900)

Donc, quand ces farceurs crient du haut de leurs balcons : "À bas les juifs !", c'est toujours pour tromper et rouler ce pauvre peuple avec une nouvelle ficelle, toutes les autres étant usées, sans doute. Ils disent assez clairement au peuple qui crie misère et faim : "Mais mangez donc ces juifs qui vous volent tout et vous mangeront bientôt si vous ne vous dépêchez [pas] à les manger." Leurs journaux clament ça tous les jours. Cela me rappelle une histoire de riches voyageurs en Russie, dans la neige, poursuivis [par] des loups. Ils sont sur leur traîneau, bien emmitouflés de fourrures, et la meute les poursuit. Alors, pour retarder l'assaut, ou pour échapper tout à fait, ils jettent leurs provisions de route et finissent par sacrifier un des chevaux, autour duquel les loups se disputent comme des sots, en laissant fuir l'attelage. Aux malheureux qui souffrent, aux prolétaires qui peinent, la bourgeoisie cléricale et jésuitique voudrait sacrifier une poignée de juifs, et sauver ainsi son traîneau chargé de butin. Et, ma Doue beniguet*, jusqu'à présent cette nouvelle ficelle paraît réussir assez bien. Le populo malheureux, les prolétaires, les affamés, restent se disputer autour de cette poignée de juifs qu'on veut leur jeter en pâture, et laissent les jésuites de toutes robes et de tout poil jouir en paix dans tous leurs repaires de voleurs.
("Le persécuté", pp. 473-474)

* Ma Doue benniget : Mon Dieu béni. (exc.)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   07 avril 2017
YANN ET CHANN
Dans ce dernier genre de contes bretons, il y en a plusieurs qui se ressemblent plus ou moins par l'ingéniosité, le grotesque et la bouffonnerie. Dans ces contes, il y en a plusieurs où il y a toujours un Yann et une Chann (Jean et Jeanne), et où le Yann est toujours un idiot commandé par Chann. Mais le pauvre idiot comprenant mal les mots fait toujours le contraire de ce que Chann lui commande. Mais ces petits contes bouffons et naïfs ont un tel caractère breton ; on y emploie des mots et des tours de phrases qui ne peuvent être rendus qu'imparfaitement en français ce qui leur ôte tout le charme qu'ils ont en breton. Le grand squelette nous en contait un par exemple dans lequel sont employés tous les quiproquos, tous les quolibets et tous les mots à sens divers et obscurs de la langue bretonne, toutes expressions auxquelles on ne peut guère donner aucun sens français. Et pourtant ce conte narré en breton par un bon narrateur aurait fait se tordre de rire cent mille enfants à la fois au temps où les enfants savaient encore rire.
["L'enfance" - pages 61-62]
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FurtifFurtif   26 décembre 2014
Malheur à qui est né dans un mauvais pays, car on y revient toujours.
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Histoire de la découverte des manuscrits de Déguignet. Posté par Arkae Asso
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