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ISBN : 2072819571
Éditeur : Gallimard (15/11/2018)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Violence, cruauté, trahison : rien ne leur sera épargné.Céline est une jeune femme en fuite. Léopold, un vieux monsieur qui ne tient plus à la vie que par habitude. Quant à Josselin, il ne s'agit en fin de compte que d'un idiot qui se croit très malin.Le destin de ces trois personnages va se trouver lié de manière inattendue et impitoyable.Un dieu malfaisant aurait-il décidé de s'amuser avec leur existence, comme un fou qui jouerait aux dés ?Malgré leurs défauts, ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  28 octobre 2016
Voilà donc ce qui peut arriver Si tous les dieux nous abandonnent, quel beau titre. Dès les premières pages, le lecteur est irrésistiblement happé dans les rouages de cette machine à broyer littéraire construite par Patrick Delperdange, dont la puissance est inversement proportionnelle à la simplicité de sa construction et au nombre restreint de ses personnages... La marque d'un grand auteur, selon mes critères : dire peu mais bien pour un effet maximum.

Trois personnages s'expriment à tour de rôle à la première personne, livrant chacun leur portion de l'intrigue, quelques pièces du puzzle : Céline, Léopold et Josselin. Céline entre en scène la première. Elle erre nuitamment sur une route de campagne au milieu de nulle part en compagnie d'un couteau ensanglanté, ses vêtements imbibés de sang. Léopold, à bord de son Opel sans âge comme lui, la recueille. Il vit seul dans une ferme déglinguée et isolée où il entend des voix contrecarrées par la prise régulière de médocs, depuis la mort de sa femme. Josselin, voisin éloigné puisque les maisons ne sont pas mitoyennes, et frère de Maurice, propriétaire de molosses dressés pour l'attaque, est passablement préoccupé par sa testostérone bouillonnante, tout en interprétant à sa manière quelques sentences bibliques. On sent bien dès le départ que ces trois là, lorsque leurs trajectoires vont se croiser accidentellement, ne vont pas ré-écrire une énième version de la belle au bois dormant.

Le ton est donné, et ce n'est pas celui d'une bluette. Les personnages sont psychologiquement et socialement instables, toujours à la limite d'un passage à l'acte. Pour accompagner leur déshérence, leur road movie rural dans un paysage qui peut évoquer le nord de la France sans être précisément localisé (il y a des sangliers dans les forêts mais il y en a aussi à Viols-le-Fort), l'auteur utilise une écriture fiévreuse, haletante. On sent en lui l'urgence de dire. Mais sa grande force réside dans le fait que malgré cette urgence, malgré le petit poids de son roman (230 pages), il n'a rien négligé ni bâclé, il réussit à insuffler de la vie, à donner de l'épaisseur à ses personnages, qu'il rend attachants, humains.

Une grande et belle réussite pour Patrick Delperdange, qui dévoile dans Si tous les dieux nous abandonnent, une facette inédite de son talent. Sur Babelio, il est répertorié, surtout pour ses productions-jeunesse. Comme quoi ! Personnellement, et ce n'est que mon avis, j'apprécie beaucoup l'évolution d'auteurs qui prennent le risque de changer de registre, plutôt que de rester confortablement cantonnés dans leur ronron-éditorial.
Excellente découverte à toutes et tous ! Ca vaut le coup.
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tynn
  21 mars 2016
"On est sur la terre du Seigneur", dit le pompiste.
Pourtant, c'est plutôt : "Bienvenue en enfer!
Une jeune femme en cavale perturbe sérieusement le quotidien de culs-terreux dans un trou perdu. du vieux Leopold qui l'héberge, aux deux frères dégénérés qui ne rêvent que de la sauter ou de lui faire la peau, la promenade bucolique vire vite au cauchemar. Car la donzelle a beau être morte de trouille, elle a du tempérament et de la réactivité, et ne s'en laisse pas compter. Quant à imaginer le road trip avec un benêt et un vieillard moribond...
Bien plus qu'un thriller, nous voici invités à suivre une chronique villageoise d'un genre douteux. Des êtres en galère, des bouseux frustres ou à l'esprit fêlé, des abrutis, des vicieux, une campagne grise et sordide qui sent la ferme et la picole, des prostituées en caravane, et des êtres louches à chaque coin de sentier.
Le récit est construit à trois voix, et chaque chapitre, porté par un personnage, s'adapte en syntaxe et narration au langage coloré des ruraux isolés. le passé de tous se dévoile peu à peu. le rythme est soutenu, l'ambiance bien glauque, les ploucs parfaits, la violence palpable même si le propos n'est guère sanguinolent: juste quelques décès et bras cassés !
En dépit d'une fin un peu trop édulcorée (comme si l'auteur n'avait pas été assez culotté pour garder le cap), c'est une excellente surprise que ce roman noir rural.
Et d'imaginer le casting d'une adaptation cinématographique ( dans le genre Délivrance de John Borman 1970...effrayant!)
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BMR
  08 mars 2016
Peut-être connaissez-vous déjà l'écrivain belge Patrick Delperdange (ce n'était pas notre cas), un touche à tout aux multiples facettes : littérature jeunesse, scénarios de BD, traduction d'auteurs américains, ...
D'ailleurs citons une interview du bonhomme lui-même :
« Assez de cette classification. Mon travail actuel, c'est faire éclater les barrières que l'on pose depuis que la littérature existe. Je n'arrive plus à considérer les genres les uns par rapport aux autres ».
Découvrons l'un de ses talents ici, au rayon polar, ou plutôt roman noir. Ce 'genre' de romans où les américains excellaient, où dès les premières lignes, on sent que tout est là pour que ça parte en vrille, où tout semble écrit dès les premières pages. Ces romans où l'on sait que ça va très mal finir, tout en ne sachant pas trop bien comment ça va très mal finir.
Nous voici donc perdus avec quelques personnages au fin fond d'une campagne désolée que l'on imagine vaguement au nord, à la frontière belge peut-être, mais qui pourrait tout aussi bien être au coeur des plaines enneigées du Montana.
Il y a Céline, la jeune femme trop jolie dont le ventre meurtri cache quelque secret et qui fuit on ne sait encore trop qui ou on ne sait encore trop quoi (enfin, on devine quand même).
Il y a Léopold, le vieux qui crache du sang et qui montre beaucoup d'empressement à rendre service aux jeunes femmes en fuite.
Il y a Josselin, le jeune con au sang chaud et Maurice, son connard de frère suivi de deux chiens encore plus vicieux que leur maître.
Voici quelques êtres perdus à tourner en rond au milieu de nulle part, abandonnés des dieux, et dont les destins vont forcément se télescoper avec quelques fracas.
[...] Ils avaient d'une manière ou d'une autre échoué à vivre ailleurs.
[...] La lumière était celle d'un monde où plus rien n'aurait jamais lieu.
Un éclairage de fin du monde, juste après la fin de monde, une fois les dieux partis.
Quelques pages, un décor pauvre et austère, quelques personnages au passé trouble et aux pulsions animales, ... Delperdange est vraiment un pro de la mise en scène.
Le roman souffre presque de l'efficacité de l'auteur : la mise en scène est précise et rapide, la tension s'installe en quelques pages seulement ... et l'on voudrait que les tribulations des uns et des autres s'accélèrent encore, en se demandant qui va bouffer qui ...
Tout est écrit d'avance, l'engrenage inexorable est prévisible et pourtant ...
Un bouquin à lire d'une traite.
Pour celles et ceux qui aiment les ambiances de fin du monde.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr
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Seraphita
  22 janvier 2017
Léopold, un vieil homme au bout de la vie recueille Céline, une jeune femme qui semble fuir un mystérieux danger. Dans la constellation de ces âmes perdues, va s'insérer Josselin, simple d'esprit qui, pour autant, se croit rusé. Une intrigue va prendre corps dans ce pays de bois, de hameaux isolés et miséreux, que les dieux semblent avoir abandonné.
« Si tous les dieux nous abandonnent » a été écrit par Patrick Delperdange et publié en 2016 aux éditions Galimard. Né en 1960, il vit et travaille à Bruxelles. Beaucoup de ses oeuvres ont été couronnées de prix prestigieux.
Avec ce roman noir, l'auteur dessine une intrigue à tiroirs, chaque personnage recelant bien des énigmes qu'il s'efforce de taire pour survivre au mieux. Las… Au fil de la route, violence, trahison, cruauté dévident leur écheveau de noirceur. Les secrets tombent, un à un, et se fait jour un pays que la misère et le dénuement affectionnent.
Les chapitres sont brefs et alternent les points de vue narratifs des trois protagonistes. le style est incisif, les dialogues rythmés. Sous la noirceur, l'humour n'est pas loin, la tendresse que l'auteur porte sur ses personnages non plus. Il en résulte une forme de poésie sur les êtres, l'errance qui les conduit et les rapproche, dans une nature hostile et froide, que la plume de l'auteur parvient à sublimer, à l'image du final, une apothéose ouverte sur un ailleurs :
« Je me suis mise à danser lentement, à danser et à danser de plus en plus vite, tournoyant sur moi-même, tournant et tournant à en perdre la tête, à danser sans plus pouvoir m'arrêter, dans la lueur tombant du ciel et illuminant les ténèbres ». (p. 230)
Ce roman noir n'est pas sans évoquer ceux de Pascal Garnier, disparu en 2010, pointant l'absurde et la désespérance d'une quête qu'anime des êtres qui luttent pour exister.
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beatriceferon
  06 août 2016
Alors qu'il traverse la forêt en pleine nuit d'hiver, le vieux Léopold remarque une jeune femme grelottant, seule, sur la route. Il la ramène chez lui, c'est-à-dire une ferme qui tombe en ruine, dans le minuscule patelin De Valmont. Léopold offre à Céline la chambre de sa défunte épouse. Visiblement à bout, elle accepte . D'où vient-elle ? Où va-t-elle ? Mystère. Ses vêtements sont couverts de taches suspectes et, dans son sac à dos, un couteau ensanglanté. Et les choses sont loin de s'améliorer, puisque Maurice, le voisin, veut sa peau, Josselin, son frère débile veut son corps et Léopold ne veut rien, il est mourant.
Trois narrateurs se passent le relais : Céline, Josselin et Léopold. Chacun me semble, sinon totalement fou, du moins sérieusement givré. Dès lors, comment accorder du crédit à leurs paroles ? Comment démêler le vrai du faux dans ce méli-mélo ? Impossible de construire une histoire cohérente. Rien ne tient debout. Si des aventures sont ébauchées, aucune n'est menée à terme. Je n'ai donc pas compris où l'auteur voulait me mener. Tous les personnages roulent ou marchent... Au hasard (semble-t-il). Céline arrive chez Léopold. Elle part. Blessée, elle revient. Guérie, elle reste. Léopold fait un malaise. Elle le conduit vers l'hôpital. On a l'impression qu'elle y arrive fortuitement. le bâtiment semble surgi là, au milieu de la forêt.
La quatrième de couverture annonce, avec enthousiasme : « Céline, Léopold, Josselin nous touchent, comme nous toucheraient des amis, des semblables, des frères. » Mais, pour ma part, je n'ai aucun atome crochu, avec aucun d'entre eux. Céline détient une arme ensanglantée. Elle semble vouloir aider Léopold, puis, l'oublie à l'arrière du véhicule. Léopold a l'air sympathique au début, puis, on apprend qu'il a fait mener une vie d'enfer à sa femme. Il partage un secret inavouable avec un certain Georges, un personnage peu reluisant. Il vit comme un mendiant, mais possède une boîte pleine de billets de banque. Josselin a tout du débile profond. Érotomane, il n'a qu'une idée en tête : violer Céline. Pourtant, quand il est avec elle, il ne la touche pas. Il a, par la suite, un comportement de plus en plus étrange et irrationnel que je ne m'explique pas.
Plusieurs événements (dont je ne peux pas parler pour ne pas révéler le coeur de l'histoire) sont, pour moi, totalement abscons. Et que dire de la fin ? J'ai plusieurs hypothèses, mais je ne sais pas si l'une d'elles est la bonne.
En quatrième de couverture, on lit : « Ce qui leur arrive pourrait tout aussi bien nous arriver », mais je ne crois pas, non. Sauf dans un mauvais cauchemar provoqué par un mélange de substances illicites !
En tout cas, je peux dire que j'ai détesté. J'avais déjà lu d'autres romans de Delperdange, mais maintenant, Béatrice « jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. »
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   17 janvier 2016
Il faudrait rester au creux du nid, dans sa chaleur sèche et un peu moisie. Il faudrait ne jamais aller voir ailleurs, mais je ressens de temps à autre l'envie de me frotter à d'autres peaux que la mienne. C'est ainsi que ça se met en place, la plupart du temps. Le moment où je m'en aperçois, quand je sens dans le bas de mon ventre le tressaillement qui déplace mes entrailles, à ce moment-là, il est déjà trop tard. Plus moyen d'empêcher le reste de suivre. À se demander si ce n'est pas un vilain diable qui m'a joué ce tour. Ou bien un ange du bon Dieu acharné à ma perte.
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RenodRenod   21 janvier 2016
« À part ça, l'hôpital le plus proche, tu sais comment je peux y arriver ?
— Peut-être, a fait le gamin avec un haussement d'épaules. Mais ça ne servira à rien.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— On ne peut pas échapper à la voie qui nous est donnée.
— Je te remercie pour cette bonne parole. Tu as l'habitude d'aider les gens de cette manière ? Tu trouves ça bien ? »
Il a retiré le bec verseur du réservoir, qu'il a ensuite refermé soigneusement. Et très lentement. J'avais juste envie de l'empoigner pour le secouer comme un prunier.
« Je sais bien que ça vous paraît étrange, madame, a-t-il ajouté. Mais ce que j'essaie de vous faire comprendre, c'est que le Seigneur Jésus veille à tout, et qu'il n'est pas nécessaire de s'agiter. »
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BMRBMR   08 mars 2016
[...] « Est-ce que vous croyez à l'enfer ? » il a fini par lâcher.
J'ai bien failli me mettre à rigoler. L'enfer ? Ben, dites donc. Mais il avait l'air si sérieux que je me suis retenu.
« Pas vraiment, j'ai dit. Tu devrais plutôt demander ça au curé. C'est lui, le spécialiste. »
Le petit Moriau a hoché la tête. « Je ne comprends pas bien ce qu'il dit »
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RenodRenod   21 janvier 2016
J'ai attendu un moment avant de me pencher vers lui et de le prendre dans mes bras. Le monde aux alentours avait cessé de remuer. Pas la moindre petite branche ne bougeait. Le temps s'était figé une fois pour toutes. Et lui aussi.
Je l'ai soulevé et un rayon de lumière a alors traversé le rideau des branches et a éclairé mon bébé.
Je me suis mise à danser lentement, à danser et à danser de plus en plus vite, tournoyant sur moi-même, tournant et tournant à en perdre la tête, à danser sans plus pouvoir m'arrêter, dans la lueur tombant du ciel et illuminant les ténèbres.
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namelessnameless   27 octobre 2016
Mais allez compter sur le ciel pour vous exaucer. Autant demander à un lapin de vous jouer du violon.

Page 13
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Videos de Patrick Delperdange (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Delperdange
Pour sa 12e édition, Quais du Polar faisait la part belle au polar francophone ! Revivez deux des conférences dédiées : la première sur le polar belge avec Barbara Abel, Paul Colize et Patrick Delperdange et l'autre sur le polar suisse avec Quentin Mouron, Frédéric Jaccaud, Sébastien Meier. Vidéo réalisée par les étudiants de Factory.
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