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Léa Fazer (Traducteur)Neria De Giovanni (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782862606750
220 pages
Autrement (30/11/-1)
3.71/5   45 notes
Résumé :
C'est l'histoire d'un jeune homme de vingt-trois ans, sortant de prison, qui tombe amoureux, bien malgré lui, de la fiancée de son frère. Elias et Maddalena se sentent glisser vers le péché et tentent en vain d'y résister. Le mariage de Maddalena avec le frère d'Elias ne fera qu'attiser leur désir. Ni les années, ni même l'ordination d'Elias à la prêtrise ne les empêcheront de succomber à la tentation. Dans cette histoire d'inceste, il n'y a rien d'immoral ; le réci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Voici un grand et beau roman. Aussi simple qu'un conte de veillée et aussi complexe qu'un poème. Elias et Maddalena. Histoire d'une passion amoureuse interdite ; histoire d'un adultère que l'on appelle de tous ses voeux tout en en redoutant les inévitables et terribles conséquences.

Grazia Deledda a reçu le Nobel de littérature en 1926 et est, à ce jour et à ma connaissance, la seule auteure italienne récipiendaire de cette récompense si convoitée. Femme de lettres sarde, c'est donc avec un grand naturel qu'elle raconte sa terre natale et quel voyage ! Avec le même amour que Thomas Hardy pour décrire la campagne anglaise, Grazia Deledda décrit Nuoro et ses paysages, anime ses pâtres et ses paysans, fait flamboyer les costumes, rend hommage aux traditions, peint les us avec la minutie d'une pastorale de François Boucher.

Les personnages sont touchants de réalisme et d'idéal. Leur histoire est poignante. Ils respirent la jeunesse tout en étant empreints d'un lourd héritage séculaire, celui du travail de la terre, codifié jusque et surtout dans ses interdits. Aussi inexorable qu'un atavisme familial.

Je me suis laissé séduire par la beauté du verbe, par la clarté de l'évocation d'une île aussi belle que rude, très éloignée de la destination "carte postale" d'aujourd'hui. Et parce que la Sardaigne a sans doute perdu une partie de son âme à cause du tourisme et du bleu turquoise de ses criques, "Elias Portolu" est aussi un témoignage d'une époque révolue et à jamais tombée dans les limbes de l'oubli.


Challenge PLUMES FEMININES 2021
Challenge MULTI-DEFIS 2021
Challenge Nobel
Challenge ATOUT PRIX 2021
Challenge XXème siècle 2021
Challenge XIXème siècle 2021
Challenge COEUR d'ARTICHAUT 2021
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Elias Portolu c'est l'histoire d'un amour impossible ou que l'on croit impossible.

Elias sort de prison (apparemment il aurait suivi de mauvaises fréquentations) et rentre chez ses parents où il est accueilli à bras ouverts. Il fait la connaissance de Madallena, la fiancée de son frère Pietro et tombe amoureux fou de la jeune femme qui de son côté l'aime aussi. Mais Elias est faible. il n'empêche pas le mariage comme lui l'avait conseillé son vieil ami berger mais ne peut s'empêcher d'aller vers Madallena. Faible encore, tourmenté, il décide de devenir prêtre puisqu'il ne peut pas être avec Madallena. Jusqu'au bout, il va douter, se tourmenter, faire des choix discutables.
Je n'ai pas été transportée par cette histoire malheureusement. Je n'ai pas réussi à m'attacher à Elias dont les choix me semblent discutables.
Beaucoup de tristesse dans cette histoire car beaucoup de malheurs vont s'abattre sur cette famille.
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Un court roman de 211 pages écrit en 1903. Je me suis attachée à Elias Portolu, jeune Sarde qui sort de prison, et à sa famille. Grazia Deledda ne nous donne pas la raison de son incarcération mais juste le fait qu'il a suivi de mauvaises personnes et se dit innocent.
Autour de lui gravite une famille pieuse qui entame un pèlerinage auprès de Santu Franziscu.
Elias tombe amoureux de la fiancée de son frère, qui est, elle-même, séduite par lui. Il se force à ne pas la regarder bien que son coeur crie le contraire.
Contrairement aux autres critiques, je n'ai pas trouvé le style de Grazia Deledda suranné. Il est poétique pour décrire la nature, il est juste pour décrire les tourments que vit notre narrateur, ainsi que les conseils totalement opposés les uns des autres qui lui sont prodigués.
Ce dilemme et la morale qui en découle restent humains.
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Elias, jeune berger sarde, sort de prison et retrouve la lande et son maquis. de retour chez lui, il rencontre la fiancée de son frère et dès le premier regard les deux jeunes gens tombent éperdument amoureux.
Amour impossible, passion dévorante, destinée tragique, Elias se sent damné et se tourne vers la religion et sera ordonné prêtre. Malgré son aspiration à la pureté le jeune héros aura bien du mal à s'éloigner de la tentation et surtout à ne pas y céder.
Tiraillé entre le Bien et le Mal, sa décision finale ne sera peut-être pas la plus bénéfique aux protagonistes.

Très beau roman aux personnages tourmentés et émouvants,  drame à l'issue tragique, j'ai beaucoup aimé la plume de cette autrice italienne, prix Nobel de littérature, et dont pourtant je n'avais pas entendu parler.
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En 1926, Grazia Deledda recevait le prix Nobel de littérature. Première femme à l'obtenir, si je ne m'abuse... Et cela n'a pourtant pas empêché son nom de rentrer dans un certain oubli...

Je dois à une de mes librairies favorites, la Librairie Point Virgule, cette magnifique découverte! C'est là où l'on se rend compte si nous l'avions oublié, combien le travail de nos libraires et librairies est précieux. En plus de mettre en lumière, de défendre, de promouvoir, ils permettent à des textes et des auteurs de sortir de l'oubli où le temps les y avait placés! Merci à eux 🙏♥!

Ici je leur dois la découverte d'une autrice à la plume sublime et pourtant au style âpre sans tomber dans une dureté, mais au contraire en donnant vie aux éléments, aux êtres comme les haïku's savent nous procurer des émotions et des sensations! En effet, Grazia Deledda en peu de mots, arrive à nous faire vivre son île, sa Sardaigne et Nuoro en particulier! J'ai vu les paysages qu'elles nous décrit. J'ai senti le vent dans les cheveux, le soleil sur ma peau, cette atmosphère qui vous enveloppe au point de vous faire vibrer tout entière! J'ai entendu la nature dans ses champs, ses bruissements... J'oserai même dire dans ses respirations !

Cette écrin sert de décor à la famille Portolu. On y fait connaissance avec Zia Annedda et Zio Nette, les parents et leurs trois fils, Pietro, Mattia et Elias. On les prend au moment où Elias, le fils bien-aimé et cadet de la famille, rentre enfin de ses années de prison et où Pietro l'aîné va bientôt se marier avec la sublime Maddalena... le bonheur de chacun des membres est à son comble et pourtant, il suffira d'un regard pour que le destin d'Elias et Maddalena en soit à jamais bouleversé...

J'ai trouvé cette histoire très moderne pour l'époque. En effet, c'est la psyché et les tourments d'Elias que nous allons vivre, suivre... Et non ceux de Maddalena qui ici, s'écarte du rôle de femme fragile qu'on attribue généralement aux femmes à l'époque. En effet, bien que dépendante du statut que son genre lui confère, elle aura la force d'une femme libre pour oser demander ce que son coeur lui réclame... Elias, tout homme qui l'est, aura plus de mal à assumer ce qui enflamme son coeur. le plongeant dans des abîmes tout en lui conférant une humanité bien plus complexe que les stéréotypes qu'on avait tendance à défendre pour les hommes à l'époque.

Face à une telle modernité de propos, le prix Nobel prend pour moi encore plus d'importance, ici, dans sa symbolique! On l'a décerné à une autrice qui a osé casser des stéréotypes à une époque où le droit de vote pour les femmes n'était pas encore acquis partout!
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Insensiblement les larmes tarirent dans ses yeux, et cette crise le soulagea, le calma. Il s'en aperçut lui-même ; car, lorsque l'accès de désespoir eut pris fin, il ressentit quelque honte des pleurs qu'il avait répandus. Mais il pensa : "Mon père dit que ce sont les lâches qui pleurent, et qu'un Sarde, un Nuorais, ne doit jamais pleurer. Pourtant, les pleurs font tant de bien ! Sans les pleurs, il y a des moments où l'âme éclaterait."
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A un certain moment, ils demeurèrent seuls : Pietro était allé chercher quelque chose dans la cabane, Mattia poursuivait une brebis moins docile que les autres, et Zio Martinu l'aidait à la reprendre. Elias eut une minute d'égarement, de peur et de plaisir indicibles, à se voir seul près de Maddalena, parmi les herbes et les grands chardons fleuris. Son coeur se mit à battre fortement et un vertige d'amour s'empara de tout son être, lorsque ses yeux rencontrèrent le regard passionné et suppliant de la jeune fille. Ce regard disait : "Sauve-moi, sauvez-nous ! Tu m'aimes, je t'aime. Je suis venue pour te demander de me sauver, de nous sauver, Elias, ô Elias !"
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Qu'Elias dût revenir à la santé, elle le savait bien : car, supposant qu'il avait pris quelque frayeur, elle lui avait préparé et fait avaler "s'abba e s'assustru", l'eau de l'épouvante ; puis, elle lui avait attaché au cou une médaille bénite, elle avait allumé une lampe en l'honneur de saint François, et enfin elle avait prononcé les "paroles vertes", - une conjuration qui n'est pas sacrilège, - pour savoir si Elias devait vivre ou mourir. Les paroles vertes avaient répondu qu'il vivrait.
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Es-tu un homme ? Tu n'es qu'un fétu de paille, un pantin en fromage de vache ! Ne vois-tu pas que tu es incapable de rester debout sur tes jambes et que ta face est verte comme une grenouille ?
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Ne pas travailler, ça tue plus que n'importe quel labeur.
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Videos de Grazia Deledda (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grazia Deledda
Images d'époque: à Stokholm, le 10 décembre 1926, Grazia Deledda reçoit le prix Nobel de littérature . C'est la seconde femme qui reçoit un prix Nobel , après Marie Curie (commentaires en italien).
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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