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ISBN : 2707344753
Éditeur : Editions de Minuit (06/09/2018)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  11 septembre 2018
Ca raconte Sarah.
Ça raconte une histoire d'amour. Que l'on vit. Que l'on pleure. Que l'on prend en pleine gueule.
Jamais écriture ne t'avais trituré à l'intérieur de cette façon. Ça virevolte, ça farandole, ça t'écrabouille le coeur et ça te laisse pantelant. Émerveillé. Bluffé.
Ça prête à rire, peut être à souffrir mais ça va à toute allure et ça t'ébranle à l'intérieur. Ça parle d'amour fort, d'amour vrai. Ça fait parfois si mal, ça t'essouffle un peu, beaucoup, passionnément, à la folie et ça t'envole haut, très haut. Ça fait de la musique, du rock' n' roll, une symphonie, ça fait valser les mots. Ça va vite, très vite, trop vite.
Ça te prend là comme ça, ça t'arrache à l'instant présent et ça te bouscule dans tous les sens. C'est fou, simple et terrible. C'est de l'amour. C'est de la vie. C'est de la folie.
Ça raconte ce qu'on ne sait pas dire. Ça te ramasse en mille morceaux. Ça t'envoie valser dans le décor. Sans crier gare et sans préavis. Ça t'empêche de t'endormir et ça t'insomnise.
Ça ne te laisse pas le choix. Ça te donne envie de ne jamais refermer le livre. Ça raconte de belles choses. Ça te fait battre le coeur de plus en plus vite.
Plume virtuose qui t'embarque à sa suite sans te laisser le choix.
Et puis.
Peut-être, un peu.
Ça raconte Sarah.
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isabelleisapure
  05 septembre 2018
Il est peu de dire que j'ai aimé ce roman, j'y ai trouvé tout ce que j'attends d'une nouvelle plume : élégance et précision.
Pauline Delabroy-Allard nous donne à lire une histoire d'amour magnifique entre deux femmes.
La narratrice vivant en couple, mère d'un jeune enfant tombe sous le charme de Sarah rencontrée au hasard d'une soirée, sa vie en sera à jamais bouleversée.
Elle est littéralement envoutée par cette jeune femme un peu vulgaire, exaltée, qui parle trop, trop fort, qui est trop maquillée et qui un jour lui dit : « Je crois que je suis amoureuse de toi ».
Sarah fascine par sa singularité faite d'extravagance et de simplicité. Pour elle, la vie est tellement importante qu'il faut la vivre à cent à l'heure en faisant fi du regard des autres. La narratrice tente d'être l'élément modérateur dans ce couple improbable.
Dans une première partie nous suivons la naissance et l'épanouissement d'une passion.
L'amour est magnifié par une écriture à la sensualité extraordinaire, à chaque phrase les mots se font caresses.
La seconde partie est plus violente, elle nous parle de mort et de désillusion.
Pauline Delabroy-Allard réussit à merveille à nous faire ressentir le désarroi de la narratrice face à la perte d'un amour.
Il me semble très difficile d'exprimer tout ce que contient ce roman qui m'a profondément émue.
« Ca raconte Sarah », ça raconte le bonheur, ça raconte l'incompréhension, « ça raconte ça, la vie éclatante en toutes circonstances »
Pour moi, ça raconte aussi les débuts d'une primo romancière particulièrement brillante que je suis impatiente de lire à nouveau.
Un coup de coeur.
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LisezVoir
  18 septembre 2018
Ne cherchons pas l'originalité de Ça raconte Sarah, premier roman virtuose de Pauline Delabroy-Allard, dans son histoire qui pourrait être résumée en six mots : une passion folle entre deux femmes. Cependant, la primo-romancière publie aux éditions de Minuit un remarquable ouvrage à la langue si finement travaillée qu'elle coule de source, faisant oublier alors le travail des phrases et du rythme qui confèrent à la passion réciproque de Sarah et de la narratrice, une impression de flamme vivante. Tout s'anime, tout s'écoule au fil des pages pour laisser le lecteur pantois et ébranlé.
Passion ardente, définition.
Sarah est violoniste. Elle fait irruption un 30 janvier dans la soirée guindée où est invitée la narratrice et son compagnon bulgare. D'abord, la narratrice est irritée par ce personnage fantasque, grandiloquent et criard, par cette femme mal coiffée, trop maquillée et presque vulgaire. Dans les jours qui suivent, les deux femmes s'écrivent, de plus en plus jusqu'à aller voir toutes les deux un concert à la Philharmonie. Puis elles mangent ensemble, la narratrice emmène son compagnon voir Sarah en concert puis un soir de printemps, l'aveu de Sarah tandis que craque une allumette : « Je crois que je suis amoureuse de toi ». Les jours s'enfilent comme des perles à un collier avec les sorties nombreuses, les ébats, les absences de Sarah, toujours entre deux trains ou deux avions pour ses spectacles et puis le vampirisme, cet amour en siphon quand tout, jusqu'au quotidien de la narratrice, est avalé par la passion. Amour épuisant, jusqu'à plus soif, les deux femmes ressortent brûlées par le retour de flamme. Une passion née dans le soufre qui finit dans la souffrance.
Une fin funeste racontée dans la deuxième partie du roman où règne la présence-absence de Sarah : la narratrice s'exile en Italie laissant derrière elle un fantôme aimé. S'en suit alors la longue remontée d'une femme pour se remettre de ses peines. Voilà, pour le mouvement du roman.
Ça raconte Sarah et donc la musique.
L'auteur ne propose pas qu'un roman à la lecture mais une partition, jusqu'à questionner la synesthésie : voit-elle dans les mots des notes, entend-elle dans les notes des mots, dans la vie de la musique ? Je disais partition car tout au long du roman, croches multiples, noires, blanches pointées ou non et rondes forment dans les mots un phrasé délicieux et pétillants. Vivaldi entre en écho avec les changements de saison, Béla Bartók en pizzicato stupéfie la narratrice, le treizième quatuor de Ludwig van Beethoven tourne en boucle dans l'appartement durant une absence de Sarah perçue comme une Grande Fugue. Une seule chanson qui ne soit pas du violon s'entend au printemps : India Song chantée par Jeanne Moreau. le con fuoco musical devient celui de la passion, jusqu'à bouleverser de manière radicale les habitudes découvertes à la chaleur de l'amour.
Car le livre est sonore. Outre la musique, on entend la voix criante du personnage de Sarah, ses manières choquées au restaurant, son rire tonnerre, ses colères épouvantables et les jouissances, nombreuses, puis, dans la seconde partie du roman les mots italiens, le rire outrageant des méchantes mouettes moqueuses du malheur de la narratrice et le mugissement du vent.
Il est finalement difficile de rendre de manière concrète l'écriture de l'auteur, pour cela il vous faudra lire le livre afin d'avoir une idée des reprises plus lointaines d'une expression, d'un jeu de mot, d'un rythme qui donnent une impression de retour de note et d'un mouvement d'ensemble aussi plaisant pour les oreilles que pour les yeux. L'extrait qui suit n'est qu'un fragment d'une oeuvre en lien avec elle-même.
« Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d'une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l'allumette, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l'étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d'une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S. »
Un art consommé du portrait
Pauline Delabroy-Allard est avant tout une styliste. Cela n'a rien d'étonnant dans le catalogue des éditions de Minuit qui comptent depuis leur création des monuments comme Beckett (parlons-en du rythme, chez Beckett), Butor, Chevillard, Duras et j'en passe. Outre ce rythme omniprésent qui formerait presque un opéra, les descriptions de visage et de corps sont établies avec un soin de peintre ou de sculpteur si bien que Sarah prend vie devant nos yeux. Un exemple flagrant est la description qui est faite par la narratrice venue assister à un octuor de Mendelssohn dont voici un court extrait :
« Et puis elle entre, sur scène. Tous, autour de moi, tous, ils applaudissent. Je n'entends rien. Je la regarde. Sa robe longue. L'éclat de ses boucles d'oreilles. La lueur de ses incisives. Mon vampire. Son violon. Son chignon. Son air lointain. Mon souffle destitué. La partition qu'elle ouvre. Ses cils quand elle s'assoit. (…) Son mouvement de menton, et tout bouillonne. Elle est une flamme qui déferle, dans tout l'allegro. Elle bondit, ma sauvageonne, elle saute, elle trépigne, elle fuse. Con fuoco, et ce n'est pas moi qui le dis. Ce n'est plus son violon, c'est elle qui chante. (…) »
Ça raconte Sarah, un roman d'ouïe et de vision. Mais d'odeur aussi et de goût comme le soufre, comme les fleurs, nombreuses, qui viennent pousser par touches, comme les abricots qui jutent sur le menton de Sarah, comme les fraises qui coulent sur le sucre blanc, comme le Spritz noie-misère de Trieste où se réfugie la narratrice triste. Nos sens débordent et notre imagination frétille tandis que l'on entend les musiques jouées et que l'on imagine le suc sucré des fruits mangés. Nous sommes captifs, en somme, du texte.
***
Ça raconte Sarah est ainsi un roman des sens et de la passion où l'amour insatiable pousse à dévorer l'autre jusqu'à l'épuisement. Bien sûr, le style ne fait pas tout et des lecteurs n'accrocheront peut-être pas au récit malgré les phrases ciselées et le rythme envoûtant. Peut-être que, malgré le qualificatif de roman rédigé sur la couverture, aurait-il fallu ajouter : « et long poème en prose ». Toujours est-il qu'à mon sens, nous tenons là une nouvelle voix du roman français et espérons que l'allumette allumée par ce premier livre puisse donner un grand feu.
Lien : https://lisezvoir.wordpress...
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motspourmots
  07 septembre 2018
Parmi les 94 premiers romans de la rentrée littéraire, Ca raconte Sarah se démarque à plusieurs niveaux. Sa langue d'abord, sa phrase, son rythme fou et sa musicalité. le roman se lit en apnée, en tout cas la première partie, époustouflante. Les mots résonnent, comme une symphonie.
C'est l'histoire d'un amour fou, brûlant. Entre deux femmes. Pour la narratrice, la rencontre avec Sarah est d'abord une surprise, un étonnement, puis une découverte, un tourbillon, un cataclysme, un bonheur fou et une douleur mêlés. C'est l'objet de la première partie, un chant d'amour passionnel qui fait vibrer le lecteur, un peu ébahi de se trouver devant une prose aussi parfaite.
La deuxième partie est plus douloureuse, le drame interrompt la belle histoire et laisse la narratrice dans une détresse qu'elle tente d'aller soigner en fuyant jusqu'en Italie, au hasard, atterrissant finalement dans les rues de Trieste. Cette fois, c'est la solitude et le manque qui s'avèrent brûlants. Mais, en ce qui me concerne, j'ai regretté que cette partie s'enlise un peu avec sa baisse de rythme qui laisse le lecteur un peu en manque d'adrénaline.
Cela n'en fait pas moins l'un des romans les plus intéressants de septembre, justement remarqué par les libraires et quelques jurys de prix littéraires.
Une plume surprenante, éclatante... à suivre, donc !
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Lecturepissenlit
  09 septembre 2018
La narratrice, dont on ignore l'identité, a une vie bien rangée. Elle vit en couple, a un enfant, un métier, des amies et ses journées se ressemblent. Un métro boulot dodo ce qu'il y a de plus ordinaire, jusqu'au jour où elle rencontre Sarah.
Sarah rentre dans sa vie comme une tornade, d'abord sur le terrain amical, puis très vite les deux jeunes femmes deviennent amantes. Amour secret, passion assumée, elles ne se cachent plus et assument leur amour au grand jour.
Cette histoire est écrite en deux parties, deux actes.
Le premier est intense, on suffoque presque. L'autrice et ses personnages ne nous laissent pas respirer. Tout s'enchaîne très vite, les faits, les actes, les pensées, les jours, les mois.
Cette intensité évoque la passion. La passion des débuts, la passion du milieu et la passion de la fin, quand on se quitte mais qu'on s'aime encore, qu'on revient et qu'on repart, qu'on n'en veut plus mais qu'on en veut encore, que ça fait mal. Amour, Haine, Manque. Suffocation.
C'est une première partie que j'ai lu d'une seule traite sans pouvoir m'arrêter.
Éprouvante, mais passionnante.
La deuxième partie est différente. Il y a une cassure dans le rythme.
On y côtoie la douleur, et la folie qu'amène la douleur quand celle-ci est trop forte.
J'ai beaucoup moins accroché à cette deuxième partie car j'ai trouvé les réactions de la narratrice parfois stupides. J'ai essayé de comprendre, mais sa douloureuse folie était trop lointaine et profonde pour moi.
Les répétitions à foison de Pauline Delabroy-Allard ne me gênaient pas dans la première partie, mais elles m'ont énervées dans la deuxième.
Je n'ai pas aimé la fin, je n'ai pas aimé ne pas avoir de réponses aux questions que se posent la narratrice, et dont elle nous rabâche les oreilles à longueur de pages.
Petit bémol très personnel sur l'Italie. J'ai vraiment du mal avec toutes les histoires qui se passent en Italie, dès qu'il y a des noms, termes ou expressions en italien dans un bouquin ça me bloque...
C'est donc un roman en demie tinte pour moi.
Première partie parfaite, deuxième longue et ennuyeuse.
Je n'aime pas vraiment le style d'écriture de Pauline Delabroy-Allard. Je suis plutôt classique j'aime que quand quelqu'un parle on aille à la ligne avec un tiret ou bien dans un paragraphe que cela soit annoncé avec des guillemets. J'aime que le temps soit découpé en différents paragraphes et non pas retrouver l'intégralité de 4 mois dans un seul et même paragraphe de 15 lignes avec aucun retour à la ligne.
Je n'ai pas non plus apprécié les copier-coller de Wikipédia qui dénotent avec le style de l'autrice. Si encore cela passait inaperçu, mais non, là cela se voit comme le nez au milieu de la figure.
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critiques presse (5)
Culturebox   11 septembre 2018
Avec ce premier roman court et dense, Pauline Delabroy-Allard évoque avec une précision de chirurgien cet état qui emporte tout sur son passage, quel que soit le sexe des protagonistes.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   07 septembre 2018
Sous la plume de Pauline Delabroy-Allard, le sexe en général et la caresse amoureuse en particulier deviennent bel et bien un exercice, oui, mais au sens noble d’une ascèse, d’un travail sur soi, propres à enfanter les plus brûlants écrits, la plus charnelle des vérités.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   07 septembre 2018
Quatre-vingt-quatorze premiers romans paraissent en cette rentrée 2018. Parmi nos dix coups de cœur, celui de Pauline Delabroy-Allard.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Actualitte   31 août 2018
Ça raconte Sarah subjugue instantanément. C’est un livre qu’on lit avec le ventre, le cœur. Le lecteur ressent au plus près chaque émoi, chaque étreinte charnelle, chaque désillusion. Une prouesse pour un premier roman que d’envoûter le lecteur avec autant de verve.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   22 août 2018
C'est presque moins un roman qu'un éclatant poème que propose Pauline Delabroy-Allard dans cette série de courtes phrases compressées les unes contre les autres comme les pulsations d'un cœur qui bat à toute vitesse.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Lea25Lea25   19 septembre 2018
Elle est morte. Je ne suis pas sûre. Mais je crois qu'elle est morte, une nuit de printemps. Un printemps presque comme un autre, un printemps à rendre mélancolique n'importe qui. C'est moi, qui l'ai tuée. Je ne suis pas sûre. Mais je crois que c'est moi qui l'ai tuée. Elle disait qu'elle ne m'aimait plus. Elle avait cette maladie, en son sein, dans son sein. Ses seins que je léchais, tandis qu'elle me souriait. Elle disait mon amour, mon amour. Et puis après, juste après, elle disait qu'elle ne m'aimait plus. Et elle est morte. Peut-être. Je ne pouvais pas détacher mes yeux de son corps nu et de son crâne cireux. De sa dépouille.
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nonorellanonorella   19 septembre 2018
Je me souviens de ça, de la vie suspendue, de cette vie mise sur pause, où j'étais en apnée, en apesanteur. J'attendais, oui. Je flottais, à travers les jours passaient, je flottais en essayant de faire comme si de rien n'était. Je me réveillais avec la nausée et j'étais fatiguée au milieu de la journée, d'une fatigue impossible, terrassante, comme si c'était moi qui étais partie au Japon.
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rkhettaouirkhettaoui   12 septembre 2018
Ça bat à mes oreilles, à mes poignets, ça bat dans mon sexe et au fond de ma gorge. Je ne suis plus qu'une pulsation, mon corps entier bat la mesure, une cadence affolée, un truc virtuose. Trois nuits, je crois. Le jour va peut-être finir par se lever. J'ai tellement soif. Je n'ai plus mal nulle part. Je ne sens plus rien. Je ne vois que du rouge, derrière mes paupières closes, des formes rouges qui clignotent en rythme. Systole, diastole, systole, diastole, systole, diastole, choubam choubam choubam, comme ça, de plus en plus vite, chhhoubam chhhoubam chhhoubam, de plus en plus vite, de plus en plus vite, de plus en plus vite, comme un air qui se perd dans la pénombre.
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rkhettaouirkhettaoui   12 septembre 2018
C'est une jeune femme, j'imagine qu'elle est belle mais je n'en sais rien. Lui, c'est difficile de dire à quoi il ressemble. Il y a quinze ans, peut-être était-il brun ? Souriant ? Plaisantin, assis face à sa fille adolescente ? Le trésor de sa vie, l'astre de ses jours, sa petite chérie. Elle me raconte ce souvenir en riant, je ne sais pas pourquoi mais elle rit, a posteriori, des années plus tard, elle rit aux éclats de la tête qu'il avait faite quand elle avait commandé son premier demi, de la fierté qui l'avait habitée alors, de l'assurance qu'elle avait.
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rkhettaouirkhettaoui   12 septembre 2018
Elle se dresse au-dessus de moi, les seins nus et fiers, belle, tragiquement belle. Le temps s'étire, s'arrête presque. Tout devient lent et long. Mon cœur caracole dans ma poitrine, dans mes veines, dans mes tempes. À genoux près de moi, on dirait une icône, une image religieuse. Pour un peu, on pourrait croire qu'elle prie. Elle ne me touche pas. Elle me caresse du regard. Instant de grâce. Moment sacré. Silence. Puis elle me regarde dans les yeux et elle enfonce ses doigts en moi, loin, très loin, si loin que ça me fait tourner la tête, baisser les paupières. Elle souffle sur mes cils, sa bouche tout près de la mienne. Elle murmure des mots d'amour qui me transpercent. Ses doigts sont loin, perdus en moi, elle joue au fond de mon ventre une musique qui me rend folle. Elle fait se tordre mon corps, se cabrer mes reins, elle ne s'arrête jamais. Elle va de plus en plus loin, de plus en plus vite, si bien que je ne suis plus qu'une poupée de chiffon, un pantin.
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Vidéo de Pauline Delabroy-Allard
Le salon du Livre sur la place se tient à Nancy pendant tout le week-end. Ce salon, très prisé, est très attendu: ses lauréats sont souvent récompensés de prix littéraires - notamment le Goncourt. Cette année, c’est la jeune écrivaine Pauline Delabroy-Allard qui a remporté les faveurs du jury pour son premier roman.
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