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EAN : 9782070767601
112 pages
Gallimard (05/05/2005)
3.28/5   93 notes
Résumé :
Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l'eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède.
Bien sûr que l'on dévore encore. Comment se souvenir sinon d'avoir pu dévorer?
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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RChris
  19 avril 2022
J'ai enchaîné cet opus après la lecture du “mojito”et je suis tenté de vous dire que ma précédente chronique vaut aussi pour ce livre tant les ouvrages de Philippe Delerm surfent sur la réussite initiale de “la première gorgée de bière”.

Comme toujours ces chroniques sont inégales et Delerm sait nous donner envie d'écraser des pommes de terre plutôt que de préparer de la purée mousseline.

Les écrits font souvent la taille des "Microfictions" de Régis Jauffret mais pas de comparaison car ce “livre de toilettes” joue avec le souvenir, la réminiscence proustienne comme lors de la dégustation de la barbe à papa (voir citation).
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Seraphita
  04 décembre 2010
« Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables » présente une série de textes très courts (2-3 pages) qui exposent chacun un petit rien, nourriture ou bien littérature, les deux se conjuguant à merveille. Philippe Delerm nous entraîne dans cette nouvelle ronde de petits riens vers des nourritures délectables, matérielles – nourriture (« purée vivante », « un luxe suisse » avec le chocolat Milka, « la barbe à papa »), boisson (« vin chaud »), ou bien spirituelles. Il nous invite à la (re)découverte de grands auteurs de la littérature et disserte sur la lecture et l'écriture dans ses rapports à la nourriture : c'est ainsi qu'il rend hommage à Sempé, Hergé ou Dickens ou bien évoque « la lecture et l'anorexie » puis « l'écriture et l'anorexie ».
Après « La première gorgée de bière » et « La sieste assassinée », l'auteur creuse un sillon. La recette est délectable mais a un goût de déjà-vu. Si j'ai pleinement adhéré à la lecture de certains petits riens (tel « vin chaud »), d'autres m'ont un peu moins captivée : les références culturelles de l'auteur ne m'étaient pas toujours familières, aussi je partageais moins l'implicite des textes, le ton de douce connivence qui pouvait en ressortir.
Un mot sur mon petit rien préféré : « Vin chaud » : cette boisson emporte toujours l'adhésion des invités, au contraire de la tisane ou de la petite mirabelle. Si l'on veut en donner une définition, on aura plaisir à dire : « c'est du vin avec de la cannelle, du citron. On le fait flamber quand il est sur le point de bouillir. L'alcool s'évapore » (p. 101). Comment justifier un tel engouement ? Delerm donne quelques pistes, usant avec brio de son écriture précise, sobre et ciselée : « une concentration de convivialité virtuelle plane sur ces deux mots réunis. Sonorités. L'énergie vitale, astringente et nasale de vin s'épanouit dans le chuintement rond, rouge-orange de chaud » (p. 102). Au final, une belle réflexion sur les rapports entre l'appétence physiologique pour une boisson et l'appétence psychologique pour les mots, entre la matérialité du breuvage et la spiritualité de l'écriture : « Vin chaud : c'est presque aussi bon que les mots » (p. 102).
Des petits riens à savourer, même si Delerm n'innove en rien par rapport à d'autres recueils, avec une certaine inégalité entre les différents textes présentés.
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marlene50
  19 août 2016
Tous ces petits récits m'ont rappelé , pour certains, tant de choses et pour d'autres m'en ont appris.
- le pain beurre avec la barre de chocolat ( le nectar de mes goûters d'enfant),
- le pot de yaourt en verre qui est si utile en peinture,
- les escapades au bord de l'eau si poétiques,
- la terrasse ombragée d'un petit bistrot perdu on ne sait où si tranquille avec un accueil familial si chaleureux,
- le vieux poète fauché dans un antre rempli de livres sous les toits, superbe refuge,
- la cueillette des champignons avec cette odeur enivrante qui nous fait saliver à l'idée d'une bonne omelette,
- les mistral gagnant (chanson de Renaud qui ne manque jamais de me faire pleurer),
- les fêtes foraines d'antan, manèges et autres barbe à papa et pomme d'amour si rouge et si brillante (me fait penser à la pomme rouge offerte à blanche neige par la sorcière)
et tant d'autres petits récits savoureux à déguster à loisir.
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Isa0409
  03 octobre 2021
🍭 « La Barbe à papa, ça ne se mange pas, d'abord. Ça se mordille dans la partie la plus rebondie, et le début n'est pas désagréable, quelques petites bouts de neige picorés. Mais, bien vite, ça se gâte. Il faut attaquer le corps du délit, tenter d'arracher des lambeaux. Alors l'essence sucreuse et filandreuses de la matière se révèle, ça n'en finit pas de s'accrocher aux lèvres, aux joues, on se sent envahi. »
(P.46)
🍭 Dans ce recueil de courtes histoires, Philippe Derlerm nous emmène à nouveau dans son univers, ses saveurs, ses couleurs et ses odeurs qui ont en commun d'être des plaisirs simples, des souvenirs nostalgiques. Chaque texte est indépendant, intime et pourtant il évoque chez le lecteur des souvenirs personnels, il fait écho à des actes ou des moments passés, qui, chatouillés par la mélancolie, rejaillissent comme par magie. Il s'agit de la barbe à papa, de la menthe à l'eau ou d'une plaquette de chocolat. On mange, on dévore, tous les jours et machinalement, en oubliant parfois le plaisir, l'instant de paix que représente le repas.
🍭Comme je savoure un dîner à Rome ce dimanche soir, je me délecte de ces textes qui me rappellent que ce repas sera bien plus qu'un simple plat de tonnarelli cacio e pepe, il renfermera à jamais le souvenir d'un weekend à Rome, de retrouvailles tant espérées, de journées à se promener sans but dans les rues bruyantes et brûlantes d'une Rome qui ne dort jamais …
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malau
  13 mars 2010
Voilà donc un livre court où, comme souvent, Philippe Delerm nous livre une série de petits textes de 1 à 3 pages. J'avoue, il faut aimer ce genre, cette manière de s'attacher à des petits riens, des instants de vie, des choses observées de manière fugace : et j'aime.
Comme aperçu dès le titre, Philippe Delerm n'hésite pas à mélanger les références les plus élevées (Dickens) et les choses les plus prosaïques (la barbe à papa), et là, j'adore ! Voici un exemple particulièrement amusant de ce genre de mélange : "Serez-vous un sybarite ou un janséniste du Coca fast-foodien ?" (p. 53) Et puis, comme il le dit pour d'autres que lui, il a un vrai regard sur les choses, qui se traduit par une écriture précise, aux mots choisis. Cela fait que c'est le genre de livre que je suis capable de relire, pour réentendre les mots, les tournures, les belles phrases.
Il y a un double thème à cet ensemble de textes : la littérature et la nourriture. Philippe Delerm alterne presque systématiquement un texte sur l'un et un texte sur l'autre. C'est ainsi qu'il nous parle de purée, de Tintin, de pain et saucisson, de Mustang (la BD "bas de gamme"), de Mistral gagnant (les bonbons), de Flaubert, de chocolat au lait, De Balzac... Bon, certaines références m'ont échappé, ma culture ayant atteint sa limite, mais j'ai saisi suffisamment de choses pour y prendre du plaisir. J'ai trouvé aussi que les textes étaient inégaux, ou plutôt qu'ils m'ont plus ou moins touché. Ce n'est jamais grave vu la longueur de chacun d'entre eux, ce n'est jamais pesant.
Un livre que j'ai aimé lire, pour me détendre, après la lecture d'un pavé... et avant d'en entamer un autre !
Lu en mars 2010
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
RChrisRChris   08 février 2022
La barbe à papa, ça ne se mange pas, d’abord. Ça se mordille dans la partie la plus rebondie, et le début n’est pas désagréable, quelques petits bouts de neige picorés. Mais bien vite, ça se gâte. Il faut attaquer le corps du délit, tenter d’arracher les lambeaux. Alors l’essence sucreuse et filandreuse se révèle, ça n’en finit pas de s’accrocher aux lèvres, aux joues, on se sent envahi. Le bâtonnet devient poisseux, on mange juste ce qu’il faut pour ne pas être ridicule. Puis on baisse la garde, on cache de son mieux le manchon adipeux au bout d’une main négligente – déjà on fomente l’espoir de s’en débarrasser -, et c’est de l’autre main qu’on salue l’enfant du manège. Au moins, les pommes d’amour, ça sent la pomme.
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soukeesoukee   10 juin 2010
Savourer encore quarante pages de Mustang, c'est un meilleur rapport qualité-prix que pour tant d'œuvres littéraires qu'on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd'hui comme hier, c'est bon de mépriser la prescription.
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malaumalau   13 mars 2010
C'est ainsi. On ne voit jamais sur son propre menu ce qui tente les autres? On ne voit jamais sur son propre menu une chose aussi tentante que celle qui tente les autres. [...] D'ailleurs, comment nier la concupiscence des regards obliques, quand on apporte aux tables voisines les plats que l'on n'a pas choisi ? [...] Car c'est l'envie des autres qu'on envie. (p. 60)
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DonaSwannDonaSwann   01 avril 2016
Qu'est-ce que Juliette [sœur de Colette, NDB] ? Une enveloppe terrestre féminine qui se consume dans les livres, jusqu'à la folie. Elle ne dort plus, ne mange plus, laisse refroidir indéfiniment la tasse de chocolat que Sido lui a préparée. A la fin, elle passe de l'autre côté du miroir, confond ses proches avec ses auteurs préférés qui viennent lui rendre visite dans son délire. Comment ne pas penser que la jeune Sidonie Gabrielle Colette a dû être horrifiée autant qu'attirée par cette chambre absolue de lecture où Juliette s'est enfermée? On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C'est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage. Colette l'a connu de trop près pour ne pas se sentir tentée. Un autre force en elle a donné sa réponse. On peut aussi manger la vie. Alors plus tard, peut-être, on en fera des livres.
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soukeesoukee   10 juin 2010
La barbe à papa, ça se vendait avec une espèce de générosité bizarre : il y en avait toujours trop.
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Videos de Philippe Delerm (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Delerm
https://www.laprocure.com/product/341705/delerm-philippe-new-york-sans-new-york
New York sans New York Philippe Delerm Éditions du Seuil
« Tous ces films regardés, toutes ces photos, tous ces albums, tous ces livres, non pas pour aller à New York un jour, mais un peu bizarrement pour ne pas y aller, pour préserver le secret d'une ville essentielle qui ne supporterait pas d'être tant soit peu violée par la réalité. » Inventer sa vie, la rendre plus authentique et plus forte que la réalité, c'est la proposition que nous fait Philippe Delerm. Trouver dans les cartons des brocantes, sur les murs d'une chambre, dans les recoins de sa mémoire tous les trésors qui font les vrais voyages. Les tenir bien au chaud dans la main, les admirer quand on le veut. Se réjouir de vivre si fort avec si peu de choses. ©Éditions du Seuil
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