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Henry-Luc Planchat (Traducteur)
EAN : 9782266022002
441 pages
Pocket (01/07/1988)
3.58/5   20 notes
Résumé :
Vous pouvez tout faire sur Triton : changer de peau, de sexe, de vie. Il y aura toujours une communauté pour vous accueillir. Et si vous refusez toutes les règles, installez-vous dans le secteur indépendant : les lois y sont suspendues.

Bron Helstrom, ancien prostitué martien, s'est spécialisé dans une science nouvelle : la métalogique. Il cherche sa place dans cette société multiforme et sophistiquée qui a balayé tous les dogmes, toutes les co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
de la bonne SF, pas trop hard technologique mais plutôt une réflexion profonde sociologique sur l'identité des individus. Un livre assez ardu car c'est une SF peu évidente à comprendre et donc la compréhension est amené par des états d'âme du héros qui par ses discussions, ses actes explique le monde d'où il vient, où il vit avec qui il fraye et surtout ce qu'il ressent. Il est assez énigmatique. La prose est bavarde et assez intellectuelle mais aussi technique, de sociologie et de politique ce qui peut rebuter le lecteur. Il y a donc un effort permanent à avoir pendant la lecture et même avec cela ce n'est pas évident.
Pour le décor on est dans la cité de Téthys sur Triton, la lune de Neptune, et dans l'espace il y une guerre entre la Terre et les lunes dont on commence à sentir les effets.
Un lieu assez indéfinissable particulièrement entre les secteurs de la ville, entre le décor naturel et les aménagements techniques qui façonnent cette ville synthétique. En outre l'espace les intérieurs sont aussi des extérieurs: difficile à visualiser, on ne garanti rien pour l'explication, mais l'exotisme spatial n'est pas l'objet du livre et puis on imagine ce qu'on veut.
La société de Delany est fondamentale dans cette narration. Il parle d'hétérotopie, un monde fait de secteurs autonomes en discontinuité avec le reste.
Utopie très genrée au sens où le sexe détermine l'appartenance des individus à des communes ou familles qui coexistent avec des coopératives homo ou hétérosexuelles ou mixtes. Une apologie surtout du transgenrisme.
Utopie libertaire car il semble que les individus n'ont de contraintes qu'eux même, ce qui pour le personnage Bron Helstrom narcissique invétéré et perturbé pose problèmes car ceux-ci lui semblent venir des autres. Cette vision est qualifiée en générale de libertaire par les critiques mais on y voit surtout de l'individualisme forcené puisque tout tourne autour des individus sans qu'il y ait de valeurs communautaires fiables sauf pour les biens matériels et ce n'est pas l'ajout des artistes de rues, micro théâtre, plus fraternels et humanistes qui vont y changer quoique se soit.
Un univers ordonné qui propose un crédit de base à chaque individu, une sorte de RMI avec accès en nature aux conditions de vie essentielles ou tout est fourni. Il existe toutefois des zones sans lois où chacun fait ce qu'il veut et ce qu'il peut.
Des castes religieuses qui ne sont pas sans évoquer celles pauvres de l'Inde ou bien on peut les voir comme une cour des miracles, des êtres un peu décérébrés en voie de régression humaine.
Une société qui propose en outre à ses membres des transformations personnelles physiques et psychologiques en fonction des besoins et desiderata de chacun. La couleur de peau, l'aspect physique et psychologique en général n'est pas figé. Ainsi pour les aptitudes et attitudes genrées: rien n' est irréversible, ce qui fait un monde d'individus aléatoires et métamorphes.
On peut rappeler que R. Delany est un écrivain noir américain gay et le personnage Bron Helstrom est un homme blanc hétérosexuel souffrant d' insatisfaction chronique, irrésolu en perpétuelle introspection pour ses problèmes insolubles. Un Delany, ancien hippie gay qui cumule les déficiences dans une Amérique sectaire où il n'est pas bon de parler de sujets qui fâchent et qui profite de la SF pour présenter ici ce qu'il considère être le statut idéal de l'être humain: des êtres métamorphes, noirs ou blancs, à genre variable et
libres de surcroît ce qui n'est pas rien mais de préférence utopique. On peut regretter que cela soit présenté sans affects avec une certaine froideur et une distanciation qui va à l'encontre de ce que Delany veut démontrer dans son livre.
Il y a, en outre, une critique de l'homme blanc hétéro mâle dominant depuis des siècles et une défense de la femme et ce dans le discours d'un personnage transgenre gay blanc devenu gay noir, critique courte mais très condensée et explicite.
Un héro insatisfait, assez antipathique, pervers, narcissique et mythomane qui se cherche sans se trouver et qui croit, à tort, qu'une transformation physique change l'individu et le réconcilie avec lui-même.
Malheureusement on ne «devient pas femme» mais on l'est – ADNéthiquement - si tout est bien séquencé et vice versa semble dire Delany: un problème ardu pour le genre.
Comme le dit Pangloss ce monde est “le meilleur des mondes possibles” mais et sans vraiment à avoir supporter des misères sauf celles qu'il.Elle.Iel(?) s'inflige, Bron Helstrom se comporte comme un Candide.
le problème de ce livre, car il y en a un, vient du fait que tout est subordonné au sexe et à la relation entre deux individus vu sous le signe dominant/dominé. Mais dans une société où il (le sexe) est aléatoire puisqu'on peut en changer et donc n'a plus d'utilité de reproduction, comment peut-il être aussi important? En outre celui-ci n'est vu que comme un «passe-temps» de plaisir ou quelque chose comme ça et il donc difficile de comprendre la vision plus large des liens familiaux, des fratries assez peu abordée puisque les enfants semblent être très tôt livrés à eux même pour le pire.
Une société difficile à appréhender due à une vision individualiste et névrotique de Delany. de plus les personnages n'évoluent qu'entre eux, dans un petit cercle fermé, presque d'initiés, il n'y a pas d'ouverture pouvant généraliser la théorie avancée.
Il y a un petit goût de bizarre, de malsain dans la narration avec ce personnage très négatif arc-bouté dans ses certitudes, quelque chose de faux dans la démonstration de Delany et ce même avec des arguments génétiques scientifiques à l'appui.
Intéressant mais perturbant et difficile d'accès!
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Je suis assez surpris qu'il n'y ait pas de commentaire sur ce livre que j'ai lu à sa sortie chez Calmann-Levy en 1977, c'est la même traduction que l'édition poche.

C'est un livre que j'avais bien aimé, je garde un souvenir assez précis des humeurs dégagées lors de sa lecture, ce n'est pas si courant. Combien lit-on de livres excellemment écrits, mais ne dégageant aucune idée originales et que nous serions bien en peine de raconter quelques semaines plus tard ? certainement la majorité de nos lectures qui sont surtout des lectures de délassement.


C'est de la SF, mais avec des détours dans la politique et l'organisation de la société, il est question de communautés, mode de vie privilégié, rien d'étonnant à l'époque de parution du livre. La considération des enfants est des femmes est aussi un sujet de réflexion. Il est aussi beaucoup question de "sexe", mais pas au sens où nous l'entendons, sitôt le mot prononcé des connotations scabreuses s'imposant, dans Triton le sexe est juste une caractéristique parmi d'autres, quelque chose de normal, traité de la même manière que d'autres choses caractérisant la vie.

Si vous tombez sur ce livre, faîtes vous plaisir, plongez vous dedans …
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Pur roman de SF des années 70. On y parle de genre, et d'identité sexuelle, on y parle d'utopie économique, de conquête de planètes, de génétique, de médecine quasi sans limites.....
Le livre peut être ennuyeux car certains passages plutôt théoriques font plusieurs pages (typique d'une certaine SF à la la littérature ambitieuse de cette époque). Mais il a l'avantage de créer un monde assez cohérent, peuplé de personnages parfois très bien décrits.
Au milieu, le personnage central est un pur anti-héros, qui se cherche à travers de nombreuses expériences très différentes (ô combien).
Je n'ai pas tout aimé, mais j'ai apprécié au moins deux choses:
-La pertinence de plusieurs sujets, de plus en plus d'actualité
-La démonstration que l'abondance de moyens matériels, financiers, de prestations de conseils... de même qu'une liberté quasi absolue, ne nous affranchissent pas de l'injonction d'avoir à se définir, et définir ce qui pour soi est juste, bon, ou normal.

En résumé, un livre intéressant, qui, pour moi, valait l'effort.
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Note réelle : 0 / 5

Ce n'est pas mon style de lecture, je n'ai pas réussi à le terminer. le livre parle beaucoup de sexe, un thème qui ne m'intéresse pas du tout. La lecture c'est donc, sans surprise, avérée décevante.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
L'homme était nu ,à part quelques bandes de fourrures entourant l'un de ses bras musclés.Une cuisse massive ;il portait autour du cou des chainettes qui venaient battre sa poitrine velue et enfoncée.Ses cheveux paraissaient si sales et emmelés qu'on n'aurait pu dire s'ils étaient teints en bleu ou en vert.
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