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ISBN : 2070767604
Éditeur : Gallimard (05/05/2005)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l'eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède.
Bien sûr que l'on dévore encore. Comment se souvenir sinon d'avoir pu dévorer?
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Seraphita
  04 décembre 2010
« Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables » présente une série de textes très courts (2-3 pages) qui exposent chacun un petit rien, nourriture ou bien littérature, les deux se conjuguant à merveille. Philippe Delerm nous entraîne dans cette nouvelle ronde de petits riens vers des nourritures délectables, matérielles – nourriture (« purée vivante », « un luxe suisse » avec le chocolat Milka, « la barbe à papa »), boisson (« vin chaud »), ou bien spirituelles. Il nous invite à la (re)découverte de grands auteurs de la littérature et disserte sur la lecture et l'écriture dans ses rapports à la nourriture : c'est ainsi qu'il rend hommage à Sempé, Hergé ou Dickens ou bien évoque « la lecture et l'anorexie » puis « l'écriture et l'anorexie ».
Après « La première gorgée de bière » et « La sieste assassinée », l'auteur creuse un sillon. La recette est délectable mais a un goût de déjà-vu. Si j'ai pleinement adhéré à la lecture de certains petits riens (tel « vin chaud »), d'autres m'ont un peu moins captivée : les références culturelles de l'auteur ne m'étaient pas toujours familières, aussi je partageais moins l'implicite des textes, le ton de douce connivence qui pouvait en ressortir.
Un mot sur mon petit rien préféré : « Vin chaud » : cette boisson emporte toujours l'adhésion des invités, au contraire de la tisane ou de la petite mirabelle. Si l'on veut en donner une définition, on aura plaisir à dire : « c'est du vin avec de la cannelle, du citron. On le fait flamber quand il est sur le point de bouillir. L'alcool s'évapore » (p. 101). Comment justifier un tel engouement ? Delerm donne quelques pistes, usant avec brio de son écriture précise, sobre et ciselée : « une concentration de convivialité virtuelle plane sur ces deux mots réunis. Sonorités. L'énergie vitale, astringente et nasale de vin s'épanouit dans le chuintement rond, rouge-orange de chaud » (p. 102). Au final, une belle réflexion sur les rapports entre l'appétence physiologique pour une boisson et l'appétence psychologique pour les mots, entre la matérialité du breuvage et la spiritualité de l'écriture : « Vin chaud : c'est presque aussi bon que les mots » (p. 102).
Des petits riens à savourer, même si Delerm n'innove en rien par rapport à d'autres recueils, avec une certaine inégalité entre les différents textes présentés.
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malau
  13 mars 2010
Voilà donc un livre court où, comme souvent, Philippe Delerm nous livre une série de petits textes de 1 à 3 pages. J'avoue, il faut aimer ce genre, cette manière de s'attacher à des petits riens, des instants de vie, des choses observées de manière fugace : et j'aime.
Comme aperçu dès le titre, Philippe Delerm n'hésite pas à mélanger les références les plus élevées (Dickens) et les choses les plus prosaïques (la barbe à papa), et là, j'adore ! Voici un exemple particulièrement amusant de ce genre de mélange : "Serez-vous un sybarite ou un janséniste du Coca fast-foodien ?" (p. 53) Et puis, comme il le dit pour d'autres que lui, il a un vrai regard sur les choses, qui se traduit par une écriture précise, aux mots choisis. Cela fait que c'est le genre de livre que je suis capable de relire, pour réentendre les mots, les tournures, les belles phrases.
Il y a un double thème à cet ensemble de textes : la littérature et la nourriture. Philippe Delerm alterne presque systématiquement un texte sur l'un et un texte sur l'autre. C'est ainsi qu'il nous parle de purée, de Tintin, de pain et saucisson, de Mustang (la BD "bas de gamme"), de Mistral gagnant (les bonbons), de Flaubert, de chocolat au lait, De Balzac... Bon, certaines références m'ont échappé, ma culture ayant atteint sa limite, mais j'ai saisi suffisamment de choses pour y prendre du plaisir. J'ai trouvé aussi que les textes étaient inégaux, ou plutôt qu'ils m'ont plus ou moins touché. Ce n'est jamais grave vu la longueur de chacun d'entre eux, ce n'est jamais pesant.
Un livre que j'ai aimé lire, pour me détendre, après la lecture d'un pavé... et avant d'en entamer un autre !
Lu en mars 2010
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MissSherlock
  19 avril 2013
Ce recueil de textes courts où il est question de Dickens, de purée de pommes de terre, de terrasses de café et de sucreries m'a apporté beaucoup de joie.
J'ai aimé les références de Delerm même si certaines ne m'étaient pas familières. J'ai aimé lire ces jolies choses sur ces petits riens qui embellissent nos vies et, plus que tout, j'ai aimé le style de Delerm percutant et poétique.
Cependant cet ouvrage a ses limites : non seulement tous les textes ne se valent pas mais en plus j'ai eu une sensation de déjà-vu.
Mais peut importe ! Ce fut une lecture plaisante et tellement rapide que je ne vais pas chipoter.
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marlene50
  19 août 2016
Tous ces petits récits m'ont rappelé , pour certains, tant de choses et pour d'autres m'en ont appris.
- le pain beurre avec la barre de chocolat ( le nectar de mes goûters d'enfant),
- le pot de yaourt en verre qui est si utile en peinture,
- les escapades au bord de l'eau si poétiques,
- la terrasse ombragée d'un petit bistrot perdu on ne sait où si tranquille avec un accueil familial si chaleureux,
- le vieux poète fauché dans un antre rempli de livres sous les toits, superbe refuge,
- la cueillette des champignons avec cette odeur enivrante qui nous fait saliver à l'idée d'une bonne omelette,
- les mistral gagnant (chanson de Renaud qui ne manque jamais de me faire pleurer),
- les fêtes foraines d'antan, manèges et autres barbe à papa et pomme d'amour si rouge et si brillante (me fait penser à la pomme rouge offerte à blanche neige par la sorcière)
et tant d'autres petits récits savoureux à déguster à loisir.
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ptitemarjo
  25 août 2015
Philippe Delerm nous emmène à nouveau dans un monde qu'il connaît bien, les courtes histoires.
Ce petit livre parle cette fois des nourritures délectables ;-) A lire par petits touches sans s'empiffrer ,-)
J'ai préféré dans ce style ses 2 autres titres "la première gorgée de bière et ..." et " c'est bien" destiné à la jeunesse.
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Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
soukeesoukee   10 juin 2010
Savourer encore quarante pages de Mustang, c'est un meilleur rapport qualité-prix que pour tant d'œuvres littéraires qu'on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd'hui comme hier, c'est bon de mépriser la prescription.
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malaumalau   13 mars 2010
C'est ainsi. On ne voit jamais sur son propre menu ce qui tente les autres? On ne voit jamais sur son propre menu une chose aussi tentante que celle qui tente les autres. [...] D'ailleurs, comment nier la concupiscence des regards obliques, quand on apporte aux tables voisines les plats que l'on n'a pas choisi ? [...] Car c'est l'envie des autres qu'on envie. (p. 60)
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DonaSwannDonaSwann   01 avril 2016
Qu'est-ce que Juliette [sœur de Colette, NDB] ? Une enveloppe terrestre féminine qui se consume dans les livres, jusqu'à la folie. Elle ne dort plus, ne mange plus, laisse refroidir indéfiniment la tasse de chocolat que Sido lui a préparée. A la fin, elle passe de l'autre côté du miroir, confond ses proches avec ses auteurs préférés qui viennent lui rendre visite dans son délire. Comment ne pas penser que la jeune Sidonie Gabrielle Colette a dû être horrifiée autant qu'attirée par cette chambre absolue de lecture où Juliette s'est enfermée? On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C'est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage. Colette l'a connu de trop près pour ne pas se sentir tentée. Un autre force en elle a donné sa réponse. On peut aussi manger la vie. Alors plus tard, peut-être, on en fera des livres.
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brigittelascombebrigittelascombe   08 novembre 2011
On se sent bien quelque part, et on ne sait pas trop pourquoi. Plus que bien.Il y a quelque chose à la fois de doux et d'étrange, la sensation de revivre des sensations familières.Pourtant, on n'est jamais venu dans les Ardennes.....Est-ce la même terrasse? L'avait-on absorbée en lisant Un balcon en forêt? Rien de sûr.Et pourtant...
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soukeesoukee   10 juin 2010
La barbe à papa, ça se vendait avec une espèce de générosité bizarre : il y en avait toujours trop.
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