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EAN : 9782757808375
112 pages
Éditeur : Points (18/09/2008)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 155 notes)
Résumé :
Philippe Delerm décrit comme personne les instants familiers à chacun de nous, et restitue, presque intacts, nos petits agacements, nos plaisirs furtifs, les grands moments de solitude et les émerveillements... Au fil de ces petites phrases toutes faites, faussement anodines, il démasque les sentiments enfouis et met à nu l'émotion.
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Nowowak
  17 août 2020
Delerm c'est notre mémoire, notre bibliothécaire, notre gardien des instants nostalgiques, notre inventeur d'inventaires, notre guide de musée. Avec lui les greniers sont remplis de malles qui débordent de petites phrases que nous avons tous entendues. Il n'hésite pas à donner la recette, c'est un généreux, un bon gars. Il partage avec nous la note bleue des mots. Parfois il est marrant, il sort des vannes fendardes comme celle-ci page 46 : "Les décroissants ont du pain sur la planche".
C'est un jouisseur des plaisirs furtifs, des instants tannés, des saveurs d'autre-foi. C'est parfois un peu chante-rossignol, un peu cucul la praline mais si bon à savourer avec une tasse de café au lait de soja et de petits gâteaux au coquelicot. Si j'avais connu ma grand-mère elle aurait dit les mêmes phrases mais ma mère spécialiste des mamandises s'en chargeait fort bien. Dans ce livre Filou dénonce les phrases toute fête, les cliche-haies qui ont tendance à nous énerver, il le pratique sans tocs, avec sa verve habituelle et sa gentillesse coutumière : pas un mot plus haut que l'autre.
Moi aussi je préfère Trouville à Deauville, les villages aux villes, les bateaux aux avions, les arbres aux fleurs, les femmes aux hommes, les pianos aux accordéons, les ceintures aux bretelles. J'aime les vide-greniers, les livres qui sentent le vieux, les marchés de Provence, les kilos de pommes qui font plus d'un kilo, les battements de paupières qui n'en finissent pas, les terrasses de café, les visages qui sourient.
Ce livre n'est pas indispensable, aussi peu nécessaire que mon ressenti. Il ne vaut pas un coup de cidre (brut fermier breton) mais garçon apportez-moi une vodka à l'herbe de bison, j'ai l'âme slave quand je n'ai pas encore pris ma douche ! Dans ce bébé livre de 90 pages Fifi écrit ce qui lui passe par le ciboulot, il balance ses trocs, il se laisse aller comme une poire bien mûre se roulant la couenne dans une melba. Comme tout le monde il paye des factures à la fin du mois et il part en vacances alors quand son éditeur regarde de l'autre côté il lui fourgue ses fonds de tiroirs. Je ferais pareil si je n'avais pas été recalé à l'examen d'embauche.
Sans lui le monde littéraire ne serait pas le même. Il ne révolutionne rien notre Filou nachionnal mais il tient sa place. Il dessine sa carte du tendre. Il nous rappelle qu'il aurait pu neiger. D'ailleurs sa grand-mère avait un proverbe là-dessus. Il nous régale de sa jovialité épicurienne. Il nous ramène à l'essentiel de la vie : tous ces petits riens qui font un grand tout.
Nowowak

Lien : https://pasplushautquelebord..
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TheWind
  25 septembre 2018
Autant la première gorgée de bière était savoureuse, autant les dessous des petites phrases ne me paraissent pas si affriolants que cela.
D'ailleurs, je n'ai même pas le courage de tout lire et pourtant ce livre n'est pas bien épais !
Philippe Delerm reprend quelques phrases toutes faites, du style " Il a refait sa vie" et nous en livre leur mystère et leur substance. Certes, c'est plutôt bien vu, en général mais cela manque cruellement d'intérêt.
Il y a surtout une chose qui m'a dérangé à la lecture de ces explications de texte très courtes, c'est le ton employé par l'auteur. On a l'impression qu'il se place au-dessus de la mêlée, qu'il considère de haut les "petites gens" qui ont le malheur d'employer ces phrases anodines qui selon lui dévoilent bien des défauts !
Y a un peu plus, je laisse ?
Non merci !
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sabine59
  30 avril 2018

On pense toujours qu'écrire des textes courts est plus facile qu'un roman. Je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas donné à tout le monde de concentrer en peu de phrases l'essentiel de sa pensée, de ses impressions. Et de trouver les mots justes, ceux qui correspondent parfaitement à ce que l'on veut exprimer. L'économie des mots et l'intensité de l'intention...
Philippe Delerm est un maître dans ce domaine. Depuis " La première gorgée de bière" , il ne cesse de m'étonner, de me ravir, je suis admirative devant ses textes, simples en apparence mais , travaillés, ciselés . J'aime sa façon si particulière de transcender le quotidien, souvent poétiquement.
Dans ce recueil, dont le sous-titre nous informe plus précisément sur le thème abordé , l'auteur se penche sur toutes ces petites phrases banales, souvent prononcées, et arrive à nous les rendre plus vivantes, voire inattendues. Et surtout à nous faire réfléchir à tous les non-dits qu'elles contiennent, à ce qu'elles laissent entendre. C'est très subtil et confondant de justesse.
De " Ma grand-mère avait les mêmes" à " On ne vous fait pas fuir, au moins?" en passant par" Y'a pas d'souci" ou" Il pourrait bien neiger", on redécouvre le sens caché, souvent délicieusement cruel de ces phrases apparemment anodines et conventionnelles...
Encore une fois, j'ai voyagé avec délice dans l'univers des mots, grâce à Philippe Delerm . Et quelle jolie idée que cette collection Points , " le goût des mots"!
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colimasson
  12 septembre 2013
Les petites phrases « courantes » relevées par Philippe Delerm sont les suivantes : « il a refait sa vie » ; « y a un peu plus, je laisse ? » ; « n'oubliez pas d'éteindre vos portables », « j'ai moins huit su'l'plateau » ; « je préfère Trouville à Deauville » ; « je vais prendre les matchs un par un » ; « que son frère » ; « v'là l'bord d'la nuit qui vient » ; « c'est maintenant qu'il faut en profiter »…

Dans ce palmarès représentatif, on notera déjà que la plupart des petites phrases que Philippe Delerm a choisi d'analyser sont d'une extraction douteuse et ne relèvent absolument pas du langage courant de la majorité. Ainsi, on découvre souvent des chapitres dont le seul titre suffit à nous déstabiliser. « Je vais prendre les matchs un par un » : comment ? Qui a jamais prononcé cette phrase ? Si le but de l'entreprise était de passer au crible le comportement de ces personnes méticuleuses et organisées jusque dans l'organisation de loisirs aussi triviaux que le sport devant la télé, la démarche pour l'atteindre est tellement artificielle qu'elle biaise d'emblée l'intention. Philippe Delerm avance avec ses gros sabots et tape bien fort des pieds pour qu'on l'entende venir de loin. Lorsqu'il approche, il continue à se faire remarquer en défonçant des portes déjà grandes ouvertes.

Parmi les petites phrases socialement révélatrices, Philippe Delerm nous fait le coup du « n'oubliez pas d'éteindre vos portables » dans une lutte déjà surannée et inutile contre l'envahissement de l'homme par la technologie. Puisque tout a déjà été dit et écrit, on aurait aimé qu'une variation originale sur ce sujet qui ne l'est pas nous soit proposée. Mais non : Philippe Delerm nous sert le même air faussement apitoyé et désolé que les autres contempteurs du téléphone, ceux-là mêmes qui décrochent toujours avant la troisième sonnerie. C'est qu'il ne faudrait pas être trop surprenant… pas trop dérangeant… et faire plaisir à tout le monde, même aux vieux crasseux de la cambrousse. Quand Philippe Delerm s'adresse à cette catégorie de son lectorat, on le remarque tout de suite : aussitôt s'insèrent entre les mots des apostrophes censées traduire un langage parlé typique –« qui sent bon le sud »-, qui respire surtout le peuple, celui des vieux détenteurs de la tradition ou des fidèles artisans levés à l'aube. A la boulangerie : « j'ai moins huit su'l'plateau » -ne cherchez pas à comprendre le sens de cette déclaration avant d'avoir lu le développement édifiant qui l'accompagne. Plus terrorisant encore : « v'là l'bord d'la nuit qui vient » : Philippe, que cherches-tu à nous dire ? qu'essaies-tu de nous faire comprendre ? est-ce qu'on doit rire ? ça marche pas…

La couverture de ce livre devrait spécifier que l'intention de Philippe Delerm n'est pas de nous faire connaître le dessous affriolant des petites phrases mais plutôt de créer des variations personnelles (peu originales) autour de petites phrases qu'il est souvent le seul à avoir l'honneur d'entendre. Ces variations ne cherchent jamais à communiquer des informations ou à révéler les pensées authentiques d'un auteur mais à approcher le plus possible ce qu'il croit être l'opinion populaire. Malheureusement, Philippe Delerm est loin du peuple. Lorsqu'il s'en approche, ça empeste l'hypocrisie, la sympathie exagérée et la tendresse apitoyée. Qu'ils sont braves ces ducons qui regardent la télé (« tiens, l'autre jour j'ai regardé l'imitateur, vous savez, le nouveau ») ou ces bouchers monomaniaques qui devraient ne rien faire d'autre de leur journée que de couper du steak (« Je dirais la même chose de mon boucher, qui a pris sa retraite, et que je croise quelquefois, étonnamment taciturne, lui qui savait distiller des petites phrases d'une sagesse liée au découpage de la bavette ou de l'entrecôte »). Philippe, de qui te moques-tu ? est-ce que ça t'amuse seulement ? En fait, ta grand-mère n'avait sans doute pas les mêmes…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Mimimelie
  11 décembre 2015
Une trentaine de petites expressions convenues, phrases pirouettes, que l’on dit, plutôt que l’on répète machinalement faute d’imagination, sans trop y penser et surtout sans se préoccuper de leur intime signification, sont mises au jour sous la plume alerte de Philippe Delerm. Cela ne sera pas sans nous rappeler sa fameuse « Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » et c’est bien car cette gorgée me fut assez plaisante.

C’était une belle idée, prometteuse de réjouissances, promesse qui, hélas, à mon avis n’a pas été tenue. Il y en a bien deux ou trois par ci par là qui sont bien senties, « on ne vous fait pas fuir au moins », « c’est le soir que c’est difficile », « c’est maintenant qu’il faut en profiter »… mais pour l’ensemble il m’a semblé qu’il a oublié la loupe qui lui aurait permis de les regarder avec un peu plus de profondeur.

Sans compter celles pour lesquelles on n’avait pas besoin de M. Delerm pour nous orienter la torche, comme par exemple son « Y a un peu plus, je laisse ? » ou le « Quel est votre plus gros défaut » que tous les recruteurs en herbe utilisent à tour de bras. Et je ne parle pas des expressions retenues dont l’insipidité vous laisse perplexe telle « On était écroulées » expression très usitée par chacun d’entre nous, comme on sait, et encore moins de celles qu’il est parmi les rares à connaître, telles « J’ai moins huit su’l’plateau » « je vais prendre les matchs un par un » "Que son frère" et qui plus est, l'auteur n’a pas même réussi faire comprendre à la niaise que je suis, ce qu’elles signifiaient vraiment.

Et si encore on avait un peu souri... à part une esquisse avec "Et qu'est-ce que vous allez faire aujourd'hui ?"... et encore !

Enfin bref, « moi j’ai pas bien aimé » et pour être plus précise, disons que je suis plutôt déçue, parce qu’encore une fois cette idée m’avait semblé très intéressante mais malheureusement l’ensemble donne l’impression d’avoir été traité sans soin, « par-dessus la jambe », et encore, je ne suis pas loin de penser que c'est même limite du filoutage littéraire et c’est bien dommage.
Impression accentuée du fait de la mise en page qui comporte presque autant de plages blanches que de textes, dame ! il fallait faire du remplissage avec seulement 34 expressions pour atteindre probablement le nombre de pages minimum requis par le format ; du reste, pour ce faire, 1/5e du livre est utilisé pour la table, les ouvrages du même auteur et ceux de l’éditeur…avec les mêmes répartitions blanc/texte évidemment, voilà voilà !
Pas grave, j'ai pas perdu trop de temps, c'était un livre tout riquiqui dans toutes ses dimensions.
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critiques presse (2)
Telerama   14 décembre 2011
L'écrivain sait en termes justes évoquer un moment familier, un sentiment enfoui mais jamais oublié.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   29 novembre 2011
Fin observateur des - petites - choses de la vie, attentif aux paroles jetées en l'air et aux poncifs allègrement véhiculés, l'écrivain décrypte avec humour les "dessous" des mots.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   16 juillet 2010
V‘là l ‘bord d ‘la nuit qui vient.
Celle-là, c’est la marque d’une seule personne. Une belle personne. Madame Hermier était l’épicière. Elle est morte depuis quinze ans au moins. C’est elle qui régentait le quartier, avec, sous son apparence revêche, un sens de l’équité sans concession. Première rencontre un jour de panne d’électricité :
-Mon pauv’ monsieur, j’veux bien vous vendre trois bougies, mais pas la boîte. Il en faut pour tout le quartier.
Au fil des ans, elle était devenue une amie, venait à la maison partager la galette des rois, bavardait un peu, et disait tout à coup :
-J’vais renter. V’là l’bord d’la nuit qui vient.
Des mots entendus, des mots qu’elle inventait ? Peu importe. Les mots de Madame Hermier. J’aime les soirs précoces à cause d’elle, la sagesse solitaire de ses dimanches d’hiver. Rien ni personne ne l’attendait, mais il fallait rentrer avant la nuit. Peut-être une manière de ne pas vouloir nous importuner trop longtemps, de couper court à nos mais vous avez le temps. Comment la retenir, puisque le bord de la nuit venait ?
Le bord de la nuit. La nuit devient une matière, un tissu, les heures s’installent et nous mettent un manteau. Nos mouvements doivent suivre, s’envelopper dans cette amplitude du ciel, marcher à l’amble. Madame Hermier ne redoutait guère les deux cents mètres nocturnes de trottoir qui l’eussent ramenée chez elle sous les réverbères. Mais c’était aussi une politesse de suivre le rythme du jour. Jehan Rictus appelait le crépuscule « le furtif ». Voilà. Madame Hermier voulait rentrer à la lisière du furtif.
Plus tard, quand elle nous quitterait pour un plus long voyage, ce serait avec la même discrétion, le même souci de ne pas déranger, de se glisser dans l’ombre sans crainte et sans regret. Pas difficile pour elle en apparence de quitter le cercle des lampes basses, les flammes orange et bleues de la cheminée. Une jolie manière de dire adieu comme elle disait au revoir, à quoi bon proteste, il faut bien s’en aller, v ‘là l ‘bord d ‘la nuit qui vient.
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GudulleGudulle   03 janvier 2016
J'ai moins huit su'l'plateau

En achetant sa baguette, chacun y va de son petit commentaire sur le Général Hiver. Ça glisse dans la côte de la Ferrière; la mare aux saules est gelée...on s'accorde sur le moins quatre moins cinq, plutôt rare à la mi-novembre. Mais tout à coup, le débat prend un caractère nettement compétitif. La phrase a claqué net: "Moi j'ai moins huit, su'l'plateau."
Alors là chapeau. Respect. Un petit silence plane sur l'assistance. On n'entend plus que la voix de la boulangère, et quarante qui font cinq euros, merci. Bien sûr, moins huit ça paraît beaucoup, mais c'est su'l'plateau. Trois mots étroitement imbriqués que l'élision normande décline en un concept unique devant lequel il n'y a plus qu'à s'incliner. Il suffit de monter la côte du Neubourg, et c'est un autre monde. Là-haut, la vie est plus âpre, plus rude. Plus vraie peut-être. En tout cas moins calfeutrée que nos univers petits-bourgeois de la vallée. Comment avions-nous pu prétendre à de vraies sensations dans notre refuge alangui ?
Su'l'plateau, ce sont les hauts de hurlement. Si les habitants de cette terre sauvage viennent chercher leur campaillou au creux du bourg, ce n'est pas essentiellement par nécessité alimentaire, mais pour témoigner de cette intensité des forces naturelles auxquelles ils ont assez de tempérament pour résister.
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GudulleGudulle   03 janvier 2016
Moi j'ai bien aimé

C'est alors que la voix nettement timbrée choisit une fraction de silence pour asséner: "Eh bien moi, j'ai bien aimé !"
Il faut un temps de latence pour apprécier l'ampleur de cet écart. Pas si facile de dire sans trembler ces mots qui quittent d'emblée la sphère de l'intellect pour plonger au plus vif de l'affectif. Car ce n'est pas l'éternel bougon, la dissidente systématique qui vient de dire cela. Dans ce cas, on s'en tirerait avec un "Oh toi, de toute façon, tu n'es jamais d'accord !".
Non, c'est plutôt celui, celle dont on attendrait a priori la discrétion adhésive, voire le mutisme partageur. Une petite interrogation plane sur l'assistance. Dautres phrases non prononcées peuvent se lire dans les regards. Tu dis ça pour te créer une personnalité, tu as des problèmes en ce moment, ou bien tu le penses vraiment ? La réponse prend en compte la transparence de ces non-dits, avec une résolution vibrante, le regard droit devant, rivé à la coupelle de morceaux de carottes et de chou- fleur. "Non non, j'ai vraiment bien aimé !"
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colimassoncolimasson   18 septembre 2013
Je dirais la même chose de mon boucher, qui a pris sa retraite, et que je croise quelquefois, étonnamment taciturne, lui qui savait distiller des petites phrases d’une sagesse liée au découpage de la bavette ou de l’entrecôte. Plus que la commande de ses clients, il maîtrisait alors le monde, entre le glaive et la balance.
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colimassoncolimasson   16 septembre 2013
C’est une de ces émissions radiophoniques où les auditeurs, savamment filtrés, sont censés exprimer la liberté de la voix du peuple. Dans le « D’abord, merci de prendre ma question », le « d’abord » est délicieux. Précaution oratoire ? En fait, la suite des évènements prouvera que l’on aurait pu le troquer facilement contre un « L’essentiel est que… »
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Vidéo de Philippe Delerm
Et vous, quel geste vous trahit ?
Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations :
- le selfie, geste roi de nos vies modernes ; - le « vapotage », qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; - les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; - cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; - un verre qu'on tient à la main sans le boire…
À lire Philippe Delerm, on se dit souvent : « Mais oui, bien sûr, c'est exactement cela ! » Mais lui seul aura su décrire ces gestes du quotidien avec tant de finesse et de vérité – tant de profonde analyse de la nature humaine.
Inventeur d'un genre dont il est l'unique représentant, l'« instantané littéraire », Philippe Delerm s'inscrit dans la lignée des grands auteurs classiques qui croquent le portrait de leurs contemporains, tels La Fontaine ou La Bruyère. Il est l'auteur de nombreux livres à succès, dont La Première Gorgée de bière, Je vais passer pour un vieux con ou Sundborn ou les Jours de lumière (prix des libraires, 1997).
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