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EAN : 9782207163788
448 pages
Denoël (16/02/2022)
3.44/5   302 notes
Résumé :
Janvier 1999. Viktor Mendi, un homme d’affaires, et son épouse s’écrasent avec leur avion de tourisme dans le massif pyrénéen du Mont-Perdu, à la frontière franco-espagnole.

Vingt-quatre ans plus tard, leur fils, Antoine, arrive dans la région. Auparavant en fonction chez les chasseurs alpins, il vient d’obtenir sa mutation dans la gendarmerie du village natal de son père.
Très vite, sa supérieure, la redoutable capitaine Elda Flores, comprend ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
3,44

sur 302 notes
Sur le bandeau-titre, il est écrit "Sonja Delzongle au sommet". Oui, au sommet de la montagne.

Une fois de plus, je ressors mitigée de ma lecture d'un roman de cette autrice, comme c'est souvent le cas (hormis avec Boréal). Il y a du bon, mais aussi des choses qui m'ont un peu écorchés au passage.

Passons en revue ce qui a moins bien été avant de passer à ce que j'ai apprécié, me laissant le cul entre deux chaises sur mon ressenti.

Tout d'abord, les personnages qui habitent dans un village retiré, près de Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, non loin de la frontière espagnole. Les portraits sont bruts de décoffrage, sans nuances.

Cela m'a donné l'impression que le berger Mathias était un gros rustre (notamment dans sa manière de prendre son épouse, par devant, par derrière, sans demander si elle a envie), assez violent, n'hésitant pas à assommer une jeune fille et à l'abandonner dans la neige…

La ruralité en prend plein la gueule, comme si nous avions affaire à des Cro-Magnon. Notamment avec cet autre berger qui, découvrant une jeune fille endormie dans sa grande, baisse déjà son froc pour la violer, bâton de berger pointé en avant. Hé ben…

N'oublions pas un homme qui a tout du pédophile, une communauté qui vit à l'écart, tels des Hommes des bois, un adulte qui a encore son ami imaginaire et une personne qui, sous le coup de la culpabilité, se flagelle tous les soirs. Heu ? Pas De soucis le lendemain pour s'habiller, s'appuyer sur une chaise, sur le siège de la voiture, pour se mouvoir ? Ben non.

Les portraits étaient sans concession aucune, trop chargés, comme si tous les tarés s'étaient donnés rendez-vous dans ce petit village et comme si le malheur avait installé une succursale dans ce petit village, tellement on va y mourir. Les personnages de "Game Of Thrones" ont de la concurrence.

Certaines choses s'éclairciront ensuite dans mon esprit, au fil du récit, malgré tout, trop de morts, trop de malheur, trop de violences, trop de personnages vils, ça flingue un récit. Trop est l'ennemi du mieux.

L'autrice sait pourtant y faire pour décrire les lieux, les atmosphères : dans ce roman, la montagne, elle vous gagne vraiment ! J'avais beau lire au soleil, je marchais dans la neige, chaussée de raquettes. C'est une des raisons pour laquelle j'apprécie les romans de cette autrice : les atmosphères ont de la gueule !

Ce thriller est addictif, en plus. Bourré de mystères, bourré de suspense, sans vraiment de temps morts, il se dévore plus qu'il ne se lit, tant on a envie de connaître le fin mot de l'histoire qui a commencé avec un suicide en avion et s'est poursuivi, 20 ans après, avec des bonhommes de neige inquiétant (qui ne feront pas flipper le village).

Si certains portraits s'éclairciront au fil du récit, d'autres s'obscurciront, entraînant les lecteurs (et les enquêteurs) dans un maelstrom de confessions, de témoignages, de fausses-pistes, d'erreurs, d'aventures un peu folles et de nombreux twists. Ça twiste beaucoup et pourtant, on n'est pas à Saint-Tropez.

Et le bât a de nouveau blessé. Trop c'est trop. Si comme moi, vous en déduisez un premier, puis que, vous aussi, vous rectifiez votre tir avant la gendarme enquêtrice, pas de panique, il restera encore assez de twist que pour vous étourdir, et ce, jusqu'au dernier moment.

Trop de rebondissements tuent les rebondissements. Il y a tellement de fausses pistes, avant d'arriver à la solution finale, qu'il y a moyen de perdre le fil des infos.

Tout le monde sera suspecté, tout le monde passera sur la sellette, à tel point qu'à la fin, le nom du coupable d'imposera facilement puisque ce sera le seul à ne pas avoir été soumis aux interrogatoires : le chien !

Malgré tout, il faut reconnaître (et rendre à César) que Sonja Delzongle maîtrise de bout en bout son récit, qu'elle sait tenir le public en haleine, distiller des infos (fausses ou vraies) afin de maintenir la pression sous la bouilloire du suspense, transformant le lecteur en une boule de flipper qui va aller se cogner dans tous les sens.

Ai-je aimé ma lecture ? Oui, absolument, elle était addictive, intrigante, intéressante, mouvementée et ne m'a pas laissé beaucoup de répit. Mais…

J'ai eu l'impression de déguster un dessert, qui aurait été excellent, si on ne l'avait pas recouvert de toute cette chantilly, de sucre, de chocolat, le rendant un peu lourd et indigeste, finalement, tant les retournements de situation sont nombreux.

À la fin de ce roman, j'ai dû réfléchir, afin d'être sûre d'avoir tout bien compris qui était qui, qui avait quoi, comment et pourquoi.

Un thriller original, avec du potentiel, un suspense de dingue, des révélations en cascade, où le mystère est épais comme un smog londonien, mais un super récit caché sous de trop nombreuses couches.

Dommage, mais cela ne m'empêchera pas de lire les prochains romans de l'autrice afin d'y trouver ce que j'aime et de soupirer sur ce qui me plaît moins.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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J'ai vraiment eu peur en lisant ce bouquin, plus j'avançais dans ma lecture, plus l'angoisse montait.  À cause du récit, bien sûr, c'est un thriller que j'avais entre les mains.
Mais, en plus, une question me hantait. Jamais le cimetière du village où se déroulait l'action ne serait assez grand, même si tous les cadavres qu'essaime Sonja n'y finiront pas, car elle disperse aussi quelques sépultures dans la montagne.
J'avais surtout peur qu'elle-même ne finisse par faire partie du lot des victimes avant la dernière ligne, tant les morts se multipliaient au fil des pages.
Par bonheur, il n'en est rien, elle compte au nombre des rescapés, je le sais puisqu'elle a mis un point final à son roman et qu'elle s'apprête à nous en offrir un nouveau prochainement.
Bref, je ne sais pas si vous l'avez compris, mais dans Abîmes, Delzongle trucide à tout va. Tous les moyens sont bons et il y en a pour tout le monde, pas de jaloux.
Pourtant, ça commence gentiment, ou presque.
Sept bonshommes de neige qu'on retrouve un matin devant sa maison. C'est joli un bonhomme de neige, non ?
Bon, le message qui accompagne ces sculptures éphémères, est un peu moins sympa, énigmatique et inquiétant, surtout.
Et là,  accrochez-vous.
La descente aux enfers s'annonce vertigineuse.
Corde, piolet, crampons, ne seront peut-être pas suffisant.
Gare aux engelures.
Le Capitaine Elda Flores a du pain sur la planche.
C'est un sacré sac de noeuds que vous propose l'une des reines du roman noir.
À un moment, elle m'a même perdu.
J'ai dévissé.
Pris dans une avalanche, j'ai vu une crevasse profonde s'ouvrir devant moi.
Seulement il n'y a pas n'importe qui aux commandes. Elle ne m'a pas laissé m'écraser, au contraire,  elle m'a remonté à la surface et je suis reparti dans ma lecture addictive.
J'avais été embrouillé, mais ça, c'est le jeu de la romancière, elle m'a remis sur la piste et j'ai continué l'enquête au côté de son héroïne.
Abîmes, c'est un roman poupée russe.
On enlève une couche, il y en a une autre dessous et encore une autre... ici, on pense même que c'est sans fin.
Il y a tant de secrets, de non-dits, de mensonges, de haine, de violences enfouies, de culpabilités assumées ou cachées.
 Il y a beaucoup de personnages aussi et c'est un élément important de l'histoire. Parce que certains ne sont peut-être pas ceux que l'on croit ou bien ils n'ont pas le rôle que l'on pense.
Machiavélique ?
Oui.
Glaçant  ?
Évidemment, et pas seulement parce qu'on est en hiver et dans les Pyrénées...
Efficace en tout cas, c'est sûr.
P. S. Je me demande si je ne vais pas m'associer à l'autrice.
Ouvrir une entreprise de pompes-funèbres.
Rien que sur ce roman-là, je serais devenu riche...
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Dans un décor de haute montagne avec un taux de rebondissements plutôt rare.

Rarement en effet, voit-on autant de morts violentes dans un même polar : empalé par une fourche, tué à coups de piolet, noyé dans l'eau glacée, empoisonné, égorgé, piqué ou dévoré par les loups, sans compter les accidents, en tombant dans un ravin ou en étant emportés par une avalanche.

Rarement aussi, trouve-t-on autant de personnalités problèmes : une enquêtrice fouettée par la culpabilité, un policier schizophrène, des pédophiles, un ermite « messager » et un « Prêcheur » qui peut pratiquer l'exorcisme, et aussi, bien sûr, des gens consumés par l'appât du gain et la corruption ordinaire.

Et puis des luttes sociales entre les chasseurs et les végétariens, entre les bergers et les défenseurs de loups, entre « Ceux de la forêt » et ceux du village.

Un polar palpitant, dont on ne devine pas le dénouement, pas même le chapitre suivant, mais dont les péripéties demandent parfois un peu de crédulité volontaire.
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On va finir par croire que Sonja Delzongle n'est jamais plus à l'aise que dans la neige et le froid. Il faut dire qu'en matière d'intrigues glaçantes, elle sait y faire.

Elle nous plonge cette fois-ci dans des Abîmes de perplexité, face à des personnages dont aucun n'est tout blanc. Dont beaucoup ont du mal à se regarder dans la glace, du fait de leurs actes ou de leurs passés.

Qui est qui ? Qui fait quoi ? Attendez-vous à vous faire des noeuds (coulants) dans la tête et l'estomac. Bienvenue dans un monde où les apparences sont trompeuses, où le sort est moins destructeur que les mensonges et les trahisons. Où les secrets sont si bien enterrés six pieds sous terre, que chaque personnage risque de les rejoindre avant de comprendre ce qui lui arrive.

L'autrice a soigné son ambiance, dès les premiers paragraphes, entre l'immensité montagneuse, le petit village replié, et une communauté étrange qui vit loin des autres.

Ne partez pas à l'ascension de ce roman sans l'équipement nécessaire, piolet et crampons pour bien vous accrocher. Au risque de vous retrouver à chuter tête la première et à faire la culbute jusqu'au bas de la piste. Parce que cette intrigue accumule rebondissements et virages, et autant de révélations mortifères qui débouchent sur d'autres mystères. Un petit peu trop à mon goût sur la fin.

Ce n'est pas le genre de thriller qu'on lit en pensant à autre chose, qu'on avale sans y prêter trop attention. Non, une certaine concentration est de mise dans ce vrai jeu de piste mental.

Avec des âmes noires et grises qui font taches dans cette immensité neigeuse. Certaines insaisissables, dont la personnalité semble fondre devant vos yeux avant de vous prendre dans la glace. Ce coin des Pyrénées n'est décidément pas fait pour les âmes sensibles.

L'autrice a l'ambition clairement affichée de faire toujours plus fort dans la violence. Et par ses intrigues de plus en plus complexes. Soignant son écriture aussi, qui en devient tour à tour perturbante et grisante, pour mener cette intrigue brumeuse.

Plus haut, plus loin dans le cérémonial bien particulier du thriller, Sonja Delzongle nous emmène proche de l'asphyxie, au bord de ces Abîmes où chaque personnage risque de tomber. La montagne peut rendre fou, en voilà une preuve éclatante.
Lien : https://gruznamur.com/2022/0..
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Que d'eau, que d'eau disait Mac-Mahon.
Moi je dis : que de morts, que de morts !
Je ne les ai pas comptés, mais ils sont une kyrielle. En plus, ils ont plusieurs noms... C'est d'un compliqué à suivre... D'ailleurs, même l'enquêtrice s'y perd, c'est vous dire. Alors moi...
Alors, pourquoi 3 étoiles ?
La montagne est si bien décrite que j'ai succombé à son attrait, voilà pourquoi.
Bonne lecture.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Une dizaine de chalets comme le sien, bâtis entre les sapins, dont certains supportaient même les murs en rondins, semblaient déjà endormis, excepté la fumée qui sortait de la cheminée. Locomotives sans départ, amarrées au sol. Ces femmes et ces hommes qui étaient devenus, un jour, Ceux de la forêt, avaient préféré cette vie-là, libre et sauvage, au cœur de la nature et d’eux-mêmes, n’y puisant que l’essentiel pour un confort sommaire. Et parce qu’à toute communauté est nécessaire un guide ou bien un chef, ils avaient laissé la doyenne, l’Espada, prendre les rênes.
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Il se contentait de vivre, de se fondre dans son environnement familier, cette forêt qui l'abritait depuis toujours et la neige, sa matrice. Il la sentait venir, à l'intérieur de son corps, dans ses veines, ses os et ses muscles qui se tendaient sous la peau. Il pouvait la respirer avant de voir les premiers flocons s'échapper du ciel bas et opaque.
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Lorsqu’ils atteignirent le lac Glacé, il était presque 11 heures. L’air s’était sensiblement réchauffé et, avec la dépense physique, leurs anoraks étaient presque de trop.
- On est dans les temps, annonça Noah qui se défit du sien et le noua autour de la taille. On trouvera un endroit où poser la tente de l’autre côté du lac. On va le traverser.
Il tâta la glace de la pointe de son piolet.
- Tu es sûr que ce n’est pas dangereux ?
- La glace est épaisse, ça s’entend à l’oreille, tiens… écoute… Il tapota de nouveau la surface gelée avec le piolet. Formé par un glacier qui se déployait autrefois sur le versant du Marboré, le lac Glacé s’était peu à peu réduit à un creuset naturel rempli d’une eau douce qui gelait en hiver et dont la fonte s’amorçait début avril pour donner un laquet aux teintes émeraude et turquoise, petit joyau posé sur le flanc gris ardoise du Marboré.
- Allons-y. Tu me suis, mais pas à moins d’un mètre. Mieux vaut répartir notre poids, on ne sait jamais.
Prise d’un tremblement intérieur, Miren ne répondit pas et lui emboîta le pas à la distance recommandée. Les crampons accrochaient bien la glace, les empêchant de glisser. Derrière eux se dressait, tel un rempart millénaire, la barrière du cirque d’Estaubé, creusée en son centre par la fameuse brèche de Tuquerouye où se nichait le refuge qui les avait abrités pour la nuit.
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Souvent, elle avait envié les aigles, sentinelles gracieuses et planantes, observateurs puissants, en suspension au au-dessus des sommets enneigés, rois du ciel, libres et majestueux. Prédateurs, certes, mais fascinants. Tellement éloignés de ces prédateurs humains dont l’intelligence ne suffisait plus à maîtriser les pulsions.

(Denoël, p.337)
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Il laissa couler pour cette fois et alla se servir une tasse de café aussi noir que son humeur. Les enflures… Et c’est sûr, c’est elle qui est derrière tout ça ! L’Astrid Hirigoyen, la fille du maire. C’est forcément eux. Les écolos. Les antichasse. « ONT VOUS AURAS. » En plus, ils ont fait des fautes, pour faire croire que c’étaient des gosses…, se dit-il en se brûlant la langue, les yeux perdus au-dehors, sur le pré qui s’étendait dans toute sa blancheur neigeuse. On aurait dit que le ciel et ses nuages étaient tombés sur le monde. Juste derrière, le flanc puissant de la montagne. Le village entier y était adossé. Une nichée d’oisillons contre le ventre de leur mère. Elle le protégeait des vents glacés et des tempêtes et le maintenait dans son ombre même en été. Ce qui, par ces canicules de plus en plus régulières, n’était pas un mal. Pourtant, ces derniers temps, les coulées de neige, heureusement sans gravité, s’étaient multipliées et la montagne protectrice se transformait peu à peu en une menace latente. Malgré tout, personne ici ne songeait à quitter le village où il était né.
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Vidéo de Sonja Delzongle
À l'occasion de la 19ème édition des quais du polar à Lyon, Sonja Delzongle vous présente son ouvrage "Thanatea" aux éditions Fleuve noir.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2729414/sonja-delzongle-thanatea Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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