AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253034924
Éditeur : Le Livre de Poche (03/10/1984)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 317 notes)
Résumé :
C'est grâce à ce livre, enfin réédité, que nous a été révélée la vie extraordinaire de Camille Claudel.
Sœur aînée de l'écrivain Paul Claudel, Camille a connu en tant que femme et en tant qu'artiste, un destin hors du commun
A la fin du siècle dernier, une jeune fille de dix-sept ans qui veut être sculpteur, c'est inconcevable, voire scandaleux. Or, Camille se lance dans l'aventure à corps perdu. Jusqu'au jour de 1883 où elle rencontre Auguste Rodin. L... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
19 mai 2017
Choqué ! Je suis absolument choqué quand j'essaye de m'imaginer, comment un membre tant éminent de l'élite ait pu traiter sa soeur, la plus grande sculptrice de tous les temps. Éminent il était ce Paul Claudel : immortel (membre de l'académie française), ambassadeur, grand-croix de la Légion d'honneur, auteur prolifique er figure de proue de la religion catholique. Je n'arrive tout bonnement pas à comprendre qu'un homme tant cultivé ait pu agir de la sorte. Et ce ne sont certainement pas ses explications vaseuses, à propos de la pauvre Camille, qui m'y mèneront.
J'avoue que le pourtant excellent ouvrage d'Anne Delbée m'a coûté de la peine à terminer. En fait, j'ai failli plusieurs fois l'abandonner, tellement que le sort scandaleux, réservé à cette artiste hors pair par son éminent frere m'a dégoûté. Si j'étais Saint-Pierre, je ne l'aurai pas laissé entrer au paradis, malgré son visa particulier, qu'était son 'Annonce faite à Marie'. Ouvrage sur lequel, j'ai trouvé une critique on ne peut plus pertinente de la main de ChatDuCheshire à Babelio, dans la vie, le professeur Isabelle Corbisier, qui après avoir loué les qualités littéraires de cette oeuvre, ajoute : "Mais celle-ci (l'écriture) est au service d'un propos catholique réactionnaire totalement écoeurant à mes yeux. Toutefois on ne peut reprocher à l'auteur de ne pas y être en phase avec lui-même quand on sait ce qu'il fit de sa soeur Camille..."
Une chose est certaine, jamais je ne lirai un autre ouvrage de Paul Claudel. Non pas comme une espèce de revanche posthume, mais tout simplement parce que n'importe quel oeuvre de lui serait hypothéquée par le tragique destin de sa soeur, qu'elle a vécu largement à cause de lui.
Il y aura, devant mes yeux en d'autres termes, toujours cet ahurissant contraste, entre la gloire et les honneurs d'un côté, la misère à l'état pur de l'autre.
Pour ceux qui n'ont pas lu ce livre ou un autre sur Camille Claudel, ni vu le film que Bruno Nuyten en a fait en 1988, avec une inoubliable Isabelle Adjani, l'incarnant à l'écran, je résume brièvement les faits. La sculptrice a passé presque 30 ans dans un asile d'aliénés, de février 1915 jusqu'à sa mort, le 19 octobre 1943, pour être précis. L'instigateur de cet enfermement, pour 'démence paranoïde', n'est autre que son frère. La cause principale de sa mort est la malnutrition, problème dont le frère avait été informé par le chef de clinique juste avant sa mort. le grand académicien-diplomate-supercatholique n'a pas daigné venir à son secours, ni à son enterrement (dans une fosse commune), d'ailleurs.
L'ouverture, à Nogent-sur-Seine, le 26 mars dernier, du Musée Camille Claudel, lui permettra enfin, du moins je l'espère, de sortir de l'ombre d'Auguste Rodin. 74 ans après sa mort, ce n'est vraiment pas une minute trop tôt !
Comme il y a déjà 16 bonnes critiques de l'ouvrage d'Anne Delbée, je m'abstiendrai de synthétiser ce livre. Je veux juste exprimer mon étonnement que l'auteur n'a pas été couronné d'un prix prestigieux, outre celui des lectrices de Elle. Si le Prix de l'Académie française, s'avérait évidemment un peu délicat, il restait le Goncourt, Renaudot ou Femina !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6039
paroles
17 mars 2014
Fin du XIXe siècle, une très jeune femme rêve d'être sculpteur. Impensable à cette époque ! Et pourtant, pourtant Camille résiste en dépit des considérations de sa famille. Elle lutte pour assouvir sa passion. Un jour, elle rencontre le célèbre Rodin et c'est l'amour fou. Elle devient son élève aussi bien en amour qu'en sculpture. Son talent éclate, mais leur relation est orageuse et déborde de l'atelier. La rupture est annoncée et Camille ne la supporte pas. le scandale est là, le frère, Paul Claudel, ne le supporte pas. Il la fera enfermée...
Camille Claudel fut internée pendant trente ans... Ce magnifique hommage contient quelques lettres écrites par Camille à son frère. Ce sont des lettres très poignantes dans lesquelles on ressent toute la passion dévorante de Camille pour son art. Quant à la folie, on peut se poser bien des questions à son sujet...
Commenter  J’apprécie          430
fredho
20 décembre 2012
«Une femme » d'Anne Delbée est la biographie de Camille Claudel, soeur de l'écrivain et poète Paul Claudel, et élève et amante d'Auguste Rodin.
XIX siècle, Camille est l'aînée d'une fratrie de deux soeurs et un frère Paul avec qui elle partage un amour fraternel. Jeune adolescente, atypique et sauvage, Camille aime fureter dans la nature et prend un réel plaisir à toucher et modeler la glaise.
Dotée d'un don pour la sculpture, la jeune fille décide d'exercer cet art.
Mais à cette époque, l'aspiration pour cet art est scandaleuse pour la femme, et sa mère qui voue une haine inextricable pour sa fille, s'y oppose catégoriquement. Soutenue par son frère et son père avec qui elle entretient une tendre complicité, ce dernier lui offre des cours sur Paris.
Camille rencontre le célèbre sculpteur Auguste Rodin et devient son élève, de cette passion commune découlera une longue et tumultueuse histoire d'amour.
Demeurant dans l'ombre de Rodin, la jeune femme trouve la force de quitter son amant malgré l'amour qu'elle lui porte, et se consacre à corps perdu dans ses oeuvres.
Murée dans sa passion, l'artiste Claudel s'isole dans son atelier, s'épuise à sculpter, démunie, sans ressources, elle s'acharne. Paul, attendri par sa soeur, essaie de l'aider mais sans espoir.
Malgré son génie, Camille n'arrive pas à imposer son art, anéantie et obsédée par Rodin qu'elle croit néfaste à sa réussite, malade, pauvre, essoufflée par sa vocation, elle sombrera dans la folie comme une bête sauvage, seule et perdue.
Sa mère, sans scrupules, prend l'initiative de la faire interner dans un hôpital psychiatrique où elle finira ses jours.
Chaque chapitre de cette biographie comporte des lettres de Camille Claudel, écrites de l'hôpital, où elle crie et adresse son désespoir, sa haine pour Rodin, son désir de retrouver sa liberté, mais elle n'aura en retour que du silence et de l'ignorance.
Bouleversante d'émotions, Camille Claudel fut une incomprise, naît d'une époque qui ne lui fut pas favorable, cette femme courageuse, volontaire, insoumise imposera sa passion pour la sculpture, et revendiquera sa rage de liberté.
Son intégrité et sa soif de réussir, malheureusement la conduiront vers une triste destinée, mais le temps jugera de son talent.
Anne Delbée signe une oeuvre littéraire touchante sur la vie de la sculptrice Camille Claudel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
isalune
09 juin 2014
j'ouvre le livre et je lis, écrit à la main
"Printemps 2014
Pour ma soeur chérie"
il y a aussi un post-it : "Tu me reparleras de Rodin après avoir lu ce livre. Bises."
et je me souviens de la conversation que nous avons eue lui et moi quelques semaines auparavant où je lui confiais mon admiration pour cet homme.
Alors, qu'en est-il, ce livre m'a-t-il cassé mon Rodin?
je ne peux pas dire ça, et le livre ne s'y prête pas.
Par contre, je suis tombée raide dingue (…) de Camille, sa personnalité, sa force de travail, sa pugnacité et bien sûr son génie.
Et on peut dire que sa rencontre avec Rodin a sans doute plus fait son malheur que son bonheur, une chape de tristesse et d'injustice face à de fugaces instants de bonheur et de complicité.
Touchante aussi la complicité avec son frère et fort son amour pour son père qui l'a toujours soutenue, même face à sa mère qui ne l'aime pas ; sa fille qui sculpte depuis l'enfance ne rentre pas dans le cadre bourgeois et conventionnel qu'elle s'est fixé pour elle.
Insupportable le poids étouffant de la société "bien pensante", impitoyable et destructrice.
Le livre se dévore, plein d'émotion, avec parfois des passages plus obscurs, où je ne savais plus qui parlait, ou alors si c'était une description réelle ou juste un égarement de la belle Camille.
Il est émaillé de passages de lettres, et de citations d'ouvrages de son petit frère Paul.
Bien sûr je n'ai pu m'empêcher, en cours de lecture, de googler les titres de sculptures pour (re)découvrir des oeuvres d'une intensité tangible, et je n'aurai de cesse désormais de pouvoir les découvrir en vrai, en plâtre, en marbre ou en jade (les Causeuses).
Sublime revanche, Camille, la force de ton oeuvre offre au monde ta pérennité.

4/5
is@juin14
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          254
Kawane
16 septembre 2016
Pépite !!!
Quand on s'attaque à la biographie de Mlle Camille CLAUDEL, sculpteur de son état, c'est comme un immense bloc de marbre façonné par la vie: quel génie !! une passionnée, belle, intelligente; incarnant la liberté, la passion, sa condition féminine bien malmenée dans le milieu artistique, élève puis amante de Monsieur Rodin, elle s'impose comme une immense artiste.
Celle qui sera toute sa vie "mise à l'écart" par sa famille, internée au Centre psychiatrique de Montdevergues en Vaucluse, son frère Paul ne lui rendra que quelques visites où elle restera interné pendant trente trois ans....hélas combien de ses contemporaines ont -elle été "bâillonnées" de la sorte, et si peu considérées...
Une artiste émouvante reconnue bien tardivement, son oeuvre est impressionnante de par la maîtrise de son art et caractérisée par la force et la beauté qui se dégagent de ses sculptures.
Si vous voulez prolonger cette lecture je vous conseille sa correspondance ..son entourage voulait la faire passer pour une folle..et ne relisant ses lettres nous sommes bien loin de cette description erronée.
Livre culte pour tous les amoureux de Camille Claudel qui a été le livret du magnifique film adapté au cinéma avec Gérard Depardieu et la sublime Isabelle Adjani.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Citations & extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
vbarentinvbarentin04 juillet 2015
Camille déteste ces femmes qui ne disent jamais ce qui leur fait ou non plaisir. Eternelles victimes, elles se sacrifient à tout jamais. Ayant réfrène leur joie, elles ne peuvent plus que subir. Elles ont de dressé un tel barrage devant le plaisir que même un plat, une fleur, ne provoquent plus chez elles le moindre acquiescement. Toute existence est en forme de croix. Camille, du fond du coeur, remercie Monsieur Rodin de lui avoir communiqué le goût du plaisir. De toute façon, elle l aurait trouvé. Toute petite, elle s'était juré de chercher toujours plus loin. Il y a un certain égoïsme qui est une forme de santé. La réflexion de son père, un jour, est restée gravée dans sa mémoire d'enfant. "Camille, dis aux autres ce qui te fait plaisir. Le sacrifice peut aliéné tout le monde. Que les autres sachent ton vrai désir. Rien n'est pire qu'on se sacrifié pour vous. Ce n'est pas un cadeau à faire. Pour un homme, c'est une forme insupportable de chantage."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Maya26Maya2611 juin 2013
Ils se disent tout dans la pierre même, c'est là leur vrai royaume, leur couche nuptiale, le long désir entre elle et lui qui ne cesse de se prolonger, de renaître,l'absence aussi.......aussi forte que la possession. Elle n'aura jamais d'époux, de maison, d'enfants à elle. Juste une pierre, la pierre de leur continuelle impossibilité à être heureux ensemble.
Commenter  J’apprécie          130
vbarentinvbarentin15 mai 2015
"Ecoute, je pense que Camille est une artiste.
- Quoi!
- Je pense que Camille sera un sculpteur de génie."
Elle n'en revient pas. "Mais c'est horrible ce que tu dis là ! Et c'est l'effet que cela te fait... Elle nous gâche déjà la vie avec sa terre, ses glaises. Victoire, l'autre jour, était couverte de boue rouge. Son tablier est toujours à détremper, mais de là à accepter qu'elle en fasse un métier ! Enfin, un métier... C'est une traînée que tu veux en faire!
- Camille sera sculpteur, je te dis."
Ils se disputent violemment. Les enfants, là-haut, se sont tus, malheureux. Camille se redresse, violente. Elle jette un paletot sur ses épaules et dévale l'escalier. Fuir, fuir le plus loin possible de ses criailleries. Son frère Paul court derrière elle, Louise veut le retenir: "Reste avec moi, Paul." Paul tire, Louise tire, Camille se retourne et leur envoie un pied de nez, Paul furieux envoie un coup de pied à Louise qui, de saisissement, le lâche et voilà Paul comme projeté dans l'escalier. Cris, hurlements. Cris, hurlements. La mère est sortie, regarde Camille au bas. De l'escalier. "Mais cette enfant, c'est le Diable!"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
isaluneisalune03 juin 2014
*Paul Claudel regardant sa soeur, Camille*

... Sa soeur est belle, vraiment. Les autres personnes ont des yeux morts. Elle, elle regarde. Ses yeux vibrent comme si elle rendait chaque être humain, chaque objet plus resplendissants.
Commenter  J’apprécie          170
LagardiereLagardiere14 janvier 2017
Seule.
Toute petite, toute minuscule, elle vient de poser le pied sur la grande dalle de marbre blanc et la page entière frémi.
L'oreiller. Elle sent le bout de la toile. Elle aperçoit difficilement le tissu. Plus loin? Non. Juste ce petit espace près de son oeil. La taie qui gratte sous le visage. Elle sent la griffure du tissu. Autre chose? Non. Son corps est comme enseveli. Déjà! Cet intervalle infime qu'on lui laisse. Quelques secondes encore. Peut-être.
Elle a bougé la tête. Délicatement. Un effort trop grand. Elle a cru bouger la tête. Un souffle léger simplement. Sur l'oreiller d'hôpital, une femme cache sa joue.
Lentement, elle se replie loin d'eux. Loin du monde. Loin des gifles. Elle s'échappe. Personne ne s'en aperçoit.
Elle retire sa menotte de leurs grosses pattes. Ses deux belles mains battent leur dernière cadence sur le drap sale.
Personne n'est présent à cette heure où la femme meurt.

Une citation en début de biographie qui annonce la fin d'une vie. Et je me permets d'ajouter ce poème sur le couple Claudel et Rodin:

À Camille et Auguste

serment d’amour
d’un couple sculpté
dans le bronze

statue décrépite
couverte de fientes
devant des amoureux

assis sur un banc
nourrissant les pigeons
à la volée


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          21
Video de Anne Delbée (1) Voir plusAjouter une vidéo

Descente aux enfers
Une "Descente aux enfers" pour ce 350ème numéro d'Apostrophes en compagnie des invités de Bernard PIVOT : - Anne DELBEE a écrit "Une femme, Nom : Claudel, Prénom : Camille Sculpteur", une biographie de la vie de Camille CLAUDEL, sculpteur de génie, soeur de Paul CLAUDEL, élève et amante de Rodin, internée pour folie les trente dernières années de sa vie. C'est à travers sa...
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie: artistes et sportifs (789)
autres livres classés : camille claudelVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
417 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre
. .