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EAN : 9791030702163
280 pages
Au Diable Vauvert (06/09/2018)
4.13/5   31 notes
Résumé :
Philippe est à l’étroit dans son rôle d’homme. Marion a trois enfants, avec Élise. Camille veut changer le monde, Ashanta sait qu’on ne peut pas. Isabelle aime à en mourir. Maya est travailleuse du sexe, Jo est flic et n’aime pas ça. Sept vies se font poreuses les unes aux autres, sept personnages découvrent ce qu’on peut s’apporter dans la différence.
Une physiologie d’un monde contemporain qui se questionne sur l’amour, le désir et la filiation. Un roman d’... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Bazart
  21 septembre 2018
Résidant à Lyon depuis 3 ans, Wendy Delorme est notamment connue pour ses différentes casquettes, celle de romancière, de militante lesbienne, de performeuse queer néoburlesque, ou de professeur à l'université en science de l'éducation ( sa thèse a porté sur la construction de stéréotypes des minorités sexuelles dans la publicité).
Plus de cinq ans après son dernier roman La Mère, la Sainte et la Putain (2012), Wendy Delorme revient à la fiction littéraire avec le corps est une chimère, un roman choral où la parole est majoritairement donnée aux femmes, souvent lesbiennes, mais où les autres identités sexuelles ont aussi droit de cité dans un roman qui s'assume comme étant grand public qui embrasse une multitudes de thèmes et d'archétypes sociétaux .
Sept personnages principaux se succèdent au fil des chapitres, dont les destins vont se croiser et se décroiser au fil des courts chapitres, abordant différentes thématiques particulièrement d'actualité comme l'homoparentalité, la violence faite aux femmes, l'identité de genre, la filiation, le statut des travailleuses du sexe, la PMA, les relations familiales, l'identité sexuelle et de genre.
Comme le titre l'indique, c'est bien le corps qui sert de fil conducteur à l'ensemble de ces récits croisés, plus précisemment le rapport que chaque identité entretient avec lui et son pouvoir qui peut même influer sur le cerveau et sur l'âme.
Ce Corps est une chimère, sous une apparence a priori légère, traite de manière frontale et souvent grave des sujets qui résonnent fortement avec l'actualité du moment et s'interroge notamment sur le rapport complexe que l'on entretien avec cette enveloppe corporelle que l'on reçoit souvent comme un fardeau.
Avec ce roman grinçant et percutant, rempli d'amertume et de désillusion ( même si l'auteur croit à la solidité du lien familial et humain et sa pré domination sur les institutions), Wendy Delorme nous livre un témoignage précieux,et un miroir assez juste de notre époque
.On a eu la chance de rencontrer récemment son auteur, et on vous livre très rapidement le fruit de ce passionnant entretien.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Abyssinia
  25 décembre 2018
À l'occasion de la rentrée littéraire 2018 et plus de cinq ans après son roman précédent, Wendy Delorme signe à nouveau un ouvrage puissant, incontestablement politique car intrinsèquement lié à la question du corps, meurtri et adulé au sein d'une société schizophrénique dans laquelle trouver sa place relève presque aujourd'hui de l'utopie. le récit, a contrario du précédent, relève de la pure fiction et est construit au moyen de courts chapitres, chacun traitant d'un personnage composé pour l'objet, auquel·le le·a lecteur·rice peut aisément s'identifier. L'écriture est fluide, sans faille et travaillée de sorte que la lecture se débobine sans peine, tout en abordant des thématiques complexes et fondamentales, telles que les agressions sexuelles, la PMA (procréation médicalement assistée), l'homosexualité, l'homoparentalité, les questions de genre..etc. L'auteure déploie ainsi, au moyen de plis narratifs un corps chimérique qui s'exprime, souligné par les brimades et les épreuves subies tout au long d'une vie. C'est un roman choral ivre de justesse qui ouvre, par la proposition d'un faisceau sociétal large, le champ des possibles et, de fait, se destine à chacun-e, peu importe le genre, l'âge ou la nationalité. Une lecture primordiale !
Lien : https://eprisedeparoles.word..
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Garoupe
  27 novembre 2018
Melting Peau
Philippe s'est retrouvé seul. Isabelle a délaissé Philippe pour Arnaud, le chef de Philippe. Marion, leur fille, est en couple avec Elise avec laquelle elle a trois enfants. Philippe n'est pas très proche de sa fille et s'est rapproché de sa mère avec laquelle les relations sont plus que tendues, axées sur les reproches incessants adressés par l'une à l'autre sur son mauvais mariage avec Isabelle qui, en plus de l'avoir quitté, ne venait pas du même milieu. Camille réalise des reportages sur les migrants, vit avec Ashanta, immigrée et black. Maya est travailleuse du sexe et a une relation avec Jo, flic de son état.
Et puis il y a les personnages « annexes » : Arnaud, le nouveau compagnon d'Isabelle, qui campe un pervers narcissique glaçant, l'ami journaliste de Camille qui la guide dans la jungle de Calais et dans sa chambre d'hôtel, les policiers qui n'ont cure des femmes qui viennent porter plainte pour viol et qui les dégoûte des procédures à venir…
Wendy Delorme embrasse, à travers plusieurs fils narratifs, la question du dominant et du dominé, de l'oppresseur et de l'oppressé. de la femme battue à la femme violée en passant par la femme étrangère, la figure féminine est maltraitée est doublement maltraitée : d'abord parce qu'elle est féminine et ensuite parce qu'elle est constamment humiliée.
Soumission, abandon, renoncement sont au centre de ce récit choral saisissant. La révolte apparaît en filigrane sans parvenir, tout au long du développement de Wendy Delorme, à prendre le dessus sur les situations révoltantes évoquées par l'auteur. On n'est toutefois pas dans le misérabilisme : Wendy Delorme pointe du doigt les maltraitances quotidiennes dont sont victimes ici des femmes mais qui pourraient concerner n'importe qui.
Ce qui est intéressant c'est que Wendy Delorme pointe ce qui pourrait être à l'origine de tous ces désordres : le regard de l'autre est ce qui pèse sur ce que sont les personnages du livre. Il y a les agressions physiques mais il y a aussi les agressions morales, les brimades… En cela le corps est effectivement une chimère : il n'est que la partie visible de l'iceberg de violence qui s'abat sur les personnages, il n'est qu'une expression physique des épreuves endurées.
Wendy Delorme sait parfaitement souligner les ressors psychologiques derrières les actes et rendre ses personnages humains, attachants, passionnés et emporter son lecteur dans un tourbillon émotionnel dont il ne ressortira pas indemne : poussé dans ses retranchements, il devra s'interroger sur le statut des personnes « différentes », qui sortent d'une certaine « normalité » (et je n'aime pas cette notion de normalité), d'un schéma mental imposé par la société.
Bref, j'ai l'impression d'avoir très mal dit que c'est très bien…

Lien : https://wp.me/p2X8E2-ZJ
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vegalia
  01 mars 2020
Le corps est un papier cadeau, seule l'âme, le coeur comptent dans une relation saine et épanouie. L'auteur nous parle, sans pathos, avec délicatesse et pudeur, de l'homosexualité, de la maladie, de la recherche d'un bonheur, de la souffrance, de la mort. Des destins pourtant si différents vont se rencontrer et changer le cours des choses et de leurs vies. Comment une rencontre peut-elle influencer une vie, un destin, une pensée ?
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Swanney
  29 décembre 2021
L'enchevêtrement des histoires est très prenant. C'est réussi pour la structure, qui provoque une lecture haletante. Les différentes relations, notamment familiales, sont finement décrites et assemblées, les illusions qui lient les personnages les un•e•s aux autres et à leur destin aussi. Et puis il y a des pointes d'espoir et de revanche qui font écarquiller les yeux.
Cependant je n'arrive pas à accrocher avec le phrasé, et certaines images me paraissent bien moins subtiles que la structure générale. J'avoue avoir éprouvée assez peu d'empathie pour les personnages en les lisant, alors même que j'avais envie d'en aimer la plupart.
Une lecture inspirante.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BazartBazart   01 septembre 2018
Camille lève le visage vers elle et sur ses traits, Ashanta lit de l'appréhension. Camille murmure dans un souffle : " il se passe que peut-être oui, je suis enceinte"
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AliceWAliceW   19 mars 2019
Amin, si ça compte que je sois ton témoin de mariage, je viendrais, parce que tu es mon pote et que tu es amoureux. Mais je ne parle pas de toi là, je parle d’un système qui est flingué à la base. De la glu qui poisse toutes nos relations. Au niveau individuel, tu peux essayer de vivre autrement. Toi et Justine, on ne peut pas dire que vous soyez vraiment dans les clous. Toi, ça te fait mal d’être un mec, on dirait que ce n’est pas taillé pour toi, tu sais que c’est un compliment de ma part. C’est comme Philippe. Le costume d’homme, ça le blesse aux entournures. Mais au niveau social, systémique, le truc t’avale, c’est endémique. L’égalité des sexes, c’est le mantra qu’on a trouvé pour rééquilibrer un peu les rapports de pouvoir. Mais tu ne vas pas récurer des millénaires de dysfonctionnement avec quatre décrets et deux lois, des manuels d’éducation et quelques colloques. Quand un système est pourri, il faut qu’il collapse. Sinon, tu te contentes de vivre un peu à la marge, mais pas tout à fait.
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Videos de Wendy Delorme (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Wendy Delorme
Écrivaine, universitaire, performeuse, Wendy Delorme ne recule devant rien. Son cinquième roman "Viendra le temps du feu", aux Éditions Cambourakis, est "l'une des plus belles déflagrations" qu'Augustin Trapenard a pu avoir en tant que lecteur, déclare ce dernier. Cette oeuvre dans laquelle le pire est imaginé célèbre également le pouvoir de résistance et de résurrection de la littérature. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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