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EAN : 9782749165523
320 pages
Le Cherche midi (14/01/2021)
3.18/5   217 notes
Résumé :
Un meurtre, huit témoins, pas un ne se souvient de ce qui s'est passé.

Elle voudrait tout oublier.
Ils donneraient tout pour se souvenir...

Au cœur de Memory, une clinique spécialisée perdue dans la montagne et la forêt, un patient est retrouvé pendu. Un suicide qui a tout l'air d'un meurtre déguisé : huit personnes ont assisté à la scène.
Un homme mort. Huit témoins. Un huis clos. La combinaison parfaite pour une enquête ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
3,18

sur 217 notes
Quelle idée ! Un « suicide », commis sous les yeux de huit personnes, et personne parmi ces témoins n'est en capacité de s'en souvenir ! On est dans l'ambiance dès la quatrième de couverture… et c'est d'ailleurs précisément ce que j'avais retenu de ce « teaser ».

Sauf que, dans le livre, ce n'est pas exactement ainsi que l'histoire commence. En effet, on n'arrive sur les lieux du décès que vers la soixantième page. Et pour cause : l'histoire qu'Arnaud Delalande nous raconte est autant celle de Jeanne que celle de ce meurtre (ah, zut, je l'ai dit… alors, et si on disait que vous êtes atteints d'amnésie antérograde, et que, d'ici la fin de cette chronique, vous aurez oublié que j'ai spoilé ?).

Et Jeanne, elle en trimballe, des problèmes. Retirée à ses parents biologique à l'âge de 3 ans, adoptée à 4, elle n'a plus de contacts avec ses géniteurs depuis lors. Et elle s'est construite, dans cette famille d'adoption, avec les oppositions classiques de l'adolescence. Mais après avoir perdu celle qu'elle considère désormais comme sa mère, voilà quatre ans, c'est son père qu'elle vient d'enterrer. Sa promotion comme lieutenant, elle n'aura même pas pu la fêter dignement avec son policier de père. Elle n'a pas eu la joie de voir la fierté dans ses yeux…

Tout cela l'amène au bord de la dépression, bien que son partenaire et ami, Davy, et son chef, Frank Ruffier, l'entourent de leur affection. Mais elle ne trouve le repos et l'oubli que dans l'alcool…

Son chef, pour lui changer les idées, décide de lui confier une enquête qui semble facile : le curieux suicide d'un homme sous les yeux de huit témoins. Mais, vous l'aurez compris, l'affaire est bien plus compliquée qu'il n'y parait… et, naturellement, rien ne va s'arranger lorsque, alors qu'elle enquête chez Hamronia, cette clinique isolée en pleine nature, une tempête de neige coupe la route. Jeanne se retrouve alors isolée, abandonnée à elle-même et à ses doutes sur sa capacité à résoudre l'affaire.

On appréciera, je le signale au passage, l'idée scénaristique de cette femme qui aimerait trouver le moyen d'oublier les drames récents qui l'ont frappée, perdue au milieu de patients qui, eux, luttent pour ne pas oublier, au contraire. La mise en abime est bien trouvée !

S'il fallait une critique sur le scénario, c'est le côté un petit peu artificiel de l'accumulation dans un même lieu – la clinique Harmonia – de patients concernés, à un titre ou un autre, par l'affaire. On a un petit peu de mal à croire qu'autant d'acteurs de cette histoire puissent être frappés, quasiment au même moment, d'amnésie antérograde, tout en ayant eu des liens avec Harmonia avant d'en être les patients… Surtout qu'il ne me semble pas que cela soit, en réalité, indispensable au déroulement de ce thriller. Mais, bon, l'avantage, c'est qu'en respectant la règle de l'unité de lieu – règle ô combien classique du théâtre -, cela permet aussi de concentrer l'attention, notamment celle de Jeanne, sur les enjeux politiques et financiers de la clinique – mais je ne dirai rien ! -.

Un deuxième bémol, pour ma part, concerne la résolution de l'affaire. Je ne vais pas rentrer dans les détails pour ne pas spoiler, mais on se retrouve avec quelque chose qui ressemble à une affaire avec un lanceur d'alerte. Sauf que, là où les vrais lanceurs d'alerte, dans la vraie vie, mettent des mois, des années, à faire éclater l'affaire dont ils ont connaissance, en sacrifiant, en général, leur vie sociale et professionnelle au passage, ici, en 15 pages, tout est réglé. Jeanne devient l'idole des journaux – on suppose que cela va durer 15 jours -, aucun montage financier complexe passant par des paradis fiscaux n'a été fait pour effacer les traces… Je ne suis pas sûr que, à ce niveau-là, ce happy end soit totalement crédible…

Enfin, je ne peux pas m'empêcher de trouver une forme de concordance avec l'actualité, alors que l'on a vu s'affirmer une sorte théorie du complot autour du « Big pharma ». Alors, forcément, un scénariste doit jongler avec les thèmes du moment, mais était-ce nécessaire de proposer une telle vision alors que les débats autour du vaccin contre le Covid-19 s'amorçait… On pourrait en débattre des heures, des jours, des mois, des années…

Mais malgré ces bémols, il s'agit d'une lecture très agréable, d'un thriller qui se lit presque d'une traite. Alors ne boudons pas notre plaisir, et n'oublions pas (!!!) cette histoire de mémoire…
Lien : https://ogrimoire.com/2021/0..
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Jeanne Ricoeur, jeune inspectrice, est chargée d'enquêter sur un meurtre commis devant huit témoins. Mais voilà ces patients de cet établissement spécialisé souffrent d'amnésie antérograde, ils se souviennent du passé mais pas de l'instant présent. On se croirait au théâtre par moment, il va être difficile pour Jeanne de tirer les fils de cet imbroglio.
Y arrivera-t-elle ?
Parallèlement, dans sa vie privée, Jeanne boit beaucoup et repense à ses parents adoptifs qui sont décédés. Il faut également qu'elle règle ce problème, retrouver ses vrais parents qui étaient des junkies.
Ce huit-clos, nous emmène, dans les méandres de la mémoire. On rentre tout de suite dans l'histoire, dans ce suspens et l'on sent bien que l'auteur s'est bien documenté sur la mémoire, l'amnésie.
Jeanne l'enquêtrice est un personnage attachant.
En général, je n'aime pas trop les huis-clos et les histoires qui se déroulent dans les hôpitaux psychiatriques, mais là, l'auteur a réussi à me convaincre et m'intéresser à ce huis-clos.
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Encore un excellent roman policier tenté grâce aux critiques positives lues sur Babelio. Merci aux contributeurs...

Un homme est retrouvé pendu dans une salle commune d'une clinique spécialisée dans le traitement des personnes atteintes de troubles de la mémoire : Memory. Les portes étant fermées, le drame s'est déroulé devant les yeux de huit patients, qui n'ont plus de mémoire immédiate. Huit témoins, mais qui ont déjà tout oublié. Comme l'explique la directrice du lieu, ces personnes ont gardé en mémoire des traces de leur passé jusqu'au moment où, suite à un accident, un AVC ou un choc quelconque, leurs petites cellules grises ont disjoncté. Amnésie antérograde. Ils peuvent reprendre à l'infini une tâche, un jeu, refaire éternellement une partie de Scrabble ou lire pour la millième fois une lettre d'amour.

Et c'est ces poissons-rouges, ces Dory (découvrez pourquoi), que doit entendre Jeanne Ricoeur, jeune inspectrice de police, pour parvenir à comprendre ce qui a bien pu se passer… Bon courage…

Dans leur quotidien ces êtres perdus se raccrochent à des post-it, à des notes ou à des photos dans leur téléphone. le téléphone, cet objet qui pour eux est une bouée. Chaque intervenant dans l'établissement porte un badge reprenant prénom et fonction : Nathalie directrice, Hervé infirmier, et désormais Jeanne policière.

Le crime est vite évident, mais l'identification de ce tueur en huit-clos est une tâche infernale pour la logique humaine. Jeanne va devoir trouver moyen de faire bouger les choses. La neige qui isole Memory sur les hauteurs autour d'Annecy va la contraindre à rester sur place, alors que des forces inconnues semblent lui en vouloir.

Le décor et le sujet sont vite plantés par Arnaud Delalande. Les premières pages décrivent l'enquêtrice et ses meurtrissures, avant que s'enchaînent les explications scientifiques sur ce qu'est notre mémoire, la façon dont au fur et à mesure du temps elle s'est développée. Tout cela est présenté simplement et à propos. Tout vient facilement. Après l'auteur joue avec les peurs habituelles, les coïncidences qui bien sûr n'en sont pas, pour mener l'intrigue dans un final spectaculaire.

Efficace, intéressant et vif. Que demander de plus à ce bon divertissement.
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Voici les raisons de mon choix. Ce livre écrit par un auteur expérimenté est sélectionné au « prix des nouvelles voix du polar ». Un huis clos dans une ambiance glaçante est situé à proximité en ce qui me concerne (Haute-Savoie).

J'AI AIMÉ : 
Un crime est commis dans la montagne enneigée difficile d'accès. Là, les protagonistes enfermés et une clinique, on ne peut plus particulière (confidentielle et expérimentale) suscitent de l'intérêt.

Les personnages secondaires, mais indispensables sont les pensionnaires de l'Harmonia. Leurs  extravagances, nées des conséquences de leur trouble cognitif m'ont bien plu. le thème principal du scénario repose sur l'amnésie antérograde c'est-à-dire une perte de la mémoire à très court terme. Pour y remédier, ces malades utilisent des subterfuges pour « se rappeler » avec des photos polaroïds, des Post-its, et leur téléphone portable.

L'originalité du récit tient dans une enquête policière basée sur un groupe de témoins, incapables de se souvenir s'ils ont été spectateurs d'un homicide ou d'un suicide, et comment tout cela s'est passé. L'histoire de chacun est émouvante.

Un classique du genre : L'équipe du commissariat est soudée autour d'une policière novice, qui vient de perdre son père, un vieux briscard de la brigade. L'auteur a utilisé un ingrédient incontournable dans les romans, en fragilisant la jeune femme avec des démons enfouis de son enfance qui ressurgissent dans son présent.

J'AI MOINS AIMÉ
Le postulat d'une mort survenue dans un espace confiné, confère au roman une atmosphère à la Agatha Christie. Or, on s'en écarte avec le mobile du crime et son élaboration. Cette dimension complotiste, affairiste et d'une ampleur supranationale m'a déroutée et déçue. La quatrième de couverture m'a trompée alors en refermant l'ultime 310e page, je me suis consolée en ayant terminé ma lecture en une seule journée.

Le scénario de l'investigation est supplanté par les nombreux épisodes oniriques de l'héroïne, et sa présentation qui offrent des digressions sur un tiers au moins du livre. Son histoire, son présent, sa famille et ses collègues, tout est passé au crible.

 L'ennui a remplacé le sentiment premier d'un univers glaçant et isolé. Ensuite, la cohérence du dénouement fond comme neige au soleil (haha). Par exemple : quelle personne avec un peu de jugeote, du coin, et pour l'exigence d'un labeur important, se rendrait dans une contrée hostile, très enneigée sans voiture équipée ?

Quant à la manière dont Jeanne dégote, ou « trouve intuitivement » ses énigmes pour les avancées de l'enquête, le lecteur en restera « songeur ». de là, tout s'accélère ensuite, et celui-ci éprouvera la sensation d'être passé à côté de quelque chose même si en revanche, le criminel se devine vite.

Le style d'écriture pour un auteur d'une telle production créative déçoit par ses nombreux clichés pour la description de paysages ou de ressentis. Compte tenu de son expérience d'écrivain, je m'étonne de certaines constructions de phrases à la syntaxe douteuse.
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Si l'idée de base m'a plu, il y a beaucoup de manques à ce roman.

Un institut spécialisé dans la mémoire à court terme.
8 patients.
Une soirée.
Un soignant qui s'absente.
A son retour un suicidé.
Problème pour l'enquêtrice, tous ses témoins ont une mémoire qui fait reset toutes les 5 minutes !

La première chose qu'il m'a manqué c'est le suspense. C'est sans surprise que le nom du coupable est dévoilé. Dommage !
L'enquêtrice, Jeanne, a une vie personnelle assez chamboulée et qui n'apporte rien d'essentiel à l'histoire, je trouve.
J'aurai préféré que l'auteur développe plus l'ensemble des personnages. J'ai trouvé intéressant le sujet de la mémoire qu'il a abordé. C'est même terrifiant !
Mais du coup, je trouve un peu tiré par les cheveux ce qu'il a fait faire à Marcus afin de mener la police à finir le projet qu'il avait à coeur.

Le tout est un peu brouillon, trop d'explications sur ce qui, selon moi, n'a pas d'importance et pas assez sur ce qui pourrait permettre au lecteur de s'impliquer plus.
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critiques presse (1)
LePoint
08 mars 2021
Dans « Memory », Arnaud Delalande plonge ses lecteurs dans le monde angoissant des amnésiques. Un thriller haletant aux frontières de la folie.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Il (Marcus) glissa l'enveloppe de papier kraft dans la consigne automatique de la gare, referma la porte et pianota le code.
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Comme ils oublient tout, ils ont non seulement des rituels, qu'ils mettent en place avec nous, mais aussi des carnets, des notes, un agenda sur lequel ils consignent tout ce qu'ils veulent se rappeler. Évidemment, leur agenda a une toute autre signification et une toute autre importance que les nôtres. Pour eux, ces petits carnets sont aussi précieux que la prunelle de leurs yeux. Ils sont leur mémoires. Une succession de mille petits mémo, au fil de leur vie. Les dates anniversaires de leurs proches, leur emploi du temps hebdomadaire, un manuel pour faire fonctionner une machine … Un peu de tout.
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Tandis qu’elle marchait, Jeanne nota la présence, à la fois sur le sol et sur les murs, d’énormes flèches bleues qui pointaient dans différentes directions. Elles étaient assorties de mentions insistantes et de photos : BUREAU DIRECTRICE : NATHALIE. POSTE INFIRMIER : HERVÉ. DEUXIÈME ÉTAGE : FOYER. Jeanne fronça un sourcil en passant devant une salle qui retint son attention. À l’intérieur, sept personnes se trouvaient assises en rang d’oignons, comme ahuries et prostrées. Debout devant elle, une infirmière quinquagénaire, à lunettes et chignon gris, donnait à chacun une pilule bleue et un verre d’eau. Un adolescent aux cheveux ras, visage anguleux, se tenait debout lui-aussi. Apercevant Jeanne, il la mitrailla soudain de son iPhone, avant de refluer dans la pièce avec un sourire étrange. Tout au fond, une jeune et jolie femme jouait du violon de manière totalement décalée. Le morceau Erbarme dich. Jeanne glissa devant la porte et poursuivit dans le couloir, hallucinée. Ce fut pour tomber sur une affiche : BIENVENUE EN HARMONIA. Pour votre bien-être : l’autonomie contre l’oubli.
Elle se tourna vers Hauteville.
« Mais, euh... on est où, ici ?
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Ils se souviennent parfaitement de leur vie jusqu'à leur accident, du nom de leur maitresse en maternelle, de la couleur de leurs chaussures à sept ans... Mais après, c'est la page blanche. Au bout de trois, cinq, six minutes, jamais plus, leur mémoire s'efface. Elle coule comme du sable. Et c'est implacable. Ici, nous leur offrons un accompagnement personnalisé. Le personnel s'appelle Memory, et les patients... nos Dory.
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Jeanne pénétra dans un hall blanc, avec peintures abstraites et plantes vertes, une tête de cerf incongrue au mur - pour faire « chalet », sans doute - et un ours polaire empaillé. Elle fut accueillie par deux flics de sa juridiction, qui ma saluèrent d’un signe de tête, et une femme rousse de quarante-cinq ans, aux faux airs d’Isabelle Huppert, apparemment très affectée. Sèche, un peu martiale, les joues creuses, le front barré de rides prématurées, elle paraissait vouloir rester maîtresse d’elle-même. Control freak, pensa Jeanne instantanément. Un iceberg qui cache le feu ? Elle lui tendit sa main froide.
« Lieutenant Jeanne Ricœur.
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