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Critique de moravia


moravia
  04 février 2018
Lors de la dernière Masse critique, quand le moment du choix fut venu, j'ai pensé que je devais choisir un livre d'un auteur de langue française (ainsi j'évitais la mauvaise surprise d'une traduction foireuse), pas trop jeune (je voulais exclure un premier roman).
C'est ainsi que j'ai coché deux livres (je fais toujours une sélection très serrée).
Je ne vous parlerai pas de celui que je n'ai pas reçu (forcement), mais du roman publié aux éditions du Rocher, écris par Philippe Delannoy.
"Quand j'ai connu Philippe Delannoy, il était à peu près le même qu'aujourd'hui : grand, blond, secret, bourru."
C'est par ces mots de Patrick Besson, extrait de son livre "Mes vieux papiers" que j'ai découvert Philippe Delannoy. Si les mots "secret" et "bourru" avaient tout pour me séduire, en allant consulter sa biographie je me rendis compte que je pouvais y rajouter le mot "discret". J'avais tout ce que j'aime chez un écrivain.
Babelio, lors de la dernière opération masse critique m'a offert son dernier roman : Les ébouriffés.
Après l'Espagne de "Las Palmeras", Philippe Delannoy revenait sur les lieux de sa jeunesse à Saint Brieuc.
Une jeunesse à Saint-Brieuc sous Pompidou. Tel est le sous titre de cette autofiction. C'est en effet Philippe Delannoy que l'on retrouve sous les traits de François, l'élève d'une école privée, au tout début du roman et qui entrainera le lecteur dans une ballade au coeur de la ville bretonne.
Je n'ai pas vécu à Saint-Brieuc et pourtant par la magie des mots, Philippe Delannoy à travers ce roman m'en a donné l'illusion. J'ai reconnu les lieux, les gens, les odeurs de cette ville. J'ai reconnu le pâtissier de la rue Glais-Bizoin, Madame Gueymeur qui vendait des chapelets d'oignons d'Yffiniac sur la place de la poste, la crêperie proche du jardin des promenades, la librairie de la rue Gouenot, les deux soeurs bigotes de la rue Chateaubriand, ils étaient bien tous à leur place, bien vivants.
Clarks aux pieds, veste afghane en chèvre retournée, pantalon brodé à pattes d'éléphant j'ai traversé les années Pompidou. Alors que les parents feuilletaient Jour de France, Nous-Deux, ou Ouest-France les plus jeunes se partageaient Salut les copains en écoutant Sheila, Dick Rivers, Eddy Mitchell ou Johnny Hallyday. Si l'on était plus politisé il fallait ouvrir le quotidien Libération, première formule, ou Charlie Hebdo pour lire chaque semaine la chronique de François Cavanna. C'était encore mieux en écoutant Léo Férré (Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent), Henri Tachan ou Maurice Fanon.
Pour les plus bretonnants il restait Gilles Servat et Glenmor.
Vous avez lu La Gloire de mon père, le Château de ma mère ? Je sais que je fais une comparaison osée, je sais que les cigales ne séjournent pas en Bretagne (quoique bientôt...), cependant Philippe Delannoy me fait penser à Marcel Pagnol par le style, bien que plus ironique, presque désabusé : "Tant de gens ont sur les lèvres un amour qui n'existe pas dans leur coeur".
Là où Patrick Besson voit un homme bourru, je vois surtout un homme lucide à qui on ne la fait pas. Ses premières amours d'adolescent ne sont pas un chant lyrique plein d'enthousiasme. Il veut en rire, préférant la dérision.
Philippe Delannoy est un auteur qui ne laisse pas indifférent. À chaque page il surprend le lecteur par sa facilité à l'entraîner avec lui dans le monde qu'il veut dévoiler. C'est subtil, fin. Parfois il laisse traîner une phrase que seuls quelques initiés peuvent comprendre. Une passerelle de complicité que l'on traverse avec bonheur.
Une belle découverte que je dois à Babelio ainsi qu'à Laurence Angebault la responsable promotion littérature des éditions du Rocher. Un grand merci à eux.
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