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ISBN : 2859209751
Éditeur : Le Castor Astral (23/01/2014)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
« Entre facétie et désespoir, entre besoin de sainteté et tentations charnelles, Max Jacob n’a cessé de promener son innocence canaille en terre de poésie. Toute son existence fut un périlleux exercice d’équilibre funambulesque. Jamais le poète ne se prit au sérieux. Mais la vie est chose rigoureuse, la mort en est l’enjeu. Enchanteur fantasque, il passa sa vie à brouiller dates et pistes en une étourdissante geste serpentine. Causeur délicieux, il possédait, chevil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
moravia
  24 février 2014
Dans le cadre de l'opération masse critique je viens de lire : Max Jacob, un drôle de paroissien.
Pourquoi ce choix ?
Avant tout, retrouver l'éditeur le Castor Astral que je fréquente depuis de nombreuses années. En effet je fus un lecteur émerveillé par leur monumentale "Anthologie 80" (dix ans d'expression poétique) et un abonné de leur revue Jungle qui m'a fait découvrir des auteurs tel que Jacques Abeille, Bernard Bretonnière, Lucien Suel, Anne Mathiot et bien d'autres.
C'est dans le n°6 de cette même revue que j'ai lu pour la première fois Patrice Delbourg qui consacrait deux pages à Blaise Cendrars, la mémoire-Bolide.
Puis j'ai retrouvé bien plus tard cet auteur faisant avec son livre "Les Désemparés" (toujours au Castor Astral) 53 portraits d'écrivains. Une bible pour tous ceux qui voulaient sortir des sentiers battus de la littérature française.
Le Castor Astral fait toujours de beaux livres. Qualité du papier, iconographie, tout est fait pour ravir le lecteur. Cet ouvrage ne déroge pas à la règle.
En quatre-vingts pages, l'auteur nous propose le portrait de Max Jacob, poète dont "toute son existence fut un périlleux exercice d'équilibre funambulesque". "Entre, facétie et désespoir, entre besoins de sainteté et tentations charnelles".
Pour cela Patrice Delbourg jongle avec le vocabulaire, se plaît à employer des mots peu courants (miscellanées, rhapsode, anachorète, oraculaire, ludion, palinodies, matassin, aède, coquecigrue, etc...), sa participation à l'émission de France Culture " des Papous dans la tête" l'influence à l'évidence. Mais pour ne pas paraître trop précieux il n'oublie pas les mots du ruisseau et sème ici un "fifrelin" ou une "carabistouille" et là une "mouise" proche d'une "bamboche".
Il me fait penser à un gymnase récitant son programme au cheval d'arçons. C'est plein de technique, de mouvements plus difficiles les uns que les autres, répétitifs, et une sorte de malaise gagne le spectateur.
Car Patrice Delbourg se grise de son aisance et se permet des fantaisies totalement incongrues.
Je cite : " le poète est de toutes les maldonnes lyriques. Les maldonnes des feelings aussi..." page 20 (allusion au roman de Maurice Dekobra la madone des sleepings).
Page 26 il récidive avec un - "haro sur le tout-à-l'égo" et page 30 avec le sublime - " souvent le lecteur a le sentiment que tous les textes de "Mad" Max ont été écrits au printemps".
Ah ! si Patrice Delbourg avait su se contenter de cette belle trouvaille : "mais à la porte étroite de Max, il y a toujours un judas" (allusion au roman d'André Gide).
Mais Patrice Delbourg semble vouloir nous épater. Et ce qui devait arriver arriva.
Son beau numéro tout à coup s'enraye au sixième chapitre. Des phrases, que l'on vient de lire dix pages précédemment réapparaissent, comme un disque rayé qui répète éternellement le même air.
Cela va être fastidieux mais je dois faire ici quelques citations.
Il écrit page 59 : " il prie le jour et s'abime la nuit dans les épopées de stupre et de bamboche".
Je venais de lire page 44 : " la nuit, Max se roule dans la fange. À l'aube Max est à genoux sur les dalles du transept de l'église".
Page 60 : "bien qu'économiquement faible, il ne manque jamais de donner à la main nécessiteuse qui vers lui se tend".
Je venais de lire page 44 : "il n'a pas un fifrelin devant lui, mais trouve le moyen de faire l'aumône à plus déshérité que lui".
Étonnant non ? Mais le meilleur est à venir ...
En effet page 85 il écrit : "ami de chacun, il joue le rôle de fédérateur, les mettant en contact, les encourageant à se rencontrer et à travailler ensemble. Avec eux il élabore progressivement une poétique, dont l'expression ultime se trouvera rassemblée dans ses conseils à un jeune poète".
Ce long passage je viens de le lire mot pour mot page 71 !
Page 87 cela recommence. Tout un passage qui débute par : " ce rôle de mentor, de vigie d'un monde nouveau, etc.etc." , qui dure sept lignes, je l'ai déjà lu telquel page 71 !
le lecteur que je suis ouvre de grands yeux, doute un instant de son esprit, s'assure qu'il n'a pas rêvé.
Hélas c'est bien la réalité et je vous fais grâce du reste de la même veine.
Je ne peux quand même pas passer sous silence deux phrases dignes de figurer dans l'almanach Vermot :
" il n'en a cure, comme on dit à La Bourboule".
Et une autre très élégante faisant allusion à l'homosexualité de Max Jacob :
" il ne cesse de tirer le diable par la queue. Et pas seulement le diable...".
Après cette démonstration, afin de rester dans le style de Patrice Delbourg, on peut affirmer que la messe est dite. Mais je ne saurais cependant, trop conseiller au Castor Astral de lire les ouvrages qu'il met en vente afin d'éviter au lecteur bien des déceptions.
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ibon
  26 février 2014
Un portrait du poète qui était l'ami de Picasso, d'Apollinaire, de Modigliani, de Jean Moulin et de bien d'autres...
A l'occasion des 70 ans de la mort de Max Jacob à Drancy, alors qu'il allait être expédié comme tant d'autres vers les camps de la mort, le portrait que nous propose Patrice Delbourg est un hommage à cet homme plus mal connu que méconnu.
En effet, peu de gens connaissent ses poèmes. Mais davantage en ont entendu parlé au travers d'un prix de poésie, ou, à Quimper, d'une passerelle, d'un collège et d'un théâtre qui portent son nom.
Seulement, il n'a jamais connu cette reconnaissance tardive et en souffrira malgré les apparences et sa vie débridée de fêtes en fêtes sans se soucier du lendemain.
Pour ce qui relève du livre, l'objet est beau, sa couverture en peau de pêche abrite une belle photo de Max Jacob qui pose en séducteur, qu'il était, et bien sûr un texte.
Oui, un texte. Ou plutôt un ensemble de mots assemblés façon costume d'Arlequin dont la traduction en français se fait attendre car je n'ai pas réussi à saisir tout le propos et le style Delbourg. Style très snob, il s'emploie à utiliser des mots compliqués et inusités dans un assemblage de paragraphes qui m'a paru désordonné, puisque Delbourg se répète souvent et colle, superpose, et surtout répète sans arrêt la même chose: Max Jacob était un artiste homosexuel qui était malheureux mais ne le montrait pas.
Mais Patrice Delbourg a, dans le fond, tout de même réussi ,à susciter de l'intérêt pour l'artiste Max Jacob et c'est après tout l'essentiel.
Merci à Babelio et au "Castor Astral".
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Malice
  24 février 2014
Ce livre sort à l'occasion du 70 ième anniversaire de la mort de Max Jacob, mort à Drancy en 1944. Ses origines sont bretonnes né à Quimper en 1876. C'est à l'âge de vingt ans qu'il débarque à Paris, il va mener une vie de bohème à Montmartre, il va être à la fois peintre, critique d'art, ami de Cocteau, Apollinaire, Picasso etc ... Ce dernier a joué un rôle important dans sa vie. 1921, il quitte Paris, pour aller vivre en province à Saint Benoit sur Loire, là il mène une vie monastique. En 1927, il revient sur Paris, et il aime la fête, au Lapin Agile. En 1936, à soixante ans il quitte Paris pour retourner à Saint Benoît sur Loire, mais cette fois ci il est rejeté du monastère à cause de ses frasques parisiennes. Peu lui importe il vivra simplement dans deux belles chambres que lui loue Madame Persillard. A la déclaration de guerre, il est obligé de porter l'étoile jaune, le 24 février 1944 il est arrêté par les Allemands. Il meurt d'une congestion pulmonaire à Drancy au camp de la Muette. Max Jacob était un véritable dandy de l'entre deux guerre.
Il était un personnage burlesque et grave. Il est poète, il adore joué avec les mots comme un jongleur, un acrobate. Il aime dérangé, il a gardé son âme d'enfant. Il aimait écrire à ses amis jusqu'à son arrestation.
Patrice Delbourg rend un hommage-portrait vivant de ce poète méconnu. Un hommage qui est très agréable à lire, qui donne envie de mieux connaître ce grand poète Max Jacob.
Lien : http://livresdemalice.blogsp..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   14 avril 2014
L'aimable barde est bavard, disert, aime les méandres de la conversation, l'engage avec des gens divers et de toutes conditions, du diplomate au manutentionnaire, du préfet au savetier. Querelles et brouilles font partie de la représentation. (p.12)
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moraviamoravia   22 février 2014
Il donne le change à son entourage, se voulant toujours gai comme un pinson.
Que dire de ce " J'suis l'bouquet, j'suis l'bouquet, j'suis l'bouc émissaire ", chantonné par Max quelques jours avant son arrestation
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moraviamoravia   22 février 2014
Les pieds enveloppés dans les chaussettes rouges que lui tricotait Liane de Pougy, il circule entre différentes castes et dédales d'influence, théologiques, blagueur et sodomites.
Le suiveur peine à lui sucer la roue.
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moraviamoravia   22 février 2014
Il est croqué en son temps, dans au moins sept romans, sous les traits plus ou moins flatteurs de César Blum par Maurice Sachs, M.Crabe par Francis Carco, Septime Febur par André Salmon, Jean Chipre par Louis Aragon...
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fanfanouche24fanfanouche24   14 avril 2014
[Max Jacob] Il précède l'embarras qu'il suscite: "J'ai horreur du monde, de ses papotages, de ses folies, de ses brutalités, je suis bien désolé d'en être encore et je déplore mon impuissance à vivre intérieurement" (p.15-16)
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Vidéo de Patrice Delbourg
Patrice Delbourg - Une douceur de chloroforme
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