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ISBN : 2709661411
Éditeur : J.-C. Lattès (10/01/2018)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Au fond de la campagne française, dans le Périgord noir, Bernard, la cinquantaine, débraillé, bourru, vit seul dans une cahute où il fume et boit comme dix. Il a perdu sa mère quand il était jeune et son père, le plus riche agriculteur des environs, le rabaisse sans cesse. Bernard travaille comme homme à tout faire, chasse, bricole. Les gens du village le méprisent. Et depuis qu’Isabelle, la femme qu’il aimait, est partie, les malheurs se succèdent. Seule la nature ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
montmartin
  30 janvier 2019
« Il n'est pas nécessaire d'écrire pour être poète. Tu n'inventes pas des poésies, mais tu vois la poésie qui est autour de nous. Les arbres, les bruits, les gestes, les insectes, les détails dont les autres se moquent, ce qui nous dépasse... »
Cela fait maintenant plus d'un an qu'Isabelle est partie, Bernard a laissé filer sa chance. Quatre murs où l'on suffoque l'été et où on gèle l'hiver, c'est tout ce qu'il avait a lui offrir. Depuis il se laisse aller, il mange peu et boit beaucoup. Tous les dimanches, il va acheter des croissants au cas où elle revienne. Les femmes ne courent pas les routes dans le coin, heureusement il a ses chiens. Au village, on l'appelle l'homme aux sangliers, il est aussi sauvage qu'eux. Il a l'impression qu'il n'y a aucune place pour lui, nulle part. Qui pourrait aimer un type dont la vie ne vaut pas plus que celle d'une bête.
Et puis il rencontre Marie, elle doit avoir 75 ans, son visage aux traits affinés a gardé de la beauté. Ils ne sont pas du même cercle, mais ils ont le même rapport au monde, la même sensibilité. Il n'est jamais impatient de la quitter, il a chaque fois, l'impression qu'elle lui offre une pause dans son agitation intérieure.
Dans ce roman que j'ai trouvé très beau et bien écrit, Emmanuelle Delacomptée nous raconte l'histoire de Bernard qui vit en harmonie avec la nature et les animaux.
« La nature il la vénère comme un Indien ou un Aborigène. Sans être bigote, sa mère estimait, elle aussi, cet équilibre sacré. Cet infini de mécanismes imbriqués les uns dans les autres, ces cycles réguliers, ces agencements minutieux, ces beautés qui s'ignorent. »
L'auteur sait parfaitement nous faire ressentir l'absence de femme dans la vie de cet homme de plus en plus solitaire. Il y a plusieurs passages qui m'ont interpellé comme les descriptions très réalistes des scènes de chasse et surtout les dernières lignes où Bernard compare le corps de Marie à sa Dordogne qu'il aime tant. Un beau récit, je me suis attaché à ce personnage rustre, bourru qui meurt petit à petit faute d'amour.
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Verolo
  14 février 2018
Bernard, la cinquantaine, vit seul dans sa ferme du Périgord. Son père le méprise, comme une partie des habitants du village. Bernard n'est pourtant pas un brute épaisse, il a une vie intérieure riche, il aime simplement plus la nature et les animaux que les humains, et il n'a pas su retenir la seule femme qui s'est intéressée à lui. Accro à la boisson, il est toujours sur le fil du rasoir. Un drame va pourtant lui faire rencontrer quelqu'un...
Un roman atypique, au charme brut, qui m'a fait penser aux romans de Marie-Hélène Lafon, sur le monde taiseux des paysans. C'est beau, rude, comme la campagne profonde.
Merci à l'éditeur et à Net Galley pour cette lecture originale.
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Melitaea
  10 mai 2018
Un roman très champêtre focalisé sur un personnage vivant en phase avec la nature et éprouvant des difficultés relationnelles avec les gens. Je n'ai pas trop aimé. Les situations faisaient trop clichés et je n'ai pas trouvé le "heros" attachant.
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mitildo
  26 avril 2018
Impossible d'entrer dans l'histoire.
Je n'ai pu le terminer.
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critiques presse (1)
LaCroix   23 février 2018
Dans ce roman rural, Emmanuelle Delacomptée campe un pauvre bougre solitaire, en manque d’amour, dans un village renfermé sur lui-même.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   24 janvier 2018
Évidemment elle est partie s’enrouler autour des plus hautes branches de l’arbre. Il lui a pourtant bien dit de ne pas y toucher, le temps qu’il aille chercher d’autres cannettes dans la voiture. Ce n’est pas une perche classique, c’est une de celles qu’on utilise pour la pêche à la mouche, avec un fil qui claque très haut. Dès que Bernard a eu le dos tourné, la brunette, déjà un peu saoule après une bière à dix heures du matin, n’a pas résisté à l’envie de faire de vastes moulinets avec son bras en s’imaginant dans une émission de Chasse et Pêche.

Bernard, en fouillant dans le coffre de son vieux cherokee, l’a entendue glousser en contrebas. Quand il est revenu, il l’a retrouvée, hilare, la canne dansant dans le vide et l’hameçon perché à trois mètres. Pétard, ça coûte cher ce matériel !

« T’exagères quand même ! »

Mais il ne s’énerve pas trop parce que c’est la première fois qu’il voit une fille depuis qu’Isabelle est partie. Il n’en revient pas, déjà, qu’elle ait accepté de venir. Il l’a rencontrée à la soirée country du camping où il va parfois le samedi soir, avec ses santiags, sa veste en daim sans manches, ses cheveux peignés en arrière et son jean aux poches gonflées par les paquets de roulées et la flasque de whisky. La jeune femme, sexy, un peu trop maquillée, ne doit avoir qu’une trentaine d’années. Elle avait l’air de s’ennuyer à côté de sa copine, disponible. Elle ne semblait pas gênée par sa différence d’âge avec Bernard, ses poches sous les yeux et les sillons sur les joues creusés par les soixante cigarettes qu’il aspire chaque jour. Alors il a tenté sa chance. « Pourquoi pas ? », elle a fait.
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montmartinmontmartin   26 janvier 2019
Il n'est pas nécessaire d'écrire pour être poète. Tu n'inventes pas des poésies mais tu vois la poésie qui est autour de nous. les arbres, les bruits, les gestes, les insectes, les détails dont les autres se moquent, ce qui nous dépasse...
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Melancolie63Melancolie63   24 avril 2019
"Je trouve que vous avez très bien réussi les mouvements argentés des feuillages. On a l'impression qu'ils vont se mettre à chanter".
Rassurée, elle continue de peindre, en s'éventant parfois de son chapeau.
"A cause de leur bruit, il y en a qui les croient plein de fantômes, continue t-il comme pour lui-même. Je pense aussi qu'ils attrapent le soupir de gens tristes..."
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rkhettaouirkhettaoui   24 février 2018
Odette sirote heure après heure jusqu’à tomber dans un sommeil brutal. On ne lui connaît pas d’homme. Riche héritière d’une famille qui travaillait dans le bois, elle possède des lodges en Afrique du Sud. On aurait pu en douter à la regarder, car son allure ne trahit rien de cette opulence, mais elle a déjà invité Éric à chasser les sarcelles du Cap et les oies pygmées. Elle se rend régulièrement sur le continent noir en hiver, arguant que la Dordogne partage le même climat en été, lourd et humide, et qu’elle ne se sent pas dépaysée. Elle aime se vanter de sa résistance, déclarant avec fierté que si l’on réunissait toutes les bouteilles qu’elle a vidées jusqu’à ce jour, ça formerait un lac aussi grand que le Titicaca ! Bernard ne peut s’empêcher de penser qu’à force de déforester l’Afrique, ses parents ont dû rater quelque chose, et qu’au fond, malgré son héritage, Odette n’est pas mieux lotie que lui.
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rkhettaouirkhettaoui   24 février 2018
À force de croiser toujours les mêmes habitués du comptoir ou de passer des journées sans parler, beaucoup tournent dingues. La vigilance s’impose surtout l’hiver. Lorsque les nuits commencent tôt et que le froid pousse à se terrer, le temps s’éternise, l’espace étourdit, on perd pied. Bernard a peur de finir comme eux. Les jumeaux sombraient dans la mélancolie. Il allait souvent leur rendre visite, les invitait aux repas de chasse, les écoutait raconter leurs rêves d’amour. Les femmes ne courent pas les routes dans le coin et ils n’avaient pas envie d’aller s’en chercher en Afrique comme certains – le boulanger, le fils Brûlard… – qui les trouvaient moins difficiles là-bas. Alors ils ricanaient en s’inventant des princesses.
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