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EAN : 9782709668477
220 pages
J.-C. Lattès (18/08/2021)
3.77/5   13 notes
Résumé :
Jeux olympiques de Los Angeles, 8 août 1984. Un jeune homme aux boucles brunes court à petites foulées, sa perche à la main.
À des milliers de kilomètres, en pleine nuit, un enfant est planté devant son poste de télévision. Il regarde Pierre Quinon qui s’envole, décroche la médaille d’or du saut à la perche. La prouesse lui fait oublier, un instant, le souffle court de sa mère dans la chambre à côté.
Pourtant…
Malgré une jeunesse assombrie, l’en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  31 octobre 2021
« La victoire, ça doit être léger comme une plume, ça soulage, ça ôte d'un poids, ça élève. Et la perche, plus encore, c'est magique. » (p. 72) L'été 1983, le jeune Renaud Dély passe ses journées devant son téléviseur, fasciné par les exploits des sportifs aux Jeux olympiques de Los Angeles. Un athlète, surtout, nourrit son admiration. C'est Pierre Quinon, perchiste qui obtient la médaille d'or. « Sauter, c'est ta vie, ton oxygène, ta raison d'être. » (p. 14) Pendant que le gamin grandit, moins plus qu'heureux auprès d'une mère gravement dépressive, il ne sait pas encore que son héros est également tourmenté. La victoire olympique lui laisse un goût amer, car il n'a pas pu affronter le véritable champion de la discipline. Et puis, Pierre Quinon n'aime pas le devant de la scène et les questions des journalistes. « Tout ce cirque l'agace. Pierre sait mieux que quiconque que la victoire ne tient qu'à un fil. » (p. 77)
Renaud Dély propose une double histoire : d'une part celle de l'adolescent qu'il a été, marqué par le divorce de ses parents et la maladie de sa mère ; de l'autre celle de l'athlète hanté par de nombreux démons et qui pratique la fuite en avant. « Pierre a gagné et il s'en veut. Tant d'autres perdent un peu partout dans le monde sans qu'il ne puisse rien y faire, sans même qu'il essaye. » (p. 80) de ces portraits croisés ressort un touchant récit sur la douleur terrible de la dépression pour ceux qui en souffrent. L'auteur porte aussi un regard très humain sur le suicide qui, lui, blesse ceux qui restent.
J'ai beaucoup apprécié la progression parallèle des deux histoires, de l'enfance à l'âge adulte. Un destin sportif se mêle à une existence tranquille, et ce sont finalement les deux lignes de vie qui en ressortent enrichies.
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AngyeCha
  25 janvier 2022
C'est avec une plume très contemporaine que R.D nous raconte l'histoire de ce champion olympique et de ce jeune garçon qui n'ont pas grand-chose en commun en apparence.
Et pourtant…
Leurs sentiments sont parfois similaires, à tel point qu'il nous arrive de commencer un paragraphe sans savoir qui prend la parole, et j'ai trouvé ça brillant.
Pierre Quinon aura ce besoin constant tout au long de sa vie de retrouver des sensations fortes, de ressentir l'adrénaline qu'il a ressenti ce fameux 8 août 1984 ! Et le petit garçon est lui aussi à la recherche d'adrénaline, pour fuir toute la tristesse qui l'entoure il va se nourrir des exploits de ses champions… le sportif est complexe et l'enfant a faim de bonheur.
J'ai trouvé que c'était un merveilleux hommage au champion olympique, très bien documenté, et que malgré le funeste destin de Pierre Quinon, le roman est porteur d'un beau message d'espoir.
Je ne peux pas dire non plus que ce livre me laissera une trace indélébile, peut être parce que je ne suis pas du tout amatrice du milieu sportif MAIS j'ai passé un bon moment à la lecture de ces 200 pages extrêmement bien documentées.
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TroubleBibliomane
  02 septembre 2021
Jeux Olympiques de Los Angeles, 8 août 1984. Pierre Quinon s'élance pour battre ce qui sera le record du monde de saut à la perche. de l'autre coté de l'océan, à Paris, un enfant l'observe et adule les prouesses du médaillé d'or. Cet athlète est son héros, un exutoire au quotidien sombre, celui de l'enfant qui s'effrite trop tôt pour faire face aux problématiques du monde adulte.
Le grand saut sortait de mes habitudes de lectrice et même de journaliste n'étant pas tous les jours exposée aux écrits sportifs. Mais j'étais certaine d'une chose, en cette rentrée littéraire 2021, ce livre se démarquait par son sujet. Ici, vous le comprendrez dès les premières pages, la biographie et la narration se mêlent pour donner vie à ces deux destins, celui de l'athlète et l'enfant que tout semble opposer aux premiers abords. L'avancée de la lecture entraîne pourtant de nombreuses similitudes avouées entre les lignes qui stimulent la réflexion du lecteur.
Pierre Quinon est illustré avec brio sous les traits de l'athlète brillant, mais également sous ceux de l'homme dans son intimité, taiseux, passionné, émotif, ayant un goût prononcé pour le risque. Un besoin constant de jouer avec les limites de la vie comme une perspective prédéfinie à son suicide le 17 août 2011. Mais il y a aussi cet enfant, gâté par le matérialisme ambiant du XVIème arrondissement tout en étant exposé à une parentalité toxique. A travers ses yeux, l'amour du sport prend tout son sens, sa beauté, et cette admiration indicible qui guette les passionnés dès le plus jeune âge. Mais c'est aussi une porte de sortie, une trêve dans l'existence. Cette trêve au doute, les deux hommes la recherchent.
Ces destins liés sont très appréciables tant rien ne semble d'abord les rapprocher. L'écriture sombre de Renaud Dély permet de mettre l'accent sur des émotions toujours subtiles à illustrer : la déception, l'angoisse, les questionnements incessants, et le doute. Cela touche et l'on peut en réalité comprendre, parfois, la triste destinée de l'athlète. Ce « grand saut » comme le mentionne l'auteur. Ce roman est un bel hommage à Pierre Quinon qui illustre l'homme dans toute sa complexité sans s'en tenir à l'exploit sportif et aux informations de surface. Il y a une réelle recherche derrière tout cela et il faut avouer que l'on retrouve bien l'oeil du journaliste et son souci du détail.
Je ne peux pas dire que ce roman restera un inoubliable me concernant, ne me sentant jamais totalement éprise par les récits biographiques, mais il n'en est pas moins une ode à l'amour du sport, tant par le prisme de l'athlète que celui du supporter. le fil conducteur d'une passion enivrante dont les exploits, comme celui de Pierre Quinon, ne sont jamais réellement oubliés.
Lien : https://troublebibliomane.fr..
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Mhfasquel
  07 novembre 2021
Un roman qui nous propose deux trajectoires : deux destins, l'un extraordinaire, l'autre ordinaire. Et nous montre à quel point les deux sont similaires, malgré leurs schémas inversés. Un mal-être qui ronge, qui détruit, qui renvoie à la question du sens de la vie.
"Mais le jeu est éphémère, l'amusement volage. La joie a tôt fait de s'évanouir. Alors tout ça pour quoi ? Cinq à dix secondes d'un bonheur fou, immense, inexploré, au moment où on lui passe la médaille d'or olympique autour du cou."
Beaucoup d'influences : celle de Nicola de Staël par exemple, qui s'est également suicidé à l'âge de 41 ans, des existences vécues par procuration, des quêtes métaphysiques.
"Nicolas de Staël a peint toute la nuit du 15 au 16 mars 1955. Cette nuit‑là, il a détruit autant de toiles qu'il en a créées. Au matin, l'artiste préféré de Pierre s'est jeté de la terrasse de son immeuble à Antibes. Il avait quarante et un ans."
"Pierre sait tout de ce peintre frénétique, qui oeuvre toujours au bord de l'abîme."
Une recherche de sensations fortes jusqu'au danger de mort : à la suite de la recherche du dépassement au saut à la perche, la moto, le vélo, la peinture pour toujours aller au bout de ses forces...
"Champion olympique ! le titre ressuscite les mythes de l'Antiquité. Athènes, Philippidès, le porteur de bonnes nouvelles qui s'écroule en arrivant de Marathon, les courses de chars qui s'achèvent dans le sang. À l'époque, l'exploit est une question de vie ou de mort."
Le dépassement de soi, la création, la gloire, ne sont jamais loin des gouffres...
Un très bel hommage et une méditation sur ce qui finalement a vraiment de l'importance. Échec, succès, qui peut le dire au bout du compte ? C'est quoi réussir, s'accomplir, aller au bout de ses rêves ? Ou renoncer ?
Un texte puissant, terrible, beau. À ne pas manquer.
#Legrandsaut #NetGalleyFrance
Lien : https://sharingteaching.blog..
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DUDT
  11 janvier 2022
Le Grand saut que nous "livre" Renaud Dely d'une main de maître relève autant du genre acrobatique que du genre philosophique.J'ai 78 ans et depuis belle lurette à la retraite de l'enseignement. Mais là , j'avais le rêve de lire cette prouesse d'écriture avec mes élèves: mêler sa vie avec celle du héros de son enfance tout en distillant leur cheminement intérieur , le devenir de chacun, de chacun de nous . C'est un livre de formation.Ce que je souhaiterais pour cette oeuvre: que des enseignants y découvre matière à communiquer avec des ados et des ados réconciliés avec le rêve et la réalité.
Jury du Goncourt des lycéens qu'en pensez- vous?
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   31 octobre 2021
« Pierre a gagné et il s’en veut. Tant d’autres perdent un peu partout dans le monde sans qu’il ne puisse rien y faire, sans même qu’il essaye. » (p. 80)
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TroubleBibliomaneTroubleBibliomane   02 septembre 2021
Tout seul dans ma chambre, je regardais le poster de Pierre, dressé, perche en main, au bout de la piste d’élan. J’y cherchais une boussole. Dans son regard concentré, je voulais voir un encouragement à franchir le pas, à prendre le risque. Pour faire preuve de courage, j’avais besoin de son aide. Il m’aiderait à oser, à concrétiser ce qui m’apparaissait comme un sacrifice.
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audeLOUISETROSSATaudeLOUISETROSSAT   14 août 2021
Il va vite regretter sa décision. Ce n'était pas le couple qui lui pesait, pas davantage la vie de famille, mais la vie tout court. Seul, elle est plus dure à supporter.
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LiliGalipetteLiliGalipette   31 octobre 2021
« La victoire, ça doit être léger comme une plume, ça soulage, ça ôte d’un poids, ça élève. Et la perche, plus encore, c’est magique. » (p. 72)
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LiliGalipetteLiliGalipette   31 octobre 2021
« Tout ce cirque l’agace. Pierre sait mieux que quiconque que la victoire ne tient qu’à un fil. » (p. 77)
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