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ISBN : 2021143074
Éditeur : Seuil (25/02/2014)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Véritable saga historique et sociale des "Trente Glorieuses", mais aussi thriller aux rebondissements multiples, Les Années rouge et noir retrace les aventures de trois personnages principaux : Anne Laborde, jeune résistante qui s'engagera aux côtés du général de Gaulle et mènera une carrière politique.

Alain Véron, frère d'un militant communiste mystérieusement assassiné à la Libération, qui fréquente les boîtes de Saint-Germain-des-Prés et semble a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
GerardDelteil
  03 avril 2014
Blog polar du Monde - http://polar.blog.lemonde.fr/2014/02/24/les-fichiers-secrets-des-annees-rouge-et-noir/
Les fichiers secrets des années rouge et noir

Gérard Delteil est un forçat de l'écriture. Une sorte d'Alexandre Dumas des temps modernes, qui, en trente ans, a publié plus d'une soixantaine de livres, relevant tout aussi bien du roman policier pur, de la science-fiction, de l'enquête journalistique, du pastiche, du conte pour enfants… « Speculator » (2010), son précédent roman, se voulait d'ailleurs un hommage à l'auteur des « Trois mousquetaires », sorte de téléportation dans le monde actuel de la finance de d'Artagnan, Aramis, Athos et Porthos. Il publie aujourd'hui, « Les années rouge et noir », un thriller historique qui, en près de cinq cents pages, balaie les « Trente glorieuses », ces années entre 1944 et 1974, où la France vécut un boom économique sans précédent, ainsi que profondes mutations politiques…
Gérard Delteil a toujours eu l'art de brouiller réalité et fiction, mais là, il réussit une gageure, en nous entraînant, à travers l'histoire croisée de plusieurs personnages, dans une reconstitution époustouflante de précision d'une époque à la fois si proche et si lointaine.
Que peuvent avoir en commun Anne Laborde, une résistante gaulliste devenue haut fonctionnaire à la Libération, Alain Véron, un ouvrier de Renault, dont le frère militant communiste a été mystérieusement assassiné en août 1944, Aimé Bachelli, un collabo qui s'est mué en conseiller de l'ombre de Georges Pompidou ? A priori, rien. Dans les années 1950-1960, une grande bourgeoise mariée à un avocat célèbre a peu de chance de croiser un mécanicien homosexuel autodidacte qui ne connaît, lui-même, que de très loin les grandes figures de l'extrême droite… Grâce à Gérard Delteil, ils vont pourtant mener un bout de chemin ensemble à la faveur de circonstances historiques, comme l'Occupation, la Libération, l'arrivée au pouvoir du Général de Gaulle, la Guerre d'Algérie, les événements de mai 68, l'élection de George Pompidou à la présidence de la République. Cela pourrait être artificiel et sombrer dans le procédé. Pas du tout. En s'appuyant sur une solide reconstitution historique, où la précision des détails côtoie une connaissance encyclopédique des arcanes de la vie politique de la IV° et V° République, Delteil a construit une intrigue prenante où les affres quotidiennes des uns (l'amour, l'argent, le boulot) se superposent aux apparitions des autres (Aragon, Sartre, Krasucki, Frachon –Benoît, un leader de la CGT et du PC, pas Alain du Monde-, Malraux…). La petite histoire y télescope la grande…
Chaque personnage renvoie ainsi à quelque chose de précis. Aimé Bachelli, qui, dans le roman, est décrit comme un homme de l'ombre, créateur de réseaux d'influence et grand manipulateur au service d'une idéologie extrémiste, possède ainsi bien des points communs avec un certain Georges Albertini (1911-1983). Ce sympathique garçon démarra sa carrière dans les années 1930 du côté de la social-démocratie, avant de suivre Marcel Déat, dont il fut le bras droit, dans sa tentative de créer un véritable parti national-socialiste français. Collabo patenté, il fut, à la Libération, arrêté, jugé et condamné à plusieurs années de prison. Gracié par son ancien ami socialiste, Vincent Auriol, devenu Président de la République, il créé alors, avec l'appui de la Banque Worms et de l'UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie), plusieurs officines (Institut d'Histoire sociale, Institut Supérieur du travail…) ainsi que des revues (« Est-Ouest », « Histoire et liberté »…) destinées à relayer la lutte anti-communiste. Il y accueille une bonne part des soldats perdus de l'extrême droite, aide à la création de syndicats « indépendants » comme Force Ouvrière, participe à la fondation du SAC ( ce service d'ordre « musclé », qui, pendant la guerre d'Algérie, chercha à s'opposer aux exactions de l'OAS, avant de muer en une sorte de milice). Surtout, grâce à ses anciens réseaux, cet homme d'influence devient, une fois les gaullistes historiques écartés, un des conseillers de Georges Pompidou et surtout un des proches de Marie-France Garaud et Pierre Juillet, qui furent ensuite les mentors de Jacques Chirac… Albertini fut surtout un de ceux qui eurent l'habileté de sortir l'extrême droite de ses démons collaborationnistes pour la remettre dans le jeu politique républicain en lui redonnant une dimension intellectuelle et un visage acceptable, loin des dérives fascisantes des années « noires ».
Quant au frère d'Anne Laborde, Jean-Pierre, qui, dans le roman, est un ancien de la division SS Charlemagne, tête brûlé de l'OAS, fondateur d'Occident, créateur d'un syndicat patronal chez Simca, il ressemble furieusement à François Duprat (1940-1978), ne serait-ce que les circonstances identiques de leur mort, dans l'explosion de leur voiture. Duprat, numéro 2 du Front National, était un des principaux théoriciens du renouveau nationaliste…
Avec un art consommé de l'intrigue et un sens aigu du suspens, Delteil se sert du roman « noir » pour démonter les mécanismes qui ont permis à une bonne partie de l'extrême droite de sortir du ghetto et de se construire une respectabilité loin des dérives fascistes des années 1940.
L'écrivain décortique également avec subtilité les tiraillements au sein de la gauche et des syndicats, notamment lors des grandes grèves à Renault Billancourt, en 1947, menées par des militants trotskystes de la future Lutte Ouvrière et échappant aux permanents staliniens. L'impact de l'insurrection à Budapest contre l'URSS, ainsi que celui du soutien au FLN lors de la guerre d'Algérie, sur les militants communistes français, sont également traités avec une jolie maîtrise du sujet. À chaque fois, ces profonds débats qui ont traversé l'ensemble de la société française, sont abordés par le prisme de la vie au jour le jour d'individus qui pourraient être tout le monde. Un point commun les lie pourtant : ils refusent d'être de simple spectateur des événements et veulent en être des acteurs…
Gérard Delteil a écrit là un livre tout aussi ambitieux que bluffant, qui se lit d'une traite. C'est sans doute son meilleur. En tout cas, une belle preuve que le roman noir est au sommet de sa forme lorsqu'il nous raconte le monde dans lequel nous vivons.
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Yann Plougastel
Gérard Delteil, « Les années rouge et noir », le Seuil, 464 p., 22 euros.
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alainmartinez
  14 juin 2015
Gérard Delteil auteur d’une soixantaine de romans, nous plonge, avec ce thriller politico-historique, dans les couloirs du pouvoir.
Dans « les années rouge et noir » il nous livre une longue saga qui couvre les « Trente glorieuses », de l’occupation jusqu’aux années 70. Tout au long du roman nous suivons trois personnages. Anne Laborde, Gaulliste de la première heure, qui fera carrière dans les ministères au plus près du pouvoir. Aimé Bacchielli, collaborationniste vichyssois se transformant en « homme de l’ombre ». Alain Véron ouvrier et proche du parti communiste.
Le livre se lit facilement mais qu’est-ce qu’on s’ennuie ! Les personnages ne sont pas particulièrement sympathiques. L’histoire de cette époque est survolée et très simplifiée. Gérard Delteil nous fait faire des sauts d’une période à une autre sans grande transition et les liens entre les protagonistes sont pratiquement inexistants. Un livre à oublier.
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Patmarob
  01 octobre 2014
Delteil – « les années rouge et noir »
« Les années rouge et noir » de Gérard Delteil brosse un portrait politique et social de la France entre la fin de la deuxième guerre mondiale aux années 1970. le lecteur suit les parcours de trois personnages principaux : Anne Laborde, résistante et gaulliste, qui demeure au coeur du pouvoir sous les IV et Vème républiques; Alain Véron, frère d'un résistant communiste assassiné à la fin de la guerre, mécanicien et homosexuel ; Aimé Bacchelli, ancien « collabo » et dirigeant du RNP de Marcel Déat. D'autres acteurs affirment leur situation de témoin et acteur dans le roman tel Jean-Pierre Laborde, frère d'Anne, qui s'est engagé dans la Division Charlemagne pendant la guerre et qui reste très impliqué dans les réseaux d'extrême droite.
Le roman est intéressant par son socle historique. Nous retrouvons les responsables politiques, syndicaux mais aussi les intellectuels, les artistes qui ont marqué l'histoire de la France des années 1940 aux années 1970. Les moments forts de ce parcours sont revisités : les grandes grèves de 1947, la guerre d'Algérie et ses répercussions en métropole, le parcours de militants communistes, celui des gaullistes, les grèves de 1968…L'intérêt du roman tient également aux manoeuvres obscures, aux complots et pressions qui permettent aux hommes et forces politiques de réapparaître ( l'extrême droite), de se maintenir ( les gaullistes), de s'affirmer ( les communistes)....Gérard Delteil reprend là une veine littéraire nationale qui confirme un caractère moins noble de la politique : les « petits et grands secrets » qui tiennent les politiques entre eux. L'auteur a puisé dans la documentation et les études historiques pour dresser une toile de fond intéressante à son roman.
Toutefois, la dénomination de la collection : « roman noir » ne m'apparaît pas aboutie. L'intrigue qui lie l'ancien collaborateur à la résistante gaulliste, depuis la guerre, n'est pas explicitée. La mort du frère d'Alain Véron reste partiellement éclairée. le roman se termine « brutalement » par la mort de Jean-Pierre Laborde, et quelques renseignements sur le devenir des acteurs principaux sont abordés en épilogue. Certains sont néanmoins plus construits (les grèves de 1947, la guerre d'Algérie…). La lecture du roman est aisée et agréable.
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Delphine-Olympe
  23 avril 2014
Gérard Delteil, auteur prolifique s'il en est, signe ici une chronique sociale des Trente Glorieuses. de la fin de la guerre aux années 70, on suit le cheminement personnel, professionnel et politique de différents personnages incarnant chacun une figure archétypale de la société de cette époque : Anne Laborde, ancienne résistante, gaulliste convaincue qui fera carrière dans les ministères; son frère Jean-Pierre, qui choisit l'autre camp et deviendra par la suite un membre actif de l'extrême droite française; Alain Véron, frère d'un militant communiste assassiné en 1944, qui, un peu malgré lui, s'engagera pour des causes telles que l'indépendance de l'Algérie et la reconnaissance de l'homosexualité; Aimé Bacchelli, l'ancien collabo qui, après une période de purgatoire, réussira à devenir un homme d'influence; enfin Petit Louis, l'ouvrier communiste et cégétiste qui sera de toutes les grèves et de toutes les luttes, espérant le Grand soir...
A travers cette vaste fresque, l'auteur met en lumière les stratégies des différents chefs de file syndicaux et politiques, les choix et les compromis; il évoque les conditions de la création du  SAC et de l'OAS; il nous rappelle la violence du climat qui régnait à Paris au moment de la guerre d'Algérie; on voit aussi apparaître les prémices des traitements de données informatiques, d'une forme de management totalement cynique tout droit venue des Etats-Unis... bref les balbutiements de ce qui fait notre quotidien d'aujourd'hui.
C'est donc un panorama très complet et sans fausse note que nous offre Gérard Delteil.  Cette chronique se lit sans aucune difficulté et, pour les plus anciens, ne doutons pas qu'elle fera remonter plus d'un souvenir à la mémoire. le tout dans une facture très - à mon goût, je serais tentée de dire un peu trop - classique. Personnellement, il me semble que le roman aurait gagné en intensité à être un peu moins lisse, un peu plus nerveux... Il reste cependant un témoignage intéressant et bien documenté, qui peut valoir la peine d'être lu si l'on souhaite se replonger dans cette période.

Lien : http://delphine-olympe.blogs..
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Nonna
  25 mai 2016
De mai 1942 à mars 1978, un récit à la fois historique et politique de le vie française à travers des portraits de Parisiens dont les parcours s'entre-mêlent . Facile à lire, un rappel des leçons d'histoire du lycée et de nos propres souvenirs .
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critiques presse (1)
BoDoi   31 mai 2016
Un thriller aux rebondissements multiples. Un récit dense mais fidèle à la réalité historique, politique et sociale qui nous plonge au cœur d’une époque complexe.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   13 juin 2015
À votre âge, on préfère charger sabre au clair avec la cavalerie, au grand soleil d’Austerlitz, que de se livrer à d’ingrats travaux de sape. Mais les charges de cavalerie se font parfois faucher très vite par les canons ennemis, vous en avez fait l’expérience.
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rkhettaouirkhettaoui   03 avril 2017
Abetz s’habillait le plus souvent en civil, peut-être pour amadouer une partie de sa clientèle française, bien que ses maîtres lui aient décerné le grade de SS brigadeführer. Il était aussi passé maître dans l’art de laisser penser à chaque chefaillon de parti de la collaboration qu’il était son allié contre ses concurrents, qu’il l’appuyait auprès de la Kommandantur et même du führer et que, s’il n’avait tenu qu’à lui, tous ces partis auraient été immédiatement réunis en un seul placé sous l’autorité de son courtisan du jour, le seul à posséder les compétences nécessaires pour préparer la France à l’Europe de demain.
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rkhettaouirkhettaoui   03 avril 2017
Avec sa petite moustache, ses cheveux soigneusement divisés par une raie, ses gros sourcils, tiré à quatre épingles, Marcel Déat avait davantage l’apparence d’un petit fonctionnaire que celle d’un leader charismatique.
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rkhettaouirkhettaoui   03 avril 2017
Tout combattant arrêté et relâché devenait suspect auprès de ses camarades.
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