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EAN : 9782246808954
256 pages
Éditeur : Grasset (02/09/2013)
3.39/5   14 notes
Résumé :
Georgia est une chanson.
Georgia est une jeune femme perdue.
Georgia est un roman d'amour : deux êtres à la dérive se rencontrent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur, au cœur de la ville, ici et maintenant.
Venance écoute, Georgia parle, et de sa voix jaillissent des paysages. L'enfance résonne avec les derniers accords de Joy Division.
« La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
paulotlet
  26 novembre 2013
Dans ce premier roman, le slameur Julien Delmaire met en scène les nouveaux damnés de la terre, sans papiers et SDF, paumés d'ici et d'ailleurs. Georgia est un conte urbain, très fort, très bien écrit, qui raconte sans fard la condition des parias dans le Paris du XXIe siècle. Les mots son crus, les images souvent terribles. Venance et Georgia se sont aimés, de manière fugace, en se donnant l'un à l'autre avec l'énergie des désespérés. Autour d'eux, on ne voyait que souffrance et angoisse. Ces deux là ne pouvaient que se déchirer.
Georgia est un livre poignant, les premières pages son magnifiques. Malheureusement, Delmaire ne tient pas la distance et certaines parties tirent un peu en longueur, perdent le côté poétiques des chapitres du début et l'histoire s'enlise pour ne retrouver son rythme qu'en fin de volume. J'ai été touché par ces personnages désarticulés, par leurs doutes, leurs peurs et les espoirs d'un Venance venu chercher un peu de bonheur à des milliers de kilomètres de chez lui, là où des gosses meurent de ne pouvoir trouver leur place.
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Stellabloggeuse
  17 mai 2014
Venance est un immigré clandestin, arrivée en France depuis le Sénégal de longues semaines auparavant. Mais avant tout, c'est quelqu'un de digne, il reste droit en toutes circonstances. Pourtant, sa vie bien réglée connaît quelques ratés lorsqu'il rencontre Georgia. Il n'y a rien à espérer, à tomber amoureux d'une ritournelle...

Ce roman nous fait partager la vie d'un sénégalais, immigré clandestin en France. Venance fait des boulots au « black », des heures de travail payées une misère. Il fait la queue une partie de la nuit pour espérer obtenir un permis de séjour, pour lequel il manque toujours un papier. Il vit dans la peur de se faire remarquer par les mauvaises personnes, qu'il s'agisse de la police ou des voyous. Il se satisfait de trois fois rien, même si, à force de se faire marcher dessus, sa colère enfle.
Malgré la tension de son quotidien, Venance se laisse surprendre par l'amour qui vient un soir frapper à sa porte. Il lui abandonne tout, ses économies, sa fragile situation. Il en goûte le bonheur fugace, avant la chute et les regrets. Au travers des quelques soirées qu'ils passent ensemble, c'est au tour de Georgia de se raconter : le coin de France qui l'a vue naître, ses études aux beaux-arts, et les circonstances qui l'ont éloignée de sa famille. J'ai moins aimé cette seconde partie du roman, lorsque Georgia entre dans la vie de Venance.

Le personnage de Venance fait toute la force émotionnelle du roman. C'est quelqu'un de très touchant, honnête et digne. Pas un instant il ne s'écarte du droit chemin, malgré sa colère contre la France qui lui refuse une existence légale. À l'inverse, Georgia est un personnage à la dérive. le droit chemin, elle l'a quitté depuis longtemps et ne peut se soucier que de sa propre survie, pas des sentiments des autres. Elle est moins touchante, même si sa situation suscite la pitié, elle a créé sa propre déchéance.
Ce titre se distingue particulièrement par son style. L'écriture est belle, poétique, musicale, même si les mots sont parfois crus, par nécessité. On ressent bien l'influence du slam dans la manière dont Julien Delmaire s'exprime, et c'est tant mieux. Rien que pour cette plume, je pense que je suivrai ses futures publications.
Ainsi, « Georgia » est un premier roman qui sort du lot, grâce à une très belle écriture qui vous emporte, et un personnage très touchant dont on ne peut qu'admirer la dignité. Il nous ouvre également les yeux sur le parcours du combattant qu'est une existence de clandestin dans notre belle France. A découvrir !
Lien : http://romans-entre-deux-mon..
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Yuko
  14 octobre 2013
Premier roman de Julien Delmaire, Georgia résonne comme une promesse. Celle d'un monde meilleur, d'un avenir plus tendre et d'une rencontre douce et sereine entre deux êtres que la vie néglige. Une oeuvre terrible d'humanité et souvent noire, portée par une écriture riche et complexe.
Julien Delmaire impressionne par la maîtrise de la langue autant que par la noirceur de ses personnages et du monde dans lequel ils évoluent.
Un hommage à ces immigrés qui survivent dans un monde terrifiant et sauvage et qui s'accrochent et se défendent avec des armes bien dérisoires. Un roman hommage d'une extrême noirceur mais nécessaire à la compréhension du monde qui nous entoure. Une oeuvre à découvrir !
Lien : http://art-enciel.over-blog...
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AndreeLaPapivore
  27 mai 2014
Georgia est un roman dans lequel j'ai eu du mal à rentrer. Beaucoup de mal. Je n'accrochais pas du tout avec le style de l'auteur, plein de métaphores, d'allégories et d'envolées poétiques. Mais je me suis accrochée ; j'ai changé de lecture, et puis je suis revenue, désirant donner au roman une seconde chance. Et là, il y a eu un déclic. J'ai dévoré Georgia dans la journée, me laissant porter par le texte de Julien Delmaire, par son rythme.
Concernant l'histoire, elle n'est pas très gaie ; d'ailleurs elle commence par la mort de Venance, le personnage principal. Sans-papiers africain vivant de petits boulots, dans la crainte de se faire contrôler et expulser, Venance voit son morne quotidien bouleversé par sa rencontre avec Georgia, jeune femme un peu paumée qui noie ses souvenirs dans l'alcool et la drogue. Il tombera amoureux d'une chimère et y perdra tout, tandis que Georgia sombrera dans la déchéance... L'intrigue du roman est simple, elle nous entraîne dans le monde des sans-papiers et des exclus de la société, mais mis à part Venance je n'ai trouvé aucun personnage sympathique ni attachant... je pense que le style très (trop ?) travaillé de l'auteur empêche de ressentir de l'empathie pour eux, il crée une distance entre le lecteur et les faits...
Lien : http://andree-la-papivore.bl..
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mediatheque_pasdecalais
  11 décembre 2013
Venance a quitté le Sénégal pour la France. Il va travailler avec l'espoir de se faire régulariser. Très vite ses rêves se brisent, jamais ce pays ne l'intègrera.
Parallèlement, entre en scène un personnage féminin, Georgia. Rapidement, elle va s'éloigner de son milieu familial pour laisser son âme d'artiste s'exprimer. Elle trouvera refuge dans une grande ville, où peu à peu, l'alcool et la drogue prendront le dessus, l'obligeant à vendre son corps.

Les deux destinées vont se croiser. Georgia trouvera refuge chez Venance où elle évoquera son enfance dans un style proche de l'onirisme. Lui ne pourra se détacher de cette femme dont la désespérance résonne chez lui comme un écho.

Lien : http://mediatheque.pasdecala..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
YukoYuko   14 octobre 2013
Un jeune homme entra, en uniforme clair. Presque un adolescent. Pour donner le change, le gamin bomba le torse, mais il était mal à l'aise, cela se manifestait par d'infimes détails. Le jeune policier s'approche et ordonna à Venance de se tourner sur le côté. Il obéit et on lui ôta ses menottes. Le flic, malgré sa matraque et son revolver, éprouvait une angoisse diffuse devant cet être en fragments, démantibulé. En aucun cas, il ne voulait recueillir le sang de cet homme, s'en voir éclaboussé. Sang nègre, vieux talisman. Venance se redressa du mieux qu'il put pour toiser le policier.

Je te salue, gamin-l'uniforme, je ne te maudis pas plus que je ne te bénis, je te salue d'homme à homme, toi debout, moi dos au mur.
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paulotletpaulotlet   24 novembre 2013
Venance était mort, avant l'embarquement, devançant le sparadrap rituel sur la bouche, la piqûre amère dans le freux de la cuisse. Mort avant de subir le dédain blasé du pilote et de l'équipage. Il avait contrarié l'application de la peine pour s'enfuir vers des destinations non homologuées. Le macchabée restait impuni. Expulser un homme était une véritable gageure: il fallait mobiliser des renforts, affréter un avion, dédommager les compagnies aériennes, s'assurer la coopération du pays de destination, éviter la presse, les militants impétueux qui se jetaient devant les roues de la fourgonnette. Cela se calculait, s'estimait. Toute une équation complexe que Venance venait d'annihiler.
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YukoYuko   14 octobre 2013
Georgia est une chanson qui passe de bouche en bouche. Une chanson mille fois reprise. Chacun se remémore les violons de la complainte de Ray Charles : la route, le clair de lune effleurant les pins, l'amour étendu là, comme un pneu crevé, le parfum des résines brûlantes, le Sud qui n'en finit jamais. (...) Quand Louis Armstrong chante Georgia, un négrillon trébuche, s'entaille les jambes sur un tesson de solitude. La voix console le gamin, lui susurrant que le destin n'a pas de limite, que les rêves courent plus vite que les chiens et qu'au bout de la route, un refuge auréolé d'or pur recueille les fuyards sans leur demander de montrer patte noire.
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YukoYuko   14 octobre 2013
La pierre que l'on m'a jetée, je l'ai mangée, la boue sur mon visage, je l'ai dévorée, mais j'ai toujours sous la langue un éclat de soleil qui se refuse à fondre.
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doitagaindoitagain   15 juin 2013
La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L’amour, l’amour nous déchirera à nouveau.
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Vidéo de Julien Delmaire
Julien Delmaire publie Delta Blues chez Grasset
Printemps 1932, dans le delta du Mississippi. Une chaleur suffocante écrase la campagne et menace les récoltes. Un assassin sans visage frappe la nuit, et une injustice sans nom règne le jour. Des croix brûlent sous la lune, les cavaliers fantômes du Ku Klux Klan font régner la terreur et le Mississippi prend les couleurs de l'enfer. Au milieu du désastre, deux amants : Betty et Steve. Ils sont jeunes, Noirs et pauvres, mais persuadés que leur amour les sauvera... Vaste fresque historique et musicale, aux accents faulknériens, Delta Blues déploie une galerie de personnages : Noirs, Blancs, Indiens et métis, planteurs et bluesmen errants, prêcheurs, sorcières, politiciens véreux, bagnards, trafiquants d'alcool et Legba, le dieu vaudou, « Maître des carrefours » qui, tel un détective d'outre-monde, veille sur le destin de chacun.
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