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EAN : 9782070781553
224 pages
Gallimard (30/08/2007)
3.36/5   210 notes
Résumé :
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
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Et bien voilà une très sympathique découverte, trouvée au hasard d'un vide grenier.
C'est un roman où chaque chapitre serait une nouvelle. le point commun étant que ça se passe dans le même immeuble, et qu'à chaque fois, il y a une histoire de chaussure qui atterrit sur le toit du dit immeuble.
Chaque histoire est originale et agréable à lire. Les personnages, tous très différents, il y a même un chien parmi eux, sont traités avec intelligence et sensibilité. Il y a aussi de l'humour, ce qui ne gâche rien.
Une bonne petite parenthèse passée avec ces habitants près de la gare du nord.
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Oeuvre profondément philosophique qui nous propose à trvers une dizaine de nouvelles une galerie de personnages qui réside dans un immeuble parisien plutot populaire...le point commun entre ces personnages? la chaussure sur le toit du titre... Des personnages contemporains, acessible pour une critique tendre et vacharde sur notre société actuelle qui mélange fantastique tragique et comique...une des bonne surprise littéraires de l'année 2009...
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"Ascension" lu grâce aux Explolecteurs 2017 m'a tellement enthousiasmée que j'ai voulu continuer ma découverte de Vincent Delecroix avec "La chaussure sur le toit" publié en 2017 (10 ans déjà et je l'ignorais ! Comment ai-je pu passer à côté d'une telle pépite ? Mystère et aléas des piles de livres !)
Une chaussure sur un toit, donc. Sur le toit d'un des immeubles entourant une petite cour près de la Gare du Nord. Cette présence, incongrue en ce lieu, non seulement pose question aux habitants de l'immeuble d'en face et à ceux qui les fréquentent mais "agit" de dix manières différentes sur leur existence. Car autour de cette chaussure se déploient des espaces auxquels les personnages se heurtent, se frottent, se fracassent alors que l'auteur s'amuse à dessiner leurs trajectoires flottantes dont la chaussure sur ce toit devient point de départ, d'arrivée, de friction ou/et d'interrogation. Toute une géographie sociale et intime dont s'empare le romanesque pour parler de la vie telle qu'elle est : solitaire au milieu des autres, en constante et silencieuse quête d'amour.
Ce dérangement de l'ordre habituel du monde - une chaussure solitaire sur un toit - devient le révélateur des infimes ou considérables décalages entre fiction et réel, entre montré et caché. de même que la construction narrative nous fait passer d'un appartement à un autre, d'une histoire à une autre sans véritablement quitter l'immeuble-roman, sans perde de vue l'énigme de cette chaussure, l'écriture nous fait traverser plusieurs genres : conte de fées, tragédie, romance, mythe... comme si le point de vue de chaque personnage était forcément contaminé par la littérature. Ce jeu signifiant entre fond et forme est si magistralement mené qu'il parvient à déclencher aussi bien la réflexion que l'émotion, les larmes que le rire, l'identification que l'étrangeté.
Plusieurs pages seraient nécessaires pour détailler cette intelligence du roman que Vincent Delecroix met en oeuvre (au sens littéral de l'expression) ! Moi, je me contente d'admirer, de vibrer, de jubiler, d'aimer et d'élire Vincent Delecroix parmi mes auteurs de prédilection !
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"L'imbrication des histoires les unes dans les autres à l'intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d'aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire des moeurs et par la peinture drolatique de la solitude".
Ils se débrouillent pas mal chez Gallimard, pour donner un avant-goût en peu de lignes. Ne pas trop en dire, le plus juste possible. Pas facile. Moi j'ai toujours eu du mal à faire court.

Toujours est-il que l'auteur parvient à faire d'une chaussure la cause, la conséquence, le moyen, la finalité d'une histoire ou d'une autre. Point de départ ou d'arrivée, vous êtes assurés de la retrouver, dans chaque histoire, toujours sur ce toit. Elle peut tout aussi bien appartenir à un ange en imper, perché sur ce toit, les bras en croix, en pleine nuit, envoyée là par un cambrioleur enragé, abandonné par un amoureux transi venu saluer sa belle accoudée à la fenêtre d'en face.. Tout est possible. Et plausible.

Et puis, l'une des histoires en fait appartient au narrateur d'une autre, et le chevalier anonyme d'une Cendrillon du 21ème siècle se retrouve à caresser un chien en colère contre son maître qui a gâché une relation avec une femme formidable, à cause d'une tragédie grecque, laquelle se joue un peu plus loin dans l'espace ou le temps, sur le toit d'un immeuble. Tout converge vers cette chaussure, ou tout commence. Ce roman est un véritable exercice de style, d'imagination, d'imbrication, d'entrelacements d'histoires sans jamais en perdre le fil. Ariane en serait comblée. Un tissage poétique à ridiculiser Pénélope (vous savez, celle qui fait et défait son tissage chaque nuit).



Ecriture précise "caméléonne", modulant son amplitude, son délié, en fonction des caractères et caractéristiques de chacun, et toujours autour d'un même sentiment, la solitude. L'ange dit : "Mais eux ne faisaient jamais les rencontres que je faisais, qui d'ailleurs étaient toujours plus nombreuses et fréquentes, de sorte que mon accablement était toujours plus profond. Pas un jour sans que j'aperçoive une larme sur un visage, une disgrâce quelconque, un geste méprisable, des vêtements usés, une nuque ployée. Il aurait fallu que je sois un monstre pour ne pas rentrer accablé et avec sur le visage cet air à la fois douloureux et fatigué qui finissait par lasser tout le monde.", quand l'amoureuse exhale son désarroi :"Ma mère ne veut pas savoir que j'ai vieilli deux fois, une première fois quand tu m'as prise dans tes bras, la deuxième fois quand on m'en a arrachée -la première fois je suis devenue une femme, la seconde une morte. Je suis plus vieille que ma mère, plus vieille que n'importe qui.", et que Philoctète agonise sur le toit : "Exactement, mon garçon, ricana Philoctète, ils sont au spectacle, un spectacle qui dure depuis un moment déjà. Inquiet, Ulysse demandé à Philoctète : mais aucun n'a prévenu la police ? Ils sont au spectacle, je te dis, ils ne font rien d'autre. Ils attendent ce qui va se passer. Ils me regardent crever ou gémir. Parfois, je les terrorise, avec mes coups de fusil, parfois ils me prennent en pitié."
D'ailleurs, ce dernier extrait est tiré de la seule histoire narrée à la troisième personne. Monsieur Delecroix, (pardonnez la question), est-ce intentionnel ? Mais surtout, si ça l'est (mes excuses), dans quel but ? Si vous passez dans le coin, je vous en prie, ne vous déchaussez pas. Cela me contrarierait.
Lien : http://www.listesratures.fr/..
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Vincent Delecroix prend comme point de départ de chaque nouvelle une chaussure sur le toit d'un immeuble parisien : à partir de ce motif, il développe toute une série de récits expliquant la présence insolite de cet objet à cet endroit ou dans lesquels cela joue un rôle important. Ainsi, cette chaussure va susciter une très belle rencontre entre une vieille dame et un jeune pompier, quoi qu'en pense le neveu de la première ; une discussion en équilibre entre Ulysse, Philoctète et le fils d'Achille ; le souvenir d'un amour perdu pour une adolescente ; celui d'un étrange cambriolage pour un autre ; et bien d'autres histoires. Celles-ci présentent différentes ambiances, tour à tour tendres, ironiques, cruelles, dramatiques ou humoristiques. L'une emprunte même le ton pompeux et prétentieux d'un discours d'artiste lors d'une exposition. C'est d'ailleurs dans cette nouvelle qu'est exposé le projet littéraire de l'auteur et l'intérêt que présente cette chaussure sur le toit. Ce qui est particulièrement intéressant dans ce recueil, ce sont les liens qui se tissent progressivement entre toutes ces nouvelles : certains personnages reviennent d'un texte à l'autre ou sont mentionnés, certains actes se croisent, de même que certains textes écrits par un personnage. Tous ces croisements créent en quelque sorte un roman, celui de quelques instants de vie des habitants d'un même immeuble.

Si j'ai apprécié la construction très réfléchie de ces nouvelles et de ce roman dans son ensemble, surtout lorsque les références se multiplient à la fin, je n'ai par contre guère accroché au style de l'auteur. Il se rapproche selon moi de l'oralité grâce à certaines répétitions et expressions destinées à un auditeur, afin de donner l'impression d'une conversation entre voisins de palier. le procédé s'inscrit bien dans le projet, mais ne me plaît pas. Si ce style ne vous déplaît pas, je vous recommande ce livre difficilement catégorisable dans un seul genre et très bien construit.
Lien : http://minoualu.blogspot.be/..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Ayant mis au point à l'avance le jeu des questions et des réponses, je n'ai bientôt plus prêté attention à ce qu'il disait et je m'attardais davantage sur la question de savoir où il avait acheté sa chemise. (Pouvoir m'acheter de telles chemises, m'avait-il confié dernièrement au restaurant, qui assurent un succès presque immédiat auprès des filles, c'est la raison première de ma vocation philosophique, la seconde étant de vouloir libérer l'humanité des mensonges qui l’oppriment.) Lorsque, soudain, j'ai subi un choc de plein fouet. Il s'est passé quelque chose de totalement inattendu : j'ai entendu une voix.
Et cette voix m'a dit, très distinctement : qu'est-ce que tu fous ici?
Le choc a été tel que je me suis redressé brutalement, envoyant valdinguer toutes mes fiches. Je me suis tourné vers mon invité que mon violent mouvement avait coupé net en plein milieu d'une phrase (il faut bien dire la vérité, même si ça peut faire grincer des) et qui fixait maintenant sur moi des yeux ahuris. Puis je me suis tourné tour à tour vers chacun de mes chroniqueurs stupéfaits et figés.
Il y eut un blanc.

Un silence qui a duré quelques secondes, effroyable. De nouveau, je me suis retourné vers mon invité et, ayant totalement oublié que j'étais à l'antenne, comme on dit, je lui ai demandé : qu'est ce que tu viens de dire?
Après un bref moment de surprise pendant lequel il a cherché à son tour le regard des chroniqueurs, il a esquissé un sourire, a toussoté et a repris : je disais qu'il faut bien dire la vérité, même si ça peut faire grincer des. Non, non : avant ça.
De nouveau, un blanc.

Les chroniqueurs, maintenant, regardaient dans tous les sens, complétement affolés (l'émission était, comme chacun s'en souvient, en direct et en public). Mais à cet instant même, j'ai compris que ce n'était pas lui qui avait parlé, que cette voix venait d'autre part. Un instant j'ai été saisi d'une très courte mais très intense terreur. Juste un instant. Après quoi, je me suis ressaisi. Laisse tomber, lui ai-je dit, continue ton speech. Plutôt ébranlé, il a repris tant bien que mal le fil de son propos. Mais c'est à ce que moment là que c'est faite la véritable révélation. Et, sous le coup de cette découverte éclatante, j'ai eu le sentiment de déclarer à haute voix : mais qu'est-ce que je fous ici? La fin de l'émission a été un désastre.
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Oh mon amour, je voudrais que, là où tu te trouves, tu ne souffres plus jamais. Par moments même, je voudrais que tu m'aies oubliée, pour que je ne sois pas un objet de souffrance pour toi. Et puis, le moment d'après, bien sûr, je voudrais que tu ne m'oublies jamais, au contraire, et n'être pas la seule à regarder par la fenêtre en pleurant, à rester là comme une idiote, les bras ballants, inutile, avec tout mon corps inutile et mon sourire pour personne, ces dents éclatantes pour ne rien croquer, et tous ces jours vides devant moi.
Au moment où je t'ai perdu,j'ai bien compris que la souffrance allait être terrible. Je l'ai compris immédiatement, avec les premières larmes et les premières injures. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'était l'ennui. Je m'apprêtais à souffrir d'amour et d'injustice, mais pas à souffrir d'ennui. Cette souffrance-là aiguise les autres, et les creuse et les écorche à chaque instant. Je veux bien que les souvenirs me brûlent, mais je ne sais pas quoi faire avec ce présent vide, cette plaie.
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Je ne dis pas qu'il ne faut pas lire les Tragiques grecs, mais ce n'est pas une lecture sans risque, c'est tout. Marquis dit avec emphase que ça traite de choses éternelles, de la condition des hommes (rarement de celle des chiens, il faut le dire et, d'ailleurs, de manière assez peu flatteuse), du sens de la vie, du destin, etc., mais il n'y connaît strictement rien, il prend juste des airs : il croyait que Sophocle, ça désignait un genre particulier de lunettes. (Monocle, crétin, ou binocle).
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Au sortir de la salle de bains, je suis tombé sur le chat qui me fixait avec des yeux luminescents et dépourvus d'intelligence. Je lui ai murmuré : casse-toi, Cerbère. (Cerbère, c'est vraiment stupide comme nom, pour un chat.) Il n'avait pas l'air bien hostile, mais je me souvenais que certains des plus méticuleux cambrioleurs se font régulièrement découvrir par un maladroit écrasement de queue de chat (les cris que poussent les chats dans ces cas-là sont susceptibles de réveiller n'importe qui). Après un temps d'observation réciproque, il s'est nonchalamment détourné pour aller prendre une nouvelle ration de croquettes dans sa gamelle, parce que la vie nocturne des chats est bien moins palpitante qu'on ne se l'imagine. Bon, c'est pas tout ça, mais il faut faire quelque chose.
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Depuis ce jour, à la question rituelle que je me pose le matin en me regardant dans le miroir de la salle de bains pour me raser, à cette question rituelle : es-tu un salaud ou un crétin ? je réponds désormais et invariablement : les deux.
Page 132
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Videos de Vincent Delecroix (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vincent Delecroix
CONVERSATION Présentée par Raphael Zagury-Orly Avec Vincent Delecroix, philosophe Camille Riquier, philosophe Corine Pelluchon, philosophe
Ce n'est jamais l'espoir qui fait vivre: ce sont les aléas de la vie qui donnent à l'espoir ses ailes ou, au contraire, les lui coupent. On le sait bien d'ailleurs: l'espoir, on le «nourrit», on le «caresse», on le «fait naître», on le «soulève», on le «suscite» - comme si, en lui-même, il n'était qu'immobile attente, tantôt confiante, tantôt naïve, de l'avènement d'un Bien, d'un événement favorable, gratifiant, bénéfique. D'ailleurs, une langue telle que l'espagnol, n'a qu'un seul verbe pour dire attendre et espérer. Aussi une vie qui ne se s'alimenterait que d'espoirs serait-elle aussi anémique qu'un amour qui ne vivrait que d'eau fraîche - car bien tenue est la limite qui les sépare des illusions, des douces tromperies (ameni inganni) dont parlait Leopardi. Certes, dans l'Ancien Testament, Dieu lui-même est nommé Espoir ou Confiance, les Pères de l'Eglise en ont fait une vertu théologale, et du «principe espérance» de Ernst Bloch la philosophie contemporaine s'est nourrie. Mais lorsqu'on dit que l'espoir fait vivre - ou que l'espoir est toujours le dernier à mourir - il faudrait entendre que pour faire vivre l'espoir, il faut d'abord commencer soi-même, autrement dit «faire le premier pas» de l'action, le mettre en mouvement en faisant «un pas en avant», en s'engageant, en allant si l'on veut vers Dieu, par la foi, en allant vers l'autre, par l'amour et l'amitié, en allant vers autrui, par la bienveillance, l'hospitalité, la solidarité.
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