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Citations sur Au nom des femmes battues : Ma vie, mon calvaire, mon.. (3)

Umzayd
Umzayd   08 juin 2012
Pour vous Mademoiselle, qui souhaitiez vivre une simple idylle avec votre amoureux de classe, et qui vous êtes retrouvée séquestrée dans sa chambre, attachée, pour vous empêcher d'aller voir vos amies ou d'aller travailler, recevant des coups, des morsures et des brûlures sur tout le corps, vous empêchant de crier en vous étranglant, vous menaçant avec un couteau de ne rien révéler à vos proches sous peine de mourir, et de représailles sur ceux que vous aimez, vous rabaissant dans ses propos comme quoi, vous l'aviez bien cherché, que tout cela était de votre faute, que vous n'auriez jamais du le provoquer...
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XjapanK
XjapanK   13 octobre 2014
Un enfant n'a besoin de son père et sa mère, que lorsque ceux-ci sont aimants et aptes à contribuer à son épanouissement. Dans le cas contraire, préserver une relation avec un parent maltraitant ne peut qu'engendrer de la désolation et du chagrin, dans le meilleur des cas.
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lolitajamesdawson
lolitajamesdawson   13 mai 2020
Ma mère était une sainte, même si elle vivait en enfer.

Il y avait tellement de sujets et des non-dits ! J'avais honte de cette situation qui m'échappait totalement, peur de parler, ne sachant ce que je devais dire, ou au contraire, ce que je devais taire.

Je n'avais pas encore treize ans, et déjà plus de Maman.

Chez moi, je ne me sentais pas bien, au collège je me sentais rejetée, autant dire que je ne me sentais bien nulle part.

L'écriture était une façon plus simple et plus direct d'exprimer mes angoisses.

Hasard ou fatalité, il fallait croire que la vie me confrontait de nouveau aux plus bas instincts de l'homme : la violence et la cruauté.

Et il est resté. La peur s'est infiltrée en moi à ce moment précis : c'était foutu !

Fin du foyer, fin de mon indépendance, fin de mon célibat, fin des études, fin de ma liberté, fin de mes rêves, début de l'enfer...

La peur s'était déjà infiltrée dans chaque parcelle de mon être, il ne m'était pas possible de m'opposer à la volonté de l'Autre Bis. C'est pour cela que je l'ai suivi, sans dire un mot. La peur des représailles était déjà inscrite dans mon cerveau, et quand on a peur, on ne fait plus que subir.

C'est incroyable, cette palette de couleurs que peuvent prendre les bleus lorsqu'ils vieillissent. Bleus, puis violets, jaunes et même verts ! Incroyablement jolis du reste, si ces couleurs de l'arc-en-ciel s'étaient imprimées ailleurs que sur mon visage.

Les insultes pleuvaient autant que les coups. Comment pouvait-il jouir sous mes larmes ?

Une chose est sûre, il était hors de question que je garde cet enfant. Je me souvenais de chaque mot et de chaque coup lors de sa conception. L'idée même de porter le fruit de ce viol, de mettre ce viol au monde, était inconcevable.

Il était diabolique, pervers et manipulateur. Je savais que je ne faisais pas le poids pour me défendre. Je découvris alors que dans un cerveau fou et sadique, l'imaginaire était surdéveloppé. Il me maltraitait avec une violence intelligente, très loin de la violence instinctive que les animaux de la jungle se réservent. Lui avait toute sa tête ; il savait exactement ce qu'il faisait, où et comment il me frappait, mais il n'en connaissait sûrement pas la raison.

Je voulais tellement protéger Papa au détriment de ma vie, que j'étais obligée de l'inciter à partir de chez moi, la peine au coeur et la peur au ventre, sachant que j'allais me retrouver seule avec ce fou.

Ce n'étaient plus les coups qui me faisaient mal, mais tous ces actes sadiques que je subissais corporellement, dans des positions qui vous font oublier que vous êtes un être humain, une femme, une future maman, ces choses qui vous brisent à jamais, irréparables.

Rien n'est plus avilissant pour une femme que de subir des coups de l'homme avec qui elle a partagé sa vie, son lit, conçu des enfants et construit un foyer.

Sa volonté de possession était telle que les tortures psychologiques, physiques et sexuelles n'avaient pour seul objectif que de me soumettre à lui, totalement, exclusivement, maladivement.

C'est ce soir-là que j'appris qu'il s'appelait Xavier.

Au moment d'entrer dans l'ascenseur, nos regards se croisèrent de nouveau, avec insistance et là, je sentis un éclair parcourir mon corps, car son regard trahissait les mêmes sentiments que les miens !

"Tu as trouvé l'homme qui a été créé pour toi, vous dégagez tous les deux quelque chose de beau et de fort. Vous avez eu le coup de foudre l'un pour l'autre, ça se voit !"

Une force venue d'ailleurs nous attirait l'un vers l'autre comme un aimant puissant, et ce, depuis notre premier regard. J'avais l'impression que l'on se connaissait depuis toujours !

De voir ses yeux me dire "je t'aime" me mettait KO. J'en étais tétanisée de bonheur. Mon coeur se gorgeait d'amour. J'en oubliais qu'il était Homme. C'était son âme qui me bouleversait ainsi.

Je compris en cet instant ce que l'amour réel était. Nous étions amoureux.

Tatiana est re-née ce jour-là ! Pas moi, la vraie. Celle que j'avais enfouie si profondément au fin fond de mon être. J'avais refait surface. J'étais revenue à la vie. Xavier avait trouvé la clé de ma prison et m'avait délivrée de mon mal.

À partir de cette nuit-là, nous ne nous sommes plus jamais quittés. Xavier et moi, c'était une évidence.

Voici le sort des femmes battues lorsque leur compagnon sort de prison ; livrées à elles-mêmes, dans leur merde !

Je fus très vite épuisée psychologiquement, angoissée et dépressive, vivant de nouveau les scènes de mes tortures qui ravivaient les stigmates. J'étais traumatisée par une personne dont je n'arrivais pas à ma débarrasser, malgré toutes mes tentatives pour le rayer de ma vie.

Ce n'était pas son fils qu'il voulait avoir, c'était moi à travers lui. Il me l'avait dit lors de la conception de cet enfant et il avait tenu parole. M'engrosser n'était qu'un forfait de plus pour me posséder.

Mon Champion n'aurait pas été là, je me serais suicidée. Et malheureusement, toutes les femmes battues n'ont pas la chance de rencontrer un Xavier. Ma mère en est le triste témoin.

C'est toujours la mort qui est au bout du chemin, n'en déplaise aux instances supérieures qui s'obstinent à faire appliquer des lois qui n'ont de sens que pour elles.

Je suis vivante, alors c'est possible. Ainsi est ma prière. Le combat continue. Paix à ton âme, Maman...
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