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ISBN : 2709665336
Éditeur : J.-C. Lattès (20/02/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
« Mon Père c’est, d’une certaine manière, l’éternelle histoire du père et du fils et donc du bien et du mal. Souvenons-nous d’Abraham.
Je voulais depuis longtemps écrire le mal qu’on fait à un enfant, qui oblige le père à s’interroger sur sa propre éducation. Ainsi, lorsque Édouard découvre celui qui a violenté son fils et le retrouve, a-t-il le droit de franchir les frontières de cette justice qui fait peu de cas des enfants fracassés ? Et quand on sait que... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ZeroJanvier79
  11 février 2019
Grégoire Delacourt est un auteur que je suis de façon irrégulière. J'avais lu ses deux premiers romans « L'écrivain de la famille » et « La liste de mes envies », j'en avais gardé un bon souvenir mais sans que cela m'attache définitivement à ses livres. Je me renseignais vaguement lorsqu'il publiait un nouveau livre, que je lisais ou non selon que l'intérêt que suscitait pour moi leur résumé.
Cette fois, le thème de son nouveau roman, à paraître le 20 février prochain, m'a tout de suite interpellé, et j'ai eu la chance de pouvoir le lire en avant-première grâce à l'éditeur JC Lattès et à la plateforme de service de presse NetGalley.fr.
Loin des récits plutôt légers de cet auteur que j'avais eu l'occasion de lire jusque là, Son Père s'attaque à un sujet lourd puisqu'il promet un face à face entre un père et le prêtre qui a abusé sexuellement de son jeune fils :
" Mon Père c'est, d'une certaine manière, l'éternelle histoire du père et du fils et donc du bien et du mal. Souvenons-nous d'Abraham.
Je voulais depuis longtemps écrire le mal qu'on fait à un enfant, qui oblige le père à s'interroger sur sa propre éducation. Ainsi, lorsque Édouard découvre celui qui a violenté son fils et le retrouve, a-t-il le droit de franchir les frontières de cette justice qui fait peu de cas des enfants fracassés ? Et quand on sait que le violenteur est un prêtre et que nous sommes dans la tourmente de ces effroyables affaires, dans le silence coupable de l'Église, peut-on continuer de se taire ? Pardonner à un coupable peut-il réparer sa victime ?
Mon Père est un huis clos où s'affrontent un prêtre et un père. le premier a violé le fils du second. Un face à face qui dure presque trois jours, pendant lesquels les mensonges, les lâchetés et la violence s'affrontent. Où l'on remonte le temps d'avant, le couple des parents qui se délite, le gamin écartelé dont la solitude en fait une proie parfaite pour ces ogres-là. Où l'on assiste à l'histoire millénaire des Fils sacrifiés, qui commence avec celui d'Abraham.
Mon Père est un roman de colère. Et donc d'amour. » "
Le roman décrit principalement la rencontre pleine de tension entre le père et le Père, mais ce face à face qui constitue le coeur du récit alterne avec quelques courts chapitres qui décrivent tour à tour l'enfance de Benjamin, celle de son père Édouard, et les circonstances dans lesquelles celui-ci a appris les abus dont son fils a été victime.
La figure biblique d'Isaac, que son père aurait été prêt à sacrifier pour obéir à Dieu, est omniprésente dans le roman et dans l'esprit du narrateur. Isaac, comme son fils Benjamin, est la victime silencieuse, que la Bible « oublie » ensuite pendant de longues pages avant qu'on le retrouve plus âgé.
" Tu t'es tu, Isaac. Et l'histoire ne t'a prêté aucune parole à transmettre, des siècles et des siècles plus tard, à Benjamin, ton frère. Il ne reste rien de tes frayeurs dans la Genèse. Il n'y est fait mention d'aucune réparation à la violence qui tu as subie – il est vrai que dans la Bible on se soucie fort peu de la parole des enfants, ils n'ont que des devoirs d'obéissance et donc de silence.
Tu n'es plus qu'une ombre, Isaac, une victime muette – n'appelle-t-on d'ailleurs pas ta tragédie « le sacrifice d'Abraham » alors que c'est du tien dont il s'agissait ? "
Grégoire Delacourt nous parle de colère, de justice, de vengeance, de culpabilité, et évidemment d'amour et d'humanité. Il nous parle du père qui n'a rien vu et se le reproche. Il nous parle du Père qui doit assumer la lourde culpabilité d'avoir violé un enfant et trompé la confiance de ses parents. Il nous parle de de l'enfant qui doit accepter son innocence de victime et qui ne doit pas chercher sa propre culpabilité. Il nous parle également de religion et du rapport de chacun à la foi et à l'Eglise. le personnage de la mère du narrateur, la grand-mère du petit Benjamin, est à ce titre emblématique et intéressant. Quant au personnage du prêtre, le coupable désigné et donc le « méchant » de l'histoire, il est suffisamment complexe pour susciter à la fois la répulsion, la colère, et la pitié, voire des sentiments plus ambivalents au fur et à mesure du récit.
" Et parce que je n'ai pas protégé ceux que j'avais la charge de consoler et de chérir. Et l'Église a fermé les yeux. L'évêque de notre diocèse a fermé les yeux. le Vatican a préféré se coudre les paupières et manipuler les magistrats. Alors je me suis plu à imaginer que leur cécité était une forme d'assentiment. Car si les pères ne condamnent pas, si les pères n'interdisent pas, si les pères ne punissent pas, alors les fils conjecturent qu'ils ont tous les droits. "
Je trouve que Grégoire Délacourt s'en sort plus que bien face à un sujet aussi périlleux que celui de la pédophilie au sein de l'Eglise catholique. Il évite me semble-t-il parfaitement de tomber dans les clichés. Il dépeint très justement les sentiments des différents personnages à travers des scènes fortes et des passages très joliment écrits. J'ai toujours pensé que Grégoire Delacourt avait une jolie plume, mais je trouvais que trop souvent les récits qu'il proposait n'étaient pas à la hauteur de cette qualité d'écriture. Ici, sa plume permet de porter un récit à la fois lourd par sa thématique et aérien par son style.
" Benjamin dort. Je m'effondre dans le fauteuil près de lui. Je devine sous le drap son corps fragile et martyrisé. Je comprends enfin les douleurs au ventre, l'anisme, les cauchemars, et l'insomnie qui force à rester sur ses gardes. Et la merde de mes yeux se dissout. Je suis devenu un criminel par inattention. Une indignité de père. "
Son Père est un roman très fort que j'ai dévoré en une journée. Il aborde un sujet délicat et il m'a semblé qu'il le faisait joliment, aussi joliment que le thème le permet en tout cas, et de surcroit avec une grande justesse de ton. A mes yeux, c'est clairement, et de loin, le meilleur roman de Grégoire Delacourt.
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Ludo78600
  11 février 2019
Lorsqu'Edouard Roussel débarque un vendredi après-midi, dans une petite paroisse des Ardennes, il n'a qu'une idée en tête : faire la peau au prêtre qui a abusé des mois durant de son fils Benjamin.
L'église est vide et le saccage qu'il y perpètre ne met pas fin à la rage qui l'anime.
Fortement marqué par l'ancien testament, et « le sacrifice d'Abraham » dont il ne retient finalement que « le silence » d'Isaac (cet enfant dont le père pour prouver son Amour de Dieu était prêt à le tuer et qui vivra plus de centenaire sans s'exprimer sur ce traumatisme), Edouard, fils de boucher, orphelin à quinze ans, veut entendre la vérité de la bouche du monstre qui à voler l'innocence de la chair de sa chair.
Il rencontre le père Grégoire Delaunoy qui lui apprend que le violeur d'enfant a été « déplacé ».
Le représentant de l'Eglise accepte néanmoins de le contacter pour tenter de le faire venir à la demande de celui qui culpabilise d'avoir trahit la confiance de son enfant.

On attend pas forcément Grégoire Delacourt sur ce genre de sujet, et c'est incontestablement ce qui m'a encouragé, même si je suis « presque » un inconditionnel de l'auteur (« La femme qui ne vieillissait pas » étant le seul de ses romans que je n'ai pas encore lu) de faire la demande sur Netgalley pour obtenir les épreuves non corrigées de son prochain livre qui sort le 20 février.
J'ai dévoré littéralement « Mon père » ; en une journée.
En étant un moi-même, il est bien évident que je ne pouvais pas rester insensible au calvaire d'Edouard, à la rage, alimentée de culpabilité et du sentiment de trahison, qui l'anime.
Difficile de ne pas s'interroger sur nos propres réactions face à une telle épreuve : on comprend sa peur de sombrer dans la violence la plus primitive et animale qui soit. La loi du Talion fait parti de la Bible.
Grégoire Delacourt ne livre pas ici un véritable huis clos puisque sa narration est également l'occasion de revenir sur le parcours de son personnage principal (une mère « bonne du curé », la mère de son fils se révélant une institutrice également portée par la religion catholique) qui part en croisade pour Benjamin et son frère symbolique Isaac.
Le Nord n'est jamais loin dans les histoires de cet auteur est c'est là aussi ce qui me fait l'apprécier car j'ai des liens avec cette région.
J'apprécie ces clins d'oeil à nos origines communes et plus particulièrement lorsqu'il parle de l'endroit où se trouve ma maison secondaire, mais je m'égare…
L'angle choisit se révèle très actuel à un moment où la libération de la parole prend de plus en plus d'importance dans notre société.
Le livre est dédié à des victimes.
Le propos étant de la nécessité de mettre fin au silence, même si celui-ci a favorisé des errements dans le passé.
La culpabilité d'Edouard a de sérieuses bases de par sa scolarité en pension, celle de sa mère n'est pas, elle non plus, dénuée d'intérêt.
Grégoire Delacourt flirte à la limite du blasphème à certains moments, il ne franchit néanmoins jamais, à mon sens, la frontière.
Si certaines de ses paroles sont crus, certains de ses propos provocateurs, il contrebalance par des connaissances sérieuses sur le culte et des tentatives de susciter de sincères réflexions. Ce livre est d'une vraie intelligence ; à commencer par le choix du titre.
Cette histoire c'est un peu celle des croyants confrontés aux contradictions de la mise en place de la religion.
Grégoire Delacourt fait-il preuve de démagogie ? La réponse à cette question est sans conteste dans le rebondissement final de « Mon père » un roman superbe qu'il faut absolument se procurer.
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Vidéo de Grégoire Delacourt
Ils sont tous venus à Montpellier ces derniers mois pour des rencontres, des séances de dédicaces ou la Comédie du Livre : Guillaume Musso, Katherine Pancol, Grégoire Delacourt, François Hollande, Edwy Plenel, Serge Moatti, Gaston.... Découvrez ce qu'ils pensent de Sauramps !
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