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EAN : 9791032907580
Éditeur : L'Observatoire (26/02/2020)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
« Je m'appelle Nina, j'ai 16 ans, et je reviens de l'enfer. Pendant plus d'un an, je me suis vendue à des inconnus. Mon corps, mon sexe, mon sourire, j'ai tout offert... Pour de l'argent, oui. Mais moi, je me racontais que c'était pour conquérir ce dont je rêvais depuis mes 13 ans : la liberté.

Au moment où j'entreprends ce récit, je ne suis rentrée de fugue que depuis six semaines. Je ne partirai plus. J'ai vécu des événements trop terribles. Mon pè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Deslivresalire
  12 août 2020

"Je m'appelle Nina, j'ai 16 ans, et je reviens de l'enfer".
Cet enfer, c'est d'abord celui du harcèlement "ordinaire" au collège, puis celui des réseaux sociaux et des faux profils de prédateurs en chasse, celui de l'alcool aussi, du viol, de la drogue et de la prostitution dans lesquels Nina va tomber. Contre son gré parfois, mais aussi du fait de ses propres décisions, de cette quête d'une liberté qu'elle croit naïvement pouvoir trouver si tôt, seule.
Mais les adultes, eux, le savent... la liberté a un prix, surtout si jeune.
Et pour la famille, imaginer progressivement ce qui peut arriver à une jeune fille, qui plus est la sienne, aux mains de personnes plus ou moins bien intentionnées, c'est également un enfer.
C'est constater son impuissance à protéger une enfant qui pourtant appelle sporadiquement au secours et qui, à peine retrouvée, est déjà repartie. C'est affronter l'apathie d'une administration pas toujours à l'écoute ni compréhensive. C'est essayer de faire appréhender une situation complexe et essayer d'en cerner soi-même les causes.
Et c'est parfois échouer.
A mon avis :
Ce livre est un témoignage bouleversant, pas seulement celui d'une jeune fille, mais aussi celui de sa famille.
Ecrit à deux mains, alternativement le père et la fille, avec chacun sa version des événements et sa vision des choses, il relate de façon simple et claire la progressive descente vers l'enfer de la prostitution dont les deux ignorent tout à priori, mais qui deviendra vite une réalité bien palpable.
On ne saurait dire si c'est le harcèlement qu'elle a eu à supporter au collège qui est à l'origine de tout ça, ou le viol qu'elle a subit à ses 15 ans, car il transpire chez cette adolescente un besoin maladif de liberté, de contrôle de sa vie (est-ce une pathologie ?), et aussi cette impression qu'elle est dépassée elle-même par ses sentiments et qu'elle ne peut s'en défendre, malgré l'aide et l'amour de sa famille.
"Je crois que je leur dois d'être en vie aujourd'hui. Je m'en veux de les avoir tant fait souffrir, eux et mes petits frères. Quand j'y pense, cela me fait pleurer".
Et de fugues en fuites en avant, on perçoit l'engrenage dans lequel elle entre et dont elle aura tant de mal à sortir.
Pour nous lecteurs, on ne peut qu'être effarés de la facilité avec laquelle une adolescente, mineure, peut passer pour une adulte, se déplacer dans l'Hexagone ou à l'étranger sans accord familial, voire avec un signalement de fugue sur le dos. On ne peut aussi qu'être atterré de l'inertie d'une administration n'ayant que peu de moyens pour protéger les enfants qui, en quelques clics sur un ordinateur, peuvent se procurer de la drogue et vendre leur corps et leur jeunesse au premier pervers venu. Et ne vous y trompez pas... ce n'est pas de l'histoire ancienne : tout ceci s'est passé il y a deux ans à peine, autant dire hier !
Dès la première page, on ressent cette tension et on sait déjà qu'on ne ressortira pas indemne de ce livre, surtout en tant que parents.
C'est le but affiché : "Ce livre est un cri. Puisse-t-il aider les parents, les cadres éducatifs, les policiers, les magistrats, à prendre conscience de la complexité et de la gravité de ce fléau. Nos enfants ne sont pas à vendre".
Alors, parents, lisez-le !

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valerie_DHM
  22 mars 2020
Ce livre m'a ému. Tout d'abord Félicitation a Nina et son père, car du courage il en faut pour écrire un livre pareil.
Beaucoup de passage sombre et très dur qui amène à ce poser des questions. Je ne suis pas personnellement concernée par le fléau de prostitution des mineurs. Ce problème était d'ailleurs loin de mes pensées pourtant il mérite de l'attention.
énormément de courage aux familles qui vivent ça et je pense que ce livre peut-être un soutien pour eux.
Enfin, pour ceux comme moi qui découvre ce milieu, ce livre mérite vraiment d'être lu en entier. Il raconte la vie d'une jeune fille, d'une ado qui fait des erreurs mais dont les parents sont là. L'amour peut faire beaucoup de choses...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
lolitajamesdawsonlolitajamesdawson   03 octobre 2020
Je m'appelle Nina, j'ai 16 ans, et je reviens de l'enfer. Pendant plus d'un an, je me suis vendue à des inconnus. Mon corps, mon sexe, mon sourire, j'ai tout offert... Pour de l'argent, oui. Mais moi, je me racontais que c'était pour conquérir ce dont je rêvais tant depuis mes 13 ou 14 ans : la liberté.

La vérité fait mal. Mais je crois qu'elle guérit, aussi, même si le monde de la prostitution, je le sais, va me laisser des cicatrices avec lesquelles il me faudra vivre.

Pourquoi mes parents me tiennent-ils aussi serré alors que je rêve de liberté ? Ils ne savent pas qui je suis. Le fossé entre l'image qu'ils ont de moi et celle que je suis en secret est devenu abyssal.

J'ai l'impression que chaque parcelle de mon corps est irrémédiablement souillée. Cette nuit-là, on m'a pris ma virginité. Est ce qu'on m'a droguée ? J'ai été violée.

Je suis mal en famille. Je sens que mes parents se méfient de moi, cela me fait mal de penser qu'ils ont raison. J'ai envie d'échapper à cette culpabilité, de me fuir.

J'improvise ma vie, j'ai le sentiment d'être libre, de ne dépendre de personne. Les gens que je rencontre ne me prennent pas pour une gamine alors qu'à la maison, j'ai toujours l'impression d'être une petite fille, une mauvaise fille. Oui, je sais que c'est illusoire. Cet argent que je claque dans les bars et à l'hôtel n'est pas le mien, mais celui de mes frères, de mes parents, de mes grands-parents que je trahi. Bientôt il n'y en aura plus, j'en abuse.

Pourquoi suis-je en train de foutre mon existence en l'air ? J'essaie d'arracher une page du livre de ma vie et d'en écrire une nouvelle, mais je ne sais comment m'y prendre. La solution, c'est partir, le plus loin possible !

Mes parents me demandent des comptes. Je ne peux rien expliquer car moi-même je ne saisis pas clairement ce qui ne va pas. J'ai juste besoin de changer d'air.

Je n'assume pas la culpabilité dont je ressens le poids, ni le vertige qui s'empare de moi quand je pense à ma vie.

Quand tu fais quelques chose d'intime avec quelqu'un que tu n'aimes pas, juste par intérêt, il y a des images qui s'incrustent dans ta mémoire et qui te rappellent à quel point tu as souffert pour décrocher cet argent. Des images qui ne s'effaceront jamais.

Je ne peux leur dire que je suis accro à cette excitation, à cette étrange sensation de puissance, même éphémère, que me procurent la drogue et la prostitution.

J'implore le pardon de Dieu d'avoir laissé les ténèbres et le mal envahir mon monde et mes pensées. Et je continuerai à demander pardon pour avoir causé autant de tristesse et de peine à ceux qui n'ont jamais cessé de m'aimer.

Je deviens obsédée par l'envie de prendre toujours plus de cocaïne. Même quand je décolle, j'en veux d'avantage. Sniffer pour sniffer, c'est destructeur, ça occupe l'esprit constamment, on devient agoraphobe. Me confronter au réel me devient impossible.

La cocaïne est devenue mon oxygène, vital. Mais elle décuple ma nostalgie. Les images de mon enfance reviennent se bousculer dans ma tête.

Il faut réunir encore plus de courage pour assumer ses erreurs et se battre contre soi-même. Être un adulte, c'est se rendre compte des conséquences de ses actes vis-à-vis des gens qu'on aime.

La prostitution te rend si malheureuse que tu es obligée de te convaincre que tu as le contrôle de la situation pour te sentir un minimum à l'aise. En réalité, tu n'est qu'un objet, réduite à ton sexe.

Je ne me prostituerai plus jamais. Ce serait briser toutes les valeurs que l'on m'a enseignées, les codes et les lois. Ce serait retourner dans un monde qui aveugle. L'argent m'a aveuglée. La sensation de pouvoir sur les hommes aussi. Je décollais du réel. Je me consolais avec les billets de banque pour ne pas penser à la douleur.
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valerie_DHMvalerie_DHM   16 mars 2020
Plus tard dans la soirée, peu avant minuit, comprenant que Nina ne reviendra pas malgré nos messages, je dépose Muriel et les garçons à la maison et je vais au commissariat de police déclarer sa fugue. J’explique à l’accueil que notre fille est partie et qu’on est sans nouvelles d’elle depuis sa sortie du collège. [...]
J’ai l’impression d’être passé au grill, ça n’en finit pas, ça me rend fou.
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