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EAN : 9782749165523
Éditeur : Le Cherche midi (14/01/2021)
3.34/5   95 notes
Résumé :
Un meurtre, huit témoins, pas un ne se souvient de ce qui s'est passé.

Elle voudrait tout oublier.
Ils donneraient tout pour se souvenir...

Au cœur de Memory, une clinique spécialisée perdue dans la montagne et la forêt, un patient est retrouvé pendu. Un suicide qui a tout l'air d'un meurtre déguisé : huit personnes ont assisté à la scène.
Un homme mort. Huit témoins. Un huis clos. La combinaison parfaite pour une enquête ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
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Ogrimoire
  08 janvier 2021
Quelle idée ! Un « suicide », commis sous les yeux de huit personnes, et personne parmi ces témoins n'est en capacité de s'en souvenir ! On est dans l'ambiance dès la quatrième de couverture… et c'est d'ailleurs précisément ce que j'avais retenu de ce « teaser ».
Sauf que, dans le livre, ce n'est pas exactement ainsi que l'histoire commence. En effet, on n'arrive sur les lieux du décès que vers la soixantième page. Et pour cause : l'histoire qu'Arnaud Delalande nous raconte est autant celle de Jeanne que celle de ce meurtre (ah, zut, je l'ai dit… alors, et si on disait que vous êtes atteints d'amnésie antérograde, et que, d'ici la fin de cette chronique, vous aurez oublié que j'ai spoilé ?).
Et Jeanne, elle en trimballe, des problèmes. Retirée à ses parents biologique à l'âge de 3 ans, adoptée à 4, elle n'a plus de contacts avec ses géniteurs depuis lors. Et elle s'est construite, dans cette famille d'adoption, avec les oppositions classiques de l'adolescence. Mais après avoir perdu celle qu'elle considère désormais comme sa mère, voilà quatre ans, c'est son père qu'elle vient d'enterrer. Sa promotion comme lieutenant, elle n'aura même pas pu la fêter dignement avec son policier de père. Elle n'a pas eu la joie de voir la fierté dans ses yeux…
Tout cela l'amène au bord de la dépression, bien que son partenaire et ami, Davy, et son chef, Frank Ruffier, l'entourent de leur affection. Mais elle ne trouve le repos et l'oubli que dans l'alcool…
Son chef, pour lui changer les idées, décide de lui confier une enquête qui semble facile : le curieux suicide d'un homme sous les yeux de huit témoins. Mais, vous l'aurez compris, l'affaire est bien plus compliquée qu'il n'y parait… et, naturellement, rien ne va s'arranger lorsque, alors qu'elle enquête chez Hamronia, cette clinique isolée en pleine nature, une tempête de neige coupe la route. Jeanne se retrouve alors isolée, abandonnée à elle-même et à ses doutes sur sa capacité à résoudre l'affaire.
On appréciera, je le signale au passage, l'idée scénaristique de cette femme qui aimerait trouver le moyen d'oublier les drames récents qui l'ont frappée, perdue au milieu de patients qui, eux, luttent pour ne pas oublier, au contraire. La mise en abime est bien trouvée !
S'il fallait une critique sur le scénario, c'est le côté un petit peu artificiel de l'accumulation dans un même lieu – la clinique Harmonia – de patients concernés, à un titre ou un autre, par l'affaire. On a un petit peu de mal à croire qu'autant d'acteurs de cette histoire puissent être frappés, quasiment au même moment, d'amnésie antérograde, tout en ayant eu des liens avec Harmonia avant d'en être les patients… Surtout qu'il ne me semble pas que cela soit, en réalité, indispensable au déroulement de ce thriller. Mais, bon, l'avantage, c'est qu'en respectant la règle de l'unité de lieu – règle ô combien classique du théâtre -, cela permet aussi de concentrer l'attention, notamment celle de Jeanne, sur les enjeux politiques et financiers de la clinique – mais je ne dirai rien ! -.
Un deuxième bémol, pour ma part, concerne la résolution de l'affaire. Je ne vais pas rentrer dans les détails pour ne pas spoiler, mais on se retrouve avec quelque chose qui ressemble à une affaire avec un lanceur d'alerte. Sauf que, là où les vrais lanceurs d'alerte, dans la vraie vie, mettent des mois, des années, à faire éclater l'affaire dont ils ont connaissance, en sacrifiant, en général, leur vie sociale et professionnelle au passage, ici, en 15 pages, tout est réglé. Jeanne devient l'idole des journaux – on suppose que cela va durer 15 jours -, aucun montage financier complexe passant par des paradis fiscaux n'a été fait pour effacer les traces… Je ne suis pas sûr que, à ce niveau-là, ce happy end soit totalement crédible…
Enfin, je ne peux pas m'empêcher de trouver une forme de concordance avec l'actualité, alors que l'on a vu s'affirmer une sorte théorie du complot autour du « Big pharma ». Alors, forcément, un scénariste doit jongler avec les thèmes du moment, mais était-ce nécessaire de proposer une telle vision alors que les débats autour du vaccin contre le Covid-19 s'amorçait… On pourrait en débattre des heures, des jours, des mois, des années…
Mais malgré ces bémols, il s'agit d'une lecture très agréable, d'un thriller qui se lit presque d'une traite. Alors ne boudons pas notre plaisir, et n'oublions pas (!!!) cette histoire de mémoire…
Lien : https://ogrimoire.com/2021/0..
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umezzu
  24 juillet 2021
Encore un excellent roman policier tenté grâce aux critiques positives lues sur Babelio. Merci aux contributeurs...
Un homme est retrouvé pendu dans une salle commune d'une clinique spécialisée dans le traitement des personnes atteintes de troubles de la mémoire : Memory. Les portes étant fermées, le drame s'est déroulé devant les yeux de huit patients, qui n'ont plus de mémoire immédiate. Huit témoins, mais qui ont déjà tout oublié. Comme l'explique la directrice du lieu, ces personnes ont gardé en mémoire des traces de leur passé jusqu'au moment où, suite à un accident, un AVC ou un choc quelconque, leurs petites cellules grises ont disjoncté. Amnésie antérograde. Ils peuvent reprendre à l'infini une tâche, un jeu, refaire éternellement une partie de Scrabble ou lire pour la millième fois une lettre d'amour.
Et c'est ces poissons-rouges, ces Dory (découvrez pourquoi), que doit entendre Jeanne Ricoeur, jeune inspectrice de police, pour parvenir à comprendre ce qui a bien pu se passer… Bon courage…
Dans leur quotidien ces êtres perdus se raccrochent à des post-it, à des notes ou à des photos dans leur téléphone. le téléphone, cet objet qui pour eux est une bouée. Chaque intervenant dans l'établissement porte un badge reprenant prénom et fonction : Nathalie directrice, Hervé infirmier, et désormais Jeanne policière.
Le crime est vite évident, mais l'identification de ce tueur en huit-clos est une tâche infernale pour la logique humaine. Jeanne va devoir trouver moyen de faire bouger les choses. La neige qui isole Memory sur les hauteurs autour d'Annecy va la contraindre à rester sur place, alors que des forces inconnues semblent lui en vouloir.
Le décor et le sujet sont vite plantés par Arnaud Delalande. Les premières pages décrivent l'enquêtrice et ses meurtrissures, avant que s'enchaînent les explications scientifiques sur ce qu'est notre mémoire, la façon dont au fur et à mesure du temps elle s'est développée. Tout cela est présenté simplement et à propos. Tout vient facilement. Après l'auteur joue avec les peurs habituelles, les coïncidences qui bien sûr n'en sont pas, pour mener l'intrigue dans un final spectaculaire.
Efficace, intéressant et vif. Que demander de plus à ce bon divertissement.
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Arwen78
  26 novembre 2021
Jeanne Ricoeur, jeune inspectrice, est chargée d'enquêter sur un meurtre commis devant huit témoins. Mais voilà ces patients de cet établissement spécialisé souffrent d'amnésie antérograde, ils se souviennent du passé mais pas de l'instant présent. On se croirait au théâtre par moment, il va être difficile pour Jeanne de tirer les fils de cet imbroglio.
Y arrivera-t-elle ?
Parallèlement, dans sa vie privée, Jeanne boit beaucoup et repense à ses parents adoptifs qui sont décédés. Il faut également qu'elle règle ce problème, retrouver ses vrais parents qui étaient des junkies.
Ce huit-clos, nous emmène, dans les méandres de la mémoire. On rentre tout de suite dans l'histoire, dans ce suspens et l'on sent bien que l'auteur s'est bien documenté sur la mémoire, l'amnésie.
Jeanne l'enquêtrice est un personnage attachant.
En général, je n'aime pas trop les huis-clos et les histoires qui se déroulent dans les hôpitaux psychiatriques, mais là, l'auteur a réussi à me convaincre et m'intéresser à ce huis-clos.
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RomansNoirsEtPlus
  12 février 2021
«Memory» nous propose une sorte de Cluedo littéraire, un huit-clos policier où les huit témoins d'un crime ont perdu la mémoire immédiate. Toutes les 5 minutes , hop , on efface tout et on recommence. Ils ont tout vu : l'assassin commettre son crime et pendre l'un d'eux à une poutre à l'aide d'une guirlande électrique , installée en l'honneur de l'anniversaire de l'un des patients de cette clinique spécialisée. Mais quelques instants plus tard ils ont tout oublié !
Pas facile pour la jeune lieutenante de police , Jeanne Ricoeur , de trouver une piste avec ces témoins dont le cerveau a tout effacé !
Elle aimerait bien oublier , Jeanne, ces derniers jours qui l'ont vu enterrer son père adoptif, Guy. Un flic comme elle qui lui a transmis la passion du métier et qui l'a toujours soutenu dans les moments difficiles. Elle se retrouve seule , ses parents adoptifs décédés , à se souvenir de ces moments douloureux, alors que, petite fille, elle était prise en charge par la DASS, séparée de ses parents biologiques, toxicomanes, incapables de s'occuper d'elle .
Plusieurs dizaines d'années plus tard la voila , bloquée dans la clinique Harmonia à proximité d'Annecy , par cette tempête de neige qui n'en finit plus .
Elle va en profiter pour s'imprégner des lieux , découvrir les histoires qui se cachent derrière ces huit patients aux profils bien différents : un ancien boxeur , une violoniste professionnelle, un curé , une journaliste reporter , un trader en bourse , un professeur d'histoire et clown bénévole, un ado qui a mal tourné et un homme politique.
Des personnages aux destins brisés par la faute d'une mémoire volatile, même si les souvenirs d'avant l'accident sont toujours ancrés dans leur crâne . Ces amnésiques antérogrades n'ont qu'une solution pour ne pas perdre totalement le fil : l'utilisation de petits carnets , et leur téléphone portable sur lesquels ils ont figés , un visage , un nom , un poème ou un message.
Alors qui a bien pu tuer Marcus Kempf , cet ancien comptable, sous les yeux de tous ? L'un des membres du corps médical ou l'un des huit témoins : Babakar , Albert , Myriam, JB , Jeff , Caroline, Michel ou David?

À l'originalité du scénario qui rappelle l'excellent film «Memento», l'auteur ajoute l'émotion de ces personnages aux destins contrariés par un accident qui leur a fait perdre la mémoire du présent tout en conservant celle du passé . Quelle drôle de vie que de ne pas se souvenir de ses faits et gestes réalisés quelques minutes plus tôt. Un peu comme « le jour sans fin» : un éternel recommencement . Difficile ainsi de ne pas s'attacher à ses personnages, témoins malgré eux , d'un crime . L'auteur à la pudeur de ne pas trop rire du malheur de ces huit personnes - quelques situations cocasses vous feront malgré tout sourire - qui ont perdu le sens du temps .
En parfait contraste , on découvre la vie de Jeanne, dont les nuits sont remplies de mauvais souvenirs ( actuels et passés ) et qui devra conserver un minimum de lucidité pour percer les secrets qui entourent ce crime .
Le code du thriller est lui totalement respecté avec ses rebondissements et un suspense parfaitement entretenu comme ce final plutôt étonnant.
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Framboisine7282
  21 mars 2021
Démarrage difficile, je n'arrivais pas à rentrer dans ce roman assez sombre que je trouvais dérangeant. Mais je sortais d'un « Françoise BOURDIN » alors évidemment la transition était brutale !
Et puis, au fil des pages j'ai ressenti de l'empathie pour Jeanne, retirée à ses parents biologiques « des junkies inaptes » par les Services Sociaux à l'âge de 3 ans. Adoptée par Alice et Guy son enfance fut plutôt heureuse.
Cette étrange histoire qui a pour décor Annecy et ses environs commence dans un cimetière, autour de la tombe de ce papa « superflic » dont Jeanne avait assuré la relève en devenant à son tour policière.
Le roman prend vraiment son rythme au cours du chapitre 7 (c'est un peu long), quand elle est envoyée avec son coéquipier Davy sur une affaire de suicide dans un établissement spécialisé dans les amnésies antérogrades, les rêves et les mystères du cerveau.
La plupart des patients sont plongés dans un présent éternel et n'ont que quelques minutes de mémoire. Après tout s'efface, sauf leur vie précédant les traumatismes qui les ont amenés dans cette structure perdue au milieu de nulle part. D'autres accidentés de la vie, non concernés par ces pathologies y séjournent également.
BIENVENUE EN HARMONIA.
Marcus KEMPF (le Marcus qui s'est crashé en moto après une course poursuite dans le prologue ?), 45 ans, s'est suicidé en pleine fête d'anniversaire devant huit personnes : Certaines pensant à un jeu prenant des photos, d'autres comprenant peut-être qu'il se passe quelque chose d'anormal mais l'oubliant très vite.
L'atmosphère est étouffante, Jeanne est insomniaque, tout se brouille dans sa tête comme dehors avec cette neige qui n'en finit pas de tomber.
les interrogatoires s'annoncent difficiles : les témoins ont tout vu mais ne se souviennent de rien et changent de sujet toutes les 5 mn.
La jeune femme ne sait plus trop où elle en est d'autant plus qu'elle doit gérer des problèmes personnels qui la hantent depuis son enfance.
Immergée dans ce huis clos glaçant, elle ira jusqu'au bout de ses limites soutenue par Davy pour comprendre les raisons de l'acte désespéré de Marcus, allant jusqu'à mettre sa vie en danger pour faire éclater au grand jour une vérité bien dérangeante…
J'ai souvent été « un Dory » comme les patients de cet établissement spécialisé, faisant de nombreux retours en arrière pour me rappeler ce qu'il s'était passé dans les pages précédentes. Pourtant l'intrigue est prenante et bien ficelée, et le chapitre consacré au fonctionnement de la mémoire est passionnant.
Mais tout se précipite à la fin, et le dénouement assez prévisible laisse quand même un sentiment d'inachevé, notamment en ce qui concerne « Jeanne Policière ». Mais j'ai beaucoup apprécié l'écriture de cet auteur que je ne connaissais pas.
MEMORY est un roman à lire au coin du feu ou alors avec une doudoune. J'ai souvent eu très froid : trop de neige...
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critiques presse (1)
LePoint   08 mars 2021
Dans « Memory », Arnaud Delalande plonge ses lecteurs dans le monde angoissant des amnésiques. Un thriller haletant aux frontières de la folie.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Arwen78Arwen78   26 novembre 2021
Comme ils oublient tout, ils ont non seulement des rituels, qu'ils mettent en place avec nous, mais aussi des carnets, des notes, un agenda sur lequel ils consignent tout ce qu'ils veulent se rappeler. Évidemment, leur agenda a une toute autre signification et une toute autre importance que les nôtres. Pour eux, ces petits carnets sont aussi précieux que la prunelle de leurs yeux. Ils sont leur mémoires. Une succession de mille petits mémo, au fil de leur vie. Les dates anniversaires de leurs proches, leur emploi du temps hebdomadaire, un manuel pour faire fonctionner une machine … Un peu de tout.
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cvd64cvd64   25 janvier 2021
Ils se souviennent parfaitement de leur vie jusqu'à leur accident, du nom de leur maitresse en maternelle, de la couleur de leurs chaussures à sept ans... Mais après, c'est la page blanche. Au bout de trois, cinq, six minutes, jamais plus, leur mémoire s'efface. Elle coule comme du sable. Et c'est implacable. Ici, nous leur offrons un accompagnement personnalisé. Le personnel s'appelle Memory, et les patients... nos Dory.
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OgrimoireOgrimoire   08 janvier 2021
Elle dormait toujours aussi mal, embourbée dans des rêves frénétiques où son corps se ruait en avant pour fuit une menace invisible, atteindre un havre indéterminé, sans parvenir à avancer. Névrosée, comme tout le monde. Mais du contenu de ses rêves, souvent abrutie par l’alcool, elle ne se souvenait pas. Toujours cette impression de se regarder faire, d’être spectatrice de soi, presque atone – une distanciation qui, se disait-elle, était sans doute le moyen que trouvait sa conscience pour dominer son deuil.
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rkhettaouirkhettaoui   21 janvier 2021
En vérité, elle se qualifiait elle-même d’emmerdeuse. Et elle aimait la solitude. Ou peut-être… peut-être attendait-elle de nouveau le grand amour, un vrai, cette fois ? Celui de l’impossible, celui des grands livres comme L’Éthique de Spinoza, dans sa version romanesque, bien sûr ? Celui de Juliette, Guenièvre et Iseult ? Oui, peut-être, après tout. Quant à Davy, ils s’adoraient, mais sans attirance réciproque au-delà d’une franche amitié, ce qui était sans doute plus sain au quotidien.
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rkhettaouirkhettaoui   21 janvier 2021
De nouveau, elle eut le sentiment que l’atmosphère était ouatée, hallucinée, les sons et les images étouffés dans du coton. Elle-même, insomniaque, avait l’impression que ses mouvements étaient empesés, comme échappés d’un rêve. Tout semblait se dérouler au ralenti, dans une dimension parallèle où elle n’évoluait qu’en spectatrice de cet étrange film noir. Les épaules lasses, elle comptait les flocons qui se reflétaient dans la baie vitrée. Là-bas, le lac luisant, impavide, d’un froid éclat d’argent, une lueur de couteau sous le ciel plombé. Les saillies déchirées de conifères sombres. Ces montagnes, éternelles, muettes, énigmatiques, où la vue allait se perdre en vain. Jeanne semblait une poupée de porcelaine, éteinte dans l’écrin blanc.
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Videos de Arnaud Delalande (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arnaud Delalande
Retrouvez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/arnaud-delalande-memory-52671.html
Hypokhâgne, khâgne, une licence d'histoire, un diplôme à l'institut d'études politiques de Paris, voilà le brillant parcours d'Arnaud Delalande. Mais c'est surtout à son imagination fertile et à ses divers talents auxquels nous allons nous intéresser. Repéré par la célèbre éditrice Françoise Verny, Arnaud Delalande publie son premier roman en 1998, « Notre Dame sous la terre », un thriller ésotérique qui connait un joli succès et reçoit plusieurs prix. C'est dans cette veine du roman noir historique qu'il va publier plusieurs titres dont « La musique des morts » ou encore « le piège de Dante » dans la Venise du XVIIIème siècle et « Les fables de sang » avec un tueur en série semant la terreur dans les jardins de Versailles sous le règne de Louis XVI et Marie-Antoinette. Ces deux titres entamant la saga de « L'orchidée noire » avec un héros récurrent, Pietro Viravolta, fine lame et espion discret, sorte de James Bond du XVIIIème siècle. On citera aussi le très remarqué « Piège de Lovecraft », thriller fantastique paru en 2015 qui reçoit le prix du roman fantastique francophone.
Mais Arnaud Delalande est un touche à tout. Outre ces romans alliant habilement le l'intrigue policière et la saga historique, il est aussi un scénariste réputé dont le nom apparaît aussi bien sur des génériques de films que sur des couvertures de bandes dessinées. Il participe notamment au film d'animation d'Antoon Krings, « Drôles de petites bêtes » sorti en 2017. Quant à la bd, c'est avant tout sur des scenari d'intrigues historiques qu'on le sollicite. « La jeunesse de Staline », « Aliénor la légende noire » ou « Catherine de Medicis, la reine maudite » permettent de porter un autre regard sur ces personnages du passé.
L'actualité d'Arnaud Delalande est double justement. Il vient de publier chez Glénat cette bande dessinée, « Notre Dame de Paris, la nuit de feu » qui raconte minute par minute l'incendie du 15 avril 2019 mais revient aussi sur la grande histoire de la cathédrale au fil des siècles.
Et dans un tout autre registre, le nouveau polar d'Arnaud Delalande est aussi une réussite. Sur les traces d'une jeune femme flic cherchant à oublier une enfance chaotique, nous voilà embarqués au coeur des montagnes enneigées des Alpes, dans un établissement hospitalier où les patients sont traités pour leur perte de mémoire. Dans cet univers oppressant, un suicide a eu lieu devant huit témoins. Mais aucun d'eux ne s'en souvient. Et notre jeune femme flic s'aperçoit bien vite que ce suicide est un crime déguisé.
Une écriture alerte, une intrigue bien ficelée, une réflexion sur la mémoire et le passé et au final, un roman qui se dévore de la première à la dernière page.
« Memory » d'Arnaud Delalande est publié aux éditions du Cherche-midi.
+ Lire la suite
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