AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782707327802
645 pages
Éditeur : Editions de Minuit (17/10/2013)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 44 notes)
Résumé :
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié.
- Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités. - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (Les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
LucienRaphmaj
  21 juin 2013
- Tu vois 1000 Plateaux c'est comme un super vélo à 1000 vitesses. Tu pédales pas mal pour comprendre, parfois tu moulines, mais des fois tu gravis des sommets que tu n'aurais jamais pensé franchir, à toute allure.
- J'ai toujours pas pigé ce que c'est qu'un « plateau ».
- C'est comme… C'est un plan d'immanence, composé d'agencements de concepts, de dates, de figures qui permettent, si tu veux, de penser l'organisation de la réalité à nouveaux frais.
- C'est ton cerveau qu'est pas frais.
- Tu rigoles ? 1000 Plateaux c'est le pédalier du Disque-Monde !
Ainsi peut-on (doit-on ?) aborder cette oeuvre de Guattari&Deleuze : avec humour et enthousiasme. J'avoue, la métaphore du vélo ne va pas chercher loin. Mais on ne peut pas introduire réellement à la facture de l'ouvrage que par ce genre de tournure décalée. Et c'est sûrement une des qualités de l'écriture du livre qui l'a rendu si sympathique à autant de lecteurs différents : « livre pour tous et pour personne » comme disait Nietzsche (c'est un bel hommage que de faire parler le Grand Moustachu). Car il faut suivre, et il est facile de se perdre dans ces plateaux, ces strates géologiques de concepts forts mais parfois bruts, non-raffinés : au lecteur d'opérer la transformation des injonctions, de traduire en sa langue mentale toutes les pistes esquissées par le double-philosophe Deleuze&Guattari. C'est là le risque et la réussite de l'ouvrage. DIY : dé-fais toi toi-même scande le livre.
Livre de philosophie c'est-à-dire livre-concept, légèrement imagé, à la prose tantôt magmatique, digressive, scientifique, linguiste, tantôt fulgurante, poétique, 1000 Plateaux est fécond en concept décisifs et fascinants : déterritorialisation, corps-sans-organes, lignes molaires - lignes moléculaires - lignes de fuite, devenir-animal – devenir-intense – devenir-imperceptible, ritournelle, agencements, plan d'immanence, nomadologie, etc. Tout ce lexique qui fait que « le siècle sera deleuzien » pour reprendre la formule de Foucault. Vraiment, un cortège de concepts vitaux qui se veulent opératoires. Et qui peuvent l'être si l'on prend le temps d'approfondir la lecture (ce qui n'est tout de même pas évident).
Il faudrait 1000 textes et 1000 lectures pour bien traiter l'ouvrage. le commentateur moutonne.
Qu'à cela ne tienne. On y revient, toujours avec plaisir, avec perplexité, et parfois l'on fait des découvertes étonnantes. A vous de dire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Charybde2
  18 juin 2019
Un monument heureux de la philosophie contemporaine de combat, qui n'a rien perdu de sa puissance et de sa pertinence 40 ans après sa publication, malgré les efforts réguliers menés à son encontre.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2019/06/18/note-de-lecture-mille-plateaux-gilles-deleuze-felix-guattari/
Lien : https://charybde2.wordpress...
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   18 juin 2019
Un livre n’a pas d’objet ni de sujet, il est fait de matières diversement formées, de dates et de vitesses très différentes. Dès qu’on attribue le livre à un sujet, on néglige ce travail des matières, et l’extériorité de leurs relations. On fabrique un bon Dieu pour des mouvements géologiques. Dans un livre comme dans toute chose, il y a des lignes d’articulation ou de segmentarité, des strates, des territorialités ; mais aussi des lignes de fuite, des mouvements de déterritorialisation et de déstratification. Les vitesses comparées d’écoulement d’après ces lignes entraînent des phénomènes de retard relatif, de viscosité, ou au contraire de précipitation et de rupture. Tout cela, les lignes et les vitesses mesurables, constitue un agencement. Un livre est un tel agencement, comme tel inattribuable. C’est une multiplicité – mais on ne sait pas encore ce que le multiple implique quand il cesse d’être attribué, c’est-à-dire quand il est élevé à l’état de substantif. Un agencement machinique est tourné vers les strates qui en font sans doute une sorte d’organisme, ou bien une totalité signifiante, ou bien une détermination attribuable à un sujet, mais non moins vers un corps sans organes qui ne cesse de défaire l’organisme, de faire passer et circuler des particules asignifiantes, intensités pures, et de s’attribuer les sujets auxquels il ne laisse plus qu’un nom comme trace d’une intensité. Quel est le corps sans organes d’un livre ? Il y en a plusieurs, d’après la nature des lignes considérées, d’après leur teneur ou leur densité propre, d’après leur possibilité de convergence sur un « plan de consistance », qui en assure la sélection. Là comme ailleurs, l’essentiel, ce sont les unités de mesure : quantifier l’écriture. Il n’y a pas de différence entre ce dont un livre parle et la manière dont il est fait. Un livre n’a donc pas davantage d’objet. En tant qu’agencement, il est seulement lui-même en connexion avec d’autres agencements, par rapport à d’autres corps sans organes. On ne demandera jamais ce que veut dire un livre, signifié ou signifiant, on ne cherchera rien à comprendre dans un livre, on se demandera avec quoi il fonctionne, en connexion de quoi il fait ou non passer des intensités, dans quelles multiplicités il introduit et métamorphose la sienne, avec quels corps sans organes il fait lui-même converger le sien. Un livre n’existe que par le dehors et au-dehors. Ainsi, un livre étant lui-même une petite machine, dans quel rapport à son tour mesurable cette machine littéraire est-elle avec une machine de guerre, une machine d’amour, une machine révolutionnaire, etc. – et avec une machine abstraite qui les entraîne ? On nous a reproché d’invoquer trop souvent des littérateurs. Mais la seule question quand on écrit, c’est de savoir avec quelle autre machine la machine littéraire peut être branchée, et doit être branchée pour fonctionner. Kleist et une folle machine de guerre, Kafka et une machine bureaucratique inouïe… (et si l’on devenait animal ou végétal par littérature, ce qui ne veut certes pas dire littérairement ? ne serait-ce pas d’abord par la voix qu’on devient animal ?). La littérature est un agencement, elle n’a rien à voir avec de l’idéologie, il n’y a pas et il n’y a jamais eu d’idéologie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Ada_2012Ada_2012   30 mai 2013
"C'est parce que nous n'avons plus rien à cacher que nous ne pouvons plus être saisis. Devenir soi-même imperceptible, avoir défait l'amour pour devenir capable d'aimer. Avoir défait son propre moi pour être enfin seul, et rencontrer le vrai double à l'autre bout de la ligne. Passager clandestin d'un voyage immobile. Devenir comme tout le monde, mais justement ce n'est un devenir que pour celui qui sait n'être personne, n'être plus personne. II s'est peint gris sur gris." (pp. 241-242)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
blanchenoirblanchenoir   11 janvier 2017
C'est le langage tout entier qui est est discours indirect. (...) Le discours direct est un fragment de masse détaché, et naît du démembrement de l'agencement collectif ; mais celui-ci est toujours comme la rumeur où je puise mon nom propre, l'ensemble des voix concordantes ou non d'où je tire ma voix. Je dépends toujours d'un agencement dénonciation moléculaire, qui n'est pas donné dans ma conscience, pas plus qu'il ne dépend seulement de mes déterminations sociales apparentes, et qui réunit beaucoup de régimes de signes hétérogènes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
blanchenoirblanchenoir   27 janvier 2017
Nous savons qu'entre un homme et une femme beaucoup d'êtres passent, qui viennent d'autres mondes, apportés par le vent, qui font rhizome autour des racines, et qui ne se laissent pas comprendre en terme de production mais seulement de devenir. L'Univers ne fonctionne pas par filiation. Nous disons seulement que les animaux sont des meutes, et que les meutes se forment, se développent et se transforment par contagion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Charybde2Charybde2   18 juin 2019
Le nombre nombrant, nomade ou de guerre, a un premier caractère : il est toujours complexe, c’est-à-dire articulé. Complexe de nombres à chaque fois. C’est même par là qu’il n’implique nullement de grandes quantités homogénéisées, comme les nombres d’État ou le nombre nombré, mais produit son effet d’immensité par sa fine articulation, c’est-à-dire par sa distribution d’hétérogénéité dans un espace libre. Même les armées d’État, au moment où elles traitent de grands nombres, n’abandonnent pas ce principe (malgré la prédominance de la « base » 10). La légion romaine est un nombre articulé de nombres, de telle manière que les segments deviennent mobiles, et les figures géométriques, mouvantes, à transformation. Et le nombre complexe ou articulé ne compose pas seulement des hommes mais nécessairement des armes, des bêtes et des véhicules. L’unité arithmétique de base est donc une unité d’agencement : par exemple, homme-cheval-arc, 1 x 1 x 1, suivant la formule qui fit le triomphe des Scythes ; et la formule se complique dans la mesure où certaines « armes » agencent ou articulent plusieurs hommes et bêtes, ainsi le char à deux chevaux et à deux hommes, l’un pour conduire et l’autre pour lancer, 2 x 1 x 2 = 1 ; ou bien le célèbre bouclier à deux poignées, de la réforme hoplite, qui soude des chaînes humaines. Si petite soit l’ « unité », elle est articulée. Le nombre nombrant est toujours sur plusieurs bases à la fois. Encore faut-il tenir compte aussi des rapports arithmétiques extérieurs, mais contenus dans le nombre, qui expriment la proportion des combattants parmi les membres d’un lignage ou d’une tribu, le rôle des réserves et des stocks, des entretiens d’hommes, choses et bêtes. La logistique est l’art de ces rapports extérieurs, qui n’appartiennent pas moins à la machine de guerre que les rapports intérieurs de la stratégie, c’est-à-dire les compositions d’unités combattantes entre elles. Toutes deux constituent la science de l’articulation des nombres de guerre. Tout agencement comporte cet aspect stratégique et cet aspect logistique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Lire un extrait
Videos de Gilles Deleuze (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gilles Deleuze
Frédérique Berthet Never(s) éditions P.O.L : où Frédérique Berthet tente de dire de quoi et comment est composé son nouveau livre "Never(s)" et où il est notamment question de Casablanca et de Saint-Benin-des-Bois, entre 1942 et 1948, de la libération de la France et de l'Indochine, de Gilles Deleuze et de Marguerite Duras, d'amour et d'éloignement, de jamais et de toujours, de correspondance et de parenthèses, de la différence entre écrire, écrire des lettres et faire des écritures, et de Nevers, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L de" Never(s)", à Paris le 4 juin 2020 "un jour vous avez sorti la valisette de l'ombre de la chambre toutes les disparitions étaient envisageables même la vôtre, que vous avez vue venir toutes, sauf ces efforts ces élans inspirés avec plume encrier papier – vos écritures je vous ai lue, j'ai nagé de Saint-Benin à Saïgon il se pourrait donc bien que ce livre ait commencé de s'écrire un été 42, dans une caserne de l'infanterie coloniale de Casa."
+ Lire la suite
Dans la catégorie : Troubles psychiatriquesVoir plus
>Maladies>Maladies du système nerveux. Troubles psychiques>Troubles psychiatriques (235)
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
320 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre