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Raphaël Caussimon (Illustrateur)
EAN : 9782859202811
258 pages
Le Castor Astral (01/02/1996)
4.08/5   6 notes
Résumé :
Voici 53 portraits "d'irréguliers de la famille" qui dessinent la face cachée d'un siècle de création littéraire francophone. De Charles Cros (1842-1888) à Jean-Philippe Salabreuil (1940-1970), c'est tout un peloton de solitaires, d'insoumis, de réprouvés sans pedigree ni chapelle, placés sous un juste éclairage. Destins et oeuvres mêlés, ce livre se présente comme le guide indispensable de tout passionné de littérature rebelle.
Que lire après Les désemparés. 53 écrivains au bord des motsVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Je viens de terminer  ce livre rare, étonnant ,  recommandé par Aléatoire dont les prescriptions sont toujours une découverte, une richesse, et un plaisir.

Le voici désormais devenu , pour moi, une sorte de livre de chevet.

 Baedecker des Introuvables, miscellanée de grands Maudits, Réservoir Dog d'ivresses secrètes, puits creusé de nouveaux vertiges, cumulus d'orages désirés. 

Je l'ai lu lentement, parce qu'il se déguste à petits pas lents, curieux, attentifs.

Comme on arpente la galerie d'un musée inconnu ou fermé depuis longtemps.

Une galerie de portraits.

 53 écrivains,  53 inconnus "et nos frères pourtant" dont les portraits successifs et contrastés  ( leur individualité est signalée, en plus du croquis à la plume de Raphaël Caussimon qui leur donne un visage, par un sous titre apposé à leur nom:  "Georges Hyvernaud,  Fantassin des ténèbres"; "Chaval de retour"; "Jean Reverzy, Scaphandrier de l'âme".. ,    qui leur confère une aura  unique) dont les portraits, dis-je,  ont cependant tous un sombre point commun: vie tabassée , opiniâtre mistoufle, guigne-au -cul- verdâtre, solitude des grandes profondeurs, mort précoce. Violente, recherchée ou subie.

 Chacun de ces portraits est l'occasion d' un court récit, campé avec talent : Patrice Delbourg est un orfèvre de la formule, un prince de l'emporte- pièce,  un fraternel de la marge, un convivial de la déroute- et à chaque vie esquissée,   l'auteur mêle des textes rares, des mots perdus et fulgurants, des bouts rimés de génie,  des amoralités de fables noires, qui donnent envie, tout à  coup, de les avoir tous sous la main, ces trésors négligés, oubliés, introuvables...

C'est dire si la dégustation est lente:chaque rencontre est un coup de coeur ou un coup au coeur. On s'arrête, on veut en savoir plus, on cherche , on trouve parfois. Chacun des 53 -17 seulement m'étaient connus, à ma grande confusion!-  est une fenêtre ouverte sur un monde nouveau.

Et par ces temps de confinement, il faut les ouvrir , les fenêtres.

Elles nous révèlent notre aveuglement, l'étroitesse de notre connaissance, le convenu de nos goûts,  le conformisme de nos esprits.

Voilà des Désemparés qui ont des choses à nous dire sur nos défenses,  sur notre enfermement.

Un petit livre des confins qui délivre du confinement   et qui, sans bouger, nous remue.
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Ce livre est une bible, un trésor qui nous livre le portrait de cinquante trois écrivains "maudits" avec de superbes citations. Je lui dois la découverte de très grands talents et j'en sais infiniment gré à Patrice Delbourg.

Je l'ai souvent acheté, prêté, donné, et viens d'en acquérir un énième exemplaire mais je vous préviens, cette fois je me le conserve jalousement !
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Voici 53 portraits de solitaires, d'insoumis, de réprouvés sans pedigree ni chapelle. Patrice Delbourg nous entraîne dans une vaste réhabilitation.
Vous y trouverez : Jean Forton , Jean Reversy, Jean Sénac, François Augiéras, André Hardellet et d'autres que je vous invite à lire.
Seul bémol, l'absence de Pierre Luccin.
Un livre de chevet !!
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
"Les Poulpes", excroissance fantasmatique et baroque qui retrace la vie larvaire des prisonniers de guerre, impitoyable réquisitoire contre la tyrannie de la chiourme nazie, guignol dérisoire d'un gnouf de mort lente écrasé sous la botte totalitaire, élève l'entreprise de Guérin à la hauteur d'une Métropolis moderne. Des pages concassées, broyées pour faire digue contre le temps. Maëlstrom de langage en fusion, coulée croissante, irrésistible, qui jette la passerelle d'une osmose entre quotidien et imaginaire.
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Gare de la douleur, j'ai fait toutes tes routes.
Je ne peux plus aller, je ne peux plus partir.
J'ai traîné sous tes ciels, j'ai crié sous tes voûtes.
Je me tends vers le jour où j'en verrai sortir
Le masque sans regard qui roule à ma rencontre
Sur le crassier livide où je grimpe vers lui,
Quand le convoi des jours qui brûle ses décombres
Crachera son repas d'ombres pour d'autres ombres
Dans l'étable de fer où rumine la nuit."

Léon-Paul Fargue (taxi en maraude)
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Mon âme est comme un cil sans bornes ;
Elle a des immensités mornes
Et d'innombrables soleils clairs ;
Aussi, malgré le mal, ma vie
De tant de diamants ravie
Se mire au ruisseau de mes vers.

Charles Cros (la solitude du hareng saur)
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Sur les bords du Léman, les feuilles de marronniers prennent de l'ampleur. Une sauterelle protège le siècle sous son abdomen grenat. Une gare, un fjord, une route, tenace exhalaison, c'est là que crépitent les moteurs et les crabes. L'ombre de Cingria glisse doucement, à minuit tiède, les lèvres dans de folles répétitions :"Je ne crois qu'au bitume de l'être."
Un trottoir qui a couleur d'albâtre. Celle de l'éternité.
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dans la poussière
j'écris ton nom
mon beau désastre
mon précipice
ma route défoncée
dans une cavalcade
de désirs inassouvis
je gravis
les collines de grande misère
l'oeil avide
jamais ne rêve
à la blancheur des murs
où je voulais m'étendre
pour que le soleil envahisse
mon corps repu de souffrance.

Francis Giauque (soufre noir)
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Videos de Patrice Delbourg (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Delbourg
« Cette compilation qui se voudrait anthologie complète […] a pour but de proposer aux lecteurs de revisiter l'oeuvre de l'auteur par la lorgnette des aphorismes, des fragments, des éblouissantes et percutantes réflexions qui ont traversé son esprit entre 1943 et 1987 […]. » (Préalable & remerciements)
« […] La meilleure histoire belge, je vais te la dire, c'est la plus terrifiante de toutes : « Il est une fois Scutenaire et les Belges n'en savent rien ». Et les Français non plus. (...) Il dit tout, mais par brèves giclées, Scut. Il sait la vie, la mort, l'avant, l'après (...), l'amère patrie, le surréalisme, les frites, les cons, les moeurs, les larmes et la façon dont, chez lui, il doit éteindre au rez-de-chaussée avant d'éclairer au premier pour ne pas faire sauter le compteur électrique. » (Frédéric Dard)
« le texte lapidaire est une spécialité belge. […] […] cet orpailleur de l'apophtegme reste merveilleusement méconnu […]. « J'écris, dit Scutenaire, pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, abattre un gendarme ou son maître, détruire un ordre social. Parce que me gêne quelque chose : un dégoût ou un désir. » […] Scut le météorite a tout lu, tout vu, tout englouti et tout restitué dans un habit neuf. « J'ai quelque chose à dire et c'est très court. » Maximes en percussions et sentences en saccades sont étrillées, débarbouillés au gant de crin. Sa façon de dire merde alentour est à nulle autre pareille. […] […] Réfractaire, récalcitrant, insoumis sous toutes les latitudes, Scutenaire n'est point de ceux qu'on puisse congédier en ambassade. Dans les poussées d'angoisse, il usait, comme d'un remède à toute épreuve, des aspirines de l'humour. Elles ne le guérissaient pas mais l'apaisaient. […] » (Patrice Delbourg, les désemparés, Éditions le Castor Astral, 1996)
« Mes inscriptions sont une rivière de Californie, il faut tamiser des tonnes de sable et de gravier pour trouver quelques pépites, voire des paillettes. Remarquez, sable et gravier ne sont pas matières inutiles. » (Louis Scutenaire)
0:00 - 1ère inscription 0:09 - 2e inscription 0:22 - 3e inscription 0:35 - 4e inscription 0:43 - 5e inscription 0:57 - 6e inscription 1:09 - 7e inscription 1:20 - 8e inscription 1:32 - 9e inscription 1:44 - 10e inscription 2:14 - 11e inscription 2:24 - 12e inscription 2:32 - 13e inscription 2:47 - 14e inscription 2:56 - 15e inscription 3:07 - 16e inscription 3:26 - 17e inscription 3:37 - 18e inscription 3:48 - 19e inscription 4:05 - 20e inscription 4:23 - Générique
Référence bibliographique : Louis Scutenaire, J'ai quelque chose à dire. Et c'est très court., Collection d'Inscriptions, évocations et autres textes rassemblés par Jean-Philippe Querton, Cactus Inébranlable éditions, 2021. https://cactusinebranlableeditions.com/produit/jai-quelque-chose-a-dire-et-cest-tres-court/
Image d'illustration : https://www.kobo.com/us/en/ebook/louis-scutenaire-1
Bande sonore originale : Crowander - Don't You Leave Don't You Leave by Crowander is licensed under an Attribution-NonCommercial 4.0 International License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/crowander/from-the-piano-solo-piano/dont-you-leave
#LouisScutenaire #JAiQuelqueChoseÀDireEtCEstTrèsCourt #LittératureBelge
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