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EAN : 9782376863519
350 pages
Editions ActuSF (16/04/2021)
3.84/5   109 notes
Résumé :
Espagne, Andalousie, XVIe siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique.

Sinan est un enfant qui vit avec sa sœur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoie à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là-bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion...

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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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Après quelques sauts dans la Bretagne romano-celtique de Boudicca (2017) et la guerre de Sécession aux États-Unis d'Amérique dans Je suis fille de rage (2019), Jean-Laurent del Socorro revient en avril 2021 dans l'univers de Royaume de Vent et de Colères (2015) avec du roi je serai l'assassin, toujours chez les éditions ActuSF.

L'enfance de Silas
Silas est un assassin accompli, mais ce ne fut pas toujours le cas. Alors qu'il converse avec un garde sur les hauteurs de Marseille en mars 1569, lui vient l'envie de lui raconter son histoire, depuis sa plus tendre enfance. C'est à Grenade, en Andalousie, en 1540, que débute le récit de celui qui s'appelle alors Sinan, ainsi que de sa grande soeur et jumelle Rufaida et sa petite soeur Sahar. Morisque dans une Espagne qui est devenue l'État européen le plus puissant et qui a étendu son empire colonial sur plusieurs continents, Sinan apprend, beaucoup, de la théologie à l'escrime en passant par l'anatomie. Il est guidé par plusieurs mentors et est en quête de compréhension d'un monde qui est en train de changer. Confronté à l'ambition de son père, il recherche une « pierre du Dragon » qui pourrait permettre aux morisques de se révolter ; confronté à l'ambition de sa soeur, il l'accompagne dans ses études à Montpellier pour devenir médecin ; confronté aux oppositions politiques qu'il rencontre, il doit parfois choisir son camp et en subir les conséquences. Sinan ne devient donc Silas qu'après de nombreuses épreuves et plusieurs changements dans sa manière de voir le monde.

Une histoire de famille
Malgré le titre et le fait que les lecteurs de Royaume de Vent et de Colères connaissent le « pedigree » de Silas, il ne faut pas s'attendre à un roman d'intrigues politiques ou de « crapule fantasy ». C'est ainsi que, de Grenade à Marseille, Jean-Laurent del Socorro opte pour un récit intimiste puisque Sinan raconte à la première personne ses épreuves : il est confronté à la concurrence/connivence de sa grande soeur, à sa relation aussi proche avec sa petite soeur, à son opposition à un père autoritaire et à des mentors qui ne l'aident pas assez à son goût. L'auteur manie ici des thématiques qui lui sont familières, avec sa plume alerte habituelle, à commencer par la difficulté de « faire famille » dans un contexte de dissensions morales. Concomitamment, la place des femmes est également une thématique centrale (comme dans tous les romans de Jean-Laurent del Socorro d'ailleurs), avec le bon usage de l'ambition de Rufaida qui cherche à se faire une place réservée aux hommes, ainsi que d'autres personnes mises en minorité par le pouvoir en place ; ici aussi, la question de l'homosexualité est subtilement posée. Autant de thèmes sociétaux qui rendent plus immersive cette histoire du XVIe siècle.

Un récit des guerres de religion
Malgré l'orientation très « familiale », un très fort accent est mis par l'auteur sur la dimension religieuse. Dès les premières pages, la place des morisques au sein de l'Espagne « très catholique » pose problème, car ils sont à la fois vus comme des traîtres par ceux qui auraient voulu conserver l'islam comme instrument politique et comme potentiels traîtres par les catholiques au pouvoir qui voient en eux une future cinquième colonne qui se révoltera bien un jour et qu'il faut donc tenir en respect, Inquisition à l'appui. Cette question des convertis en Espagne suite à la fin de la Reconquista complète la montée des guerres de religion au sein du royaume de France : les confrontations entre catholiques (« papistes ») et réformés (« protestants ») s'accentuent, et notamment dans les régions de Provence et du Languedoc. Jean-Laurent del Socorro fait alors le choix d'aborder cette période par l'axe de l'humanisme. Ainsi, recherche de savoirs antiques, voire cachés, attrait pour les connaissances et leur diffusion, puis construction d'un esprit critique face à ces connaissances sont les étapes rencontrées par le protagoniste. Silas poursuit inlassablement une quête que le lecteur ne saisit l'importance que tardivement : celle de l'Artbon qui peut anéantir des armées entières mais aussi l'humanité de celui ou celle qui use de son pouvoir. L'existence de cet artefact « magique » se mêle efficacement au contexte des guerres de religion. Ce mélange qui couve tout du long fait que du roi je serai l'assassin est intrinsèquement lié aux autres écrits de l'auteur sur le XVIe siècle qu'ont été le roman Royaume de Vent et de Colères (simple allusion à l'Artbon mais des personnages riches de caractéristiques touffues), les nouvelles « Gabin sans aime » et « le vert est éternel » (qui développement les relations sociales entre quelques personnages déjà rencontrés), ainsi que la novella La Guerre des trois rois (qui appuie plus lourdement sur le lien entre l'Artbon et la résolution des guerres de religion par l'entremise d'une personnage importante). Cela pose d'ailleurs un problème sur la toute dernière partie du roman : on retrouve un autre personnage de cet univers qui, lui aussi, fait son récit à la première personne du singulier, ce qui casse un brin la dynamique du roman qui narrait comme une confession l'histoire de Silas. D'un coup, on se retrouve avec un autre point de vue qui brise la liaison opérée entre le lecteur et ce personnage, et donne l'impression de mettre un point final pas seulement à ce roman mais quelque chose d'autre...

Du roi je serai l'assassin est donc un roman bien ficelé, sur une toile de fond riche et avec des personnages que l'auteur maîtrise bien ; Jean-Laurent del Socorro fait des choix narratifs qui peuvent être critiqués si on s'attend à un récit d'intrigues politiques et d'assassinats compliqués, mais qui renvoie bien à ses thématiques désormais habituelles, entre féminisme et humanisme.
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Après un détour par l'histoire antique (« Boudicca ») et un autre par la guerre de sécession américaine (« Je suis fille de rage »), Jean-Laurent del Socorro revient à l'univers qui l'a fait connaître, celui de « Royaume de vent et de colères », déjà exploité depuis dans plusieurs nouvelles (« La guerre des trois rois », « Le vert est éternel » ou encore « Gabin sans aime »). Un retour d'autant plus attendu qu'il se consacre au personnage sans doute le plus marquant du premier roman : Silas, assassin plein de gouaille et au passé trouble sur lequel l'auteur se propose ici de revenir. L'action débute en 1540, à Grenade. Une quarantaine d'année après la fin de la Reconquista, la très catholique Espagne multiplie les injonctions visant à accélérer et contrôler la conversion des musulmans demeurés sur le territoire et jugés encore trop peu intégrés au goût de Charles Quint. C'est dans ce contexte que l'on fait la connaissance de celui qui s'appelle alors Sinan, petit garçon effacé et inquiet, chérissant ses deux soeurs (l'une pour sa combativité, l'autre sa douceur) et endurant ses parents (l'une pour son indifférence, l'autre pour sa violence). Découpé en trois parties, le roman est écrit à la première personne, Silas se chargeant lui même de nous relater son parcours des années après les événements qu'il dépeint. Terrorisé par un père tyrannique, le petit Sinan n'a pas grand-chose à voir avec l'assassin chevronné et à l'ironie mordante rencontré à Marseille. Tout l'enjeu du roman va résider dans la tentative de l'auteur de nous faire comprendre le cheminement de son héros qui va ainsi passer par toute une série d'épreuves et réaliser quantité de rencontres déterminantes. Ne vous attendez cependant pas à un récit d'initiation du genre de « L'assassin royal » ou des « Salauds gentilshommes » dans lequel on assisterait à la formation du personnage. C'est à un récit bien plus intimiste que nous convie ici Jean-Laurent del Socorro, ce qui a des avantages aussi bien que des inconvénients.

Comme dans tous les précédents romans de l'auteur, celui-ci repose sur une documentation historique solide qui donne une bonne partie de son charme au récit. L'auteur aborde de façon concise mais néanmoins scrupuleuse le contexte propre à cette Espagne du milieu du XVIe qui tente par tous les moyens d'effacer les traces de la suprématie un temps exercé par les musulmans sur le territoire. L'auteur décrit très bien le sentiment de double identité éprouvé par le héros qui se voit contraint d'afficher un visage en public (celui d'un bon chrétien) et un autre en privé (celui d'un musulman resté fidèle à sa foi en dépit de lois de plus en plus coercitives). La seconde partie se déroulant à Montpellier est elle aussi bien documentée et se consacre cette fois aux accrochages opposant alors catholiques et protestants, particulièrement présents dans cette région du sud de la France. La religion et les atrocités perpétrées en son nom sont ainsi l'un des thèmes principaux du roman qui revient à l'origine de ce que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de « guerres de religion » et qui constituent la toile de fond des autres romans de l'auteur situés dans le même univers. Celui-ci s'attarde également sur le milieu des étudiants en médecine et nous livre, pour se faire, de croustillantes anecdotes qui participent à renforcer l'immersion du lecteur. La place accordée aux femmes est également un thème essentiel du roman, de même que tous les autres ouvrages de l'auteur qui fait une fois encore le choix de s'affranchir de la réalité historique afin de pouvoir accorder une meilleure représentation et des rôles plus variés à ses personnages féminins. On rencontre ainsi des femmes exerçant le métier des armes sans que cela ne paraisse choquer le moins du monde, l'exemple le plus criant étant bien évidemment celui d'Axelle, protagoniste bien connu des amateurs de l'oeuvre de l'auteur dont il n'est ici que brièvement fait mention. le procédé permet de mettre à l'honneur des personnages féminins combatifs et occupants des positions clés, mais ne cherche pas à mettre sous le tapis la différence de traitement dont sont tout de même victimes les femmes, comme le parcours de la soeur du héros nous le prouvera.

L'intrigue est pour sa part en dent-de-scie, les trois parties qui composent le roman se révélant très différentes et assez inégales. La première, ma préférée, est consacrée à l'enfance de Silas et aux relations qu'il entretient avec les membres de son entourage, notamment deux qui jouerons, chacun à leur manière, un rôle déterminant dans son évolution : sa soeur jumelle et son père. On s'attache sans mal à ce petit garçon effrayé, honteux de ne pas pouvoir protéger ceux qu'il aime et rongé par les sentiments contradictoires que lui inspire son géniteur. L'auteur décrit avec beaucoup de délicatesse et d'empathie les mécanismes qui se mettent en place dès lors que la violence s'installe dans un foyer, et, quand bien même certains passages sont particulièrement bouleversants à lire, il s'agit à mon sens de la partie du récit de Silas la plus maîtrisée et la plus intéressante. le voyage vers le sud de la France et le déroulement des études de médecine des frères et soeurs sont pour leur part un peu moins captivants, même si certains rebondissements viennent régulièrement relancer l'intérêt du lecteur. Là encore l'auteur place l'intime au coeur de son récit en abordant par exemple la question de l'homosexualité ou de l'avortement avec sensibilité. L'action se fait néanmoins plus présente, de même que la fantasy, puisqu'on y retrouve la mention d'une substance déjà évoquée dans « Royaume de vent et de colères » et aux propriétés magiques méconnues. Bien qu'au coeur de la quête des jumeaux, l'auteur ne s'attarde guère sur le sujet, aussi sait-t-on relativement peu de chose sur cette touche de magie somme toute presque anecdotique. La troisième partie est la plus déconcertante, et ce pour deux raisons majeures. D'abord parce que l'auteur y effectue un saut dans le temps de soixante ans, si bien qu'on passe de Silas enfant/adolescent à Silas à l'aube de sa vie. Ensuite parce que ce dernier n'est plus narrateur et se trouve même en marge de l'intrigue qui se concentre sur le personnage de Gabin, héros brièvement mis en scène dans une nouvelle et dont le parcours présente des similitudes avec celui de Silas mais qui s'avère bien moins complexe et charismatique que l'assassin. La conclusion est ainsi un peu perturbante : tout s'enchaîne trop vite, et on aurait bien aimé connaître le détail de ce qu'il est advenu de notre héros pendant toutes les années de cette longue ellipse.

Jean-Laurent del Socorro signe avec « Du roi je serai l'assassin » un roman sympathique qui revient sur le parcours d'un personnage emblématique de son univers et qui tient plus du récit intimiste que du roman d'initiation typique de la fantasy. En dépit d'une troisième partie déconcertante et de la trop grande hâte avec laquelle l'auteur passe sur certains événements ou personnages, le roman séduit par l'immersion historique qu'il propose, que ce soit dans l'Espagne post-Reconquista ou la France pré-guerres de religion, et surtout par l'émotion que font naître les personnages qui sont traités avec beaucoup de sensibilité.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Lorsqu'il a été finaliste pour le PLIB en 2020, j'ai découvert « Je suis fille de rage ». Une première avec le style de Jean-Laurent del Socorro, pourtant déjà croisé lors des Imaginales à Épinal. Or, bien que le contenu soit aussi intéressant que riche, j'avais eu beaucoup de mal avec les nombreux personnages et avec le surplus d'informations. de ce fait, j'étais passée à côté. Néanmoins, quand « du roi je serai l'assassin » a fait partie des 25 finalistes du PLIB 2022, j'ai voulu laisser parler ma curiosité, si bien que j'ai tourné les pages de ce nouvel ouvrage historico-fantasy… Et quelle bonne surprise ! Ce fut une lecture mature, intéressante et prenante !

À mes yeux, les personnages sont réellement la force de cette histoire. En plus d'être complexes, sensibles et tous en nuances, leur psychologie est extrêmement bien développée. On va les voir évoluer, faire des erreurs, se blesser, aller de l'avant, se haïr et s'aimer. J'ai été fasciné par leur parcours au fil de l'aventure ainsi que par leurs relations atypiques. Ma préférence va Sinan, le narrateur de la première et seconde partie. Son côté anti-héros assumé digne de « Waylander » (David Gemmell) m'a charmée. Il m'a souvent émue. J'ai été très sensible à son vécu, ses idéologies et son lien avec certains protagonistes, notamment sa jumelle, son père, la benjamine de la famille ou encore son meilleur ami. Rien n'est jamais simple. Leur comportement aussi trouble que peu ordinaire m'a marquée.

Comme dans « Je suis fille de rage », l'auteur a démontré qu'il avait fait énormément de recherches sur cette période historique. Avec brio et sans lasser son lectorat, il dépeint l'atmosphère politico-culturelle et religieuse de l'époque du XVI ème siècle. Honnêtement, j'ai été troublée par le travail de Jean-Laurent del Socorro autour de l'idée de double identité des héros, que ce soit durant leur enfance ou lorsqu'ils vont se retrouver à Montpellier. La thématique de la religion est très présente néanmoins, c'est toujours décrit avec justesse et cela suit des éléments historiques bien solides. Honnêtement, ce ne fut pas évident de savoir ce qui appartient à la réalité et à la fiction tant certaines choses sont bien retranscrites.

Certes, le rythme peut faire défaut cependant, cela n'a pas été le cas pour moi. J'ai dévoré ce titre en deux jours et j'y retournais avec plaisir. Malheureusement, je comprends les lecteurs ayant estimé que le rythme des trois parties était en dents de scie. L'impression de rythme irrégulier doit sans doute être accentuée si on met un peu de temps à lire ce roman. Il y a des moments de creux. Les twists arrivent ponctuellement, mais jouent toujours la carte des émotions et de l'inattendu. En ce qui me concerne, j'ai été captivée par les protagonistes, émue par certains rebondissements particulièrement bouleversants et j'ai été impressionnée par la multitude de sujets abordés (que ce soit de façon éphémère ou creusée au fil des chapitres).

J'ai constaté que « du roi je serai l'assassin » s'inscrit dans la continuité d'une saga. Honnêtement, je n'ai pas été perdue pour autant ! Même si trois oeuvres (romans et nouvelles) ont été publiées avant, ce titre peut se lire de façon indépendante. Cela dit, j'ai lu grand bien de « Royaume de vent et de colères »… Quand ma PAL aura un peu diminué, j'irai retrouver avec plaisir la plume de l'auteur !
Lien : https://lespagesquitournent...
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Jean-Laurent del Socorro livre un roman intéressant sur une tragédie familiale et culturelle.
Son récit s'inscrit dans l'univers de son roman de fantasy historique Royaume de Vent et de Colère.
Pendant ma lecture, j'ai plusieurs fois pensé au roman « les Lions d'Al-Rassan » de Guy Gavriel Kay. Les deux récits se rejoignent à travers le destin d'une ville où les habitants vont subir des discriminations en fonction de leur identité religieuse.

16ème siècle en Espagne. Sinan est un musulman converti malgré lui au catholicisme, comme le reste de sa famille. Il grandit à Grenade dans l'ombre d'un père tyrannique et violent. le décès de sa mère et de sa jeune soeur le marqueront profondément. En compagnie de sa soeur jumelle, il part étudier la médecine à Montpellier. Cette étape sera pour lui libératrice. Enfin délivré du joug paternel, il découvre l'amitié, l'amour et une affinité avec la magie.
J'ai eu pas mal de difficultés à apprécier ce personnage. L'auteur ne le ménage pas : il connaît les coups, les humiliations et les brimades. Pourtant, Sinan est loin d'apparaître uniquement comme un martyre. Certains comportements, notamment avec sa soeur jumelle, m'ont à plusieurs reprises interrogée sur sa morale douteuse.

J'ai plus apprécié la qualité du récit dans sa dimension politique. L'auteur évoque le sort des Juifs, la conversion forcée des musulmans et les atrocités commises par l'Église Catholique et la Sainte Inquisition. La place des femmes est aussi longuement étudiée.
La dimension fantastique est minime. Quelques scènes où la magie apparaît et voilà un roman qualifié de littérature fantasy… Bon, après tout, ce qui compte, c'est le plaisir ressenti à la lecture et sur ce dernier point, je dois dire que je suis plutôt mitigée. J'ai trouvé le récit assez inégal. Sur le plan historique, c'est très réaliste mais sur le plan humain je suis restée un peu en retrait de ces personnages qui ne m'ont pas vraiment fascinée. En revanche, j'ai adoré le style de l'auteur très fluide et emprunt d'une certaine poésie.
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Je n'avais aucun souvenir de Silas dans Royaume de vent et de colère car j'ai lu ce roman il y a trop longtemps. Mais qu'importe, j'ai été conquise par ma lecture ! On s'intéresse à Sinan, un jeune morisque qui grandit à Grenade, bien après la Reconquista. Sa famille est convertie à la religion catholique pour l'apparence mais ils continuent à pratiquer la religion musulmane dans l'intimité. Sinan est un jeune garçon craintif et peu courageux qui va devenir un célèbre assassin. C'est donc dans un récit intimiste et poignant que nous suivons le jeune Sinan et ses deux soeurs dans une Espagne vouée à retrouver son unité religieuse. Plus tard c'est en France que nous suivrons une autre division religieuse, Sinan et Rufaida finiront par choisir un camp.
J'ai adoré ce roman, emportée par la plume de l'auteur, par ses deux protagonistes principaux, ce lien d'amour et de haine entre un frère et une soeur. J'ai aussi apprécié suivre les évènements historiques de l'Espagne et la France du XVI éme siècle à travers eux et pas d'un regard global et détaché comme on peut le raconter en classe. Je ne comprenais pas trop l'intérêt de la pierre du dragon dans le récit, sauf nous faire un peu voyager mais au final on a la réponse. du très bon pour moi, qui me donne envie de rattraper mon retard avec cet auteur.
Challenge Mauvais genres 2021
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critiques presse (3)
Syfantasy
19 juillet 2021
Du Roi je serai l’assassin est un excellent préquel car, d’une part il propose un roman qui peut se lire totalement indépendamment de la première œuvre, tout en servant le plus justement les fans de la première heure de Jean-Laurent Del Socorro. Les conflits religieux qu’il met en scène nous rappellent tout le chemin parcouru en Europe pour la tolérance et ce que l’Homme peut commettre comme atrocités. A lire pour les passionnés d’Histoire !
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Telerama
26 mai 2021
Après “Royaume de vent et de colères” ou “Je suis fille de rage”, l’écrivain français mêle à nouveau récit historique et fantasy dans “Du roi je serai l’assassin”, plongée dans une Europe ravagée par les guerres religieuses. Il nous raconte la génèse de cette œuvre militante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Elbakin.net
06 mai 2021
Le résultat n’est pas un mauvais ouvrage, certes non, mais ne joue pas dans la même cour que certains des livres précédents de l’auteur.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Le bûcher s’éteint peu à peu. L’Église pense pouvoir mettre ainsi un terme à la Réforme. Elle ne réalise pas que les flammes ne brûlent pas les hérésies, mais seulement les liens qui retiennent la colère de ceux qu’elle cherche à opprimer.
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j'ai souffert d'avoir voulu absolument aimer cet homme, simplement parce qu'il était mon père. J'étais honteux de ne pouvoir y parvenir, car je pensais que c'était mon devoir de fils. Maintenant que j'accepte de le voir tel qu'il est, un être violent et égoïste, je me sens enfin libre de le détester.
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L’Église catholique tasse les hérétiques comme des balles au fond d'un mousquet. Si le coup ne part pas, c'est l'arme tout entière qui risque d'éclater.
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Le bûcher s’éteint peu à peu. L’Église pense pouvoir mettre ainsi un terme à la Réforme. Elle ne réalise pas que les flammes ne brûlent pas les hérésies, mais seulement les liens qui retiennent la colère de ceux qu’elle cherche à opprimer.
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Le bûcher s’éteint peu à peu. L’Eglise pense pouvoir mettre ainsi un terme à la Réforme. Elle ne réalise pas que les flammes ne brûlent pas les hérésies, mais seulement les liens qui retiennent la colère de ceux qu’elle cherche à opprimer.
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Videos de Jean-Laurent Del Socorro (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Laurent Del Socorro
Table-ronde "La mort dans les grandes sagas : Représentations et surexploitation" enregistrée aux Imaginales 2024 en partenariat avec la Garde de Nuit.
Avec les auteurs Clément Bouhélier, David Bry, et Jean-Laurent Del Socorro, ainsi qu'Aurélie Paci pour la Garde de Nuit (modération : Nymphadora de la Garde de Nuit)
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