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ISBN : 2266107291
Éditeur : Pocket (16/05/2001)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Jean-Marie Déguignet est de ce type d'hommes dont le destin fait immanquablement penser à un roman picaresque. Né en 1834 dans une très modeste famille bretonne, il a grandi dans un milieu "où presque personne ne savait lire ou même parler un mot de français". Mais, dévoré par le désir de s'instruire, le petit vacher misérable apprit d'abord seul à lire et à écrire. Après s'être engag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  03 juin 2012
Mémoires d'un paysan Bas-breton ou l'itinéraire exceptionnel d'un enfant pas gaté !
Né pauvre comme Job – enfin comme Jean-Marie ( 1834 - 1905 ) - et mort dans le dénuement le plus total à l'age de 71 ans , cet homme , au travers de mémoires circonstanciées d'une précision et d'un interet notoires , nous livre sa vision d'une époque ou indigence , cléricalisme exacerbé et conservatisme idéologique laissaient peu d'espoir de se balader , une rolex au poignet , avant l'age de 50 ans ! Apres non plus d'ailleurs...
En terminant ce bouquin , deux sentiments prégnants ! Celui d'avoir partagé le renversant destin de quelqu'un qui n'était absolument pas prédisposé à tout cela et qui s'est fait tout seul ! Et paradoxalement , plutot que d'éprouver une certaine admiration bien légitime , j'ai ressenti tres peu d'empathie à l'égard de ce personnage hors norme !
Un parcours renversant pour cet homme du Finistere Nord qui aura connu diverses fortunes tout en cultivant inlassablement sa soif d'apprendre inaltérable . Un journal incroyablement concis lorsque l'on sait qu'il a été écrit sur le tard , pour ne pas dire au crépuscule de sa vie . Tour à tour mendiant , vacher , soldat , cultivateur , débitant de tabac , sa vie s'apparente à un véritable couteau Suisse ! Etant alors tout gamin , un accident marquant à la tete lui permettra d'acquérir ce don phénoménal qui bouleversa sa vie et qu'il n'aura jamais cessé de cultiver - pour un paysan , c'est un minimum -  : une mémoire infaillible ! En véritable autodidacte patenté , le personnage n'aura de cesse d'engranger un savoir forgé par ses multiples voyages et rencontres ! Et des périples , il va en faire le gars Déguignet ! Engagé volontaire fuyant la supposée betise de ses compatriotes et aspirant à la pérennité de l'emploi ( sic ) , il parcourra le vaste monde en enquillant les guerres ( Crimée , Italie , Algérie , Mexique ) et les acquis ! En véritable polyglotte accompli , il étonnera , plus souvent qu'à son tour , un monde beaucoup plus éduqué que le sien , en lui faisant régulierement la nique - qui a dit ta mere ?! - à grands coups de leçons d'Histoire et d'avis bien tranchés . Parti de rien pour arriver à rien en connaissant un destin inclassable : gachis...
Un récit captivant de par son auteur et son époque ! Un conteur , véritable personnage à la Zola , usant à l'envi du Français , du Breton voire meme du Latin et affichant une vraie personnalité ! Et c'est peut-etre là que le bat blesse ! Car ce bonhomme , malgré son prestigieux parcours , a fini par me lasser . Semblant souffrir de paranoia aigue , rien ne semblait trouver grace à ses yeux ! Se réclamant d'un naturel ouvert et compréhensif , il s'avérait finalement anti-tout ! Anti jeunes , vieux , clergé , social - tu perds ton sang froid !! - , ti et gros minet...Il semblait souffrir du délire de persécution et vouait aux flammes de l'enfer ( paradoxal pour un bouffeur de cureton ) toute personne ayant l'outrecuidance de le contredire ! Bigre , comme il y allait le bougre ! D'un naturel orgueilleux , condescendant et faussement modeste , la remise en question personnelle n'était pas envisageable et ceci , au détriment meme d'une vie de famille pathétique et d'une vie en société qu'il estimait trop formatée . Adorant se donner le beau rôle , Déguignet , Saint Déguignet devrais-je plutot dire , anti-clérical convaincu , se voulait anarchiste avant l'heure . Il ne convainquit , au final , que sa propre personne , refusant trop souvent de s'abaisser au niveau de ses contemporains , quitte à finir seul comme un chien , abandonné des siens , dans une aigreur et un aveuglement jusqu'au-boutistes ! Comme quoi on peut etre Bas-breton et bas de plafond...Il n'en reste pas moins un superbe voyage historique dans une Bretagne miséreuse , en pleine mutation , empreinte de traditions séculaires vraiment bien amenées...Un tres beau périple malgré un guide sensiblement rebutant...
Mémoires d'un paysan Bas-breton : un magistral cliché d'époque pris par un photographe obtu à l'arrogance et le dédain aussi cinglants que le fouet de Catwoman...Wapaaaaaa....
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gill
  10 mars 2012
Jean Marie Deguignet a connu un destin exceptionnel, ouvrier agricole dans le finistère profond, soldat à Lorient, engagé dans les guerres de Crimée, d'Italie et du Mexique du second empire, débitant de tabac et finalement mourant miséreux à Quimper.
Il tient un journal tout au long de sa vie.
Ce récit n'a pas d'égal dans les annales du temps.
C'est celui d'un écorché vif, d'un anticlérical et d'un anarchiste pourfendeur des conservatismes.
Le style est étonnamment brillant, souvent violent et ce témoignage se révèle être un vrai roman humain de l'aventure d'une vie riche en péripéties.
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Fleitour
  03 juin 2015
Le portrait que Déguignet trace de lui-même intéressera tous ceux qui recherche une Bretagne sincère et vraie loin de tous les clichés , c'est la Bretagne des fermiers , des gens de mer , des écrivains comme Mona Ozouf
Il y a de l'impertinence chez cet autodidacte , de sacré doses d'humour , d'imagination , et d'énergie surtout . Un livre qui raconte une démesure, l'histoire d'une figure hors norme qui tout au long de sa vie a montré une soif , un besoin vital de savoir de tout savoir , en un autre jour il aurait pu devenir un très grand chercheur .
En le lisant c'est hommage discret a un homme indiscret .
Il était issu d'une famille de condition modeste, père fermier ; à sa naissance au bord de la ruine, perdit son bail deux mois plus tard. Il loua ensuite un penn-ty à côté de Quimper et vendait ses services comme journalier chez des fermiers pour huit à douze sous par jour.
Enfant, sa famille subit de plein fouet la misère engendrée par l'épidémie de mildiou. Il dut devenir mendiant.
La crise passée, il parvint à se faire engager dans diverses fermes comme vacher, notamment dans une ferme-école d'agriculture à Kerfeunteun. Il apprit par lui-même à écrire et lire le français : il ne savait jusqu'alors lire que le breton et le latin, appris au catéchisme. Il racontera comment il récupérait des feuilles oubliées par les autres élèves pour les déchiffrer.
En 1854, il s'engagea dans l'armée .
Il y restera 14 ans, participant à la guerre de Crimée, à la campagne d'Italie, ainsi qu'à l'expédition du Mexique. Lors de ces campagnes il eut le loisir d'apprendre l'italien et l'espagnol. Il y perfectionna aussi son français, lisant tout ce qu'il pouvait et recherchant le contact de toute personne cultivée. C'est à cette époque que se mirent en place ses idées républicaines et violemment anticléricales.
Revenu en Bretagne, il se maria et devint fermier à Ergué-Armel. Il le resta pendant 15 ans, et grâce à son ingéniosité fit de cette ferme à l'abandon une exploitation modèle. Son bail ne fut pas prorogé, à cause de ses idées et de son caractère anticonformiste.
Il fut ensuite tenancier d'un débit de boissons (il abandonna ce commerce quand sa femme mourut )puis vécu de divers métiers .
Retombé dans la misère, il passa ses dernières années à Quimper où il fréquentait la bibliothèque municipale pour y lire les journaux républicains. C'est au cours de cette période qu'il écrivit l'histoire de sa vie. Il la rédigea par deux fois : il en avait vendu un premier manuscrit à Anatole le Braz et, ne le voyant pas paraître, crut qu'il avait voulu faire disparaître son témoignage.
Il fut retrouvé mort à la porte de l'hospice de Quimper, le matin du 29 août 1905.
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Ys
  03 janvier 2019
Né au début du XIXe siècle du côté de Quimper, Jean-Marie Déguignet aurait pu ne jamais connaître que le lot commun de tant d'autres petits paysans de son temps. Misère, mendicité, domesticité rurale, dans un périmètre réduit à quelques paroisses. Mais le jeune Jean-Marie possédait un de ces rares cerveaux qui ont la capacité de tout retenir, de tout assimiler. C'était en somme un garçon intelligent, assez pour apprendre sans beaucoup d'aide à lire, puis à écrire, le breton d'abord, puis le latin des curés, le français du régiment et toutes les langues qui croisèrent sa route.
Car Jean-Marie était aussi curieux et pour voir du pays, il n'hésita guère à s'engager dans l'armée. Participa à la guerre de Crimée, poussa jusqu'à Jérusalem (où les sordides petits trafics autour des pélerins lui firent perdre pour de bon toute estime pour les religions et les croyants), fit partie de la campagne d'Italie (celle de 1859, contre les autrichiens), de l'expédition désastreuse du Mexique, affronta en Algérie les soulèvements Kabyles... avant de revenir s'installer au pays, où un mariage malheureux et une incapacité remarquable à ménager les susceptibilités d'autrui, finirent par lui coûter à peu près tout ce qu'il avait gagné jusque là.
A la fin de sa vie, à nouveau tombé dans la misère, il entreprend d'écrire ses Mémoires... qui seront remarquées par Anatole le Braz, très partiellement et très imparfaitement publiées dans la Revue de Paris en 1905 puis plus ou moins oubliées jusqu'à leur redécouverte, presque un siècle plus tard, où elles devinrent un grand succès de librairie.
L'édition qu'on tient là entre les mains est elle aussi incomplète, taillant volontairement dans de nombreuses digressions sans doute un peu pénibles à lire mais que j'ai été un peu frustrée de ne pas pouvoir découvrir. Qu'importe, c'est un texte passionnant et unique en son genre dont l'auteur, aussi intelligent que borné, curieux, intransigeant à l'excès, agaçant, attachant malgré tout, peut difficilement laisser indifférent.
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kristoff2003
  30 janvier 2011
On a le sentiment de tenir dans ses mains un livre rare, l'histoire , l'épopée d'un simple paysan bas breton sachant écrire à cette époque , une exception, une chance
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critiques presse (1)
BDGest   24 octobre 2017
Un premier tome qui, à travers un destin hors norme, offre une vision sans complaisance mais juste de la Bretagne profonde du XIXème siècle. Un témoignage relativement intéressant, qui change des clichés habituels offerts aux voyageurs.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
GleskerGlesker   27 juin 2013
J’ai déjà dit que je m’étais engagé non pas par pur goût ou penchant militaire, pas même par sentiment patriotique, ne sachant pas alors ce que c’était que le militarisme ni le patriotisme ; mon seul but était de chercher de l’instruction partout où j’en trouverais et par tous les moyens dont je pourrais disposer. Je voulais savoir pourquoi il y avait des hommes qui savaient tout et d’autres qui ne savaient rien ; pourquoi, comment et par quelles lois la terre tournait, ainsi que les millions de milliards d’autres globes célestes ; pourquoi les livres saints, dont je connaissais déjà une bonne partie, ne parlaient pas de ces mouvements ; pourquoi il y avait sur la terre des grands et des petits, des rois et des sujets, des maîtres et des esclaves, des savants et des idiots, des riches et des pauvres ; pourquoi M. et madame de Kerorhant qui ne travaillaient jamais, ne priaient jamais, se portaient tou­jours bien, allaient en voiture, mangeaient et buvaient tout ce qui leur faisait plaisir, sont morts sans grandes souffrances, ont eu de grands enterrements et de nombreuses prières, moyennant quoi leurs âmes sont allées tout droit au ciel ; tandis que mon père et ma mère ont travaillé et prié toute leur vie, ne mangeant que des pommes de terre cuites à l’eau et du mauvais pain de seigle, ont fait de longues et terribles mala­dies par excès de travail et de privations, sont morts tous les deux de faim et enterrés à peu près comme deux chiens, sinon tout à fait sans quelques petites prières isolées, du moins sans grandes cérémonies et grande pompe religieuse, faute desquelles leurs pauvres âmes ont dû aller en purgatoire pour continuer les souffrances que leurs corps ont endurées sur la terre.
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CalibanCaliban   27 décembre 2016
Dans la lutte actuelle (1), je ferai mon possible pour le triomphe de ceux qui se disent républicains ; car les autres, les nobles et les jésuites nous ramèneraient certainement quatre ou cinq siècles en arrière, au bon vieux temps où les paysans et les ouvriers étaient considérés et estimés à dix-sept degrés au dessous des bêtes de somme et des chiens ; la lutte était commencée. ...
(1)Il s'agit des élections législatives du 20 février 1876 qui virent la victoire des républicains .
...Et Mac Mahon, leur chef et Président de la République, et qui avait promis d'aller jusqu'au bout, fut obligé de faire la culbute . Les trois cent soixante trois qu'il avait chassés de la Chambre y revinrent avec d'autres encore et dirent au fuyard de Froeschwiller et de Sedan qu'il devait se soumettre ou se démettre ; et le vainqueur de Paris se démit . Il fut remplacé par Jules Grévy et la République fut alors réellement proclamée, même la république démocratique , disait-on partout .Mais le malheur était que parmi les représentants de cette république démocratique, il n'y avait pas un seul démocrate . Démocratie veut dire , gouvernement du peuple par le peuple: Civitas in qua populi potestas summa est, et dans notre république démocratique, le peuple, le vrai peuple n'avait aucun vrai représentant. En revanche, il y avait parmi ces représentants de beaux parleurs, des sophistes, des phraseurs qui savaient endormir le peuple avec de la poudre de rhétorique, en lui promettant du pain et du beurre, même la poule au pot, comme disait le malin gascon et son roué Sully . C'est ainsi d'ailleurs que le peuple est toujours et partout gouverné .les gouvernants, les politiciens lui envoient la fumée, et le fumet pendant qu'ils mangent le ragoût avec leurs parents et leurs amis . Si cette chambre républicaine eût été composée de démocrates, ceux-ci auraient commencé par faire aux jésuites et aux réactionnaires ce qu'ils avaient promis de faire aux républicains s'ils eussent été vainqueurs, c'est à dire de les envoyer, les plus gros réactionnaires à Cayenne , où ils avaient promis de nous envoyer nous tous républicains ; et tous les jésuites et autres tonsurés à la recherche de leur vrai royaume qui n'est pas suivant leurs Evangiles et d'après leur propre dire, de ce monde .
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gillgill   13 mars 2012
Je vais commencer aujourd'hui un travail que je ne sais [ni] comment ni quand il se terminera, si toutefois il se termine jamais. Je vais toujours l'essayer.
Je sais qu'à ma mort, il n'y aura personne, ni parent, ni ami, qui viendra verser quelques larmes sur ma tombe ou dire quelques paroles d'adieux à mon pauvre cadavre.
J'ai songé que, si mes écrits venaient à tomber entre les mains de quelques étrangers, ceux-ci pourraient provoquer en ma faveur un peu de cette sympathie que j'ai en vain cherchée, durant ma vie, parmi mes parents ou amis.
J'ai lu dans ces derniers temps beaucoup de vies, de mémoires, de confessions de gens de cour, d'hommes politiques, de grands littérateurs, d'hommes qui ont joué en ce monde des rôles importants ; mais, jamais ailleurs que dans les romans, je n'ai lu de mémoires ou de confessions de pauvres artisans, d'ouvriers, d'hommes de peine, comme on les appelle assez justement, car c'est eux, en effet, qui supportent les plus lourds fardeaux et endurent les plus cruelles misères...
(extrait du chapitre I "le mendiant" - 1834-1853)
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CrossroadsCrossroads   28 mai 2012
Tonnerre de Brest : Expression populaire Brestoise ; l'origine en serait un gros canon qui signalait l'évasion des forçats .
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CrossroadsCrossroads   29 mai 2012
L'histoire rapporte que les meres des jeunes enfants aztèques sacrifiés au dieu Tlaloc pour avoir de la pluie , étaient gaies et contentes , surtout quand leurs enfants pleuraient beaucoup avant et pendant qu'on les égorgeait , parce qu'alors la pluie serait abondante et bienfaisante .
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Videos de Jean-Marie Deguignet (2) Voir plusAjouter une vidéo
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