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EAN : 9782889492015
156 pages
Éditeur : 5 sens (10/08/2020)
3.25/5   4 notes
Résumé :
Le golfe d’Aden est une vaste baie étendue entre la corne de l’Afrique et la côte sud de la péninsule Arabique. Long d’un millier de kilomètres, et d’une largeur de 150 à 400 kilomètres. N’y croisent plus que des tankers gigantesques, hermétiquement clos, refermés sur eux-mêmes, des boutres de caboteurs et des esquifs de pirates ou de pêcheurs - bateaux sommaires, offerts à tout vent. Les premiers y passent sans traîner ni s’arrêter, les autres y courent le large, n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
araucaria
  07 octobre 2020
Je voudrais remercier l'opération Masse Critique de Babelio , et les éditions 5 Sens qui m'auront permis de découvrir un nouvel auteur.
Sébastien Deledicque entraîne le lecteur au Yémen et plus précisément à Aden et dans sa baie, avant le conflit qui est toujours en cours.
Installé dans ce pays pendant 13 ans, de 2002 à 2015, l'écrivain raconte le quotidien qu'il a pu vivre dans ce pays au milieu des pêcheurs. Dans ces 11 nouvelles, d'une longueur très inégale, il évoque la mer par opposition à la terre, le golfe faisant face à la ville, l'étendue liquide et bleue présente au bas de la côte rocheuse brune, les modestes houris des pêcheurs ou les immenses tankers défilant devant les bidonvilles ou les mosquées. Deux univers différents que ceux des hommes de mer et ceux qui restent à terre...
Des nouvelles qui ressemblent à des études, un style agréable...
L'édition est soignée aussi et j'ai apprécié la photographie qui illustre la couverture.
Un livre que j'ai apprécié.
Commenter  J’apprécie          290
Malocean
  02 octobre 2020
Voilà un livre que j'étais heureux de découvrir, un texte qui parle de la mer promettait le meilleur pour moi qui suis un amoureux de la mer. Malheureusement j'ai éprouvé beaucoup plus de déception que de plaisir.
Ce livre, composé d'une vingtaine de nouvelles, nous parle de l'est-africain : du golfe d'Aden en particulier, et cela vu de la mer ou de la terre, par l'intermédiaire de dialogues de marins et d'habitants de la région.
Il y a donc dans cet ouvrage une grande disparité, c'est une sorte de patchwork mal assemblé. En effet, si l'on souhaite découvrir la région à travers ce texte, c'est peine perdue... Aucune sensation, aucune image propres à ce coin du globe ne permette de ressentir une émotion particulière. de plus, les personnages m'ont semblé sans intérêt, trop lisses, alors que raconter la vie difficile des pêcheurs aurait été un vrai sujet de roman. Enfin, si certaines de ces courtes nouvelles sont poétiques et bien écrites, d'autres sont trop longues car saturées de dialogues. Les citations dans la langue locale avec la traduction n'apportent rien et coupent la lecture.
Par conséquent, je n'ai pas du tout accroché à cette lecture.
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Commenter  J’apprécie          40
Latornadeblonde
  22 octobre 2020
Sébastien Deledicque a vécu 12 années au Yemen et plus précisément dans la baie et le golfe d'Aden, bordant l'océan indien. Cette côte, l'écrivain la connaît bien, puisque lui-même a acheté un bateau de pêcheur, qui lui permettra de vivre au milieu d'eux et de mieux les cerner.
J'ai beaucoup aimé l'écriture presque poétique de cet auteur. Mais j'avoue avoir eu du mal avec l'histoire car les personnages décrits manquent de profondeur. J'aurai aimé en savoir plus sur ces pêcheurs. Leur mode de vie, leurs sentiments, leur vie de pêcheurs, leurs rapports avec la mer, etc...
Néanmoins, j'ai beaucoup aimé l'ecriture de Sébastien Deledicque et j'avoue avoir aimé certaines de ces histoires.
D'autres m'ont paru longues, trop chargé de dialogues qui n'apportent rien de plus au récit.
Merci à Babélio et aux éditions 5 sens de m'avoir fait découvrir ce roman de nouvelles.
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   01 octobre 2020
Depuis l'aube, le ciel pleurait.
Des nuages bas, serrés les uns aux autres, regroupés tels les membres d'une famille aux liens indéfectibles, se tenaient en suspens, recueillis au-dessus des crêtes du Djebel Shamsân. En silence, sans fracas de tonnerre ni souffle de vent, les nuages pleuraient une fine bruine sur le quartier de Crater, et, à cette heure, particulièrement sur Al'Aydarûs, le bidonville à flanc de volcan qui accueille en son giron (sur ses pentes) les maisons modestes mais colorées, petites mais débordantes de vie, d'un peuple d'honnêtes gens, dont les vies se tiennent face à la mer, et, à l'image des rondes des derviches, tournent autour de la mosquée nommée en hommage au saint homme qui selon la tradition avait, en le recueillant dans le creux de ses mains, redonné vie à un oiseau agonisant ; une mosquée blanche, millénaire, ornée de drapeaux verts flottants au vent, sur les marches de laquelle patientent des âmes sereines, des discrets en paix avec les hommes et l'univers, aux coeurs emplis des doux bienfaits de la sakîna (la quiétude), cette grâce accordée par le Ciel à ses enfants préférés - ceux qui lui sont demeurés fidèles. Sous une atmosphère éplorée donc ; ainsi se réveillait Aden en une matinée qui devait pourtant être identique aux autres.
Abû Hâfez
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araucariaaraucaria   29 septembre 2020
"Moi, j'sais même pas lire..."
Le pêcheur yéménite - ami de dix ans - s'était ainsi subitement interrompu, sans aller au bout de sa pensée, comme si l'essentiel était dit.
En ce début de l'année 2015, nous mâchions du qat face à la mer, sur la façade est de la péninsule d'Aden, juste à la sortie de la crique des pêcheurs de Crater, le quartier historique protégé des redoutables vents de la mousson d'été. Ainsi, nous tournions le dos au port moderne de Ma'alla et à l'intérieur de la baie, Towahi, ou Steamer Point (qui cent ans durant avait été le centre de l'animation de la British Crown Colony of Aden).
Ce jour-là, nous n'étions pas les seuls à mâcher du qat à cet endroit.
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SebAbouKhaledSebAbouKhaled   13 août 2020
À neuf ans, sur les eaux de la mer Rouge puis sur celles du golfe d’Aden, il avait esquissé son apprentissage de bahhâr (marin) aux côtés de son père et de ses oncles. Jusqu’à dix années en arrière, les souvenirs étaient joyeux et sains, environnés d’une nature aussi clémente que généreuse. Alors, la vie filait, à un rythme compréhensible, à l’image des marées qui vont et viennent depuis l’aube des temps. Puis, au fil des années passées au contact des experts étrangers, des gens qui disaient savoir, qui apportaient une science venue de l’extérieur, Abû Ahmad était parvenu à accumuler. Il avait acquis son propre bateau, démultiplié la puissance de ses moteurs, grossi aussi la taille de ses filets, avait même fini par acquérir trois houris supplémentaires confiés à des équipages de confiance. Mais, depuis dix ans, au rythme de l’augmentation des prix de l’essence, des moteurs et des pièces détachées (au départ très accessibles), Abû Ahmad n’avait cessé de s’endetter. Avec les ans, il en était finalement venu à constater qu’en suivant les conseils des étrangers qui disaient savoir, il n’avait jamais que bâti les murs de sa propre prison, ou, image pire encore à un pêcheur, n’avait jamais qu’ajouté un par un des boulets à ses pieds… En croyant développer ses activités, il s’était attaché de plus en plus de poids aux deux chevilles, lesquels poids désormais l’entraînaient vers le fond… Tant d’argent dû, à rembourser ! Et voici que ceux qui vingt ans plus tôt prêchaient d’investir, de pêcher plus, plus loin et plus efficacement, et prêtaient abondement l’argent dans ce but, revenaient maintenant lui dire de pêcher moins, moins loin et moins efficacement ! S’il considérait depuis plusieurs années déjà les étrangers conseilleurs comme des vendeurs de sommeil, et leurs chiffres comme des inepties (Quelle nouvelle camelote viendraient-ils vendre dans dix ans, sur la base d’autres chiffres et d’autres preuves irréfutables ?), son reproche le plus sévère il se l’adressait à lui-même : d’avoir écouté. Essentiellement, au plus profond de son être, le pêcheur vieillissant se remémorait avec nostalgie ses premières années sur l’eau. Loin dans le passé. Les années de navigation sur des coques de bois, et sous des voiles de coton. Les années de pêche simples et suffisantes, lentes et joyeuses, libres : un âge d’or perdu… Dont il avait été séparé par… des chiffres, des études, des graphiques et des statistiques ! Irrémédiablement. Des preuves scientifiques identiques à celles que l’expert étranger pointait maintenant du doigt.
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araucariaaraucaria   05 octobre 2020
Il est des ciels trop bleus, et des soleils trop forts. Et des jours de trop grande fatigue ou de trop profonde lassitude, au cours desquels les éléments imposent victorieusement leur absolue puissance. Et nous enseigne l'humilité.
(Drôles de jeux)
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araucariaaraucaria   30 septembre 2020
A se laisser aller, l'être humain divague, à se laisser aller, le bateau dérive... mais il est loin d'être sûr que toute dérive soit chaotique.
(Peur ou amour)
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