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ISBN : 2709647842
Éditeur : J.-C. Lattès (20/08/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.61/5 (sur 683 notes)
Résumé :
"Une vie, et j'étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros.Une vie; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde.Entre... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (181) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
  30 novembre 2014
La surenchère médiatique autour de "La liste de mes envies" m'avait dissuadée jusqu'ici de tenter l'expérience Delacourt. Et puis voilà-t-y pas qu'une amie m'offre "On ne voyait que le bonheur"
– J'ai hésité avec "Le Royaume" de Carrère
qu'elle me dit
– Et m****
que je me dis.
Bon ben allons-y sur Delacourt alors…
Du coup forcément j'imaginais du léger. Surprise, c'est du lourd. du lourdingue en réalité. Moi j'appelle ça du pathos gratos, du qui fait pleurer dans les chaumières pour pas cher.
Oui, j'ai un coeur de pierre toujours aussi peu sensible à ce type de déballage morbidolacrymal qui tient à faire croire qu'un roman est profond sous prétexte qu'il est cruel, sombre ou violent. Je ne suis pas non plus groupie de ces auteurs qui prétendent «parler à notre humanité» en exploitant opportunément mais sans réelle subtilité d'analyse le thème rebattu de la «valeur de la vie». Coelho l'a fait, Puértolas aussi, on sait où ça les a menés (qui a dit en tête de gondole ?)
Ainsi, Delacourt invoque en vrac la lâcheté, l'amour, le pardon, la résilience ou la rédemption, déplore la maladie, la maltraitance, la trahison ou les non-dits (c'est moche), fustige les impôts, les fonctionnaires ou l'appât du gain (c'est pas bien) dans un manichéisme populiste dissimulé sous de multiples pseudo-introspections artificiellement tortueuses. Par chance, l'épilogue cul-cul-convenu allège considérablement le dernier quart de l'histoire, illustrant au passage la philosophie générale du roman.
Dommage, un tel scenario, bien que peu crédible, méritait d'être exploité avec davantage d'authenticité et moins de pathos racoleur. La prose de Grégoire Delacourt est dans l'ensemble agréable et quelques remarques touchantes m'ont interpelée malgré tout, mais pour moi ce roman a d'ores et déjà rejoint la catégorie "oubliable et nettement superflu".
Et au moment de poster cette critique, je parcours pour la première fois les 62 avis des membres de Babelio. Ouille, je crois bien que je vais me faire lyncher.
Allez, je poste…
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marina53
  08 décembre 2014
Antoine connaît bien le prix d'une vie. Et pour cause, il est expert en assurances. Il indemnise la vie des autres. Qui coûte entre 30000 et 40000 Euros. C'est selon. Aujourd'hui, il fait un bien triste bilan de sa vie. D'aussi loin qu'il se souvienne, ses parents ne se sont visiblement jamais aimés. Et se demande même s'ils ne les ont jamais aimés, lui et ses soeurs. Son père était chimiste. Il aimait séduire les clientes qui venaient le voir mais pas sa propre femme. Lâche, sournois, il n'a porté que trop peu d'intérêt et d'amour à ses enfants. La maman d'Antoine, elle, a abandonné le domicile familial. Elle n'a pas supporté le décès brutal de l'une de ses jumelles, Anne. Anna a vécu. A moitié. Depuis le décès de sa soeur, elle ne sort qu'un mot sur deux. Antoine a rencontré le grand amour, Nathalie, avec qui il a eu deux enfants, Joséphine et Léon. Malheureusement, elle l'a trompé et l'a quitté. Aujourd'hui, tandis que son papa se bat contre un cancer du colon avec métastases au foie, tandis que Nathalie refait sa vie avec un autre, tandis qu'il s'est fait virer comme un chien, tandis qu'il se reproche depuis toujours de n'avoir jamais rien osé dans la vie, tandis qu'il regrette amèrement de reproduire avec ses enfants ce qu'il a vécu, il évalue sa propre vie et fait un constat bien amer...
Grégoire Delacourt nous livre un roman poignant, à la fois tragique et lumineux. Antoine, enfant cabossé qui a grandi tordu sans maman, ne supporte pas finalement l'homme qu'il est devenu. Il pensait pouvoir s'en sortir une fois le grand amour rencontré, mais, même là, il tombe des nues lorsqu'il apprend que sa chère le trompe. Les soucis s'accumulent, les petits riens du quotidien qui prennent une tournure dramatique, tout part à vau-l'eau pour Antoine. Qu'espère-t-il transmettre à ses enfants? le roman se noue autour des valeurs familiales, l'amour et le manque d'amour, les non-dits, les ruptures et ce besoin infaillible de se sentir aimé de la part de ses parents. Divisé en trois parties, ce roman, alternant différentes époques, se révèle très surprenant, à la fois doux-amer, cruel, mélancolique et tragique. Grégoire Delacourt s'affirme de part son écriture poétique.
On ne voyait que le bonheur... on ne voyait que cela...
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HannibalLectrice
  02 septembre 2014
Encore une fois, un livre qui n'est pas tombé entre mes mains par hasard. Un livre que j'ai dévoré, et pour cause. Cette sensibilité qui caractérise parfaitement l'auteur, ses mots simples, justes, ses phrases courtes mais d'une force, d'une puissance à vous retourner les tripes, à vous attendrir encore plus le muscle qu'est le coeur, à vous poussez à l'introspection, à y voir (forcement) certaines similitudes. Similitudes avec la vie d'Antoine, cette vie bousculée qui finira par basculer.
Une vie bousculée par l'éducation parentale, par l'absence de la mère et de ce père amorphe et couard. Comment se construire sainement lorsqu'on manque d'attention, d'amour? Comme le disait si bien Freud " Quelque soit l'éducation qu'on donnera à nos enfants, elle sera forcement mauvaise " .
Et c'est là, que je remercie infiniment M. Delacourt, pour cette gifle monumentale, car je viens enfin de comprendre que pour continuer mon chemin paisiblement et afin de modifier l'image que j'ai de moi, il me faut pardonner, pardonner à mes parents cette éducation psychorigide, castratrice et avilissante reçue...... Car eux aussi ont un jour été enfants.
La vie n'a pas de prix.......
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Epictete
  14 octobre 2015
Il est assez rare que je note « 5 étoiles » un livre, si ce ne sont ceux que je pourrais emmener sur une île déserte ou ceux ont influencé vraiment ma vie, ou ma façon de penser.
Antoine est un expert en assurance automobile et un jour, faisant preuve d'un peu d'humanité dans son métier, il se retrouve au chômage. Sa vie plutôt bien rangée est remise en cause. D'autant que sa famille se consume petit à petit, entre le cancer de son père, les amants de sa femme et ses enfants qu'il ne sait pas toujours aborder comme il le faudrait.
C'est l'occasion de faire un bilan de sa vie, de l'enfance, la jeunesse, le mariage, la famille, etc.
C'est à cette occasion que l'on verra emerger tous les accrocs de la vie, tous les ratés, toutes les humiliations qui ont conduit Antoine à un acte définitif … qu'une fois de plus il va rater.
Dans la seconde partie du livre, il tente de se reconstruire au Mexique, après quelques années d'asile psychiatrique. Il le fait en particulier en changeant totalement son mode de vie et en transmettant l'espoir et l'envie à un enfant. Il trouvera lui-même un peu d'équilibre auprès de la soeur supposée de celui-ci…
Dans la troisième partie, on laisse la place à la reconstruction de la fille d'Antoine, Joséphine, mais aussi à sa haine, à son travail pour comprendre, après les événements terribles qu'elle à vécu en raison du mal-être de son père.
C'est une introspection, bien sûr, mais c'est aussi une réflexion sur un sujet qui concerne tous les lecteurs : Ce sont des événements ponctuels (Licenciement, humiliation, être quitté…) qui sont à la fois cause et conséquence dans un processus enclenché depuis longtemps dans nos vies. Une façon d'aborder l'idée de destin.
Ce livre est proposé avec de nombreux chapitres courts se rapportant à des époques différentes de la vie ( Les titres des chapitres de la première partie libellés en Francs ou en Euros permettent de se repérer facilement dans le temps). Tout cela donne beaucoup de rythme au texte et on tourne les pages sans se rendre compte que les heures passent.
Quel crescendo dans la construction, le suspense…
Il y a beaucoup de sensibilité dans ce livre et chacun peut retrouver un peu de lui-même.
L'auteur affirme dans sa postface qu'il est Joséphine, que dans ce personnage il y a beaucoup, sinon de son histoire, au moins de son caractère.
Je crois pouvoir dire que je suis aussi un peu Joséphine.
Ce livre fait vraiment partie des textes qui m'ont obligé à me retourner sur moi, sur mon passé.
Une sacrée baffe !
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isabelleisapure
  22 mai 2015
A force d'évaluer la vie des autres, Antoine expert en assurance se penche sur la sienne. Les souvenirs affluent : un contexte familial traumatisant, une soeur qui meurt dans son sommeil, laissant sa jumelle traumatisée à jamais, une mère qui abandonne le domicile conjugal.
« Elle a emporté avec elle quelques affaires. Ses livres de Sagan. Elle a caressé ma joue, déposé un baiser sur le front de la survivante qui, les yeux secs, n'avait plus rien dit depuis que son double ne s'était pas réveillé. Notre mère partait. C'était tout ».
Il restait un père mutique, incapable de tendresse.
Sa vie d'adulte ne vaudra guère mieux, il sera abandonné par sa femme après avoir perdu son travail pour avoir passé sous silence une fraude aux assurances. Ses deux enfants sont ses derniers espoirs d'un bonheur encore possible. Mais, un beau jour la colère accumulée depuis tant d'années, s'associe au désespoir pour basculer dans l'irrémédiable.
Je connaissais l'auteur pour avoir lu « La liste de mes envies » qui m'avait laissé indifférente. J'avais par contre adoré l'histoire d'Arthur Dreyfuss, le garagiste amoureux du sosie de Scarlett Johansson dans « La première chose qu'on regarde ».
« On ne voyait que le bonheur » est très différent, c'est un roman dur, grave et dérangeant qui parle de nos vies, de nos drames secrets, des deuils que nous ne ferons jamais. L'auteur a le grand talent de le faire avec élégance et beaucoup de tendresse.

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Les critiques presse (2)
Chatelaine   15 octobre 2014
On le lit pour […] la plume, vivante, crue, de cet ancien publicitaire en lice pour le Goncourt.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Lexpress   01 septembre 2014
On ressort de ces 350 pages, miroir plus ou moins déformant de nos propres familles, un peu "secoué". De ces secousses qui, souvent, font les bestsellers...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (156) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   27 juin 2014
Une vie, et j’étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros.
Une vie ; le col enfin a 10 centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, l'allergie aux poils de chats, les caprices, les sucreries, les caries, les mensonges déjà, les regards en coin, les rires, les émerveillements, la scarlatine, le corps dégingandé qui pousse de travers, les oreilles longtemps trop grandes, la mue, les érections, les potes, les filles, le tire-comédon, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde, de tuer les cons, tous les cons, les gueules de bois, la mousse a raser, les chagrins d'amour, l'amour, l'envie de mourir, le bac, la fac, Radiguet, les Stones, le rock, le trichlo, la curiosité, le premier boulot, la première paye, la bringue pour fêter ça, les fiançailles, les épousailles, la première tromperie, l'amour a nouveau, le besoin d'amour, la douceur qu'on suscite, l'opium de la petite tendresse, les souvenirs déjà, le temps qui file plus vite soudain, la tache sur le poumon droit, la douleur en urinant le matin, les caresses nouvelles, la peau, le grain de la peau, le grain de beauté suspect, les tremblements, les économies, la chaleur qu'on cherche, les projets pour après, quand il seront grands, quand on sera a nouveau a deux, les voyages, les océans bleus, les blood and sand au bar d'un hôtel au nom imprononçable, au Mexique ou ailleurs, un sourire, des draps frais, des parfums de propre, des retrouvailles, un sexe bien dur, de la pierre ; une vie.
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marina53marina53   08 décembre 2014
On se fane, tu sais, quand on n'est plus choisi, on se décivilise, on se méprise, on s'ignore. On mange mal, on devient sale, on se met à sentir. Alors on attend un ange, bienveillant, qui se penchera sur vous, qui vous sauvera. Mais les anges ne viennent pas. Les hommes ne se relèvent jamais, c'est ce qui les rend touchants. Ils tombent toujours, avec plus ou moins de distinction; leurs bras se tendent, leurs mains s'agrippent au vide de leurs illusions, leurs ongles se cassent. La vie n'est qu'une longue chute.
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marina53marina53   09 décembre 2014
Le bonheur est une telle ivresse, une telle violence qu'il emporte tout. Les pudeurs. Les peurs. Il peut être si douloureux, il peut faire vaciller, anéantir. Exactement comme le malheur. Mais on ne le dit jamais de crainte que le monde se méfie du bonheur. Parce que alors tout s'écroulerait.
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marina53marina53   11 décembre 2014
Le désir de tuer ou de se détruire et de tout détruire autour de soi est toujours doublé d'un immense désir d'aimer et d'être aimé, d'un immense désir de fusion avec l'autre et donc du salut de l'autre.
Louis Althusser, L'avenir dure longtemps
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LolokiliLolokili   30 novembre 2014
Ne sois jamais comme ton père, Antoine, sois brutal, sois fort, sers-toi, bouscule les femmes, fais-les tourbillonner, fais-les rêver, promets, même ce que tu ne pourras pas tenir, on vit toutes d’espérances, pas de réalité. La réalité c’est pour les ânes et les imbéciles, le dîner à 19h30, les poubelles, le baiser du soir, les tartelettes du dimanche à quatre cinquante chez Montois, une vie se rate si vite, Antoine, si vite.
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Videos de Grégoire Delacourt (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grégoire Delacourt
Grégoire Delacourt - On n'est pas couché 25 février 2017 #ONPC
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