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EAN : 9782882508058
224 pages
Noir sur blanc (05/01/2023)
3.33/5   12 notes
Résumé :
Etienne rentre de vacances avec sa famille parfaite et son apparent bien-être. Sa vie est confortable, routinière. Il mène une vie normale, c'est l'essentiel.

Quand soudain, on annonce à la radio la mort de Jean-Jacques Goldman.

Avec cet adieu au totem et au ciment des classes moyennes, Aurélien Delsaux tire à vue sur notre époque, et il la touche en plein coeur.
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  21 janvier 2023
Requiem pour la classe moyenne le nouveau roman d'Aurélien Delsaux, l'auteur de «Pour Luky » aurait pu s'appeler « La Mort de Jean-Jacques Goldman ».
Sauf que tenue au courant par l'auteur, la personnalité numéro un des français selon le JDD n'aurait visiblement pas vraiment apprécié l'attention et a refusé cet annonce posthume alors que ( ouf) il est bel et bien vivant
Et pourtant, le livre raconte bien la dégringolade d'Etienne Baron, qui menait une vie normale, jusqu'à ce qu'il apprenne la mort de Jean-Jacques Goldman, idole de son adolescence.
Il faut dire que le monde d'Étienne se renverse dès lors qu'on vient d 'annoncer à la radio, Jean-Jacques Goldman est mort. La disparition de son idole adolescente bouleverse tout. Plus rien n'a de sens à part les obsèques futures de son idole, et Étienne se met alors à flotter comme au-dessus de sa vie.
Et si sa vie n'avait été qu'une illusion ?
« La vie se séparait de moi. Elle avait muettement demandé le divorce, nous n'allions plus au même pas, elle m'avait doublé, s'éloignerait toujours davantage. »
Aurélien Delsaux expose le passage à vide d'un représentant de la classe moyenne de province dans un mélange entre tragique et 'absurde, avec un humour et une empathie des plus savoureuses. Foncez sur "Requiem pour la classe moyenne" , le nouveau roman d'Aurélien Delsaux, récit aussi sincère que touchant.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Flo_herisson
  24 janvier 2023
Le mois d'aout étire ses dernières journées et Etienne, la quarantaine, cadre moyen rentre de vacances familiales en Bretagne. Demain c'est la rentrée et alors que femme et enfants somnolent il savoure la quiétude de sa berline en roulant vers Lyon. Mais alors que l'arrivée est proche, la radio diffuse un flash spécial pour annoncer la mort de Jean Jacques Goldman. Goldman, son idole depuis toujours, celui dont il écoute encore les albums et dont les posters tapissaient sa chambre d'ado. Goldman son plaisir coupable,, un peu honteux pour lequel il est régulièrement moqué par ses collègues et amis.
En quelques jours, lui qui avait jusqu'à lors une vie tranquille et rangée, voit à l'aune de cette nouvelle ses repères s'effriter. Sa femme lui annonce qu'elle va passer ses nuits avec un chien, son fils fait une crise mystique et il découvre que sa fille entretient une liaison trouble avec un homme de 50 ans. Rajouté à cela une perte de sens dans son travail, il plonge peu à peu dans la déprime, comme si l'annonce de ce décès le plongeait en accéléré dans la conscience de sa propre finitude, le faisant basculer d'un coup dans le « camp des rescapés ». Ou quand un passage à vide se transforme en dégringolade…
.
Le propos pourrait laisser penser à un livre ironique, un peu grinçant mais il n'en est rien. Entre tragique et absurde c'est un livre fin et intelligent qui interroge sur la crise du milieu de vie, sur la déprime des quadras confrontés à l'effondrement de leurs fondements : couple, famille, travail et idéaux. Chronique douce-amère, un peu surréaliste, elle est à la fois tendre et caustique. Elle doit beaucoup à la personnalité d'Etienne un anti-héros attachant, inadapté social, quadra en déshérence sur qui la mort de son idole a un effet révélateur, levant le voile sur tout ce qu'il refusait de voir. Elle tient aussi à la savoureuse galerie de personnage qui l'entoure, tous plus décalés les uns que les autres et pourtant si réaliste. Enfin, avoir choisi Goldman comme victime sacrificielle est particulièrement judicieux. Chanteur emblématique d'une époque, symbole s'il en est de la culture populaire, qu'on l'aime ou qu'on le déteste il est connu de tous et plus que tout autre il symbolise une époque révolue tant ses chansons ont rythmé la vie de toute une génération.
Comment ne pas citer enfin la plume vive et acérée d'Adrien Delvaux. Il entretient une tension permanente, il manie avec brio le sens de la formule et il dresse une peinture subtile et décalée de notre époque, pour en faire un chant funeste jubilatoire. Bluffant!
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joellebooks
  25 janvier 2023
C'est l'histoire d'un homme, Étienne, qui se rend compte qu'il est passé à côté de sa vie. Comment l'a-t-il remarqué ? Tout a commencé à déraper quand il rentrait de vacances fin août avec sa femme et ses deux enfants. Sur l'autoroute qui les ramène à Lyon, alors qu'il roule, une voix à la radio lui annonce que Jean-Jacques Goldman est mort. C'était un héros de son adolescence, tout un symbole de la culture populaire et donc de la classe moyenne. Son monde commence alors à s'effriter.
Il a 45 ans, il est médecin dans un laboratoire. Il ne se lie avec aucun de ses collègues. Il n'a pas l'air d'avoir d'amis. Sa vie est bien réglée, toute tracée.
Sa femme est avocate. Un soir elle lui avoue qu'elle a pris un chien parce qu'elle a peur d'un client. le passage où elle lui dit cela est très ambigu pour Étienne. Il pense qu'elle va lui dire qu'elle le quitte ou qu'elle a un cancer. Dans les faits, le chien va remplacer le mari pour deux nuits. L'ambiguïté continue avec le nom du chien, Martin.
Il découvre aussi que son fils lit la Bible et a traverse une sorte de crise mystique. Il l'appelle par son prénom ce qui l'énerve au plus au point. Quant à sa fille je vous laisse découvrir la situation rocambolesque dans laquelle il la trouve.
Un hommage est organisé et retransmis sur grand écran. On y apprend que (dans ce roman) Maxime le Forestier est mort (alors qu'il est vivant), et apparaissent en duo, Francis Cabrel et Alain Souchon en fauteuil roulant.
Le roman retrace une semaine de sa vie à partir de l'annonce de la mort de Jean-Jacques Goldman. Étienne est le narrateur. le lecteur suit sa pensée, son point de vue. C'est donc écrit à la première personne. Il s'agit du quatrième roman d'Aurélien Delsaux mais le premier écrit au « je ». On sent qu'un drame va arriver. L'auteur réussit très bien à nous tenir en haleine. Étienne va-t-il péter un plomb ?
Le ton est toujours entre deux eaux, parfois sarcastique ou absurde, parfois nostalgique ou mélancolique. Je me suis demandée s'il faisait de l'humour, mais non c'est le portrait d'un homme pathétique, un anti-héros.
Un roman sur la famille, les moments de crise avec des ados, un homme qui cherche sa place en tant qu'homme, mari, père. J'ai trouvé l'idée de départ originale mais je ne me suis pas attachée à Étienne, j'ai eu envie de le secouer. Tout l'effet contraire recherché par l'auteur. Il voulait que le lecteur soit touché, en empathie. Ce n'est donc pas un coup de coeur pour moi mais je sais qu'il a plu à d'autres lectrices qui ont participé à la rencontre en ligne. En tout cas l'auteur a le sens de la formule.
Avec son éditrice, Aurélien Delsaux a écrit une lettre à Jean-Jacques Goldman pour lui demander l'autorisation d'utiliser le titre, « La mort de Jean-Jacques Goldman », qu'il a refusé, mais il a lu le livre et a été touché par la démarche.
Pour conclure, j'ai beaucoup aimé ce qu'il a dit : « c'est mieux quand les livres laissent plus de questions que de réponses. »
Merci à Netgalley et Noir sur Blanc/Notabilia pour cette lecture
Lien : https://joellebooks.fr/2023/..
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vertdeau
  17 janvier 2023
C'est plein de petits détails qui dénote d'une vision acérée sur cette fameuse classe moyenne en déshérence, qui finit par s'auto-abandonner au sein même d'une famille nucléaire classique.
Le personnage principal, père de famille, glisse lentement dans un marasme alors qu'il prend progressivement conscience de son quotidien et de celui de son entourage. Tout cela commence avec l'annonce du décès de Goldman. Attention, ne vous attendez pas à un roman au vitriol, c'est plutôt une chronique subtile d'un lent dépérissement, d'une classe sociale sans idéal et esseulée.
Le titre est très juste du fait, mais ce n'est pas une lecture transcendante de mon point de vue.
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Carole221
  19 janvier 2023
Malgré ce que pourrait nous laisser penser le titre, ce n'est pas un livre "sociologique", c'est une vraie fiction, un roman, dans lequel nous suivons Etienne, qui a vécu toute sa vie dans le déni, qui s'est accroché aux objets, aux symboles de la réussite, obsédé par l'idée d'avoir une existence normale, d'avoir coché les cases, et qui, un jour, suite à la mort de l'idole de son adolescence, Jean-Jacques Goldman, ouvre soudain les yeux... et réalise que sa famille part à vaux l'eau, et qu'il ne reconnait pas le monde dans lequel il vit. Il se rappelle qu'il a eu des rêves, des ambitions, qu'il y a cru, à une époque, et qu'il n'a rien vu, des transformations. C'est extrêmement prenant, avec le sentiment d'une imminente catastrophe qui nous envahit, intelligent, fin, l'auteur a un sens de la formule vraiment acéré, c'est parfois terriblement drôle, ça poignarde toujours juste, et il flirte de façon très habile, parfois cocasse, avec l'absurde (par exemple: l'épouse du narrateur le quitte pour un chien), mais finalement, l'époque nous semble plus absurde encore, et nous renvoie inéluctablement à notre présent. C'est très clairvoyant. Requiem pour la classe moyenne, c'est finalement terriblement d'actualité, sans jamais être sociologique ni racoleur, je suis franchement bluffée.
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critiques presse (1)
RevueTransfuge   04 janvier 2023
Un livre de haute spiritualité sans rien de vieillot ni de radoteur : la gageure était ardue, elle est magnifiquement relevée.
Lire la critique sur le site : RevueTransfuge
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
joellebooksjoellebooks   25 janvier 2023
Tout va bien ? demandai-je dans un grand sourire.
Blanche dit aux enfants d’aller dans leur chambre. Ils se levèrent aussitôt, et Laetitia se colla contre moi, tendrement. Je ne voulais pas qu’elle sentît trop ma transpiration ni mon chagrin, alors je la repoussais doucement et doucement lui dis Obéis à maman la chérie.
Je m’assis face à Blanche.
Tout va bien ? redemandai-je en vain.
Blanche ne savait vraisemblablement pas comment commencer. Le mot cancer clignotait en moi. J’aurais voulu lui prendre la main, mais elle gardait les siennes sous la table.
Elle prit une grande inspiration. Je crus qu’elle allait me quitter, réclamer une pause en m’annonçant qu’elle avait rencontré quelqu’un –, et je me blâmais déjà de n’avoir pas vu le coup venir. Mais elle dit, tout à trac, J’ai très peur, j’ai besoin d’être protégée, alors j’ai pris un chien.
Quelle race ? m’inquiétai-je sans comprendre.
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joellebooksjoellebooks   25 janvier 2023
C’est en sortant du tunnel que j’entendis la présentatrice interrompre le programme pour m’annoncer à voix basse la mort de Jean-Jacques Goldman.
La nouvelle tomba en moi., avec ce son mou du galet jeté dans la mare. Dans le silence de la vase, une fois leur obscure retraite atteinte, y remuent des bêtes étranges.
J’éclatai en sanglots, mais doucement, le pus doucement possible, pour ne déranger personne, pour ne pas dévier de ma trajectoire. Je coupai la radio et mon portable.
Le trafic s’était soudain densifié. Tous les phares et tous les lampadaires s’étaient allumés. La nuit et la ville nous avaient avalés.
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joellebooksjoellebooks   25 janvier 2023
Les phrases se superposaient, se brouillaient. Ce brouhaha général me devenait pénible.
Je serrai les deux poings contre ma poitrine, contre mon cœur manchot, je le sentis se comprimer et durcir. Se changeait-il en pierre à la lumière fétide de la lune, inutile au-dessus de la puissance des ampoules, se changeait-il en petit caillou, je ne résistai plus. Je me tenais fermement le sein pour qu’il ne roule pas au fond de moi, qu’il ne roule pas comme une bille au fond de mes entrailles – que je ne chie pas demain le caillou de mon cœur confit dans mon caca.
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joellebooksjoellebooks   25 janvier 2023
En rentrant chez moi, je réfléchissais à ce qui ne m’avait jusque-là semblé être ni défaut ni tare, mais que j’étais aujourd’hui bien obligé d’admettre comme un handicap. Je n’avais jamais été physionomiste. Mon incapacité à reconnaître les gens avait pu passer, quand j’étais plus jeune, pour une charmante désinvolture, la distraction poétique d’un amoureux des sciences. Elle devenait avec l’âge et ma position, un affreux malentendu à l’égard de mes semblables. On me projetait dans le camp des personnages manquant d’humanité.
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joellebooksjoellebooks   25 janvier 2023
Incipit :
Les vacances étaient terminées jusque-là tout s’était bien passé. Je me souviens des chiffres d’alors, je voudrais les saluer : il allait bientôt être dix-huit heures. Blanche, ma femme chérie, somnolait à mon côté, nos deux enfants dormaient à l’arrière, je roulais sur la flambant neuve A89, j’avais quarante-cinq ans, j’avais enregistré sur le régulateur la vitesse maximale autorisée, le tableau de bord annonçait quarante degrés à l’extérieur.
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