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Critique de kielosa


kielosa
19 mai 2017
Choqué ! Je suis absolument choqué quand j'essaye de m'imaginer, comment un membre tant éminent de l'élite ait pu traiter sa soeur, la plus grande sculptrice de tous les temps. Éminent il était ce Paul Claudel : immortel (membre de l'académie française), ambassadeur, grand-croix de la Légion d'honneur, auteur prolifique er figure de proue de la religion catholique. Je n'arrive tout bonnement pas à comprendre qu'un homme tant cultivé ait pu agir de la sorte. Et ce ne sont certainement pas ses explications vaseuses, à propos de la pauvre Camille, qui m'y mèneront.

J'avoue que le pourtant excellent ouvrage d'Anne Delbée m'a coûté de la peine à terminer. En fait, j'ai failli plusieurs fois l'abandonner, tellement que le sort scandaleux, réservé à cette artiste hors pair par son éminent frere m'a dégoûté. Si j'étais Saint-Pierre, je ne l'aurai pas laissé entrer au paradis, malgré son visa particulier, qu'était son 'Annonce faite à Marie'. Ouvrage sur lequel, j'ai trouvé une critique on ne peut plus pertinente de la main de ChatDuCheshire à Babelio, dans la vie, le professeur Isabelle Corbisier, qui après avoir loué les qualités littéraires de cette oeuvre, ajoute : "Mais celle-ci (l'écriture) est au service d'un propos catholique réactionnaire totalement écoeurant à mes yeux. Toutefois on ne peut reprocher à l'auteur de ne pas y être en phase avec lui-même quand on sait ce qu'il fit de sa soeur Camille..."

Une chose est certaine, jamais je ne lirai un autre ouvrage de Paul Claudel. Non pas comme une espèce de revanche posthume, mais tout simplement parce que n'importe quel oeuvre de lui serait hypothéquée par le tragique destin de sa soeur, qu'elle a vécu largement à cause de lui.
Il y aura, devant mes yeux en d'autres termes, toujours cet ahurissant contraste, entre la gloire et les honneurs d'un côté, la misère à l'état pur de l'autre.

Pour ceux qui n'ont pas lu ce livre ou un autre sur Camille Claudel, ni vu le film que Bruno Nuyten en a fait en 1988, avec une inoubliable Isabelle Adjani, l'incarnant à l'écran, je résume brièvement les faits. La sculptrice a passé presque 30 ans dans un asile d'aliénés, de février 1915 jusqu'à sa mort, le 19 octobre 1943, pour être précis. L'instigateur de cet enfermement, pour 'démence paranoïde', n'est autre que son frère. La cause principale de sa mort est la malnutrition, problème dont le frère avait été informé par le chef de clinique juste avant sa mort. le grand académicien-diplomate-supercatholique n'a pas daigné venir à son secours, ni à son enterrement (dans une fosse commune), d'ailleurs.

L'ouverture, à Nogent-sur-Seine, le 26 mars dernier, du Musée Camille Claudel, lui permettra enfin, du moins je l'espère, de sortir de l'ombre d'Auguste Rodin. 74 ans après sa mort, ce n'est vraiment pas une minute trop tôt !

Comme il y a déjà 16 bonnes critiques de l'ouvrage d'Anne Delbée, je m'abstiendrai de synthétiser ce livre. Je veux juste exprimer mon étonnement que l'auteur n'a pas été couronné d'un prix prestigieux, outre celui des lectrices de Elle. Si le Prix de l'Académie française, s'avérait évidemment un peu délicat, il restait le Goncourt, Renaudot ou Femina !
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