AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782253034926
544 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (03/10/1984)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 402 notes)
Résumé :
C'est grâce à ce livre, enfin réédité, que nous a été révélée la vie extraordinaire de Camille Claudel.
Sœur aînée de l'écrivain Paul Claudel, Camille a connu en tant que femme et en tant qu'artiste, un destin hors du commun
A la fin du siècle dernier, une jeune fille de dix-sept ans qui veut être sculpteur, c'est inconcevable, voire scandaleux. Or, Camille se lance dans l'aventure à corps perdu. Jusqu'au jour de 1883 où elle rencontre Auguste Rodin. L... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  19 mai 2017
Choqué ! Je suis absolument choqué quand j'essaye de m'imaginer, comment un membre tant éminent de l'élite ait pu traiter sa soeur, la plus grande sculptrice de tous les temps. Éminent il était ce Paul Claudel : immortel (membre de l'académie française), ambassadeur, grand-croix de la Légion d'honneur, auteur prolifique er figure de proue de la religion catholique. Je n'arrive tout bonnement pas à comprendre qu'un homme tant cultivé ait pu agir de la sorte. Et ce ne sont certainement pas ses explications vaseuses, à propos de la pauvre Camille, qui m'y mèneront.
J'avoue que le pourtant excellent ouvrage d'Anne Delbée m'a coûté de la peine à terminer. En fait, j'ai failli plusieurs fois l'abandonner, tellement que le sort scandaleux, réservé à cette artiste hors pair par son éminent frere m'a dégoûté. Si j'étais Saint-Pierre, je ne l'aurai pas laissé entrer au paradis, malgré son visa particulier, qu'était son 'Annonce faite à Marie'. Ouvrage sur lequel, j'ai trouvé une critique on ne peut plus pertinente de la main de ChatDuCheshire à Babelio, dans la vie, le professeur Isabelle Corbisier, qui après avoir loué les qualités littéraires de cette oeuvre, ajoute : "Mais celle-ci (l'écriture) est au service d'un propos catholique réactionnaire totalement écoeurant à mes yeux. Toutefois on ne peut reprocher à l'auteur de ne pas y être en phase avec lui-même quand on sait ce qu'il fit de sa soeur Camille..."
Une chose est certaine, jamais je ne lirai un autre ouvrage de Paul Claudel. Non pas comme une espèce de revanche posthume, mais tout simplement parce que n'importe quel oeuvre de lui serait hypothéquée par le tragique destin de sa soeur, qu'elle a vécu largement à cause de lui.
Il y aura, devant mes yeux en d'autres termes, toujours cet ahurissant contraste, entre la gloire et les honneurs d'un côté, la misère à l'état pur de l'autre.
Pour ceux qui n'ont pas lu ce livre ou un autre sur Camille Claudel, ni vu le film que Bruno Nuyten en a fait en 1988, avec une inoubliable Isabelle Adjani, l'incarnant à l'écran, je résume brièvement les faits. La sculptrice a passé presque 30 ans dans un asile d'aliénés, de février 1915 jusqu'à sa mort, le 19 octobre 1943, pour être précis. L'instigateur de cet enfermement, pour 'démence paranoïde', n'est autre que son frère. La cause principale de sa mort est la malnutrition, problème dont le frère avait été informé par le chef de clinique juste avant sa mort. le grand académicien-diplomate-supercatholique n'a pas daigné venir à son secours, ni à son enterrement (dans une fosse commune), d'ailleurs.
L'ouverture, à Nogent-sur-Seine, le 26 mars dernier, du Musée Camille Claudel, lui permettra enfin, du moins je l'espère, de sortir de l'ombre d'Auguste Rodin. 74 ans après sa mort, ce n'est vraiment pas une minute trop tôt !
Comme il y a déjà 16 bonnes critiques de l'ouvrage d'Anne Delbée, je m'abstiendrai de synthétiser ce livre. Je veux juste exprimer mon étonnement que l'auteur n'a pas été couronné d'un prix prestigieux, outre celui des lectrices de Elle. Si le Prix de l'Académie française, s'avérait évidemment un peu délicat, il restait le Goncourt, Renaudot ou Femina !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11556
paroles
  17 mars 2014
Fin du XIXe siècle, une très jeune femme rêve d'être sculpteur. Impensable à cette époque ! Et pourtant, pourtant Camille résiste en dépit des considérations de sa famille. Elle lutte pour assouvir sa passion. Un jour, elle rencontre le célèbre Rodin et c'est l'amour fou. Elle devient son élève aussi bien en amour qu'en sculpture. Son talent éclate, mais leur relation est orageuse et déborde de l'atelier. La rupture est annoncée et Camille ne la supporte pas. le scandale est là, le frère, Paul Claudel, ne le supporte pas. Il la fera enfermée...
Camille Claudel fut internée pendant trente ans... Ce magnifique hommage contient quelques lettres écrites par Camille à son frère. Ce sont des lettres très poignantes dans lesquelles on ressent toute la passion dévorante de Camille pour son art. Quant à la folie, on peut se poser bien des questions à son sujet...
Commenter  J’apprécie          510
fredho
  20 décembre 2012
«Une femme » d'Anne Delbée est la biographie de Camille Claudel, soeur de l'écrivain et poète Paul Claudel, et élève et amante d'Auguste Rodin.
XIX siècle, Camille est l'aînée d'une fratrie de deux soeurs et un frère Paul avec qui elle partage un amour fraternel. Jeune adolescente, atypique et sauvage, Camille aime fureter dans la nature et prend un réel plaisir à toucher et modeler la glaise.
Dotée d'un don pour la sculpture, la jeune fille décide d'exercer cet art.
Mais à cette époque, l'aspiration pour cet art est scandaleuse pour la femme, et sa mère qui voue une haine inextricable pour sa fille, s'y oppose catégoriquement. Soutenue par son frère et son père avec qui elle entretient une tendre complicité, ce dernier lui offre des cours sur Paris.
Camille rencontre le célèbre sculpteur Auguste Rodin et devient son élève, de cette passion commune découlera une longue et tumultueuse histoire d'amour.
Demeurant dans l'ombre de Rodin, la jeune femme trouve la force de quitter son amant malgré l'amour qu'elle lui porte, et se consacre à corps perdu dans ses oeuvres.
Murée dans sa passion, l'artiste Claudel s'isole dans son atelier, s'épuise à sculpter, démunie, sans ressources, elle s'acharne. Paul, attendri par sa soeur, essaie de l'aider mais sans espoir.
Malgré son génie, Camille n'arrive pas à imposer son art, anéantie et obsédée par Rodin qu'elle croit néfaste à sa réussite, malade, pauvre, essoufflée par sa vocation, elle sombrera dans la folie comme une bête sauvage, seule et perdue.
Sa mère, sans scrupules, prend l'initiative de la faire interner dans un hôpital psychiatrique où elle finira ses jours.
Chaque chapitre de cette biographie comporte des lettres de Camille Claudel, écrites de l'hôpital, où elle crie et adresse son désespoir, sa haine pour Rodin, son désir de retrouver sa liberté, mais elle n'aura en retour que du silence et de l'ignorance.
Bouleversante d'émotions, Camille Claudel fut une incomprise, naît d'une époque qui ne lui fut pas favorable, cette femme courageuse, volontaire, insoumise imposera sa passion pour la sculpture, et revendiquera sa rage de liberté.
Son intégrité et sa soif de réussir, malheureusement la conduiront vers une triste destinée, mais le temps jugera de son talent.
Anne Delbée signe une oeuvre littéraire touchante sur la vie de la sculptrice Camille Claudel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
isalune
  09 juin 2014
j'ouvre le livre et je lis, écrit à la main
"Printemps 2014
Pour ma soeur chérie"
il y a aussi un post-it : "Tu me reparleras de Rodin après avoir lu ce livre. Bises."
et je me souviens de la conversation que nous avons eue lui et moi quelques semaines auparavant où je lui confiais mon admiration pour cet homme.
Alors, qu'en est-il, ce livre m'a-t-il cassé mon Rodin?
je ne peux pas dire ça, et le livre ne s'y prête pas.
Par contre, je suis tombée raide dingue (…) de Camille, sa personnalité, sa force de travail, sa pugnacité et bien sûr son génie.
Et on peut dire que sa rencontre avec Rodin a sans doute plus fait son malheur que son bonheur, une chape de tristesse et d'injustice face à de fugaces instants de bonheur et de complicité.
Touchante aussi la complicité avec son frère et fort son amour pour son père qui l'a toujours soutenue, même face à sa mère qui ne l'aime pas ; sa fille qui sculpte depuis l'enfance ne rentre pas dans le cadre bourgeois et conventionnel qu'elle s'est fixé pour elle.
Insupportable le poids étouffant de la société "bien pensante", impitoyable et destructrice.
Le livre se dévore, plein d'émotion, avec parfois des passages plus obscurs, où je ne savais plus qui parlait, ou alors si c'était une description réelle ou juste un égarement de la belle Camille.
Il est émaillé de passages de lettres, et de citations d'ouvrages de son petit frère Paul.
Bien sûr je n'ai pu m'empêcher, en cours de lecture, de googler les titres de sculptures pour (re)découvrir des oeuvres d'une intensité tangible, et je n'aurai de cesse désormais de pouvoir les découvrir en vrai, en plâtre, en marbre ou en jade (les Causeuses).
Sublime revanche, Camille, la force de ton oeuvre offre au monde ta pérennité.

4/5
is@juin14
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          264
Kawane
  16 septembre 2016
Pépite !!!
Quand on s'attaque à la biographie de Mlle Camille CLAUDEL, sculpteur de son état, c'est comme un immense bloc de marbre façonné par la vie: quel génie !! une passionnée, belle, intelligente; incarnant la liberté, la passion, sa condition féminine bien malmenée dans le milieu artistique, élève puis amante de Monsieur Rodin, elle s'impose comme une immense artiste.
Celle qui sera toute sa vie "mise à l'écart" par sa famille, internée au Centre psychiatrique de Montdevergues en Vaucluse, son frère Paul ne lui rendra que quelques visites où elle restera interné pendant trente trois ans !!!..
Hélas combien de ses contemporaines ont -elle été "bâillonnées" de la sorte, et si peu considérées...Une artiste émouvante reconnue bien tardivement, son œuvre est impressionnante de par la maîtrise de son art et caractérisée par la force et la beauté qui se dégagent de ses sculptures.
Si vous voulez prolonger cette lecture je vous conseille sa correspondance ..son entourage voulait la faire passer pour une folle..et ne relisant ses lettres nous sommes bien loin de cette description erronée.
Livre culte pour tous les amoureux de Camille Claudel qui a été le livret du magnifique film adapté au cinéma avec Gérard Depardieu et la sublime Isabelle Adjani.
je vous propose mon quizz et la liste des ouvrages sur cette magnifique artiste
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   11 décembre 2018
Il y avait une fois un petit clown qui avait enfilé en cachette les grandes chaussures de la vie. Mais il les avait mises à l'envers. Le pied gauche était à droite et le pied droit était dans la chaussure de gauche.
Il partit tête baissée et se retrouva sur le nez. Mais son cœur était plus large que les chaussures : on pouvait y mettre les deux pieds. Les gens ne s'en privaient pas. Ils enfilaient son cœur et piétinaient avec.
Comme le petit clown ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, il remit les grandes chaussures à ses mains pour mieux tâter la vie et ses pieds dans son cœur. Alors il se mit à courir : mais là où il posait les pieds, son cœur s'écrasait, et quand il ouvrait les bras, il perdait ses chaussures.
Il réfléchit, mais les yeux grands ouverts, et perdit son nez.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          251
karamzinkaramzin   08 décembre 2019
... Je ne crois pas me tromper en disant qu'il n'existe à peu près aucune œuvre moderne qui ait l'envergure des 'Causeuses'. Il me semble, du moins, que je n'en sais aucune où le drame se développe avec autant de soudaineté, autant de simplicité, autant de lucidité. Elle est, d'ailleurs, sans parenté précise avec quoi que ce soit que nous connaissions. Elle a la providentielle clarté des créations qui ne procèdent pas d'une création connue, qui ne nous confirment pas dans une habitude déjà prise, dont la mystérieuse filiation ne s'explique pas, et qui, tout à coup, pourtant, selon l'inexplicable et l'imprévue volonté du génie, SONT. Et ces 'Causeuses' SONT, en effet, pas seulement en vertu du caractère dramatique de leur expression. Elles SONT parce qu'une sorte de miraculeuse raison en gouverne chaque partie en vue des fins de l'ensemble. Ici, chaque détail participe de la beauté de l’œuvre et y contribue. Que les yeux procèdent à sa lecture phrase par phrase, en s'enivrant de la splendeur des mots, du glorieux caprice des propositions, et de leurs harmonieuses combinaisons, ou que, du drame qui les émeut, ils aillent inversement vers les éléments qui le composent, partout et de toutes parts elle se défend, et nul examen, si minutieux qu'il soit, ne triomphe du secret de sa perfection.
Le poème est magnifiquement écrit. Car c'est un poème, en effet, que ces quatre femmes, assises en cercle autour de l'idée qui les domine, autour de la passion qui les inspire et les pénètre. C'est un poème dont ces cous tendus , dont ces têtes levées, dont ces torses souples et lumineux constituent les strophes splendides. C'est un poème où le sang circule, où quelque chose palpite, où il y a des épaules que soulève une émotion intérieure, où il y a des poitrines qui respirent, où s'atteste enfin la prodigieuse richesse de la vie. Mais aussi, ce n'est qu'un coin de nature ! Un incident quelconque, un hasard, un mouvement observé en passant l'a révélé à Mademoiselle Camille Claudel. Nul sortilège, nul effort, nulle recherche ne l'expliquent. Il est doué d'une grâce souveraine qu'il ne tient que de sa propre vertu. Il est vivant. Il vit en permanence. Le modelé et l'invention sont d'une invincible énergie. La fidélité même de l'artiste et son respect de la forme humaine s'y manifestent avec une grandeur et une liberté inconnues. Vraiment, plus on le regarde, plus on l'aime, plus on le comprend, plus on sent qu'il verse aux yeux émerveillés la véritable ivresse de la Beauté.

Mathias Morhardt, pour le Mercure de France, Mars 1898 (extrait).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
vbarentinvbarentin   04 juillet 2015
Camille déteste ces femmes qui ne disent jamais ce qui leur fait ou non plaisir. Eternelles victimes, elles se sacrifient à tout jamais. Ayant réfrène leur joie, elles ne peuvent plus que subir. Elles ont de dressé un tel barrage devant le plaisir que même un plat, une fleur, ne provoquent plus chez elles le moindre acquiescement. Toute existence est en forme de croix. Camille, du fond du coeur, remercie Monsieur Rodin de lui avoir communiqué le goût du plaisir. De toute façon, elle l aurait trouvé. Toute petite, elle s'était juré de chercher toujours plus loin. Il y a un certain égoïsme qui est une forme de santé. La réflexion de son père, un jour, est restée gravée dans sa mémoire d'enfant. "Camille, dis aux autres ce qui te fait plaisir. Le sacrifice peut aliéné tout le monde. Que les autres sachent ton vrai désir. Rien n'est pire qu'on se sacrifié pour vous. Ce n'est pas un cadeau à faire. Pour un homme, c'est une forme insupportable de chantage."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
lenoutelenoute   22 septembre 2019
Le sculpteur donne des recommandations précises, rapides. Camille l'écoute un peu en retrait.
cet homme à l'air gauche, mal assuré, devient sobre et rapide dès qu'il parle sculpture. Il semble grandi. Une autorité, une énergie insoupçonnées. les mains montrent, caressent, reprennent la terre mouillée.
Soudain, il attrape le crayon et dessine un détail sur un bout de papier. Camille ne détache plus ses yeux des mains du sculpteur.
Le buste "puissant"... Jamais elle n'a entendu de pareils conseils. Rien n'est laissé au hasard. Un formidable praticien. Elle a devant elle un admirable artisan, qui reprend, affirme, complète la matière. C'est de la vie qu'il manie. Il la voit partout et la restitue avec passion, avec force.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
gouelangouelan   11 décembre 2018
Dure, droite, elle regarde de ses yeux terriblement ouverts le grand remue-ménage de Paris, semblable à une marée. Camille songe à la mer qui transforme les tempêtes du grand large en une caresse qui vient chatouiller doucement les pieds. Paris encercle amoureusement les jambes de l'adolescente.
Commenter  J’apprécie          230
Video de Anne Delbée (1) Voir plusAjouter une vidéo

Descente aux enfers
Une "Descente aux enfers" pour ce 350ème numéro d'Apostrophes en compagnie des invités de Bernard PIVOT : - Anne DELBEE a écrit "Une femme, Nom : Claudel, Prénom : Camille Sculpteur", une biographie de la vie de Camille CLAUDEL, sculpteur de génie, soeur de Paul CLAUDEL, élève et amante de Rodin, internée pour folie les trente dernières années de sa vie. C'est à travers sa...
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie: artistes et sportifs (789)
autres livres classés : camille claudelVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Perec ou Vian ?

"Mon oncle, un fameux bricoleur Faisait en amateur des bombes atomiques Sans avoir jamais rien appris C'était un vrai génie question travaux pratiques " Qui l'a écrit (et chanté) ?

Boris Vian
Georges Perec
Les 2
aucun

15 questions
31 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature française , romanciers , culture littéraire , biographie littéraire , MandragoresCréer un quiz sur ce livre
.. ..