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ISBN : 2221199006
Éditeur : Robert Laffont (17/08/2017)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 17 notes)
Résumé :
En ce début du XVIe siècle, les Ottomans menacent la Hongrie. Le comte Gabor, joueur d'échecs incomparable, gouverne le comitat de Paks. Sa fille Judit, joueuse hors du commun elle aussi, se désespère de l'apathie de son père face au péril turc. Elle voudrait prendre sa place au plus vite. Sa mère, la comtesse Livia, cupide et avide de pouvoir, nourrit la même ambition. Toutes deux se haïssent. Pour parvenir à ses fins et sauver son pays, Judit trame un projet machi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
nathaliebullat
  09 septembre 2017
Jean-Michel Delacomptée nous entraine dans le siècle de Charles Quint et Soliman le Magnifique. Sur les rives du Danube les provinces Hongroises sont menacées par l'invasion ottomane. L'intérêt du roman n'est pas uniquement dans des récits de batailles ou de fêtes somptueuses où paradent des dames de cour en robes de brocard et de pierreries… C est plus subtil !
Bien que ne connaissant pas les finesses du jeu d'échecs, j avais déjà aimé chez Zweig et Yoko Ogawa cette façon de nous tenir en haleine devant des joueurs imperturbables.
Mais dans ce roman, l'échiquier fait figure de théâtre. Cavaliers, tours, Dames, Rois vous surprendront ! Aux stratégies du jeu se mêlent les doctrines politiques de Machiavel.
Au fil des pages je sens poindre noirceur et manipulations. Judit l'héroïne, une Jeanne d'Arc au coeur plus calculateur que délicat, veut sauver sa Province face aux troupes du Sultan Soliman. Si le jeu d'échec est un miroir de l'âme, on perçoit vite l'âme de Judit. Car elle brille à ce jeu, passion que lui a transmis son père. Mais Gabor son père est faible, il s'enivre pour oublier le risque de razzias des Turcs. N'ayant plus d'espoir il préfère se résigner. Judith projette de lui succéder à tous prix. Sa mère Livia femme cruelle et ambitieuse cherche à l'évincer du Royaume.
Je sens l'esquisse d'un plan démoniaque. Passionnée, brûlante, volontaire, Judit ira-t-elle trop loin ? Soif de pouvoir ou amour réel de sa patrie ? Sa mission semble irrévocable. J'ai apprécié l'élégance de la plume, le foisonnement de détails sur les coutumes du peuple Magyar. C'est richement documenté. Mais j'ai surtout été bluffée par l'imagination de l'auteur décrivant les tactiques offensives de personnages froids capables du pire lors de jeux spectaculaires qui empruntent la violence à ceux organisés jadis par les Romains… Comme moi, vous ne connaissez pas les règles de ce jeu ? Pas d'inquiétude… l'auteur a su lancer les bons hameçons pour vous attraper!!!
livre reçu dans le cades Explorateurs de la Rentrée Littéraire Orangelecteurs
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Entournantlespages
  25 août 2017
En Hongrie au XVIème siècle, le comitat de Paks est dirigé par le comte Gabor, calme et désirant servir au mieux son peuple. Seulement, avec la guerre entre les Ottomans qui se profilent, Gabor ne semble pas être pressé de contre-attaquer, n'ayant jamais voulu marcher dans les pas de son père, fin stratège et combattant. Mais la fille du comte, Judit, se sent prête à reprendre le comitat afin de terrasser les envahisseurs. Percevant son père comme trop vieux pour régir, elle souhaiterait détenir le pouvoir le plus tôt possible. Néanmoins, elle sait que le comte ne se dépossédera pas de son statut avant sa mort. Il y a également la mère de Judit, avide de pouvoir et arriviste, qui souhaite la marier le plus tôt possible pour être certaine d'être la prochaine détentrice de l'autorité du comitat. N'ayant jamais réussi à engendrer un héritier assez robuste pour survivre, les deux femmes sont alors en compétition frontale afin d'être celle qui finalement deviendra la haute autorité de Paks. Mais Judit ne s'effraie pas de l'ascendant que la comtesse peut avoir sur elle et les autres faisant davantage confiance à ses capacités intellectuelles et à son ambition de régner et de protéger son peuple.

Le premier chapitre dépeint déjà au lecteur toute l'autorité naturelle que possède Judit dans cette chambre rouge accompagnée de ses trois molosses ingurgigeant de la viande fraîche. On comprend son ardeur presque juvénile à vouloir faire ses preuves le plus rapidement possible. Seulement, même si elle souhaite coûte que coûte arriver au pouvoir, elle n'imagine pas faire du mal à son père pour l'obtenir. Elle connait ses failles et ses qualités, particulièrement celles sur sa fine stratégie aux échecs. Jouant fréquemment avec Gabor, Judit devient de plus en plus forte à ce jeu complexe jusqu'à devenir plus forte que son père. Mais Judit reste intelligente et sait lorsqu'il faut abattre ses cartes ou au contraire cacher son jeu. Elle fomente alors un plan singulier dont le lecteur n'aurait sûrement pas penser de prime abord.

La jouant fine, Judit voyage dans les territoires voisins afin de défier les dirigeants de ceux-ci pour se faire un nom. Elle en arrive donc à jouer plus tard contre le roi de Hongrie qui ne va pas être simple à battre. Va alors débuter une partie complexe et ardue contre les deux personnages qui pourrait coûter la vie à certains. le récit est majoritairement constitué d'une narration interne du point de vue de Judit, rarement entrecoupé de dialogues, ce qui peut rendre la lecture parfois longue et lourde.

Réaliste, le lecteur réussit facilement à s'immerger dans cette Hongrie du XVIème même s'il peut parfois se perdre à force de descriptions, surtout si, comme moi, il n'est pas habitué au genre historique. Néanmoins, la vigueur et l'énergie de Judit sont communicatives, ce personnage étant de plus en plus intéressant, faisant preuve d'intelligence et de perspicacité. Donc, ce nouveau roman n'est pas forcément pour un public large, mais pour ceux qui, tel que moi, désirent apprendre des choses, L Histoire à travers les siècles au sein de pays que l'on ne connait que trop peu. Je remercie donc la maison d'édition Robert Laffont et NetGalley pour cette proposition de lecture qui m'aura appris des choses et intéressé.
Lien : http://entournantlespages.bl..
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iyou
  28 octobre 2017
Le Sacrifice des dames, de Jean-Michel Delacomptée est un des livres les plus originaux de cette rentrée littéraire.
Inclassable, on l'a, par facilité, rangé dans les romans historiques, ce qu'il n'est pas. le cadre est la Hongrie du début du XVIème siècle, peu avant la terrible bataille de Mohacs en 1526, date à laquelle la Hongrie devint ottomane, comme, avant elle, la Bulgarie, la Serbie, la Bosnie, les Balkans.
Jean-Michel Delacomptée situe son roman à un moment où l'histoire d'un pays s'apprête à basculer, période propice à l'expression de caractères hors du commun.
C'est le cas de Judit, héroïne de ce livre, jeune fille de 16 ans, d'une grande intelligence, fille de Gabor, Ispan de Pacs, une province hongroise inventé par l'auteur. En ces mois précédent la confrontation avec les Ottomans, la situation à Pacs semble désespérée. Gabor, devenu ivrogne par l'usure de la vie, attend, fataliste, l'arrivée des nouveaux maîtres turcs. Judit, pour sa part, ne peut s'y résoudre, et va employer toute son intelligence et sa science du jeu d'échecs où elle excelle, pour ne pas que son pays disparaisse, rayé de la carte.
Judit est une jeune femme de 16 ans, habitée comme on l'est à cet âge, par les grandes passions, les grands combats et engagements, qui apparaissent plus grands que sa propre vie. Elle prouvera lors d'une partie d'échecs extraordinaire sur un étang, et par les événements que sa dimension est supérieure encore.
Jean-Michel Delacomptée, dans une langue fastueuse, précise, très visuelle, ouverture à tous les voyages, fait de Judit une allégorie de l'héroïsme, la résistance, et la foi. Que l'anecdote et le roman historique semblent loin!
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Verdure35
  08 novembre 2017
Un peu inhabituel pour cet auteur , un roman historique , des personnages et des lieux inventés aussi, Paks par exemple , comté où se déroule ce roman sanglant.
Nous sommes au début du XVI siècle, et quelque part en Hongrie, en Transdanubie ,la menace de l'invasion de cette région par Soliman devient prégnante. A Paks , le comitat ne s'inquiète pas , et c'est sa très jeune fille Judit qui prend la mesure de la menace. Elle déteste sa mère, non sans raison, son père plus ou moins ivrogne la désole, même si c'est un joueur d'échecs hors pair .Bref, son rêve c'est de les trucider, et de prendre la suite.
Elle est elle même une joueuse d'échecs exceptionnelle,(grâce à son père) et c'est sur cet avantage qu'elle va construire son avenir, (moitié » reine Margot, moitié Jeanne d'Arc ) .
Autant dire qu'aucun de ces personnages ne mérite une empathie quelconque , beaucoup de sang, mais une magistrale partie d'échecs sur l'eau, avec des pions vivants . Il faut le lire pour en visualiser toute l'horreur .
Bien sur, le thème est donc la résistance à l'ennemi, l'amour de la patrie .
Un peu déconcertant tout de même.
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silencieuse1
  05 septembre 2017
J'aime bien l'idée de construire un roman autour du jeu d'échecs, c'est original et stratégique à souhait. J'ai démarré cette lecture avec enthousiasme, mais je fus rapidement agacée par Judit, personnage aussi cupide et avide de pouvoir que ses parents qu'elle rêve d'ailleurs de trucider. Elle n'est pas pour moi une héroïne exceptionnelle et j'avoue que je n'ai pas envie de la suivre dans ses délires de destruction et d'autodestruction, et cela même si l'auteur écrit fort bien.
Judit, demoiselle à la physionomie ingrate, est dotée d'une incroyable virtuosité aux échecs mais également d'une foi sans limites en ses capacités. Nous sommes au début du 16ème siècle, les Ottomans menacent la Hongrie. Judit n'a pas l'intention d'accepter une telle situation pour son pays d'autant que son père le comte Gabor n'est pas un guerrier, que sa mère ne s'intéresse qu'à son poids en or et que le roi ne semble pas conscient de l'importance réelle du péril turc. Si elle respecte le roi et la reine, elle déteste et méprise ses parents, rêvant de leur mort sans même s'en cacher. Ainsi va-t-elle se charger d'organiser la résistance dans les provinces, de manière stratégique et avec un certain courage, il faut bien l'avouer.
S'il est vrai que le personnage principal me séduit peu et que l'histoire en elle-même n'a pas réussi à me captiver plus que cela, l'auteur a su donner un bel élan à cette épopée, notamment en ce qui concerne le rôle des échecs et à leur valeur symbolique dans le récit.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ClairumClairum   07 septembre 2017
Régulièrement, elle se sentait la proie de démons qui la pressaient de se jeter dans le vide depuis la fenêtre d'où elle apperçoit l'étang actuellement gelé. Se flageller la retenait au bord du suicide.
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ClairumClairum   07 septembre 2017
La poussière s'infiltrait sous les paupières, dans les poumons, dans les craquelures du torchis, dans la chaume des toits, envahissait les écuelles, les chaudrons, les pots, craquait sous les dents.
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ClairumClairum   07 septembre 2017
Elle exigeait qu'on fouette les vieux serviteurs coupables de maladresses dans leur service, qu'on chasse du château les servantes enceintes, qu'on abandonne aux loups les nouveau-nés difformes.
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Verdure35Verdure35   08 novembre 2017
elle avait eu pitié de lui. La conclusion s'imposa :elle devait lui succéder à tout prix;
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Videos de Jean-Michel Delacomptée (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Michel Delacomptée
La Bruyère, portrait de nous-mêmes Jean-Michel Delacomptée R. Laffont, août 2019
Un portrait de l'écrivain Jean de la Bruyère, les milieux qu'il fréquentait, ses rapports aux hommes et aux femmes ou encore ses liens avec la morale. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/bruyere-portrait-memes-jean-michel-delacomptee/9782221240250.html
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