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EAN : 9782021056495
123 pages
Seuil (13/09/2012)
  Existe en édition audio
3.17/5   259 notes
Résumé :
"Je vais passer pour un vieux con".
"Dans la liste des précautions oratoires, celle-ci occupe une place à part. Elle souhaite jouer la surprise par sa forme, une vulgarité appuyée qui aurait pour mission de gommer à l'avance le pire des soupçons : une pensée réactionnaire. L'interlocuteur ne doit pas se récrier avant la remarque promise. Mais une petite réticence aux commissures des lèvres, signifiant "Toi, passer pour un vieux con ?" semble bienvenue. elle ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
3,17

sur 259 notes
Jeanfrancoislemoine
  31 janvier 2022
J'adore Philippe Delerm , un " sniper " de la langue française, " chasseur " de petites phrases , d'expressions savoureuses que tout le monde utilise au gré des conversations , sortes de " balises " linguistiques s'immiscant malgré nous dans des propos que nous pensions maîtrisés...Aujourd'hui , la cible est vaste : les cons et , plus précisément les " vieux cons " ceux qui , comme moi , ont tout vu , tout connu , savent tout et s'évertuent à éduquer " les petits cons " qui les renvoient dés qu'ils peuvent à une condition qui sera leur dans un avenir si lointain qu'ils le croient ...juste impossible à atteindre . Alors , bienvenue dans le monde des vieux cons , vous savez bien , ceux " qui osent tout , et dont il se dit que c'est à ça qu'on ( ! ) les reconnaît " ....Et les " vieux cons ," s'ils disent beaucoup de " conneries " , puisent dans l'héritage culturel toutes ces expressions dont ils ignorent parfois ...le sens caché. Elles sont 42 et Philippe Delerm va se faire un malin plaisir de vous les remettre en mémoire et de vous les disséquer, avec sérieux , gravité mais surtout avec un humour des plus acerbes , des plus intelligents , des plus subtils . Pas si ( petit , vieux ) con , le Phiphi , il nous emmène avec lui dans un monde révolu qui subsiste par la richesse de la langue ...C'est franchement bien observé, bien " remis " en mémoire. En lisant les expressions populaires et en lisant les propos fort bien écrits de l'auteur , on prend conscience que le temps est passé. Comme des " madeleines de Proust , ce sont des situations , des sensations , des visages , des paroles qui refont surface . Il faut parfois relire pour savourer , déguster comme un mets qu'on regarde , qu'on sent , dont on admire la couleur avant de se résoudre à enfin , les yeux fermés , le " prendre voluptueusement en bouche ".... Personnellement , j'ai adoré " je vais chez Mentec " ( p115 ) , ma préférée. Moi , dans mon village , pas de Mentec ...Ma grand - mère m'envoyait " chez la Mimi , chez Guernevé , chez Dépatureaux , chez Tribout , chez la Lili , chez Barre ,chez la Pépette " . Ah , il y en avait des commerces à l'époque....mais pas de boulangerie , pas de boucherie , pas d'épicerie, pas de quincaillerie , non...que des "Chez le ...ou chez la ..." ça, par contre , y'en avait plein , et ...y'en n'a plus .
Oui , nostalgie . C'est " con " mais quand on est " un vieux con " c'est dur à admettre que le temps où on était un " petit con " est bel et bien révolu.
C'est " con " à dire mais moi , j'adore . Évidemment, pour les " p'tits cons " d'aujourd'hui , il faudra attendre un peu ....mais ça viendra ...on leur souhaite ....mais ils ont bien le temps .
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Dionysos89
  15 février 2013
« Je vais passer pour un vieux con »… voilà un titre osé, tapageur comme voulu par l'auteur, le but avoué est de distraire le tout venant.
Philippe Delerm, que je découvre avec cet ouvrage (consommé en livre audio, je précise), nous livre un livre original, même le concept de départ est, à l'inverse, bien classique : Knitspirit prend, comme exemple, le sketch « Les expressions » de Jean-Marie Bigard, je soutiens. Malgré tout, on consomme (je répète le terme, car c'est vrai cela) avec un certain plaisir ce mélange d'humour subtil et d'ironie, servi par la grande culture générale dont fait preuve Philippe Delerm. Ainsi, il détaille des contextes de vie quotidienne où interagissent les quarante-deux expressions bien convenues qu'il a voulus examinés de sa plume fine. C'est court, percutant et ça fait mouche le plus souvent. de deux minutes en deux minutes, le temps passe vite, c'est certain. le plaisir de la lecture auditive est encore plus facilité quand on est chaleureusement accompagné par Pierre Arditi lui-même ; il mérite bien une palme spéciale pour l'aspect théâtral donné par sa voix tantôt sombre et ténébreuse, tantôt enjouée et décalée.
En revanche, quitte à réfléchir sur l'ensemble de la démarche de l'auteur, je trouve le choix du format un peu dommageable, au bout du compte. En effet, Philippe Delerm liste plus qu'il ne montre du doigt. Un essai, un pamphlet, plus général sur l'attitude à avoir face à ce genre de situations qui passeraient au deuxième plan sous forme d'exemple, cela aurait sûrement été plus logique à mes yeux. Mais peut-être que je pinaille, sûrement même.
Dans tous les cas, avec ce Je vais passer pour un vieux con, les fausses questions, les ironies et les faux-semblants sont légion et c'est toujours utile de mettre à distance bon nombre de situations quotidiennes qui irritent, usent et énervent, illustrées par ces « petites phrases qui en disent long ». Bref, avec sa plume acerbe, Philippe Delerm réussit à nous faire du bien, c'est distrayant et ça fait réfléchir : je n'en demandais pas plus à cet ouvrage.
Merci à Babelio et aux éditions Audiolib qui m'ont permis de faire cette première expérience de Philippe Delerm !
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cicou45
  12 octobre 2012
Dans ces quarante-deux phrases (eh oui, je les ai comptées) parfois trop souvent entendues et que Philippe Delerm se plaît à décortiquer, voire même à analyser, tout un chacun s'y retrouve, peut-être pas dans toutes bien entendu mais au mins dans quelques-unes. En effet, ce fut mon cas, et pour justifier le fait que je ne me sois pas retrouvée dans toutes les scénettes auxquelles il est fait référence ici, je ne prendrai pas l'excuse "J'étais pas né" (clin d'oeil à l'auteur) mais tout simplement par le fait que chaque individu est différent (et heureusement) et n'as par conséquent pas les mêmes centres d'intérêt. Aussi, n'ai-je pas honte de dire que je n'ai jamais regardé un match de tennis à la télévision en entier...
Mais bon, malgré mon manque de culture pour les uns et mon manque d'enthousiasme pour ce genre d'évènement pour les autres, il n'en reste pas moins vrai que même ce passage là ("Joli chapeau madame") m'a tout de même beaucoup plus car l'auteur joue avec les phrases, il s'amuse à les démonter pour analyser chaque mot et expliquer son emploi dans cette phrase et le pourquoi, parfois ridicule, dérisoire, employé par politesse pour exprimer atténuer une douleur mais qui au contraire ne fait qu'enfoncer le clou un peu plus profond dans la plaie mais le plus souvent de façon involontaire bien sûr (voir "C'est peut-être mieux comme ça").
Un ouvrage très vite lu, très bien écrit et où chacun y trouve son compte, ce qui peut l'amener à réfléchir mais le plus souvent, à rigoler de sa propre naïveté (pour ne pas employer le mot bêtise qui serait tout de même un peu trop exagéré). A découvrir ! Un très bon moment en perspective !
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Lorraine47
  03 mars 2013
L'idée était intéressante et avait tout pour attiser ma curiosité: analyser les petites expressions de la vie de tous les jours pour en faire un billet d'humeur, une analyse cocasse.
Mais malheureusement,je me suis passablement ennuyée à l'écoute de ce livre audio qui au passage est mon premier!
Cela ne tient absolument pas à l'interprétation de Pierre Arditi mais à l'écriture que je trouve la plupart du temps pontifiante, je ne dirais pas ringarde.
Les seuls moments où j'ai vaguement souri concernent les relations dans le couple sur le CD 2 avec "C'est peut-être mieux comme ça" et "Lui, rien ne l'inquiète" mais c'est vraiment mineur et en tous cas trop peu!
Je ne peux pas dire que je suis restée sur ma faim, il n'y a pas eu de mise en bouche pour me mettre en appétit.
Je vais passer pour une" fin bec" comme on dit chez moi ou une difficile mais puisqu'il le faut j'assume!
Merci à Babelio qui m'a envoyé ces disques dans le cadre de la nouvelle Masse critique! J'espère vivement renouveler l'expérience, même si pour cette fois je n'ai pas fait une bonne pioche!
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manU17
  27 février 2013
Ma première rencontre avec la plume de Philippe Delerm date de 1998 pendant mon service militaire. C'est un copain ("Jeannot" si tu me lis…) qui m'a prêté La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, livre dont je me suis régalé et qui m'accompagne encore toutes ces années plus tard (je refuse de compter…), signe indéniable d'une lecture marquante pour moi. Séduit par cette découverte, j'y repense très souvent et j'apprécie particulièrement la notion de "plaisirs minuscules". C'est donc avec un réel plaisir que je me suis lancé dans l'écoute de ce livre audio. J'ai écouté, réécouté et écoute encore cette succession de textes au volant de ma petite 107 jaune poussin (Milado, si tu me lis…).
Une quarantaine de textes, plus pertinents les uns que les autres, qui met le doigt sur des expressions toutes faites, des sentences définitives, que l'on énonce bien souvent à tort et à travers, n'ayant plus vraiment en tête, ni le sens premier, ni les doubles sens possibles, ni tout ce qu'elles peuvent induire. J'ai particulièrement apprécié la précision de l'écriture de Philippe Delerm, son choix méticuleux, exigeant, du mot le plus adapté, de l'adjectif le plus adéquat. Son goût pour le bon et beau mot, mêlé à son sens du rythme, apporte une vraie musicalité à ces textes courts.
Des univers qui nous sont d'emblée familiers, du fait de l'universalité des thématiques abordées, permettent une identification immédiate et la sensation d'être en terrain familier, pour la plupart. En effet, je mentirai en disant que les références à Michel Dhrey, évoqué dans "Jolie chapeau madame", ou au triplex, dans "C'est du triplex !" m'ont parlé. Si j'osais, je dirai que je ne peux pas connaitre, "j'étais pas né !", petit clin d'oeil au texte du même nom.
Concernant la lecture de Pierre Arditi, elle est parfaite. Si elle est si parfaite, c'est qu'il s'agit moins d'une lecture que d'une interprétation. le comédien incarne véritablement les textes et leur apporte une saveur supplémentaire. Son côté un peu bougon, pince sans rire, est en parfaite adéquation avec les textes. L'alchimie Arditi-Delerme fonctionne à merveille. Si bien, que dorénavant, quand je penserai Pierre Arditi, je ne penserai plus uniquement Alain Resnais ou Sabine Azéma mais aussi un peu Philippe Delerm.
Un grand merci à Babelio et à Audiolib pour cette découverte.

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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critiques presse (1)
LePoint   16 juillet 2012
Philippe Delerm, un vieux con ? Ne vous fiez pas à la précaution oratoire qui ouvre son nouveau recueil de textes courts. Loin de passer pour le réac' de service, il y croque avec justesse, malice, souvent avec ironie, les travers de notre quotidien : ce que révèlent des rapports humains les petites phrases banales et les situations anodines.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89
Dionysos89  
Oui, à 25 ou 30 ans, avec la séduction physique, l’écharpe au vent, la chevelure folle, on peut tenter de donner un petit coup de canif dans le politiquement correct, et même envisager de provoquer la concession, voire l’assentiment. Après… ça devient plus périlleux. Et bientôt… suicidaire.

(Extrait de 1. Je vais passer pour un vieux con)

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Luniver
Luniver  
Notre temps adore que l’on casse, non pas dans un cénacle, une assemblée de beaux esprits, mais de préférence à la radio, à la télévision, pour des millions d’oreilles. Des émissions sont conçues dans cet unique but. Leur producteur réclame du sang, de la violence oratoire, un vainqueur et un vaincu, la seule recette pour rivaliser avec les larmes en termes d’audimat. Le cassage n’est plus une humeur mais une profession.

Certains chroniqueurs le pratiquent sans aucun danger, sans adversaire, bien au chaud dans un studio où les rires flagorneurs de leurs collègues font penser aux bandes enregistrées des séries anglo-saxonnes. Les cibles visées sont des plus récurrentes, les travers vilipendés doivent, pour être efficacement condamnés, provoquer le stéréotype et le politiquement correct à tour de bras. Il n’est pas défendu de tirer sur les ambulances, sous des formes peu variées, soulignant par exemple le déclin des vedettes populaires avec des phrases qui ronronnent : « Elle vend de la moquette le samedi après-midi au Carrefour Vélizy. » Rien que du neuf.

Il semble bien pourtant que les grands du cassage ne soient que des succédanés d’enseignants redoutés. Oui, c’est dans les classes d’abord que naît ce voluptueux frémissement du « Comment il l’a cassé ! ». La victime évoquée n’est pas nécessairement haïe. Le cassage concerné est d’autant plus émoustillant qu’on aurait pu soi-même en être la victime. Beaucoup plus tard, on gardera cette disposition charitable en ne risquant plus rien. Les célébrités brocardées remplaceront les camarades. Plus de profs prédateurs, mais une vie morose qui trouve un producteur payé pour la venger.
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mosaique92
mosaique92  
Le goût des mots

Les mots nous intimident. Ils sont là, mais semblent dépasser nos pensées, nos émotions, nos sensations. Souvent, nous disons "Je ne trouve pas les mots". Pourtant les mots ne seraient rien sans nous. Ils sont déçus de rencontrer notre respect, quand ils voudraient notre amitié.
Pour les apprivoiser, il faut les soupeser, les regarder, apprendre leurs histoires, et puis jouer avec eux, sourire avec eux. Les approcher pour mieux les savourer, les saluer, et toujours un peu en retrait se dire je l'ai sur le bout de la langue... le goût du mot qui ne me manque déjà plus.
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mademoisellechristelle
mademoisellechristelle  
Comment il l'a cassé ! Quelle expression nos ancêtres utilisaient-ils quand ils éprouvaient le réjouissement pervers de voir un acteur de la comédie humaine crucifié par un contradicteur ? […] Quand le Christ disait à Saint-Thomas : « Parce que tu as vu, Thomas, tu as cru. Heureux celui qui croit et ne voit pas », aucun des apôtres ne s'exclamait « Comment il l'a cassé », même si le sentiment éprouvé devait être assez proche.
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indelebilevagabonde
indelebilevagabonde  
En quoi la présence de messages envahissants qui ne seraient pas celui que nous attendons nous mettrait-elle du baume au cœur ?

Pourtant, la formulation négative de la phrase, et surtout la succession des trois mots aucun-nouveau-message est plus que glaciale. Elle semble dépasser son apparente objectivité, et manifester dans son excès de retenue une volonté sournoise de nous faire souffrir.

Message. Le mot est fort, porteur d’une humanité presque romantique. L’absence de message renvoie par contraste à la sécheresse clinique de notre situation expectante. Nouveau. Oui, c’est du nouveau que nous attendons, du nouveau que nous voulons expurger de cette boîte diabolique qui nous jette impudemment aux oreilles son refus de créer un autre présent, la seule chose que nous attendons d’elle.

Et puis aucun, surtout. Aucun nouveau message. Pas la moindre miette de communication qui daignerait glisser vers votre misérable personne. À quoi bon vous acharner ? Vous n’êtes pas plus fort que le silence, et puisque vous tenez à ce qu’on vous le dise avec des mots, vous n’avez aucun nouveau message.
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Vidéo de Philippe Delerm
https://www.laprocure.com/product/341705/delerm-philippe-new-york-sans-new-york
New York sans New York Philippe Delerm Éditions du Seuil
« Tous ces films regardés, toutes ces photos, tous ces albums, tous ces livres, non pas pour aller à New York un jour, mais un peu bizarrement pour ne pas y aller, pour préserver le secret d'une ville essentielle qui ne supporterait pas d'être tant soit peu violée par la réalité. » Inventer sa vie, la rendre plus authentique et plus forte que la réalité, c'est la proposition que nous fait Philippe Delerm. Trouver dans les cartons des brocantes, sur les murs d'une chambre, dans les recoins de sa mémoire tous les trésors qui font les vrais voyages. Les tenir bien au chaud dans la main, les admirer quand on le veut. Se réjouir de vivre si fort avec si peu de choses. ©Éditions du Seuil
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