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EAN : 978B003UAJEZE
Éditeur : Flammarion (01/01/1966)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Woland
  02 août 2017
Etoiles Notabénistes : ******
Editions : Flammarion - Octobre 1966 pour les deux tomes
ISBN : non usité à l'époque
Les Delly ne se sont pas contentés de reprendre des contes de fées et de les napper d'une sauce plus moderne que celles utilisées par Perrault, les frères Grimm ou Andersen. Ils ont produit, par-ci, par-là, de véritables romans d'aventures, certains patriotiques avant tout comme "Le Mystère de Ker-Even", d'autres basés sur un crime comme pour "Le Roi de Kidji" et son binôme, "Elfrida Norsten" à moins que ce ne soit sur un crime et une spoliation, voire une séquestration, comme la trilogie d"Ourida". Crime et spoliation encore dans ce que l'on peut considérer comme leur chef-d'oeuvre en la matière : "La Lune d'Or", roman en deux tomes que nous avons le grand plaisir de vous présenter aujourd'hui.
Marguerite Duras, dit-on, avait honte de révéler que, jeune fille, elle avait voué une véritable passion à l'oeuvre de Delly. En ce qui me concerne et même s'il est hors de question que j'atteigne jamais à la notoriété de Mme Duras, j'avoue sans vergogne que mon intérêt pour les civilisations pré-colombiennes, en particulier pour la civilisation aztèque, vient en droite ligne de la lecture de "La Lune d'Or". Eh ! oui, ça peut paraître baroque, étrange à plus d'un titre mais, sans Delly, jamais je n'eusse lu le mémorable "L'Aigle Aztèque Est Tombé" de Carlo Coccioli sans compter d'autres ouvrages, ceux-là documentaires, consacrés aux adorateurs de Quetzalcoatl et de Tlaloc. Les Voies du Grand Dieu Thôt sont impénétrables, on ne le répétera jamais assez ... ;o)
Pour dévider le plus brièvement possible les fils de l'intrigue - que ceux qui ont ri quand ils ont lu "brièvement" se dénoncent immédiatement - disons que cet ouvrage de Delly se fonde sur la recherche, par des héritiers légitimes et par une aventurière qui restera, dans les annales dellyesques, comme un personnage difficilement oubliable, du "placer d'Octezuma", dernier Grand Prêtre de la Lune connu et parent proche, qui en douterait, du dernier Empereur aztèque. En d'autres termes, tout ce petit monde, les "bons" comme les "méchants", est en quête d'un fabuleux gisement d'or et d'un temple, non moins extraordinaire, enfouis dans les profondeurs de la Sonora. Conscient de l'avidité que déclenchait la seule idée de l'or dans la cervelle des Conquistadores et de ceux qui les suivirent, Octezuma, avant de se donner la mort, brisa en deux le bijou - une lune d'or ornée de pierres précieuses - qui permettait aux seuls initiés d'ouvrir le Temple de la Lune dont il avait la charge, et en légua chacune des moitiés à ses descendants.
A l'époque où s'ouvre le roman - j'opte personnellement pour la fin du XIXème siècle ou le tout début du XXème - l'une des demi-lunes est volée à son héritière légitime, Paz, comtesse de Chantelaure, par sa cousine, Hermosa Barral, qui, de surcroît, non contente d'avoir séduit le volage Arnaud de Chantelaure, empoisonne lentement la jeune femme et dresse la petite fille du couple, Rosario, alors âgée d'à peu près dix ans, contre les possesseurs de l'autre partie du bijou, Don Pedro de Sorres et son fils, don Ruiz, tous deux cousins de la malheureuse Paz. La confiance que la petite Rosario accorde à sa belle-mère est primordiale car elle permettra aux auteurs d'élaborer, dans le deuxième tome, l'une des plus belles et des plus violentes passions romanesques qu'ils ont jamais inventées. Mais tout cela, ou vous le remémorez déjà avec émotion , ou vous brûlez de le découvrir et je n'irai pas plus loin.
En fait j'aimerais attirer l'attention sur quelques points qui rendent "La Lune d'Or" carrément atypique dans l'oeuvre d'un auteur unanimement considéré comme anti-sémite, bondieusard, franchouillard, et j'en passe ... (Signalons d'ailleurs au passage qu'un semblable atypisme se manifeste dans "Sous le Masque" et "Le Secret du Koo-Koo-Noor", dont nous parlerons un de ces jours.)
1) Tout d'abord, le frère et la soeur n'ont pas écrit n'importe quoi. Ils se sont renseignés sur le pays où se déroule l'essentiel de l'action, le Mexique, tant sur ses aspects modernes que sur son passé pré-colombien. Et le lecteur les sent tous deux émerveillés par la beauté des paysages et par la grandeur, passée et présente, du pays ;
2) ensuite, il est clair que, à leurs yeux, si l'on excepte certaines "brebis galeuses" que l'on trouve, bien sûr, dans toutes les peuplades du monde, les Amérindiens - notamment les Comanches et les Apaches, pourtant longtemps représentés, tant dans les livres qu'au cinéma, comme particulièrement cruels - sont des êtres humains à part entière et que les civilisations qui les ont précédés, lesquelles n'étaient pourtant pas chrétiennes, loin de là, sont dignes de respect. L'un des grands projets des Sorres père et fils, très amis avec les Comanches, serait d'ailleurs le rétablissement de "la Grande Nation Indienne" au Mexique, ce à quoi pourraient servir les prodigieuses richesses du Temple de la Lune, si l'on parvient non seulement à le découvrir mais encore à y pénétrer. Sachant que le texte n'a pas été retouché, le lecteur honnête ne peut que constater ici une ouverture d'esprit étonnante et pour le moins très moderne qu'on a trop souvent niée à Delly ;
3) puis, en ce qui concerne l'érotisme indéniable qui sous-tend nombre des meilleurs romans de Delly, la relation Rosario-Ruiz se révèle des plus parlantes : rapport de forces, non-consommation physique du mariage (même aujourd'hui, on ne peut demander l'annulation de son mariage en Cour de Rome que s'il n'y a pas eu consommation), indication quasi cryptée mais bel et bien présente du moment qui marque cette consommation, subtil parfum de sado-masochisme un peu à la "Pamela" de Richardson, violence et attirance, tant physique que morale, de deux natures qui se fascinent l'une l'autre ...
On ajoutera à cela que l'empire pris par Hermosa Barral sur le comte de Chantelaure est avant tout physique. Certes, cela n'est pas exprimé aussi crûment que dans cette fiche mais la chose est criante. A étudier également, mais dans le second volume, le personnage de Trinidad, la fille d'Hermosa, et sa façon d'agir avec les hommes, sans oublier les intentions de viol de l'horrible Manuel Ferrago envers la malheureuse Rosario qui ne lui a pourtant fait aucune avance ;
4) enfin, pour une fois et bien que Rosario soit pensionnaire dans deux couvents successifs, l'accent sur la religion catholique n'est pas mis de façon aussi accentuée que d'habitude. Certes, les Indiens mis à part, tout le monde est (ou a été) catholique dans l'histoire mais Delly s'en tient là. C'est d'autant plus curieux que, dans un pays comme le Mexique, le catholicisme, comme on le sait, a eu la part très belle.
Toujours aussi impeccable, le style guide une action haletante, dont certains détours sont prévisibles, d'autres, moins. En tous cas, le lecteur sans a priori se laissera prendre avec plaisir aux mille et un rebondissements de cette intrigue tout à fait à part dans l'oeuvre dellyesque et ne manquera pas d'admirer la profondeur des personnages, la vérité que l'auteur a su leur conférer à tous, "bons" et "mauvais" réunis.
Bref, vous savez ce qu'il vous reste à faire : lire ou relire "La Lune d'Or" de Delly. ;o)
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   03 août 2017
[...] ... Don Pedro se pencha et posa la main sur son épaule.

- "Si vous n'êtes pas en la circonstance tenu par le secret de la confession, parlez. Dites tout ce que vous savez, car je suis venu ici pour savoir la vérité, toute la vérité, si c'est possible.

- Aucune obligation ne me lie sur ce point, monsieur. Bien au contraire, le désir de la mourante devait être que je vous fisse part de ses soupçons. Si j'hésite à vous rapporter ce que j'entendis alors, c'est qu'il n'existe aucune preuve en faveur de l'accusation dirigée par la pauvre jeune femme contre sa cousine.

- Quelle accusation ?

- Je vais vous répéter les paroles mêmes de la comtesse. Elles sont restées inscrites dans ma mémoire. Tout d'abord, elle me fit signe de me pencher tout près de ses lèvres, car elle était arrivée au dernier degré de la faiblesse et elle me dit :

"- Ma cousine m'a empoisonnée."

"Je sursautai d'horreur, je protestai. Mais elle saisit ma main et me fit signe d'écouter encore ...

" - Sauvez ma fille ... Gardez le signe ... pour lui donner plus tard ... Que son père ne sache pas ... Et dites à don Pedro de Sorres qu'il veille sur elle."

"Sans écouter ce que je balbutiais dans ma perplexité - car je ne savais trop si j'avais affaire à un cerveau lucide - elle me faisait signe d'enlever de son cou une chaîne supportant une petite boîte, d'or également, et une demi-lune incrustée de rubis.

"J'obéis en tremblant. Alors, elle me dit :

" - Prenez ... pour ma fille ... plus tard."

" Et elle me suppliait du regard, pauvre, pauvre femme ! Frémissant d'angoisse, j'objectai encore :

"- Madame, que dira-t-on en ne voyant plus cette chaîne sur vous ?"

"Mais, sans paraître entendre, elle répéta :

" - Prenez ... prenez. Il ne faut pas qu'elle ait la lune ... la lune d'or ... Rosario seule ..." ... [...]
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WolandWoland   03 août 2017
[...] ... Mme de Chantelaure, tout en avançant vers le but que le Loup-Rouge lui annonçait proche maintenant, repassait en esprit le plan qu'elle avait combiné de concert avec le chef indien. Les hommes de sa troupe lui étaient nécessaires, pour la lutte certaine contre don Pedro, et ses compagnons. Mais après cela, ils deviendraient inutiles ... et dangereux, quand ils sauraient ce qu'elle était venue chercher ici. Donc, ils étaient à supprimer. Le Loup-Rouge s'en chargerait avec ses Indiens. Traîtreusement, une nuit, José, Dowson et les autres seraient égorgés. Après quoi, doña Hermosa, le chef et Corpano s'occuperaient de découvrir l'entrée du temple mystérieux où se cachait le trésor de la Lune. C'était là le point le plus difficile - du moins Mme de Chantelaure le craignait un peu car, et ceci concordait avec la traduction faite récemment par don Ramon - doña Paz, le jour où, bien imprudemment, elle lui avait raconté l'histoire du bijou dont elle ne se séparait jamais, avait ajouté :

- "La tradition conservée dans notre famille raconte que cette demi-lune servait à ouvrir la porte du temple de la Lune - mais elle n'explique pas de quelle manière."

Oui, ce n'était pas tout d'avoir le précieux objet en sa possession. Il fallait encore découvrir la façon de s'en servir. ... [...]
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