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EAN : 9782207340097
160 pages
Denoël (11/10/1984)
3.19/5   8 notes
Résumé :
LA FOSSE AUX ETOILES
L'espace vous détruit, sauf si vous êtes un des rares privilégiés qui peuvent aller PLUS LOIN...

Lorsque je débarquai à la fosse aux Étoiles, le fait de travailler ici, aux confins de la galaxie, me fit un certain effet.
Peut-être était-ce de savoir qu'on ne pouvait aller plus loin.
Peut-être était-ce les dorés.
Un choc psychique entraîne la folie, puis la mort chez tous les êtres humains qui dépassent ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique

Je n'avais pas envie de relire maintenant La fosse aux étoiles de Samuel R. Delaney . Cet avis est consacré à la novella de Vonda McIntyre.

L'essai Libère-toi cybyorg ! d'Anne Larue m'a donné envie de lire Superluminal (1983). Quel rapport avec cette novella vous demanderez-vous? Aztèques (1977) est à l'origine du roman, une sorte d'épisode pilote.

Pour la petite histoire, ce texte a été nominé pour le Nebula de 1978 et a terminé en 3ème place des prix Locus et Hugo de la même année (catégorie novella). le titre fait référence à l'autosacrifice aztèque de cardiectomie.

Avis mitigé…

Leanea se réveille après une opération qui a remplacé son coeur par une machine. Cela va lui permettre de devenir pilote et de supporter les voyages supraluminiques. L'histoire se consacre à son adaptation à son nouveau statut de cyborg.

Leanea s'enfuit de l'hôpital et fait la rencontre de Radu Dracul, un homme originaire de la planète Crépuscule. Ils vont tomber amoureux et comment dire… la « métamorphose » de Leanea change la donne au niveau de l'acte sexuel. Radu va donc poser sa candidature pour devenir lui aussi un pilote/cyborg

Ma déception vient que je m'attendais à une petite démonstration de pilotage dans l'espace et que les 2/3 de l'histoire sont consacrés à la romance entre Leanea et Radu (avec quelques scènes olé olé).

Je vais quoi qu'il en soit lire le roman.

Challenge multi-auteures 2020

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Samuel R. Delany est considéré comme la figure la plus importante de la New Wave américaine et comme le maître de la linguistique. Je vais être cash : c'est l'un des pires trucs que j'ai jamais lu, une véritable purge en bonnes et dues formes !

Pourtant la première page de cette nouvelle, intitulé "La Fosse aux étoiles" et parue en 1967, est construite comme un magnifique tableau impressionniste... Mais ensuite l'auteur sans doute stylistiquement brillant se regard écrire :

* Premièrement, pour l'auteur le narrateur omniscient c'est de la merde, donc il faut poser l'ambiance uniquement à travers les sensations, les émotions et les pensées des personnages

* Deuxièmement, l'approfondissement doit passer uniquement par l'émotionnel, donc la nouvelle se présente comme un agglutination d'impressions du personnage principal sans aucune transition, précision, explication

* Troisièmement, pour l'auteur les clichés traditionnel de la narration sont à bannir, donc pas de début, pas de milieu, et pas de fin, on change constamment d'unité de lieu, de temps et d'action sans savoir où on est, quand on est, et de qui on parle puisque des personnages débarquent au milieu des dialogues sans qu'on sachent qui ils sont, ce qu'ils font, ce qu'ils veulent, d'où ils viennent et où ils vont... Bref, encore une fois c'est bavards et abscons, en plus d'être long, lent et chiant car ça ne raconte rien !

Je ne résiste pas à la tentation de vous donner un exemple de mon calvaire :

- Et au masculin un or, au féminin une aura.

- A peu près... Ce n'est pas un adjectif, ce n'est pas un nom. Mon éditeur m'a raconté qu'il été pendant quelque temps écrit précédé d'un tiret qui signifiait ce que l'on voulait.

Je me souvenais du tiret. C'était une plaisanterie gênante, une pirouette pour remplir artificiellement ce vide.

- Pense donc à ça. Les dorés, des dorés... ça fait drôle, non ?

- Dorés sur tranche, dorés à la feuille, dorés à points... Il y a de quoi s'amuser !

WTF ??? Et je vous fais grâce de la Deuxième Guerre du Kyber où on ne sait pas qui combat qui pour la possession de di-allium venu de la galaxie de Lupe en se servant de Y-adna venant de Magellan-9... Les méfaits de la drogue sans doute ? ^^

J'ai déjà lu des trucs « impressionnistes », souvent des romans Cyberpunk ou NSO par ailleurs, mais c'était souvent des interludes après que les personnages, l'histoire et le univers ait été exposés ce qui n'est absolument pas le cas ici. Donc j'ai dû me concentrer de toutes mes forces durant les interminables heures de lectures de cette nouvelle de 60 pages : l'auteur n'arrête pas de balancer des tonnes de trucs sans prévenir à travers les introspections et les dialogues de Vyme, et d'ensuite considérer que tout cela doit être est acquis par les lecteurs comme par magie. Alors si j'ai bien compris c'est l'histoire d'un mec nommé Vyme et on suit ses tranches de vie : Vyme est un garagiste de l'espace qui s'emmerde à Diable-Vauvert-lez-Etoiles qui fait office de dernière escale avant le grand vide galactique, et il gagne sa vie en retapant des yachs avec des robots anaméchaniakatasthyseur quand il ne passe pas son temps à l'écologarium (ne demandez pas ce qu'est, je n'en sais fichtre rien !). Les hommes deviennent fous passés 20000 années lumière et s'éteignent en même temps que les machines passés 25000 années lumière, sauf les Dorés qui eux ne souffrent pas de la folie provoquée par le franchissement de la coquille psychophysiologique car ils sont déjà fous. Les aliénés deviennent ainsi des aventuriers seuls capables de voyager à longue distance, explorant galaxies et dimensions parallèles, donc les chouchous de la société et l'élite de l'humanité qui suscitent à la fois fascination et détestation (comme dans la nouvelle "... Et pour toujours Gomorrhe" parue la même année, mais sans tout le côté bizarre des asexués prostitués). Un jour il rencontre un Doré qui lui demande de rafistoler son vaisseau, et son apprenti analphabète Ratlit se fait la malle avec lui après causé la mort de sa petite amie psychotique Alégra qui elle aussi travaillait au garage... The End !

Quand l'auteur sort de son trip littéro, il a quelques éclair de lucidité où il développe ses idées :

- comme les névrosés sont indispensables à la société, on fabrique à la chaîne des névrosés artificiels

- la famille monogamique est une coutume barbare et primitive, qui a été remplacée par les « groupes de reproduction »... ah ça, on sent l'idéologie hippie ^^

- le adultes ne doivent pas interférer dans la vie des enfants la vie, qui doivent s'éduquer et se débrouiller seuls en suivant leurs propres lois et suivre leurs propres routes... Ah ça on sent l'idéologie hippie, sauf qu'ici les enfants qualifiés de « petits singes agités de fous rires » semblent servir d'animaux de compagnie ou de main-d'oeuvre... J'avais la désagréable impression d'être dans l'univers dystopique de "Gunnm" où les enfants ne sont pas considérés comme des êtres humains avant leur majorité...

- le personnage principale regrette le bon vieux temps où on commençait à se droguer à partir de 13 ou 14 ans... ah ça on sent l'idéologie hippie, sauf qu'ici les gosses commencent à se droguer à partir de 7 ou 8 ans, et on développe bien le cas d'Alégra, une télépathe projectionniste toxicomane à vie toujours plongée dans ses hallucinations parce que sa mère était une junkie...

- ah oui, il aussi des métaphores sur l'édition, l'écriture et la relation entre auteur et éditeur qui déboulent de nulle part en plein milieu des dialogues et qui n'ont ni queue ni tête... (à moins qu'on ne considère que les Dorés qui explorent le cosmos sont en fait les allégories les écrivains qui explorent l'imaginaire, et les autres cloués au sol comme étant leurs lecteurs : là ça ferait sens, mais du coup c'est tout le reste qui n'a plus ni queue ni tête...)

Dans le cadre d'un récit d'ambiance j'aurai pu me prêter au jeu, mais l'auteur expert en jonglage de mots ne fait absolument rien pour se rendre accessible ceux qui ne sont pas titulaire d'un master en lettres modernes. Et le Space Opera ce n'est pas seulement ailleurs et demain, c'est aussi de l'épique, de l'aventure et de l'émerveillement : rien de tout cela ici, donc fuyez pauvres fous !


Lien : https://www.portesdumultiver..
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Cette critique concerne uniquement "Aztèques"

Née en 1948, Vonda McIntyre est une romancière américaine ayant récolté nombre de prix prestigieux comme le Nebula et le Hugo (pour LE SERPENT DU REVE). Elle reste pourtant assez méconnue en Europe. Son premier roman, LOUE SOIT L'EXIL, fut publié en 1975. Peu prolifique, McIntyre n'a écrit qu'une douzaine de romans originaux (dont deux situés dans l'univers Star Trek et un dans la galxie Star Wars) auxquels s'ajoutent trois novelisations (encore de la saga « Star Trek ») et un grand nombre de nouvelles, courtes ou longues. AZTEQUES appartient à cette dernière catégorie et, avec ses 70 et quelques pages, se rapproche de ce que les Anglo-Saxons appellent une novella. En France, AZTEQUES fut publiée dans une intéressante mais éphémère collection, « Etoile Double », sous la bannière de Denoel. le principe était simple : publier deux longues nouvelles (ou courts romans) n'ayant souvent aucun lien entre eux exceptés leur longueur. AZTEQUES fut ainsi accolé à l'excellent LA FOSSE DES ETOILES de Delany.

L'oeuvre de McIntyre s'inscrit, elle aussi, dans le cadre du space-opéra et débute par ses mots intriguant : « c'est de très bon coeur qu'elle abandonna son coeur ». Nous suivons Laenae, laquelle rêve d'aventures et souhaite rejoindre la classe des Pilotes. Pour cela elle doit sacrifier son coeur humain et subir une opération visant à lui implanter un organe artificiel afin de permettre à son corps de supporter les voyages dans l'espace. Elle devient rapidement fière de la nouvelle appartenance à cette caste mystérieuse, exhibant crânement la cicatrice qui témoigne de sa nouvelle vie.

En peu de pages et avec une belle économie de mots, McIntyre construit un space-opéra contemplatif, où l'action se fait rare. La psychologie de la principale protagoniste est ici plus importante que les voyages dans le vide stellaire. Une histoire d'amour contrariée avec un homme au patronyme étrange (Radu Dracul) fournit l'épaisseur nécessaire à un récit centré sur la perte d'humanité acceptée par l'héroïne. L'auteur nous permet donc de suivre la nouvelle vie (notamment sexuelle) de cette apprentie astronaute une fois qu'elle s'est intégrée aux pilotes.

Un texte court mais riche (comme quoi il n'est pas toujours nécessaire de pondre des centaines de pages pour réussir de la belle science-fiction) et réussi pour un bel exemple de cette nouvelle vague plus mature et humaniste (voire féministe) apparue durant les seventies. McIntyre en tira d'ailleurs quelques années plus tard un roman plus développé, SUPERLUMINAL.


Lien : http://hellrick.over-blog.co..
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« La fosse aux étoiles » est une nouvelle longue de Samuel R. Delany, connu pour ses space/planet-opera. Pas d'aventures spatiales ici mais plus une expérience à échelle humaine davantage tournée vers la métaphysique. Ce n'est pas le meilleur texte de l'écrivain américain mais on peut apprécier la tonalité sombre et noire, inhabituelle chez lui, apportée à cette histoire. Étant lui-même homosexuel et noir dans une Amérique des années 60, on peut éventuellement y discerner une comparaison entre sa situation et celle des dorés, ostracisés et mal aimés. C'est vraiment le rythme inégal de la nouvelle qui rend sont intérêt tout aussi irrégulier.

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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation

- Après deux divorces, ma mère disparut avec un représentant de commerce et me laissa, ainsi que mes quatre frères et sœurs, aux bons soins d'une tante alcoolique pendant un an. Ouais, ils pratiquent encore le divorce, le mariage monogamique. Comme je l'ai déjà dit, c'est plutôt primitif.

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- Il suffit que je désespère des jeunes générations, pour qu'arrive un gosse comme toi qui me prouve que j'ai tort. Même en admettant que tu sois un psychopathe, tu es quelqu'un de bien mieux que nombre de tes aînés.

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Un psychiatre intoxiqué de quinze ans ? Même genre de précocité que celle qui produit des romanciers de treize ans. Il faut s'y faire.

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Je suis né dans une ville du nom de New York, sur une planète que l'on appelle la Terre. Luna est son unique satellite. Je suis sûr que vous avez entendu parler de ce coin ; c'est de là que nous venons tous.

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- J'estime que les adultes devraient se contenter de laisser les enfants tranquilles, de leur foutre la paix, et de s'occuper d'autre chose !

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