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ISBN : 2913238157
Éditeur : Lo Chamin (01/12/2002)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco464929 avril 2014
Le petit peintre japonais

Sur la branche du mirabellier l'oiseau s'est posé. Le petit
peintre japonais voudrait peindre l'oiseau. Il a pris ses par-
chemins, ses pinceaux. Il s'approche et l'oiseau s'envole.
Le petit peintre japonais attend que l'oiseau revienne, et
l'oiseau revient. Mais le peintre ne voit pas bien juste à l'endroit
près du bec où trois plumes jaunes s'ouvrent sur six plumes
rouges. Il s'approche encore, et l'oiseau s'envole.
Le peintre a dessiné la branche du mirabellier. Il a posé
l'oiseau parmi les fleurs demi-ouvertes. Il a peint les ailes, le cou,
et le petit duvet doré sous le jabot. Mais il voit mal trois plumes
jaunes qui tremblent sur six plumes rouges, à l'angle du bec. Il
s'approche et l'oiseau s'envole.
Alors le peintre japonais s'est fait tout petit, tout petit,
comme un oiseau il s'est posé sur la branche du mirabellier.
Lorsque l'oiseau est revenu, il l'a bien vu, mais à peine à-t-il pris
ses pinceaux que l'oiseau a peur et s'envole.
Alors le peintre japonais s'est fait plus minuscule encore, il
est entré dans une fleur de mirabellier, il s'est caché dans la
corolle, et il a peint l'oiseau, même les plumes jaunes à l'angle du
bec, contre les plumes rouges.
Or l'oiseau a vu remuer la fleur, il a pensé c'est un moustique,
il a tendu le bec, et clac ! il avale le peintre. Il n'y a plus de petit
peintre japonais. Mais le parchemin est tombé à terre, avec le
portrait de l'oiseau dessus, même les plumes jaunes et les plumes
rouges.

30 avril 1963
p.16-17
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coco4649coco464910 mai 2014
Le poète debout

Le poète est debout sur la haute colline.
Il regarde ― mais quoi ? ― Ce qu'il regarde ? ― Et ce qu'il voit ?

De la forêt, de la rivière et de la ville au loin,
de l'horizon ni de la mer, du sable ni du ciel ?

( Et la mer se devine aux figures de ciel, aux ombres des nuées,
la montagne à l'odeur de la neige ).

Ni le ciel ni la mer qui soient la mer, qui soient le ciel.
Ni l'horizon ni la forêt. Et ni ce qui ressemble

au sable, à la rivière, à l'ombre des forêts.
Ni dans le ciel les signes des oiseaux,

à grands bruits d'ailes, à grands bruits d'eau
( et la mort se devine à l'ombre des oiseaux ).

Ce qu'il voit lui traverse les yeux, lui traverse le cœur,
passe à travers son âme, au travers de son corps.

La neige, la montagne, le sable et la mer ;
les figures sans fin des nuages.

Et la célébration secrète, les obscures noces,
les noces cachées, de la parole avec la bouche.

4 décembre 1972
p.62-63
+ Lire la suite
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coco4649coco464929 avril 2014
L'oiseau né dans sa cage

L'oiseau qui est né dans sa cage a des ailes de soie, plumes
étincelantes ! L'oiseau qui est né là ne heurte pas les arbres ni
l'herbage, les murs de sa cage, le ciel de l'été.
L'oiseau qui est né là s'étonne de ces ailes dont il n'a rien à
faire et qui lui pèsent sur le corps. Se souvient-il de son père
libre ? De sa mère au milieu des forêts ?
Non. Il ne sait pas l'eau vive et la feuille donnant sont son parfum.
Il ne sait pas la chasse et la poursuite de la proie. Il ne sait pas le
goût du sang sauvage, ni l'odeur.
Jamais il n'a touché à la fontaine vierge, il n'a jamais cueilli
le grain qu'on arrache à la tige et qui tient. Il n'a pas mesuré
l'espace de l'un jusqu'à l'autre rivage,
de l'un à l'autre bord du champ. Mais il sent bien ces ailes
comme un germe battant sur le rythme du cœur, et comme le
ferment d'un rêve éblouissant, l'éclosion du soleil.

15 novembre 1967
p.44
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coco4649coco464901 mai 2014
La lune

Couteau de sel, lame d'argent,
la lune est blanche à l'horizon.
Que sais-tu de la lune ?
Lame de cuivre, goutte de sang,
la lune est rouge à l'horizon.
Que de fois je l'ai vu e sur le sillon noirci
luire comme une eau vive, et sur les feuilles des tilleuls.
Frange de sel, vague d'argent,
La lune est blanche à l'horizon.
La lune et la nuit se ressemblent.
Plume de givre, flaque de sang,
la lune est rouge à l'horizon.
Que de fois je l'ai vue au milieu de l'étang
plonger sa face endolorie, comme un noyé, comme un pendu
pour quel supplice méconnu,
quelle figure et quelle solitude,
quel symbole et quelle similitude.
Couteau de feu, face d'argent,
la lune est blanche à l'horizon.
Lame d'acier, face de sang,
la lune est rouge à l'horizon.

3 février 1973
p.63-64
+ Lire la suite
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coco4649coco464910 mai 2014
Le merveilleux voyage

Enfant – je voudrais être enfant pour t'aimer comme font les
enfants, sans honte et sans calcul.
Et qu'un sourire me suffise, et qu'un regard me dise tout
l'amour.
Je voudrais être enfant pour t'aimer sans honte et sans
remords. Et pour faire avec toi le merveilleux voyage.
Ferme les yeux. Le merveilleux voyage.

9 avril 1976
p.70
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