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EAN : 9782847203295
320 pages
Éditeur : Gaïa (01/01/1900)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 37 notes)
Résumé :
En voyage dans les grandes étendues du Nord, Landry s'attarde. Ses collègues paysans sont déjà rentrés et ont repris le rythme des cultures. À part la terre, rien n'attend Landry au pays.

Et la terre, qu'attend-elle de lui? Lorsqu'il rentre au bercail, c'est avec des envies de changement. Mais un nuage de cendres s'épaissit dans le ciel, annonciateur de bouleversements bien plus grands, pour la terre comme pour le paysan.

Et pour le s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  31 janvier 2014
En voyage au Groenland avec un groupe d'agriculteurs français, Landry est victime d'un accident qu'il a lui-même provoqué et qui le contraint à prolonger son séjour sur place. Rien ne le rappelle en France. Sa femme est partie avec ses enfants et ses voisins sauront s'occuper de ses terres durant son absence. Il décide donc de passer sa convalescence avec Germain, un belge expatrié en terre inuite. Lors d'une partie de chasse, Landry trouve un oisillon sanderling dans un nid posé sur la toundra gelée. Pour l'agriculteur las de vivre, cet oiseau appelé à devenir un extraordinaire migrateur, représente l'espoir et la persévérance. Landry y voit le signe d'un renouveau et c'est, dopé par une envie d'en découdre et de tout changer, qu'il rentre à Belligny, sur les terres qui l'ont vu naître et auxquelles il a consacré sa vie. Il ne sait pas encore que sa révolution intérieure va trouver un écho très concret dans sa vie. Les volcans islandais ont décidé de rappeler les hommes à l'ordre en déversant lave, fumée et cendres sur l'Europe ébahie et désemparée. L'Islande est rayée de la carte, le Danemark et l'Ecosse sont au plus mal, l'Europe toute entière est menacée. A Belligny, on s'organise pour faire face au nuage de cendre et son lot de calamités : été caniculaire, hiver polaire, inondations, glissements de terrain, gaz toxiques. Face à cette nature soudain hostile, il faut inventer une nouvelle façon de vivre; certains s'adaptent, d'autres rechignent, les plus vils tentent d'en tirer profit. Landry est un des hommes-clés de la communauté et, pour lui, c'est un nouveau départ, difficile certes, mais peut-être l'occasion inespérée pour tout recommencer à zéro sur des bases plus saines.

Evacuation des populations en Islande, trafic aérien paralysé en Europe, quand il entre en éruption en mars 2010, l'Eyjafjöll a rappelé aux hommes que la nature parfois reprend ses droits et que rien ne peut la maîtriser. Quelques années plus tard, cet épisode n'est plus qu'une anecdote qui 'a eu pour conséquence que de clouer au sol quelques vacanciers malchanceux qui de toute façon l'auraient été par une grève des aiguilleurs du ciel. Mais si ce coup de semonce venu du Nord n'était qu'un avertissement avant une catastrophe de plus grande ampleur ? Et si les volcans islandais sortaient de leur sommeil pour déverser sur l'Europe leur lave, leur fumée, leur cendre ? Quelles seraient les conséquences humaines, économiques, écologiques ? C'est à cette réflexion que nous invite Anne DELAFLOTTE MEHDEVI dans son roman mi-roman d'anticipation, mi-conte moderne qui raconte la vie d'un village français à l'heure où le continent européen est mis sous cloche par un nuage de cendres volcaniques. Privés de soleil, confrontés à des problèmes d'un autre âge, les habitants de Belligny, aux personnalités hautes en couleurs, vont créer une communauté parée à survivre en mêlant les méthodes du passé et les nouvelles technologies. Mais comme dans toute communauté humaine, les natures les meilleures côtoient les sentiments les plus vils. le partage, l'échange, la solidarité seront confrontés à la jalousie, la trahison, la violence. Mais Landry, Merlin, Ladona, Alice, Lila et tous les autres sauront trouver un équilibre dans un univers qui vacille au bord du gouffre.
Au-delà d'une vision catastrophiste de l'avenir de l'humanité, Sanderling est une belle réflexion sur le monde rural, le travail de la terre, l'écologie et un chant d'espoir pour l'Homme, ses défauts les plus terribles palliés par sa fabuleuse capacité à s'adapter. Anne DELAFLOTTE MEHDEVI est une auteure d'ambiance qui sait à merveille raconter les aléas d'un microcosme dont elle nous rend les protagonistes infiniment proches. Malgré les circonstances dramatiques et la noirceur du contexte, on s'attache à ces survivants-combattants et on les quitte avec un immense regret. Ils sont en guerre contre un ennemi qui s'est rebellé après des années de maltraitance mais ils savent que l'ennemi d'aujourd'hui était l'ami d'autrefois et sera obligatoirement celui de demain. Optimiste et plein de bons sentiments, Sanderling, sous ses airs un peu naïfs, est une invitation à la réflexion sur l'avenir, le rapport à la nature, le monde paysan, le voyage, la vie. A lire.
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Dixie39
  15 avril 2020
Une catastrophe s'abat sur le monde. Les vieux tombent comme des mouches. La population doit sortir masquée. L'Union Européenne est en crise avec une présidente élue pour faire face à cette situation hors norme. Les pays d'Afrique s'en sortent mieux que les autres et trouvent dans cette tragédie une occasion de pouvoir "tirer leurs épingles du jeu", si tant est que "jeu" il y a.
Une description de notre sinistre actualité ?
Non.
C'est Sanderling d'Anne Delaflotte Mehdevi !
Et cela fait un drôle d'effet de lire ce livre, en plein marasme épidémique !
Anne Delaflotte Mehdevi imagine que le volcan islandais, qui a fait parlé de lui il y a quelques années, déverse toute sa lave, inondant l'Europe entière et une grande partie du continent américain, de fumées toxiques, obstruant la lumière et empêchant, non seulement toute vie mais aussi toute culture...Sanderling - Anne Delaflotte Mehdevi -
"Entre Saïgon et nous, il y a plus de ciel, Merlin, juste un rideau de poison qui finira par tous nous tuer, nos enfants, les oiseaux et les arbres et tout, tout..."
Ce livre m'a vraiment secouée, et pas seulement au regard de l'actualité présente, mais aussi parce qu'il nous livre une vision de ce que peut vite devenir le monde, notre monde, dans un cas extrême comme celui-ci, sans solidarité, sans entraide et système D. C'est aussi une belle réflexion sur le monde agricole, ce qu'il est devenu :
"Demander au paysan de se passer de phyto, c'est comme rêver qu'un ouvrier foute au feu son CDI pour se réjouir de faire carrière dans l'intérim. C'est pareil."
Ce qu'il va devenir :
"La terre, tu la laisses une saison en faire à son idée, t'en useras trois à la refaire à ta main. "
Et ce qu'il aurait pu être :
"Si on relève la tête après ce coup-là, j'espère qu'on en profitera pour ne pas répéter les âneries du passé, mais c'est bizarre, j'en doute !"
Et en filigrane dans tout cela, il y a le Sanderling à la patte cassée, qui n'en finit pas d'obséder Landry. Ce Sanderling, il rêve de le voir prendre ses quartiers d'hiver près de lui, se poser un temps dans les marécages, pour mieux repartir et continuer sa course... dans ce ciel, que plus personne ne peut voir.
"Oublie le bleu pour un temps Lila. Oublie le bleu."
Lien : http://page39.eklablog.com/s..
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gouelan
  21 octobre 2018
Landry part en voyage, un peu malgré lui, vers les étendues du Grand Nord. Las de sa vie, il fait en sorte de s'attarder sur ces terres isolées, glaciales, mais vivantes. Ce village du Groenland, avec ses maisons colorées, ses oiseaux qui nichent à même le sol, font écho en lui. Landry est un paysan qui a le sens du juste et du suffisant.
De retour chez lui, en France, il est riche de ce qu'il a découvert là-haut. Ce voyage ne le quitte plus. Il le rattrape même avec l'éruption des volcans islandais qui enferment l'Europe du nord sous un couvercle de gaz et de cendres. Une répétition du scénario de juin 1783, avec l'éruption du volcan Laki.
Catastrophe naturelle qui entraîne des flots d'immigrés vers le sud, jusqu'en Afrique.
Le monde est inversé, déboussolé. Plus rien ne pousse, le soleil est absent, les inondations rongent la terre, la canicule et le froid se succèdent. Tandis qu'au sud, l'Afrique verdit et prospère.
C'est un roman sur le monde agricole, sa précipitation sans freins vers la modernité, ses tentatives de revenir vers une alliance plus raisonnée avec la Terre. Mais que reste-t-il de ses querelles lorsque le soleil ne se montre plus, lorsque la nature devient indomptable ? Il reste la solidarité, l'innovation intelligente alliée à la richesse du savoir d'autrefois, l'attention à la nature, au vivant.
Un roman sur l'environnement et les hommes, sur sa violence et son aveuglement, mais aussi sur sa capacité à raisonner, à réagir lorsqu'il est au bord du gouffre. Le volacan Laki avait peut-être précipité la Révolution française, ici c'est une Révolution écologique qui s'annonce, à rebours de la modernité fracassante.
J'ai aimé la narration, la façon de donner la parole à chacun des habitants à tour de rôle, à la manière d'un documentaire, où chaque point de vue donne un nouvel angle à la tragédie, chaque sentiment est exploré, de la générosité à l'égoïsme, du partage à la violence. J'ai aimé le parallèle entre catastrophe naturelle et guerre. Il en découle les mêmes comportements.
Je remercie Babelio et les Éditions Gaïa pour ce roman profond, effrayant, qui reflète parfaitement les enjeux agricoles et environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui.
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dedanso
  15 novembre 2018
J'ai trouvé, dans Sanderling, tout ce qui me plaît.
De grands personnages d'abord. Il y en a beaucoup, tout un village à vrai dire. Anne Delaflotte Mehdevi nous offre des portraits magnifiques, humains, sensibles, réalistes.
A Belligny, paumé dans la cambrousse bretonne, on trouve de tout : des petites vieilles maniaques et chagrines, des égyptiennes amoureuses, des lettrés qui ne se lavent pas tous les jours, des agriculteurs vieille génération, des agriculteurs nouvelle génération, des écolos infatigables, des gosses, des vaches, des sanderling et des cochons intelligents ! Et si l'on suit de bout en bout Landry, qui ferait fondre les coeurs les plus endurcis, c'est tout le village que l'on apprend à aimer, mêmes les têtes de pioche !
Cependant, de beaux personnages ne font pas tout. Il faut aussi un sujet intéressant.
En l'occurrence, Anne Delaflotte Mehdevi a choisi de parler de notre planète et de ce qui pourrait se produire en cas de réveil d'un volcan islandais. Ce point de départ est l'occasion d'introduire une réflexion plus poussée sur l'agriculture, le terroir, la vie en communauté, le statut de réfugié.
J'ai beaucoup aimé lire les différentes réactions de tous ces personnages face à la catastrophe naturelle : comment relever le défi du manque de luminosité et du confinement, des inondations, du froid, du manque de nourriture et de distractions, des attaques enfin. Car, finalement, le plus dur à vivre pour les Bellignois viendra de l'homme et non de la nature.
Il me reste tout de même quelque chose à ajouter pour comprendre ce coup de coeur : tout ce dont je viens de parler ne suffirait pas s'il n'y avait aussi le style ! Celui d'Anne Delaflotte Mehdevi est surprenant. J'ai parfois eu l'impression de faire une incursion dans le théâtre car il lui arrive souvent d'introduire des phrases qui sonnent comme des didascalies, ou de noter le nom du personnage qui va prendre la parole. Cela ne retire rien à la limpidité du propos. Au contraire, le style est pur, les mots portent, les sentiments affleurent discrètement.
Ce récit m'a beaucoup marquée. Il parle de thèmes qui me sont chers d'une belle manière.
Je ne peux que remercier les éditions Gaïa et Babelio pour m'avoir fait découvrir ce beau roman (et pour avoir été patients).
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nath45
  19 novembre 2018
Je quitte avec regret le village Breton de Belligny, j'y étais bien depuis deux semaines en compagnie de Landry, Merlin, Polka, Julienne, Alice et tous les autres pourtant la vie n'y est plus simple, les querelles entre agriculteurs conventionnel et bio sont passées au second plan, la vie est chamboulé suite à une succession d'éruption volcanique islandaise qui plonge l'hémisphère Nord dans un brouillard de cendre, gaz, pluies abondantes ...Cette situation apocalyptique déclenche une émigration vers le Sud, les Bellignois accueillent des familles ou en hébergent d'autres le temps de leur offrir un repas, de la chaleur humaine.
Mais pour tous il faut apprendre à vivre sans soleil, à changer ses habitudes alimentaires, repenser une nouvelle agriculture, à vivre en autonomie le plus possible, l'ingéniosité et la solidarité se propagent ainsi que le banditisme hélas.
Cette fiction nous fait réfléchir sur le comportement humain, l'écologie, l'agriculture, comment peut on organiser une nouvelle société ?
Les portraits de personnages sont sincères, attachants, l'intrigue bien menée, j'ai pris mon temps car il y a des livres que l'on ne veut pas quitter même comme celui-ci quand l'univers vacille.
Je remercie Babelio et les Editions Gaia pour ce merveilleux roman.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
dedansodedanso   12 novembre 2018
Des ricochets, d'idée en idée, rebondissent dans sa tête, dans des directions incontrôlables. Par exemple, il ne se contente plus de noter les odeurs à tomber raide des flétans mis à sécher au grand air, ici, au nord du cercle polaire. Cette odeur le renvoie à son enfance et l'odeur écoeurante, doucereuse, du lait tiède, frais tiré du pis, coulant des trayeuses dans les seaux à bec, au milieu des odeurs d'étable.
La différence est qu'il avait assisté à un vêlage d'iceberg, qu'il avait vu de ses yeux, au début du voyage lors de la croisière, un énorme pain de glace se séparer de son socle dans un bruit de début et de fin du monde. Comme une grosse vague roulait vers leur bateau une odeur de froid, Landry avait violemment senti celle du sang chaud de ses vaches lorsqu'elles vêlaient, que le veau blanc et luisant se détachait, glissait de la matrice qui ne pouvait plus le retenir.
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gouelangouelan   21 octobre 2018
- Moi, ma cousine, elle en est contente. Elle dit même que, quand le soleil reviendra, elle restera là-bas. Elle prie, elle travaille, elle mange, elle dort, elle dit que plus elle prie, plus elle croit au paradis ! Qu'est-ce que tu veux de plus ? Elle dit qu'la nature a mauvais fond de toutes les manières et qu'à l'abri des murs du couvent, c'est plus sûr.
- Pourquoi diable est-ce que le bon Dieu s'est donné la peine de faire une mauvaise nature... Tant qu'à faire quelque chose, autant le faire bien. Surtout lui.
- C'est pas la création qu'est mauvaise, elle, elle est bien, c'est la nature de l'homme que je voulais dire qu'est mauvaise...
- Ah bon ! Mais pourquoi qu'il a créé un homme qu'était pas d'équerre avec sa création alors ?
- Oh ben, t'auras qu'à demander à ma cousine !

p.382
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dedansodedanso   13 novembre 2018
A Belligny comme ailleurs, tant de choses inconcevables hier deviennent possibles comme pour les particuliers d'abattre le bétail, vaches, porcs, moutons, pour leur consommation personnelle. On réapprend à préserver la viande sans passer par la congélation, dépendante des approvisionnements en électricité. Elle est mise en conserve ou bien salée et rangée à côté des réserves de légumes issues des potagers.
Lucette a compté les réserves de foin, son épargne en banque, investi dans une montagne de sel, et décidé d'abattre autant de bêtes qu'elle ne pourra nourrir pendant trois années au moins. Elle sale consciencieusement des pièces de viande, de la viande de ses vaches.
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gouelangouelan   20 octobre 2018
- [...] Vous voyez, il existe un hiatus chez l'Homo sapiens, entre sa capacité extraordinaire à innover et son incapacité à anticiper les conséquences de ses inventions. Son cerveau, archaïque en cela, ne sait gérer qu'une urgence à la fois. Mais comment faire ? On ne peut pas mettre l'humanité en mode "Belle au bois dormant", pour laisser le temps à nos cerveaux primitifs d'évoluer jusqu'à dompter notre boulimie technologique.

p.110
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gouelangouelan   22 octobre 2018
Derrière le tracteur de Landry, quand il laboure, de plus en plus en surface, de plus en plus léger, les oiseaux reviennent... Au cul des tracteurs de la plupart de ses collègues, il n'y en a pas un, jamais.

Son grand-père lui disait : "Écoute la linotte, si elle chante bien ! Et t'entends le chardonneret ?"... "Tiens, une petite fauvette !"
"Et l'alouette, bon sang, je ne l'entends plus !"

p.96
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