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EAN : 9782021056501
128 pages
Éditeur : Seuil (20/08/2015)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 227 notes)
Résumé :
Un recueil de nouvelles sur les plaisirs transgressifs du mojito, la surprise provoquée par l'averse, la perfection de la pastèque, la nostalgie, l'amour et le bonheur.
Elles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre. On les connaît, on sait qu’elles existent. Mais elles n’apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne à lire.
Goûter aux plaisirs ambigus du mojito, se faire surprendre par une averse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  16 septembre 2015
Regarder remuer les lèvres d'un petit garçon qui apprend tout juste à lire tout seul, se lancer au centre de la piste alors qu'on ne sait pas danser, s'improviser un apéro avec les voisins, s'abriter de la pluie, une soirée d'été qui s'éternise sur la plage, le pique-nique sur une aire d'autoroute, des cheveux relevés qui dévoilent une belle nuque, le goût transparent de la pastèque... et les eaux troubles du mojito.
Tous ces moments du quotidien, à la fois sucrés et salés, mélodieux, d'une infinie tendresse et empreints d'une certaine nostalgie, se rappellent à nous. Philippe Delerm nous offre un petit cocktail mélancolique, à la fois doux-amer et pétillant. Ce petit recueil d'une quarantaine de textes se picore, se déguste et se ressent à l'envi. Une écriture savoureuse, poétique et élégante qui dessert à merveille ces belles raisons d'habiter sur terre...
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le_Bison
  01 mai 2020
Comme je voulais passer pour un vieux con, je me suis dit qu'il fallait un jour que je lise Philippe Delerm. Voilà, c'est fait.
Est-ce que je suis plus vieux qu'avant ?
ou plus con ?
Après être sorti d'une eau trouble, celle de mon pastis, probablement, j'émerge tel un iceberg devant le Titanic. C'est que j'aime bien rajouter un glaçon dans le pastaga. Je sais bien que la mode ces dernières années est de boire un mojito en terrasse. Ou un Spritz. Mais voilà, j'aime pas le spritz, qu'il soit campari ou aperol, mon côté contre-culture. D'un autre côté, c'est la seule histoire de ce fascicule qui a retenu mon attention. Alors en terrasse, je commande toujours une pinte de Chouffe, et je regarde le soleil dans les yeux des filles qui ont un verre de Spritz ou de Mojito sur leur table, parce que les nanas ne s'assoient jamais au comptoir. C'est trop collant. Alors, voilà, le serveur me sert - normal c'est son taf - ma pinte, et là, tu vas me sortir la première gorgée de bière. Mais non, tu vois, je n'ai même pas envie. Je préfère la déguster en silence que la lire. La bière, c'est intérieur, chez moi, c'est silence, c'est certes un petit bonheur, comme celui d'ouvrir un roman. D'ailleurs il faut que je choisisse le prochain, avant que j'ai fini mon verre et sa dernière gorgée de bière.
Allez, les ami(e)s, aujourd'hui, c'est férié, alors je descends à la cave, voir si j'ai pas une bouteille de Saint-Joseph à déboucher. Au moins, ce roman m'aura donné cette envie...
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cicou45
  26 novembre 2015
"Souvenons-nous du présent. Vivons dans le présent. Avec le sentiment que c'est presque impossible". Je crois que si il n'y avait qu'une seule citation que je retiendrais pour résumer cet ouvrage, c'est bien celle-ci. Vivons la vue au jour le jour, sans ne penser ni à hier ni à demain, savourons chaque petit plaisir de la vie tel qu'il nous est donné de les voire, de les entendre ou encore de les partager. le plaisir d'être en vie tout simplement, le bonheur qui va plus ou moins avec , s'émerveiller d'un petit rien...chose que l'on a trop tendance à oublier (moi la première), obnubilés que nous sommes par chaque petit tracas du quotidien. Et si nous vivions tout simplement pour commencer ? le reste suivra...assez tôt pour que l'on s'en préoccupe !
Philippe Delerm possède cet art de nous éblouir avec ses petits riens du quotidien, qui, noyés dans l'horreur de le monde environnant (et l'on peut dire que c'est on ne peut plus d'actualité en ce moment) peuvent encore, si l'on s'en donne la peine, nous éblouir et nous montrer que la vie sait être belle quand on sait la regarder !
Un petit bijou qui se lit très rapidement et qui nous fait beaucoup de bien ! Vous vous demanderez probablement pourquoi je n'ai pas mis la note maximale à cet ouvrage dans ce cas-là ? Tout simplement parce qu'il y a certains passages, qui, au vu de ma génération décalée avec celle de l'auteur, ne m'ont pas parlés et dans lesquels je me suis sentie un peu perdue. Je vous rassure cependant, ces derniers sont extrêmement rares et c'est la raison pour laquelle je ne peux que vous recommander cette lecture, quel que soit l'âge que vous ayez !
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LoloKiLi
  30 décembre 2019
C'est pas que je sois contre l'éloge des petits riens du quotidien hein, j'ai moi-même parfois tendance à poétiser n'importe comment sur tout et n'importe quoi (n'importe comment surtout).
Oui mais voilà, Monsieur Delerm et moi ne sommes vraisemblablement pas sensibles aux mêmes riens. C'est joliment écrit tout ça, mais mise à part l'évocation des pianistes de Saint-Lazare ("Les virtuoses du passage"), ses sujets ne me parlent pas.
Mes premières lectures de l'auteur il y a longtemps, période "première gorgée de bière etc", ne m'avaient pas plus inspirée. Je m'y risque une dernière fois, et voilà, encore raté.
« Trop de rien installe une réaction chimique qui nous dépasse »... Ah oui tiens, ça doit être ça, je me sens chimiquement dépassée. En outre la tendance mojito c'est pas trop ma tasse de thé, donc déjà c'était mal barré.

Lien : HTTP://MINIMALYKS.TUMBLR.COM/
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Bazart
  12 février 2016
Si je vous ai plusieurs fois parlé sur mon blog de son fils Vincent Delerm, que j'apprécie tout particulièrement, je connais moins l'oeuvre de son père qui n'est pas forcément de ma génération, et sa dernière parution, est visiblement assez fidèle à l'ensemble de son oeuvre, tant Delerm sénior aime décortiquer les menus détails qui nous dévoilent un monde.
Malheureusement dans sa dernière oeuvre à ce jour, on sent que Philippe Delerm atteint les limites de l'exercice : à force de compiler ces petits riens qui contribuent au bonheur de l'être humain, on a l'impression de toujours lire le même ouvrage.
On se demande un peu comment il peut exploiter ce filon de ces moments du quotidien qui marquent,
Même si peut parfois arracher un sourire sur ces moments de vie qu'on peut reconnaitre comme étant les notres, cet ouvrage manque un peu de passion pour nous toucher durablement...
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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
SdaenerisSdaeneris   23 août 2015
On fête la convivialité de se retrouver en terrasse, de parler sans restriction. Prendre un cocktail c'est chaud. Il y a souvent des couleurs d'îles, des rouges tropicaux, des saveurs de noix de coco, un petit côté soleil club med à boire au deuxième degré, en se moquant de sa propre soif, d'une gourmandise enfantine que le rhum va créoliser.
Et puis il y a le mojito. Trrrrrr ouille ouille ! Le mot est sud américain . Mais on attend bien autre chose. On a beau continuer à suivre la conversation, feindre l'indifférence, quand le serveur dépose le verre sur la table, on sent qu'une aventure commence.
C'est tellement pervers, tellement trouble. D'emblée, une invit à plonger, à s'embarquer vers des fonds sous marins qu'on aura bien du mal à maîtriser. On va nager à la recherche d'une épave, peut être, ou bien pour caresser des algues étranges , qui veulent emprisonner ou caresser, l'équivoque est tentante.
Le mojito, c'est à la fois opaque et transparent. Dans les verts bien sur mais dans les noirs aussi, avec des zones un peu plus claires, à la surface et des mystères insondables tout au fond de l'apnée. On y trempe les lèvres, surpris de cette fraîcheur qui sait prendre les oripeaux d'une moiteur de marigot. Tout cocktail impose une consommation lente, entrecoupée de pauses, d'abandons et de retours. Avec le mojito on ne domine rien. La dégustation devient fascination et c'est lui qui commande. Le plus étonnant est cette persistance du sucre dans une mangrove aux tons si vénéneux. On se laisse pénétrer par une fièvre froide, on s'abandonne.
Au bout de cette errance glauque on sait que vont venir une chaleur et une euphorie. Mais il faut dériver dans la forêt de feuilles de menthe ne pas craindre de s'engloutir, abandonner l'espoir de la lumière. Nager toutes les transgressions , se perdre, s'abîmer, chercher infiniment, descendre. Alors montera le plaisir.
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littlecatlittlecat   09 septembre 2015
Parfois, elles nouent leurs cheveux dans une salle de café, ou sur la plage. Elles ont le temps de préparer une épingle, et elles la gardent pincée dans leurs lèvres pendant qu'elles disciplinent leur coiffure. Il y a alors un joli décalage entre l'expression de leur bouche, tendue dans une moue presque grimacière, et la solennité royale de leur port de tête, de leur offrande à l'espace.
Rien de naturel dans tout cela. Elles font ce qu'elles veulent de leurs cheveux, et plus encore de nous, prisonniers éblouis. Elles savent.
Page 80 "elles savent"
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le_Bisonle_Bison   29 avril 2020
Spritz. Le mot jaillit avec un pétillement un peu abrupt, effervescent, comique. C'est presque par dérision qu'on le rattache à la matérialité languide de ces boissons couleur soleil qui donnent le ton à toutes les terrasses de café vénitiennes. Soleil orange ou soleil rouge ? Spritz aperol ou campari ? A chaque fois, on hésite. Pas seulement pour le goût mais pour le choix de la lumière. Le campari est plus amer, plus sauvage, plus absolu. Sa luxuriance appétissante cache une force inattendue. L'aperol ne glisse pas jusqu'au sucré, mais l'éclat de son orangé mène vers une douceur subtile. Ils semblent faits pour la comparaison, la liberté du choix, le plaisir absolu de les voir se côtoyer sur la petite table blanche. Dans les verres évasés, tous deux ont des volutes lourdes. Ils donnent envie de se taire, d'attendre avant de les goûter.
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le_Bisonle_Bison   30 avril 2020
Bien sûr, le mot spritz n'est pas italien. Ce sont les Autrichiens qui l'ont inventé, en envahissant la Vénétie au tout début du dix-neuvième. Ils ne supportaient pas la force des vins italiens, et les étendaient d'eau, ou plutôt les aspergeaient, sens de ce verbe spritzen, au dynamisme un tantinet ridicule. Par la suite, les autochtones épousèrent l'idée à leur manière, mêlant leur vin blanc prosecco à l'eau de seltz, et ajoutant surtout la magie de la couleur, l'essence du soleil, aperol, campari.
Au-delà des fondamentaux, chaque cafetier vénétien possède ses dosages, ses secrets. On ne boit pas "le" spritz, comme on dit "le" pastis sur le port de Marseille, avec l'article défini qui sacralise le rite. On boit "un" spritz, soumis à l'alchimie d'une décantation qu'on ne domine pas. A Venise, il faut se laisser faire.
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le_Bisonle_Bison   27 avril 2020
Fin juin. On va dîner dans le jardin. On a mis des photophores un peu partout, sur l'appui des fenêtres, accrochés aux branches du vieux cognassier, du pommier. Sur le coup de dix heures il a fallu enfiler un pull, mais il ne fait pas froid, et puis tout le monde a envie de rester là. On a bu un peu trop, mais les amis habitent à cinq cents mètres, ils sont venus à pied. Des amis de presque toute la vie, aucune gêne. On déguste même quelques instants de silence, après le fromage et le dernier verre de saint-joseph - j'aime bien ce vin, il a une sorte de chaleur douce.
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Videos de Philippe Delerm (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Delerm
Et vous, quel geste vous trahit ?
Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations :
- le selfie, geste roi de nos vies modernes ; - le « vapotage », qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; - les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; - cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; - un verre qu'on tient à la main sans le boire…
À lire Philippe Delerm, on se dit souvent : « Mais oui, bien sûr, c'est exactement cela ! » Mais lui seul aura su décrire ces gestes du quotidien avec tant de finesse et de vérité – tant de profonde analyse de la nature humaine.
Inventeur d'un genre dont il est l'unique représentant, l'« instantané littéraire », Philippe Delerm s'inscrit dans la lignée des grands auteurs classiques qui croquent le portrait de leurs contemporains, tels La Fontaine ou La Bruyère. Il est l'auteur de nombreux livres à succès, dont La Première Gorgée de bière, Je vais passer pour un vieux con ou Sundborn ou les Jours de lumière (prix des libraires, 1997).
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