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EAN : 9782253107576
512 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (29/09/2021)
3.72/5   137 notes
Résumé :
« Ma chérie, il faut que je t’explique quelque chose », dit-il en prenant sa main. « Ce n’était pas un rêve. C’était un téléchargement. »
Lorsqu’Abbie se réveille à l’hôpital, elle ne se souvient de rien. L’homme à son chevet prétend qu’il est son mari. Il est un géant de la tech, le fondateur d’une des startups les plus innovantes de la Silicon Valley. Il lui dit qu’elle est une artiste talentueuse, la mère dévouée de leur jeune fils – et la femme parfait... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
3,72

sur 137 notes

iris29
  24 mars 2021

Je n'ai pas réussi à rentrer dans ce roman, à croire en ce personnage d'Abbie, qui se réveille à l'hôpital, après cinq années de "coma" et à qui son mari annonce, qu'elle n'est pas une femme, mais un "cobot" ( compagnon-robot) ,parfaite copie de sa femme Abbie, disparue cinq ans auparavant, disparition dont il ne se remet pas.
Tim étant le créateur d'une start -up innovante de la Silicon Valley, spécialisée dans la robotique, a téléchargé des souvenirs , ce qui fait qu" Abbie , le cobot" est presque parfaite. Douée de raisonnement, douée d'empathie, elle va essayer de comprendre ce qu'il est arrivé à la vraie Abbie. Accident ? Meurtre ? Enlèvement ? Disparition volontaire ?
C'est que la vraie Abbie était un sacré personnage ! Adulée par les hommes , enviée, ou jalousée par les femmes . Sublime, charismatique, artiste en résidence dans l'entreprise de Tim, elle créait des oeuvres expérimentales, des "performances ", assez spéciales . La relation de couple avec son mari, sur la fin, n'était pas facile et harmonieuse . Leurs différences de point de vue en ce qui concernait l'éducation, l'apprentissage de leur fils atteint d'autisme, divergeaient. Abbie aurait eu de bonnes raisons de "disparaître", oui, mais elle n'aurait jamais laissé son fils . A moins que ...
Je n'ai pas réussi à croire, en l'empathie, en l'humanité d' "Abbie-cobot", à dépasser mes préjugés. D'autant que,sans cesse , me revenaient des images de la série télévisée Real Humans. Tout était comparé à cette série, forcément au désavantage de ce roman.
Je n'ai pas aimé ce couple, leur charisme, la façon dont tous les employés s'aplatissent devant Tim , le patron. Je n'ai pas aimé la petite voix omniprésente, ce narrateur mystérieux qui relate les faits de l'intérieur, de l'intérieur de l'entreprise, (même si je dois reconnaître que ce procédé est efficace au niveau suspens ).
Et c'est là que le bât blesse pour moi, les deux genres qui se télescopent qui fusionnent (la SF et le thriller ). Fusion malheureuse pour moi, réussie pour d'autres : c'est selon vos goûts littéraires.
Mais je dois reconnaître une chose à cette Femme parfaite, c' est la prise de risque artistique et son originalité.
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Eve-Yeshe
  23 octobre 2020
Abbie se réveille à l'hôpital, et ne se souvient de rien : page blanche, elle ne sait plus qui elle est, ni ce qui a bien pu lui arriver et cerise sur le gâteau, Tim, son mari, lui apprend qu'elle a été « téléchargée » : elle est devenue un « cobot », un bijou d'intelligence artificielle. Tim lui a donné un « corps » entièrement artificiel, mais splendide, bien-sûr, il suffit de descendre une fermeture éclair pour voir ce dont elle est constituée et il lui a donné des « émotions », en fonction de ce qu'elle était dans sa vie d'avant.
« le mot cobot est la contraction de « compagnon » et de « robot ». Des études menées avec des prototypes suggèrent qu'un robot peut soulager la douleur due à la disparition d'un être cher en apportant un réconfort, une présence, un soutien émotionnel durant la période de deuil. »
En fait, Abbie a disparu il y a quelques années et son mari fou de chagrin ne parvenant pas à faire son deuil l'a « reconstituée ». A priori, il a agi par amour et pour effacer son chagrin. Il lui « télécharge » régulièrement des « souvenirs ». Tim est un de ces géants de l'informatique et de la robotique avec son entreprise « Scott Robotics »
De retour à la maison, Abbie retrouve son fils Danny, victime d'un syndrome de Heller, un trouble désintégratif de l'enfance : tout allait bien jusqu'à l'âge de deux ans et brusquement il y a une régression, et les parents se retrouvent devant un enfant qu'ils ne reconnaissent plus. Danny semble la reconnaître mais il est chaperonné par Zian, son éducatrice très spéciale…
A priori, c'était un couple idyllique, Tim le passionné de robotique, et Abbie, l'artiste, un mariage en grande pompe digne d' Hollywood… En fait, les choses sont beaucoup moins romantiques que prévues, et on découvre peu à peu, la véritable personnalité de Tim, ses relations avec les membres de son équipe, et sa conception de la « femme » fait frémir. Certaines des formules qu'il emploie sont des perles….

Bref, j'ai beaucoup apprécié ce roman, thriller psychologique bien construit, que je n'ai plus lâché au bout d'une vingtaine de pages et devinez quoi ? J'avais de plus en plus envie de Abbie, donc l'IA gagne mais ne divulgâchons point !
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Fayard Mazarine qui m'ont permis de découvrir ce roman et de retrouver l'univers de J. P. Delaney dont il faut absolument que je procure « La fille d'avant »!
#Lafemmeparfaite #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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coquinnette1974
  12 octobre 2020
Appréciant les romans de J. P. Delaney, j'ai eu la chance de recevoir son dernier roman : La femme parfaite, grâce aux éditions Fayard, via net galley.
Alors qu'elle croit rêver.. Abbie se réveille à l'hôpital et découvre.. que sa vie a été... téléchargée !
L'homme à son chevet prétend qu'il est son mari. Tim est un géant des nouvelles technologies, et le fondateur d'une des startups les plus innovantes de la Silicon Valley.
Il lui dit qu'elle est une artiste talentueuse, la mère dévouée de leur jeune fils – et la femme parfaite. Cinq ans plus tôt, elle aurait eu un grave accident.
Et donc, cinq ans après sa mort, la jeune femme est ressuscitée sous la forme d'une Intelligence Artificielle !
Abbie est un robot, ce qui est un peu difficile à digérer pour elle qui pense être la vraie Abbie !
Doit-elle croire son époux quand il affirme qu'il veut qu'ils restent ensemble pour toujours ?
Et que lui est-il vraiment arrivé cinq ans plus tôt ?
La femme parfaite est un roman surprenant, et ce de la première à la dernière page. Je suis allée de surprises en surprises avec Abbie et son mari. Ce dernier a une attitude très étrange, il lui demande de rester à la maison le temps qu'elle se réhabitue toutefois il ne lui dit pas pourquoi. Il ne dit pas non plus ce qui est arrivé à la vraie Abbie cinq ans auparavant. L'intelligence Artificielle n'a pas accès à tout sur Internet, comme si le contrôle parental était activé, elle a du mal à comprendre le comportement de Tim, son besoin de contrôle.
En parallèle de la résurrection d'Abby (si je puis dire) nous découvrons la rencontre entre Abby et Tim, comment ce dernier l'a conquise, comment ils ont construits leur relation.. Nous découvrons des zones d'ombre dans le couple, dans le comportement de Tim ou de son épouse. Et puis nous découvrons aussi Danny, leur fils, qui est autiste.
Tout se déroule peu à peu et j'ai beaucoup aimé ce thriller psychologique.
L'histoire est originale, ce n'est pas tous les jours qu'une femme se réveille en apprenant qu'elle est une IE ! Il fallait y penser.
Danny est un petit garçon très touchant, et j'ai trouvé que l'auteur détaillait bien l'autisme, sans en faire trop. Il explique énormément de choses, de façons claires et compréhensives même si on ne connaît pas grand chose à ce handicap (comme c'est mon cas).
J'ai compris à la fin de l'ouvrage pourquoi ; en fait J.P. Delaney a un fils autiste, c'est pour cela qu'il maîtrise le sujet et ça se sent quand on le lit.
Abby m'a touché, aussi bien la femme qu'elle était que l'IE qu'elle est devenue. D'ailleurs, une question se pose à un moment : est t-elle humaine ou un robot ? Peut t-on lui enlever ses souvenirs et la réinitialiser comme un simple robot ?
Il y a énormément de surprises tout au long de ce roman, jusqu'aux dernières pages.
La femme parfaite est un thriller psychologique réussi et je lui donne quatre étoiles et demie.
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celine85
  03 novembre 2020
Abbie Cullen se réveille et pense avoir fait un rêve d'une demande en mariage. Son mari Tim lui dit que ce n'était pas un rêve mais un téléchargement. Il lui explique qu'elle est une créature artificielle, intelligente, dotée d'une conscience mais totalement fabriquée. Qu'elle est un « cobot » contraction de « compagnon » et de « robot ». Que les cobots sont là pour remplacer et soulager la disparition d'un être cher et qu'ils sont personnalisables pour être le plus fidèles possible à l'être cher. Tim lui dit qu'elle aurait eu un grave accident il y a 5 ans et qu'il a travaillé dur sur ce projet et qu'il veut rester ensemble pour toujours. Mais au petit à petit Abbie va avoir des doutes, elle reçoit d'étranges messages d'un destinataire « AMI » lui disant que le tel n'est pas sur et que Tim ment. Elle va commencer à remettre en doute les motivations et les propos de Tim.
Pas vraiment fan à la base de tout ce qui tourne autour de l'intelligence artificielle car c'est un domaine certes fascinant mais qui me fait peur dans les dérives et jusqu'où cela peut aller. C'est quelque chose où je me pose beaucoup de question. Ici « recréer sa femme » disparue est ce vraiment bon ? Même si je sais que le deuil peut être difficile à faire, c'est un peu perturbant. J'ai immédiatement accroché dès les premières pages et je n'ai pas voulu lâcher le livre, suspense garanti jusqu'au bout. Totalement conquise par ce roman. Très belle découverte.
#Lafemmeparfaite #NetGalleyFrance
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audelagandre
  07 octobre 2020
Abbie se réveille dans un hôpital. L'homme qui se tient près d'elle dit être son mari.« Tim Scott était, ou serait bientôt, à l'intelligence artificielle ce que Bill Gates était aux ordinateurs, Steve Jobs aux smartphones et Elon Musk aux voitures électriques. » Ce petit génie de la « tech » avait une femme parfaite, artiste talentueuse, mère dévouée d'un petit garçon atteint d'une forme particulière d'autisme. Sauf que… Abbie est morte dans un accident de voiture 5 ans auparavant. Or, c'est bien elle qui se réveille dans ce lit d'hôpital. Comment est-ce possible ? Que s'est-il passé ? Qui est cette autre forme d'elle-même si fidèle à « l'originale » ?
« La femme parfaite » est le troisième roman de JP Delaney. Après « La fille d'avant » dans lequel l'héroïne emménageait dans une maison ultra moderne et connectée, et « Mensonge » que j'avais cordialement détesté, l'auteur revient à ses premiers amours : l'avenir imaginé grâce à ou à cause de ces nouvelles technologies. Clairement, l'auteur a trouvé son style avec ce nouvel opus en abandonnant le roman psychologique pour se replonger dans une thématique qui lui sied parfaitement : une photographie très réaliste de notre futur proche. Je vous le dis d'emblée : je n'ai pas pu le lâcher tellement l'intrigue et les problématiques qu'elle soulève sont captivantes.
Ouvrez vos chakras et laissez-vous porter par une vision plus que réaliste de ce que les petits génies de la Silicon Valley sont taxés de nous concocter : on pourra ressusciter l'esprit de la personne aimée décédée et la doter d'un logiciel d'apprentissage aux émotions pour lui permettre d'évoluer. Après le chatbot, voici le shopbot, un robot qui a une apparence humaine et un cerveau tout ce qu'il y a de plus réel. Passionnant ! Dans ce roman, « Le A de IA ne veut plus dire “artificielle”. Il signifie “autonome. » de quoi vous faire trembler en imaginant qu'il sera possible de recréer un double de vous-même par un simple téléchargement, possible d'orchestrer une mise à jour de votre programme pour que vous puissiez progresser comme dans la vraie vie, ou d'insérer de nouvelles données telles que vos souvenirs. Ça vous effraie ? Dites-vous bien qu' « On ne change pas l'avenir sans changer les règles. » Et ici JP Delaney s'en donne à coeur joie.
La construction du roman oscille entre passé et présent. Abbie, telle qu'elle était lorsqu'elle est entrée dans la vie de Tim, leur histoire ensemble, leur mariage, la naissance de leur fils et le présent relaté par un « tu », qui n'est pas Abbie, mais lui ressemble comme deux gouttes d'eau. « Tu t'aperçois que ton corps a été conçu aussi minutieusement qu'une voiture de sport. À toi d'apprendre à le piloter. » Ce choix du « tu » très ingénieux met de la distance entre l'Abbie décédée et l'Abbie recréée sous les mains d'un savant un peu fou, incapable d'accepter sa mort. Cette thématique est diablement intéressante : a-t-on le droit de recréer quelqu'un simplement parce qu'il nous est impossible de vivre sans lui ? Même si le lecteur sait qu'Abbie n'est plus un être de chair et de sang, l'attachement est immédiat, l'empathie instantanée… la haine envers Tim colossale… de quel droit ? En ce sens, et pour ces raisons précises, le scénario fonctionne immédiatement. Il se noue une intimité singulière entre l'auteur et le lecteur, auteur qui prend son lecteur à partie, comme un témoin.
JP Delaney ne s'arrête pas là, l'occasion est trop belle d'aborder d'autres thématiques : Les enjeux d'une start-up, la place de la femme dans ces entreprises et leurs statuts, l'intelligence artificielle bien évidemment, mais aussi, et c'est plus surprenant, une forme très particulière d'autisme appelée « syndrome de Heller » qui se manifeste par une détérioration des interactions sociales et de la communication chez les enfants de plus de 2 ans. En la personne de Danny, le fils d'Abbie et de Tom, l'auteur offre un supplément d'âme fort à propos dans cet univers axé sur les nouvelles technologies. Futur et présent, technologie avancée et maladie bien réelle, un équilibre parfait pour faire d'« une femme parfaite », un excellent roman certes divertissant, mais aussi bien plus profond que je l'avais escompté.
En résumé, j'ai pris un plaisir énorme à lire ce roman. Je l'ai trouvé passionnant, dépaysant, questionnant et vraiment prenant, détenteur d'une quête obsessionnelle : recréer ce qui n'est plus.
Je remercie Anaïs serial lectrice pour son flair et les éditions Mazarine d'avoir accepté ma demande sur Netgalley.
#Lafemmeparfaite #NetGalleyFrance

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   23 octobre 2020
Quand un enfant meurt, c’est une tragédie aux yeux du monde entier. Les parents sont accablés par le chagrin, mais le chagrin peut s’estomper tôt ou tard. Le syndrome de Heller, lui, vous prend votre enfant et le remplace par un inconnu, un zombie brisé qui bave et habite son corps. D’une certaine manière, c’est pire que la mort. Car vous continuez à aimer cet inconnu, tout en portant le deuil de l’adorable petite personne que vous avez perdue.
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Amnezik666Amnezik666   15 octobre 2020
La mère d’un enfant autiste sait que les sentiments qu’elle éprouve pour lui ne seront jamais réciproques. Son enfant ne lui dira jamais Je t’aime, jamais il ne lui fera un dessin pour la fête des Mères, jamais il ne rentrera à la maison pour lui présenter fièrement une maquette réalisée à l’école, une petite amie, une fiancée ou un nouveau-né. Jamais il ne te racontera sa journée ni ne te confiera ses plus grandes peurs.

Il aura toujours besoin de toi, plus que n’importe quel autre enfant, parce qu’il est incapable de livrer bataille seul. Il a besoin de toi pour ne pas être écrasé par le monde. Il a besoin que tu sois son interprète, sa protectrice, son garde du corps, son avocate. Il a besoin que tu y réfléchisses à deux fois avant de mettre en marche l’aspirateur, le micro-ondes, le sèche-cheveux ou tout ce qui peut le faire souffrir. Que tu te battes contre les médecins, les serveurs, les professeurs, les alarmes d’incendie, ces imbéciles du marketing qui changent l’emballage des Cheerios sur un coup de tête, sans penser que cela va le perturber pendant des jours.

Il se peut qu’il n’accepte jamais que tu le serres dans tes bras, et encore moins de te serrer contre lui. En revanche, tu peux te dresser face au monde entier, en faisant de ton corps un bouclier, afin de parer les coups.

Il aura besoin que tu lui enseignes, laborieusement, les bases de la vie quotidienne : imiter, réclamer à manger, choisir des vêtements. Comment faire la différence entre un sourire et un froncement de sourcils, savoir déchiffrer les étranges contorsions d’un visage humain.
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rkhettaouirkhettaoui   09 octobre 2020
Tim Scott était, ou serait bientôt, à l’intelligence artificielle ce que Bill Gates était aux ordinateurs, Steve Jobs aux smartphones et Elon Musk aux voitures électriques. On l’idolâtrait, on le craignait. Même ceux qui n’avaient pas réussi à suivre et dont on avait dû se séparer le respectaient. Et ils étaient nombreux. Scott Robotics n’était pas qu’une entreprise. C’était une mission, un Blitzkrieg dans une guerre de marché qui allait façonner l’avenir de l’humanité, et Tim était moins un P-DG qu’un commandant en chef qui menait l’assaut en première ligne, notre Alexandre le Grand. Son physique dégingandé, ses pommettes de rock star et son ricanement idiot ne parvenaient pas à masquer sa détermination d’acier, une détermination qu’il exigeait de chacun de nous en retour. Les journées de vingt heures étaient la règle plus que l’exception. Les jeunes diplômés de Stanford qu’il recrutait habituellement se sentaient valorisés, et non pas exploités, par cette éthique professionnelle démente. (À cet égard, ses entretiens d’embauche étaient devenus légendaires. On vous faisait entrer dans son bureau vitré, où il était occupé à envoyer des mails, et vous attendiez patiemment qu’il vous dise – sans lever les yeux – « Je t’écoute ». À vous, alors, d’expliquer pourquoi vous vouliez travailler dans sa société.
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JournalDuneBibliothecaireJournalDuneBibliothecaire   05 octobre 2020
Et Danny ? te demandes-tu. Est-il plus ou moins humain que d'autres ? Certains pourraient qualifier sa psychorigidité, son amour des horaires et son absence d'imagination de robotique. Quand des gens évoquent leur "humanité", ils font référence à leur empathie, à leur compassion, à leur code moral. Mais, évidemment, Danny n'est pas moins humain parce qu'il ne possède pas ces qualités. Il est humain d'une autre façon, voilà tout : c'est un être qui possède un ratio psychorigidité/empathie inhabituel.
Le véritable critère pour évaluer l'humanité d'une personne, songes-tu, c'est peut-être son attitude vis-à-vis des êtres comme Danny. Cherchera-t-elle aveuglément à les "réparer" pour qu'ils ressemblent aux autres, ou bien acceptera-t-elle leur différence pour faire en sorte que le monde s'y adapte ?
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rkhettaouirkhettaoui   09 octobre 2020
La mère d’un enfant autiste sait que les sentiments qu’elle éprouve pour lui ne seront jamais réciproques. Son enfant ne lui dira jamais Je t’aime, jamais il ne lui fera un dessin pour la fête des Mères, jamais il ne rentrera à la maison pour lui présenter fièrement une maquette réalisée à l’école, une petite amie, une fiancée ou un nouveau-né. Jamais il ne te racontera sa journée ni ne te confiera ses plus grandes peurs.

Il aura toujours besoin de toi, plus que n’importe quel autre enfant, parce qu’il est incapable de livrer bataille seul. Il a besoin de toi pour ne pas être écrasé par le monde. Il a besoin que tu sois son interprète, sa protectrice, son garde du corps, son avocate. Il a besoin que tu y réfléchisses à deux fois avant de mettre en marche l’aspirateur, le micro-ondes, le sèche-cheveux ou tout ce qui peut le faire souffrir.
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