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EAN : 9782246828846
240 pages
Éditeur : Grasset (29/09/2021)
4.5/5   24 notes
Résumé :
« J’ai compris depuis ce qui motiverait mon chemin d’écrivain. Présenter à l’adulte que je suis devenu l’enfant que je fus. »

Dans Mon père, publié en 2019, Grégoire Delacourt peignait un père venu demander des comptes à un prêtre coupable d’abus envers son jeune fils. Catalyseur d’émotions enfouies, le livre allait faire ressurgir des souffrances muettes et conduire son auteur a une enquête introspective profonde. Remontant enfin à la source de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Yvan_T
  13 octobre 2021
Ce dixième roman de Grégoire Delacourt aux allures de biographie est celui qui apporte un nouvel éclairage sur tous les précédents et en particulier sur «Mon Père», où l'auteur livrait un huis-clos écoeurant entre un prêtre pédophile et le père de sa victime, tout en donnant une voix aux enfants abusés qui se murent dans le silence.
D'entrée, l'auteur de «La Liste de mes envies» et d' «Un jour viendra couleur d'orange» nous glace en annonçant que le père de «Mon Père» et l'enfant abusé sont en fait la même personne. Si l'homme qu'il est devenu allait en effet à la recherche de l'enfant abusé qu'il était, dans ce roman il va de surcroît tenter de le réparer…
« Je regarde mon corps et je me demande où cela a commencé. Quelle partie a d'abord été touchée. Engloutie. Caressée peut-être. Les caresses ne laissent pas de trace. Les baisers non plus. Seules les morsures des affamés cisaillent la chair. Je n'ai pas été mordu. Je n'ai pas été brûlé, ni coupé. C'est pire. Il ne reste rien. Aucune preuve. »
Cinquante ans plus tard, le traumatisme est tellement profond que l'esprit en a effacé toute trace consciente. Au fil des pages de cette introspection, les souvenirs longtemps enfouis refont surface et les mots viennent progressivement nommer ce mal qui le ronge depuis l'enfance. En remontant le fil de sa vie, Grégoire Delacourt se met à nu avec beaucoup de franchise, revient sur son enfance, ses amours, le décès de ses parents, sa psychanalyse et finit par comprendre son incapacité d'aimer, ses lâchetés, les traumatismes de ses personnages lors de précédents romans et son incapacité à vivre heureux à cause de cet enfant mort qu'il trimbale depuis le début !
Ce chemin de croix qu'il mène la plume à la main ne révélera pas seulement les abus d'un père, mais surtout l'amour invisible d'une mère qui le changeait de chambre et l'envoyait en pension, non pas pour lui tourner le dos comme il l'a toujours cru, mais pour le protéger comme toute mère se doit de le faire…
Un roman émouvant, bouleversant qui jette un nouvel éclairage sur toute l'oeuvre de cet auteur !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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montmartin
  06 octobre 2021
Cinquante ans plus tard, au terme d'un effort de mémoire et assisté de quelques photographies l'auteur se souvient de cette maison où il a fumé ses premières clopes avec son frère, rit avec sa soeur du temps où il était son prince. Dans cette maison il a eu peur, il a eu froid, il a été abîmé dans cette maison. On ne peut se cacher de soi-même, jusqu'alors il a survécu dans l'ignorance de l'origine de son mal, l'obligation de ce livre est née là, nommer le mal, prononcer les mots : abus, attouchements, violences sexuelles. L'écriture est un chemin de croix qui va le mener à l'enfant qu'il a été.
Dans ce roman émouvant Grégoire Delacourt revient sur son enfance, sa famille, ses amours, tous ces moments bons ou douloureux qui vont être la genèse de ses romans. Un récit écrit avec beaucoup de pudeur pour décrire sa blessure, le déni de sa mère, une façon pour elle de survivre. le psy, les médicaments, son incapacité d'aimer léguer par ce père abusif, Grégoire Delacourt nous révèle tout ce que son corps de marmot a enseveli, mais aussi toutes ses douleurs d'adulte un homme de travers, tordu, vrillé ; un corps de Giacometti, une souffrance qui marche. Il n'aura de cesse de retrouver cet enfant mort pour le réparer. Un roman très bien écrit qui nous raconte avec délicatesse cette blessure profonde d'un enfant qui n'arrive pas à cicatriser.
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FleurDuBien
  06 octobre 2021
Sublime.
Pas facile d'écrire une critique les yeux brouillés de larmes, avec ces larmes qui tombent sur les touches.
Pas facile mais nécessaire,
J'écris toujours le billet "À chaud", sans attendre, comme une urgence.
Alors oui je pleure.
Quand on lit, on est un peu l'autre, et beaucoup soi.
J'ai eu peur de commencer de lire ce livre, peur de ce que je suis venue y chercher, peur de la souffrance et du chagrin. J'ai pris ma respiration, et j'ai commencé.
J'y suis entrée comme un plongeon dans une eau noire et froide, un bourbier.
Le bourbier de mon enfance.
Delacourt est mon écrivain préfèré.
Je pleure sur les médicaments si jeunes, à onze ans (comme moi, au même âge, Valium et Dogmatil).
Je pleure sur les lames, les scarifications monstrueuses mais qui sont les cicatrices du malheur.
Je pleure sur la mort de sa mère, emportée, assassinée par un caillot de sang, comme ma tante adorée.
Je pleure sur l'amour fou d'un perit garçon pour sa mère, si malheureuse, avec ses cigarettes mentholées.
Je pleure sur les séances de psychanalyse terribles qu'il s'est infligées, sur tous ces lapsus qui dévoilent en pleine lumière sa mémoire traumatique.
Je pleure sur Les mots pour le dire de Marie Cardinal, corné, lu et relu, comme le mien au fond d'un tiroir.
Je pleure sur ses blessures de pus et de merde, plaies et sanies triomphantes.
Je pleure sur nos cinq ans, car moi aussi, cinq ans....
Je pleure sur la souffrance, la sienne, chevillée au corps, ce corps honni parce que peut-être du plaisir.
Enfin je pleure sur l'amour de sa mère pour lui, invisible, et pourtant bien présent, et surtout le protégeant du père, l'envoyant en pension, ou le changeant de chambre.
Les séances de sa cure psychanalytique sont des bijoux.
Et puis, à la faveur des lapsus, il accouche enfin de lui-même.
C'est de la poésie en prose, Delacourt.
Quel magnifique moment de lecture.
Merci.

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Matatoune
  28 septembre 2021
Grégoire Delacourt convie avec L'enfant réparé à un voyage littéraire au pays d'un traumatisme si important que l'esprit en a effacé toute trace consciente. Il faudra une enquête pour écrire un roman pour que l'oubli se déchire petit à petit et révèle la souffrance. Il aura fallu presque toute une vie pour en reconnaître la réalité !
La soixantaine acquise, Grégoire Delacourt revient sur sa vie à l'occasion de la prochaine parution de Mon Père, publié en 2019 que je n'ai pas lu. Ce récit autobiographique présente le séisme produit lorsqu'un enfant est violenté par un prêtre. Lorsque un de ses lecteurs lui écrit qu'il faut avoir vécu une telle expérience pour la raconter aussi bien, quelque chose se révèle confus et trouble…
Au départ, rien dans ses souvenirs ne vient corroborer cette affirmation. Pourtant le malaise devient de plus en plus prégnant sans qu'il puisse en comprendre la cause. L'écran du souvenir va commencer à se fendiller. Il s'est souvent interrogé sur ce père si lointain, absent et dont il se souvient d'aucun geste de tendresse. Idem pour sa mère qu'il se rappelle fumant ses mentholés perdue dans le silence. D'ailleurs, ce couple l'a envoyé dès l'âge de cinq ans, en pension, en colos, en bref s'est débarrassé consciencieusement de lui ! du moins, c'est ainsi qu'il l'a vécu et qu'il en a souffert tout au long de sa vie. Mais, l'écran du souvenir commence à affleurer !
En reprenant le fil de sa vie, Grégoire Delacourt remonte l'histoire de son enfance pas à pas, soutenu par sa psychologue. Il revisite ses différents écrits à la faveur de ses découvertes personnelles au fur et à mesure du travail thérapeutique qu'il a entrepris.
Au delà de l'aspect autobiographique de L'enfant réparé, Grégoire Delacourt parle avec pudeur de sa douleur qu'il a exprimé à mots couverts dans ses différents romans. Les mots n'ont pas réparé. Ils ont mis en lumière l'empêchement à vivre, à aimer et à chérir simplement ceux qu'on aime.
Mais, au fil de ses introspections, les mots nomment l'inconnu et lèvent le silence du souvenir. Grégoire Delacourt montre que lorsque la douleur est trop forte,'il faut continuer à grandir même en claudiquant. Alors, l'esprit se défend en effaçant la réalité trop brute et trop dure. Grégoire Delacourt raconte qu'on n'a pas trop d'une vie pour retrouver l'amour d'une mère.
Cet enfant de la couverture est espiègle et rieur. Il a l'insouciance de l'enfance. A la lecture de L'enfant réparé, c'est l'enfant violenté que l'on découvre, décrit avec pudeur et sensibilité. Petit à petit, il retrouve l'amour reçu tout au long de son enfance. Et, Grégoire Delacourt, homme vieillissant retrouvera la sérénité.
Il faut bien toute une vie pour faire la paix avec ses fantômes !
Un récit de vie particulièrement émouvant !
A la fin du livre, cette citation d'Aragon :
Quelque chose dans moi comme un oiseau blessé .
https://vagabondageautourdesoi.com/2021/09/28/gregoire-delacourt-2/
Lien : https://vagabondageautourdes..
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Clytemnestre
  27 septembre 2021
Il s'agit non pas d'un roman mais d'un récit. Delacourt se livre à nu, décortique son enfance, sa première jeunesse; il expose ses douleurs et ses incompréhensions. Avec intelligence, finesse et humilité, il raconte un parcours de vie qui l'a conduit à l'écriture comme une bouée jetée sur son chemin. de L'écrivain de la famille à L'enfant réparé, que de questionnements, de renoncements jusqu'à presque vouloir cesser de vivre.
Delacourt, auteur de "livres qui font du bien", autrement dit "feel good", s'étonne que la violence sourde de ses personnages soit aussi peu identifiée. Portant elle renvoie à ses angoisses, ses tourments. Chaque livre est une épreuve, raconte quelque chose de son enfance massacrée. Mais le lectorat retiendra autre chose sauf peut-être avec la publication de Mon père où s'ébauche une histoire trop terrifiante pour ne pas avoir été vécue.
Ce livre est également une ode à la mère, à celle qui avait tout compris: se séparer, même à dix ans, à un âge où les bras d'une mère sont encore le seul horizon, pour réparer.
Ce récit est puissant, lucide, courageux, sans cette désespérance qui le rendrait trop noir pour être aimer.
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critiques presse (2)
LaCroix   18 octobre 2021
L’auteur de « La liste de mes envies » et « On ne voyait que le bonheur » publie un livre autobiographique, récit d’une enfance abusée. Beau et terrible.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   30 septembre 2021
Dans un récit bouleversant, le romancier tente de «réparer» le petit garçon qui a été abusé par son père.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Rafael11Rafael11   11 octobre 2021
Je ne sais pas si on peut sauver quelqu'un d'autre que soi. On est son propre précipice
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Rafael11Rafael11   11 octobre 2021
Elle fut juste assassinée au mitan de son automne par un minuscule caillot de sang, et je m'étais plus tard fait la réflexion que nous hébergions tous en nous notre propre assassin
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Rafael11Rafael11   11 octobre 2021
Il tenta de dissoudre sa disgrâce dans le vin mais s'y noya
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Rafael11Rafael11   11 octobre 2021
Les mots sont des silex. Ils peuvent mettre le feu
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Rafael11Rafael11   11 octobre 2021
Avoir honte, c'est être son propre esclave
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