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EAN : 9782283035849
224 pages
Buchet-Chastel (06/01/2022)
3.81/5   89 notes
Résumé :
Résumé
Marguerite, fille et petite fille d'enlumineurs, vit sur le pont Notre-Dame. Son frère jumeau est épileptique. Marguerite le veille, le maintient littéralement en vie. Sa mère préfèrerait que Marguerite soit malade plutôt que son fils. Elle harcèle et accable sa fille. Pour compenser et conjurer cet enfermement, Marguerite s'arrime à la manifestation primordiale de la vie qu'est la lumière, la couleur.

Elle va gagner sa place dans l'atel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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jeunejane
  22 janvier 2022
Nous sommes transportés dans le XVème siècle de 1468 à 1499. La France vit en paix. Dans ce contexte, la jeune Marguerite naît dans un atelier d'enlumineurs.
Sa mère lui en veut beaucoup d'être une fille.
Son garçon, jumeau de Marguerite, est atteint d'épilepsie, le mal de Saint Jean comme ils le nomment.
Sa soeur veille sans cesse sur lui.
Leur atelier d'enluminure , situé sur le pont habité appelé pont Notre-Dame, se fournit en pigments chez le parrain de la fillette avec qui elle a un excellent contact. Son apothicairerie se situe à deux pas de l'atelier.
Les pommades et remèdes qu'on y fabrique ne manquent pas d'intérêt.
L'atelier se spécialise dans les livres d'heures commandés par les riches bourgeois. Ce sont en réalité des livres de prières personnalisées en fonction de la demande des clients.
Marguerite montre vite des dispositions pour la peinture et se fabrique son propre livre d'heures en y ajoutant des réflexions personnelles et des peintures qui illustrent sa vie.
Une des scènes qui m'a le plus étonnée, c'est quand elle peint avec son père et son grand-père : elle affine la pointe de son pinceau en l'humidifiant entre ses lèvres. Ses lèvres prennent alors la couleur des peintures utilisées.
À la façon dont l'auteure écrit, quand elle fait référence au journal de la jeune fille, on croirait qu'elle a réellement existé.Elle réussit à faire prendre vie à son personnage.
Vers l'âge de 16 ans, sa mère très hostile, veut lui faire accepter le mariage. Cela donne lieu à des scènes très amusantes qui montrent le côté très affirmé de la jeune fille qui aura une vie intense de femme.
Le roman est parsemé de petites phrases en vieux français qui sont aisément compréhensibles et pas trop nombreuses.
Anna Delaflotte - Mehdevi mêle parfaitement les détails du métier d'enlumineur, de peintre avec la vie personnelle de la jeune femme. Tout ça dans une écriture tellement belle et profonde que je relisais des passages plusieurs fois.
Un grand coup de coeur.
Merci à Babelio "Masse critique" et aux éditions Buchet Chastel pour cette belle découverte.
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Kittiwake
  02 février 2022
En l'an de grâce 1468, la jeune Marguerite hante l'atelier d'enluminures qui dresse fièrement son illustre enseigne sur le pont Notre-Dame. Fascinée par l'oeuvre des copistes, elle n'aura pas besoin de l'aide de quiconque pour apprendre à déchiffrer l'alphabet puis un peu plus tard à lire.
La trace écrite n'est pas son seul entre d'intérêt, l'enfant sait regarder et rêve de reproduire la beauté du fleuve et les couleurs des saisons. Si elle broie du noir, ce n'est pas par mélancolie, mais parce que l'expression imagée d'un mal être provient de cette activité bien concrète qui consiste à écraser la matière, végétale ou minérale, qui permet d'obtenir les pigments.
La fillette grandit, sa passion ne s'affaiblit pas, et même si elle doit se résigner à convoler, le livre d'heures qu'elle alimente de ses émotions prend forme. Si ces ouvrages somptueusement illustrés étaient destinés à accompagner le fidèle, jouant le rôle d'un calendrier de prières, les illustrations contenues constituent un témoignage de la vie quotidienne de l'époque. Et dans le cas de Marguerite, on n'est pas loin d'un journal auquel elle confie ses angoisses et ses espoirs.
La passion pour l'art se superposera bientôt à une passion plus charnelle, inscrivant l'intrigue dans l'Histoire de la conquête de territoires inconnus.
Très instructif, le roman se lit avec un grand plaisir, d'autant que le personnage de Marguerite possède une force et une détermination qui en fait une belle figure du féminisme.
Merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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fanfanouche24
  17 février 2022
Librairie Caractères- Issy / Commande mi-janvier 2022- chronique le 17 février 2022
Toujours une vraie jubilation de retrouver l'univers et les mots de cette auteure, découverte avec grand enthousiasme, il y a déjà quelques années, avec deux de ses livres, s'inspirant de sa pratique de « Relieuse » [comme son grand-père ] : « La relieuse du Gué » et « le portefeuille rouge » [d'ailleurs ,offerts abondamment autour de moi …]
J'étais donc ravie de voir un nouvel écrit de cette dame, toujours très lié Au LIVRE !
Cette fois , notre auteure met en scène le parcours d'une fille et petite-fille d'enlumineurs, au XVe, peu de temps avant la naissance de l'Imprimerie.
Marguerite , très petite, est fascinée par l'atelier fondé par son grand-père, où son père travaille également…Elle se sauve de la maison et se réfugie dès qu'elle peut à l'Atelier,observant retenant tout ce qu'elle peut de l'exercice de l'enluminure, du broyage et de la fabrication des couleurs…
Hormis son jumeau adoré, Jacquot, auquel elle est très attachée, [celui-ci est malade et fragile], elle fuit sa mère, qui lui mène la vie dure, voulant que Marguerite se cantonne aux occupations traditionnelles des filles… : la maison, les corvées domestiques, la messe, et idée fixe maternelle : le Mariage….mais Marguerite n'en a que faire ; tout ce qui l'absorbe et la captive, c'est l'atelier d'enluminure, et ses passages quotidiens chez son parrain, apothicaire, où elle va quérir des produits nécessaires à son grand-père et son père, avec lequel elle entretient une belle complicité !
Nous sommes à Paris , à la fin du XVe siècle, sur le pont de Notre-Dame, où les corporations des libraires et des enlumineurs sont des plus florissants et actifs…
Pour une fois, les personnages les plus attachants et tolérants sont les personnages masculins : le père, le grand-père, le parrain, qui loin de cantonner Marguerite, l'encourage dans sa passion et ses talents de peintre, de dessinatrice, et d'enlumineuse. le grand-père l'accepte comme « apprentie »… elle pourra, très exceptionnellement, réaliser ses rêves et son ambition suprême de devenir la meilleure « Enlumineuse » de la Capitale …
Il y aura bien sûr moult difficultés et épreuves, mais « notre » Marguerite a un sacré caractère et une sacrée détermination, elle persistera et réussira contre vents et marées ! !!!
Cette fiction est des plus vivantes et colorées grâce au choix de l'écrivain d'utiliser à de nombreuses reprises, un français ancien… des expressions moyenâgeuses, qui finissent de nous immerger dans cette époque…
Marguerite prendra la direction de l'atelier familial d'Enluminure à la mort du grand-père, pendant que son père voudra se lancer dans ce nouveau défi : l'Imprimerie !
« Mais ce projet du père est venu ouvrir des perspectives. L'industrie de l'imprimerie est en plein essor.De ce nouveau monde, le père veut être. (..)
Rien n'arrêtera cette nouvelle invention. le livre qui était serré avec les bijoux ou les titres de propriété hier,sera demain laissé à portée de mains,lu,relu,on le partagera comme un repas, comme on partage l'essentiel. » (p.114)
Merci à l'auteure de ce très beau moment de lecture. Lecture pleine de charme, de vie et de couleurs chatoyantes (dans tous les sens du terme),soulignant à notre plus grand bonheur, l'unicité et la singularité magique des métiers liés aux soins, à la conservation et à l'embellissement de nos amis, Les Livres !
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Eve-Yeshe
  11 février 2022
On fait la connaissance de Marguerite en 1468 et on va la suivre jusqu'à la fin du XVe siècle. Elle habite sur le pont Notre-Dame, où est situé l'atelier d'enluminure de son père et son aïeul. Très vite, elle s'intéresse aux couleurs, aux pigments, à la manière de les broyer, les mélanger et elle se révèle très douée, au grand dam de sa mère qui veut la cantonner dans les tâches ménagères, lui rappelant sans cesse qu'elle n'est qu'une fille !
Marguerite a un frère jumeau, atteint d'épilepsie qu'on appelle alors le mal de Saint Jean, autre motif de hargne maternelle qui aurait largement préféré que ce soit elle qui en soit atteinte. Elle est très proche de ce jumeau sur lequel elle veille sans cesse tout en s'échappant vers l'atelier chaque fois qu'elle le peut.
Sa présence, seulement tolérée au début par les hommes de la famille, va peu à peu s'imposer tant le talent de l'enfant, puis de la jeune fille, est avéré et reconnu, notamment par son grand-père, qui n'hésite pas à l'envoyer chercher les pigments, les poudres chez l'oncle apothicaire de Marguerite.
Cela ne l'empêchera pas de trouver un mari, car elle se sent femme, mais veut choisi celui qui lui conviendra.
Un jour, l'amour surgira, avec l'entrée en scène d'un jeune Maure, Daoud, qui a dû fuir l'Andalousie de la Reconquista, se cachant derrière une identité toscane pour survivre.
Ce livre nous permet d'aborder, avec l'histoire de cette jeune femme, le statut des femmes de l'époque, cantonnée aux tâches ménagères, se devant d'être soumises à leur époux mais en général aux hommes de la maison. La société patriarcale est puissante, même si son père et son grand-père lui laisse prendre sa place, lui donnant le statut d'apprentie. Mais, l'auteure fait une place aussi à la Renaissance, ses espoirs, ses travers, ses dérives.
Marguerite est touchante, lorsqu'elle apprend à lire, puis à écrire toute seule, en secret, puis à travailler sur les lettrines de son livre d'heures, dans lequel elle livre quelques-uns de ses secrets, certains émois, le plus discrètement possible. Elle est remarquable aussi par sa force de caractère, qui force l'admiration. Sa relation fusionnelle avec son frère hypersensible est émouvante…
J'ai bien aimé ce récit, hommage à l'art, qui m'a fait penser à « La jeune fille à la perle » de Tracy Chevalier, l'écriture m'a plu, mais je suis un peu restée sur ma faim, alors que je m'attendais à un coup de coeur et à retrouver cette magie qui me plaît tant chez Jeanne Bourin et sa Chambre des dames ou ses Pérégrines…
Il est vrai qu'après « La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mgoubar Sarr et « Ton absence n'est que ténèbres » de Jon Kalman Stefansson, il était difficile de s'enthousiasmer à nouveau.
Un immense merci à NetGalley, Babelio et aux éditions Buchet Chastel qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteure dont je lirai probablement d'autres romans pour mieux faire connaissance.
#Lelivredesheures #NetGalleyFrance !

Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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cecille
  08 janvier 2022
Un jour de froid au coeur de l'hiver 1492, celui qui a fui Grenade, alors dernier bastion musulman, après avoir perdu père et mère, vient chercher refuge chez l'ami de son père à Paris. Et c'est là, dans cette apothicaire tenue par son parrain que Marguerite va tomber sous les charmes de ce bel homme venu de loin.
Marguerite est devenue une personne étonnante, dessinatrice exceptionnelle, elle est fascinée par la lumière et en fait son langage propre. Toute jeune elle a commencé dans l'atelier d'enluminure de son aïeul.
Ces deux jeunes personnes vont se découvrir et s'aimer en silence et à l'abri des regards car leur amour est interdit. Mais combien de temps vont ils pouvoir vivre ainsi ?
Anne Delaflotte Mehdevi nous livre un roman touchant, lumineux et grave. J'ai plongé dans ce récit comme Marguerite dans ses couleurs, avec délectation et bonheur. J'ai apprécié revivre cette période entre Paris et Grenade, même si je serais bien restée plus longuement dans les jardins du sud.....Dans cette Histoire fascinante et cruelle.
Un voyage dans le passé entre ombre et lumière.
#Lelivredesheures #NetGalleyFrance
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
cecillececille   08 janvier 2022
Comment faire tenir le monde entier dans le paysage d’un tableau ?
Petite, elle observe les scènes peintes par son père, son grand-père, son œil imagine l’au-delà de la scène. Même une fresque, qui contiendrait le paysage de l’île de la Cité, Paris au-delà et ses environs, le tout capturé depuis le haut des tours de Notre-Dame, même cette fresque-là, grouillante de gens, tous différents, chacun allant à ses affaires, toutes différentes, dirait encore bien peu de la réalité de la vie, encore moins des rêves des hommes sur terre.
Marguerite croit tenir la solution. La couleur. C’est sa lubie, qu’une couleur dise plus du monde qu’un discours, qu’une peinture, même peinte par son aïeul. C’est son idée, une folie. La couleur, un point c’est tout. Dans la lumière de l’instant, le monde entier résolu.
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Eve-YesheEve-Yeshe   11 février 2022
L’adolescente vit au temps de la Renaissance. Le mot est beau à pleurer, comme Marguerite pleurait devant le broyeur qui mêlait le blanc aux pigments d’améthyste rouge. A pleurer, car par une de ces pirouettes pathétiques dont l’humanité a le secret, la Renaissance fera le lit de la Réforme, la Réforme de la Contre-réforme et des guerres de religion, qui parmi toutes les guerres que connaîtra l’Europe seront les pires…
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fanfanouche24fanfanouche24   15 février 2022
C'est son père qui à l'atelier manie le mieux l'or. Il apprête le vélin avant d'appliquer.L'or posé, c'est à Marguerite d'entrer en scène, d'orner la lectrice,d'appliquer les couleurs au pinceau de martre ou d'écureuil. Elle n'oublie jamais de rappeler le lourd tribut à cette soif de représentation toute humaine que paient les animaux. Soies de cochon, collés faites de leurs peaux,de leurs os.(p.95)
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jeunejanejeunejane   22 janvier 2022
En ce temps-là, le religieux imprègne tous les domaines de la vie...
Si l'homme l'oublie, les cloches qui ponctuent le temps terrestre au clocher des églises le lui rappelle. C'est l'heure de la prière...
Posséder un livre d'heures n'est pas une option. Le noble, le grand bourgeois, le petit bourgeois, le tout petit bourgeois, le tout petit petit, tout le monde veut le sien.
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KittiwakeKittiwake   02 février 2022
On croit au moyen âge qu’il en va des femmes et des hommes comme des couleurs. On peut porter une robe rouge avec un manteau bleu ceinturé de vert sans qu’on y voie rien à redire. Mais fondre les couleurs ? Les fondre l’une dans l’autre ? Broyer les pigments ensemble ? A moins d’être gueux, à moins d’être fille exaspérée des méchancetés de samare … Mélanger les règnes ? Mélanger les genres, brouiller l’ordre de la Création de Dieu ? C’est un scandale, une folie, c’est infernal, comme un blanc pur rayé de jaune sale. Comment une chrétienne et un Maure pourraient-ils ne faire qu’un ? Aime-t-on les crapauds, les hyènes, les guêpes à la robe tachée ?
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Vidéo de Anne Delaflotte Mehdevi
Marguerite, fille et petite fille d'enlumineurs, vit sur le pont Notre-Dame. Son frère jumeau est épileptique. Marguerite le veille, le maintient littéralement en vie. Sa mère préfèrerait que Marguerite soit malade plutôt que son fils. Elle harcèle et accable sa fille. Pour compenser et conjurer cet enfermement, Marguerite s'arrime à la manifestation primordiale de la vie qu'est la lumière, la couleur.
Elle va gagner sa place dans l'atelier familial, non sans peine.
Toute sa vie, elle marche sur une ligne de crête, un chemin borné par le pont Notre-Dame et le Petit Pont. Chaque jour elle traverse l'île de la Cité, de l'atelier d'enluminure à l'apothicairerie de son parrain où elle vient s'approvisionner en pigments.
Jusqu'au jour où elle rencontre Daoud. Un maure - l'ennemi absolu.
Histoire, portrait de femme, amour des couleurs et de la vie, art du livre, le nouveau roman d'Anne Delaflotte-Mehdevi possède un véritable charme.
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