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EAN : 9782207163788
Denoël (16/02/2022)
3.5/5   115 notes
Résumé :
Janvier 1999. Viktor Mendi, un homme d’affaires, et son épouse s’écrasent avec leur avion de tourisme dans le massif pyrénéen du Mont-Perdu, à la frontière franco-espagnole.

Vingt-quatre ans plus tard, leur fils, Antoine, arrive dans la région. Auparavant en fonction chez les chasseurs alpins, il vient d’obtenir sa mutation dans la gendarmerie du village natal de son père.
Très vite, sa supérieure, la redoutable capitaine Elda Flores, comprend ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
3,5

sur 115 notes

belette2911
  23 avril 2022
Sur le bandeau-titre, il est écrit "Sonja Delzongle au sommet". Oui, au sommet de la montagne.
Une fois de plus, je ressors mitigée de ma lecture d'un roman de cette autrice, comme c'est souvent le cas (hormis avec Boréal). Il y a du bon, mais aussi des choses qui m'ont un peu écorchés au passage.
Passons en revue ce qui a moins bien été avant de passer à ce que j'ai apprécié, me laissant le cul entre deux chaises sur mon ressenti.
Tout d'abord, les personnages qui habitent dans un village retiré, près de Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, non loin de la frontière espagnole. Les portraits sont bruts de décoffrage, sans nuances.
Cela m'a donné l'impression que le berger Mathias était un gros rustre (notamment dans sa manière de prendre son épouse, par devant, par derrière, sans demander si elle a envie), assez violent, n'hésitant pas à assommer une jeune fille et à l'abandonner dans la neige…
La ruralité en prend plein la gueule, comme si nous avions affaire à des Cro-Magnon. Notamment avec cet autre berger qui, découvrant une jeune fille endormie dans sa grande, baisse déjà son froc pour la violer, bâton de berger pointé en avant. Hé ben…
N'oublions pas un homme qui a tout du pédophile, une communauté qui vit à l'écart, tels des Hommes des bois, un adulte qui a encore son ami imaginaire et une personne qui, sous le coup de la culpabilité, se flagelle tous les soirs. Heu ? Pas De soucis le lendemain pour s'habiller, s'appuyer sur une chaise, sur le siège de la voiture, pour se mouvoir ? Ben non.
Les portraits étaient sans concession aucune, trop chargés, comme si tous les tarés s'étaient donnés rendez-vous dans ce petit village et comme si le malheur avait installé une succursale dans ce petit village, tellement on va y mourir. Les personnages de "Game Of Thrones" ont de la concurrence.
Certaines choses s'éclairciront ensuite dans mon esprit, au fil du récit, malgré tout, trop de morts, trop de malheur, trop de violences, trop de personnages vils, ça flingue un récit. Trop est l'ennemi du mieux.
L'autrice sait pourtant y faire pour décrire les lieux, les atmosphères : dans ce roman, la montagne, elle vous gagne vraiment ! J'avais beau lire au soleil, je marchais dans la neige, chaussée de raquettes. C'est une des raisons pour laquelle j'apprécie les romans de cette autrice : les atmosphères ont de la gueule !
Ce thriller est addictif, en plus. Bourré de mystères, bourré de suspense, sans vraiment de temps morts, il se dévore plus qu'il ne se lit, tant on a envie de connaître le fin mot de l'histoire qui a commencé avec un suicide en avion et s'est poursuivi, 20 ans après, avec des bonhommes de neige inquiétant (qui ne feront pas flipper le village).
Si certains portraits s'éclairciront au fil du récit, d'autres s'obscurciront, entraînant les lecteurs (et les enquêteurs) dans un maelstrom de confessions, de témoignages, de fausses-pistes, d'erreurs, d'aventures un peu folles et de nombreux twists. Ça twiste beaucoup et pourtant, on n'est pas à Saint-Tropez.
Et le bât a de nouveau blessé. Trop c'est trop. Si comme moi, vous en déduisez un premier, puis que, vous aussi, vous rectifiez votre tir avant la gendarme enquêtrice, pas de panique, il restera encore assez de twist que pour vous étourdir, et ce, jusqu'au dernier moment.
Trop de rebondissements tuent les rebondissements. Il y a tellement de fausses pistes, avant d'arriver à la solution finale, qu'il y a moyen de perdre le fil des infos.
Tout le monde sera suspecté, tout le monde passera sur la sellette, à tel point qu'à la fin, le nom du coupable d'imposera facilement puisque ce sera le seul à ne pas avoir été soumis aux interrogatoires : le chien !
Malgré tout, il faut reconnaître (et rendre à César) que Sonja Delzongle maîtrise de bout en bout son récit, qu'elle sait tenir le public en haleine, distiller des infos (fausses ou vraies) afin de maintenir la pression sous la bouilloire du suspense, transformant le lecteur en une boule de flipper qui va aller se cogner dans tous les sens.
Ai-je aimé ma lecture ? Oui, absolument, elle était addictive, intrigante, intéressante, mouvementée et ne m'a pas laissé beaucoup de répit. Mais…
J'ai eu l'impression de déguster un dessert, qui aurait été excellent, si on ne l'avait pas recouvert de toute cette chantilly, de sucre, de chocolat, le rendant un peu lourd et indigeste, finalement, tant les retournements de situation sont nombreux.
À la fin de ce roman, j'ai dû réfléchir, afin d'être sûre d'avoir tout bien compris qui était qui, qui avait quoi, comment et pourquoi.
Un thriller original, avec du potentiel, un suspense de dingue, des révélations en cascade, où le mystère est épais comme un smog londonien, mais un super récit caché sous de trop nombreuses couches.
Dommage, mais cela ne m'empêchera pas de lire les prochains romans de l'autrice afin d'y trouver ce que j'aime et de soupirer sur ce qui me plaît moins.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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gruz
  18 février 2022
On va finir par croire que Sonja Delzongle n'est jamais plus à l'aise que dans la neige et le froid. Il faut dire qu'en matière d'intrigues glaçantes, elle sait y faire.
Elle nous plonge cette fois-ci dans des Abîmes de perplexité, face à des personnages dont aucun n'est tout blanc. Dont beaucoup ont du mal à se regarder dans la glace, du fait de leurs actes ou de leurs passés.
Qui est qui ? Qui fait quoi ? Attendez-vous à vous faire des noeuds (coulants) dans la tête et l'estomac. Bienvenue dans un monde où les apparences sont trompeuses, où le sort est moins destructeur que les mensonges et les trahisons. Où les secrets sont si bien enterrés six pieds sous terre, que chaque personnage risque de les rejoindre avant de comprendre ce qui lui arrive.
L'autrice a soigné son ambiance, dès les premiers paragraphes, entre l'immensité montagneuse, le petit village replié, et une communauté étrange qui vit loin des autres.
Ne partez pas à l'ascension de ce roman sans l'équipement nécessaire, piolet et crampons pour bien vous accrocher. Au risque de vous retrouver à chuter tête la première et à faire la culbute jusqu'au bas de la piste. Parce que cette intrigue accumule rebondissements et virages, et autant de révélations mortifères qui débouchent sur d'autres mystères. Un petit peu trop à mon goût sur la fin.
Ce n'est pas le genre de thriller qu'on lit en pensant à autre chose, qu'on avale sans y prêter trop attention. Non, une certaine concentration est de mise dans ce vrai jeu de piste mental.
Avec des âmes noires et grises qui font taches dans cette immensité neigeuse. Certaines insaisissables, dont la personnalité semble fondre devant vos yeux avant de vous prendre dans la glace. Ce coin des Pyrénées n'est décidément pas fait pour les âmes sensibles.
L'autrice a l'ambition clairement affichée de faire toujours plus fort dans la violence. Et par ses intrigues de plus en plus complexes. Soignant son écriture aussi, qui en devient tour à tour perturbante et grisante, pour mener cette intrigue brumeuse.
Plus haut, plus loin dans le cérémonial bien particulier du thriller, Sonja Delzongle nous emmène proche de l'asphyxie, au bord de ces Abîmes où chaque personnage risque de tomber. La montagne peut rendre fou, en voilà une preuve éclatante.
Lien : https://gruznamur.com/2022/0..
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domi_troizarsouilles
  11 mai 2022
Je viens de terminer ce livre et j'ai juste envie de dire : « Waouh ! »
Je l'avais repéré dès sa sortie en librairie, mais à l'époque je n'avais pas encore lu « le dernier chant » de la même autrice, qui se trouvait toujours dans ma PAL depuis sa sortie, et je ne voulais pas trop cumuler avant de savoir si cette plume me plairait. Or, après la lecture de ce Dernier chant, je me suis trouvée moins enthousiaste : c'est que ce livre-là m'avait plutôt bien plu, mais avec un certain nombre de réserves sur quelques points, que je craignais de retrouver ici… Dès lors, quand j'ai vu que « Abîmes » était disponible dans le catalogue de Lirtuel, cette bibliothèque virtuelle belge francophone (gratuite) où j'emprunte de temps en temps un nouveau livre alors que j'ai une PAL plus que débordante, je n'ai pas hésité : c'était l'occasion de le découvrir tranquillement…
Et donc : waouh !
C'est un livre très difficile à résumer, car il y a tant et tant de rebondissements, qui s'imbriquent les uns dans les autres en faisant tournoyer les personnages (et la tête du lecteur), c'est impossible d'en dire un minimum sans être déjà à la limite du spoiler.
Pourtant, le ton est donné dès le prologue : on y rencontre brièvement Viktor Mendi, homme d'affaires ruiné, prêt à prendre le départ dans son petit avion, avec son épouse, pour un suicide à deux programmé, aux alentours du Mont-Perdu, à la frontière franco-espagnole dans les Hautes-Pyrénées.
24 ans plus tard, leur fils Antoine, qui avait une dizaine d'années au moment du drame, et qui a en quelque sorte « grandi tout seul » entre ses grands-parents vivant dans un village de ces Hautes-Pyrénées, non loin du Mont-Perdu, et en compagnie de ce qui ressemble furieusement à un ami imaginaire (même si ce ne sera jamais appelé ainsi) ; Antoine donc, devenu chasseur alpin, parvient à se faire muter auprès de la section rurale de la Gendarmerie, dans ce village où il a en partie grandi, avec le but caché de comprendre l'accident (car à ce moment il ne sait même pas encore que c'était un suicide !) de ses parents, dont il n'a pourtant jamais été proche, il a même le souvenir d'avoir toujours été plutôt mal-aimé…
Partant de là, l'autrice nous dresse toute une galerie de personnages rudes et bien campés, qui parviennent très vite à susciter des sentiments forts, tant ils sont criants d'une certaine vérité de l'âme humaine, et ce n'est que le début… À ce moment-là, il y a bien une certaine confusion (voulue ?) entre tant et tant de personnages, et on ne sait pas encore trop bien qui sera plus important qu'un autre, ou pas – ils le seront tous peu ou prou, à des degrés divers ; disons que ce début tranquille permet de bien les ancrer dans ce qui n'est encore qu'un début d'histoire. Pourtant on identifie très vite assez bien « Ceux de la forêt », un groupe qui vit dans une certaine autarcie, dans un esprit (pourtant pas religieux) qui évoquerait bien un peu une secte ; tandis qu'on fait connaissance avec « Ceux d'en-haut », ceux du village donc – un village très divisé entre bergers-chasseurs qui tuent (le loup pourtant protégé, mais pas que) à tout-va et qui ne sortent jamais sans leurs armes, avec le maire du village en tête de file, et leurs opposants écolos et végans extrémistes ultra-provocateurs par tous les moyens, menés par la propre fille du maire..
Parmi eux tous, ressortent toutefois comme personnages vraiment principaux, la capitaine de gendarmerie Elda Flores, présentée comme « redoutable (…), une géante brune », et Antoine, à la recherche de sa vérité, tout en veillant aux autres affaires du village, à la limite de l'insubordination cependant. Ainsi, tandis qu'Antoine prend des risques parfois inconsidérés, Elda Flores ne cesse de tenter de démêler les fils de cette histoire qui n'en finit pas de lui échapper, avec une obstination, une conscience professionnelle et un souci de « ses hommes » qui ne peuvent que forcer une certaine admiration – sentiment pourtant cassé par sa culpabilité inlassable de n'avoir pu sauver des vies lors d'une catastrophe une vingtaine d'années plus tôt, quand elle était alors jeune gendarme sous les ordres de son propre père ; et sentiment renforcé dans une certaine douceur quand on voit (car, sous la plume de Sonja Delzongle, on le voit réellement) la tendresse bourrue qu'elle a pour son gigantesque chien, au nom improbable (la touche d'humour l'air de rien, qui m'a bien fait rire pour le coup !)… de Botox !
Tous ces personnages, sans être stéréotypés, ont cependant des traits parfois exagérés, et participent ainsi à créer tout un climat dès que l'on ouvre ce roman, tandis que les choses se précipitent peu à peu, à la suite d'un premier meurtre – d'un loup apprivoisé. Je pense sincèrement que ce choix d'avoir dressé des personnages parfois un peu rugueux participe à cette ambiance très pyrénéenne, très abrupte, où la (haute) montagne – avec toute sa beauté et sa dangerosité, les deux étant inextricablement, toujours liées – est un personnage à part entière. Une montagne qui a façonné les hommes et les femmes qui l'habitent, à son image…
Sous la plume toujours précise et très visuelle, cinématographique même mais sans effets inutiles ; une plume qu'on sent réellement amoureuse de ce décor majestueux, on voit la montagne, on sent la montagne, on vibre avec la montagne ! On souffre sur les chemins de rando (qui, dans cette partie sauvage des Pyrénées, s'apparente très vite à de l'alpinisme de haut niveau) ; on s'enfonce dans cette neige d'altitude de février, malgré les raquettes, car le réchauffement climatique est en train de tout bouleverser ; on se sent gelé quand l'un des personnages, ayant sous-estimé la solidité d'un lac pris dans la glace, se retrouve prisonnier de l'eau glacée.
Quoi qu'il en soit, moi qui aime beaucoup les Pyrénées (même si je n'y ai plus été depuis plusieurs années désormais, et je suis loin d'avoir le niveau d'expérience en montagne de nos protagonistes !), rien pour ces descriptions qui accompagnent et subliment l'intrigue, jamais lassantes ni écrasantes, mais qui magnifient encore davantage un décor déjà époustouflant, je me suis réellement régalée !
Quant à l'intrigue, justement… Comme je disais plus haut, il est quasi impossible d'en parler sans divulgâcher d'emblée, donc je m'abstiendrai d'en dire trop.
Il faut cependant savoir que la plume de Sonja Delzongle, en plus d'être précise avec ses personnages et magnifique quand il s'agit de la montagne, est aussi dure et acérée, et n'hésite pas à aborder divers sujets très dérangeants. La dangerosité de la montagne, ce sont aussi les avalanches… surtout quand elles sont provoquées, et allons-y avec des nombres ahurissants de morts ! Sur le coup, j'en étais presque dégoûtée ; pourtant, c'est un risque comme un autre, et il suffit d'un fou inconscient pour ravager tant et tant de vies, sans même parler des dégâts matériels – ne se passe-t-il pas la même chose chaque été en bordure de méditerranée, notamment, parce qu'un seul inconscient a laissé traîner son mégot de cigarette là où il ne fallait pas en pleine canicule ? C'est tout pareil pour une avalanche, même si c'est relativement plus rare… mais tout de suite beaucoup plus meurtrier !
Outre cet aspect « écologique » (au sens du respect de la nature, sans aucune idéologie politique quelle qu'elle soit), l'autrice aborde d'autres thèmes très durs, dont le pire est sans aucun doute la pédophilie, et elle ne nous épargne pas certaines scènes, plus ou moins suggérées, plus ou moins montrées, et de toute façon glaçantes !
Je dois ajouter que, à travers tout cela, j'ai apprécié quelques petits « trucs » qui participent indirectement au plaisir de la lecture :
- le découpage en chapitres courts, qui donnent un bon rythme à l'ensemble ;
- une complicité implicite avec le lecteur, quand on voit, à l'une ou l'autre reprise, au fil de l'avancée de l'enquête, Elda Flores esquisser plusieurs hypothèses avec ses collègues… tandis que nous, lecteur, on sait pertinemment qu'elle a tout faux, puisque le narrateur omniscient nous a permis de « voir » la vraie, bonne piste, du moins le croit-on…
- le fait que, en parfait thriller bien construit, toutes les pièces du puzzle sont mises à la disposition du lecteur, parfois certes de façon tellement bien masquée qu'il faudra attendre la fin pour s'en rendre compte, mais d'autres étaient plus faciles à décrypter ! Ainsi, par exemple, j'ai très vite eu un doute à propos de l'identité du « Messager », qui s'est avéré exact… mais en version bien pire que ce que j'avais imaginé !
Tout cela donne un livre vertigineux, qui met les Pyrénées en avant-plan comme un véritable personnage principal, aux côtés de quelques protagonistes plutôt rudes mais touchants dans leur vérité. Dès le prologue abrupt, le lecteur est entraîné dans une succession de rebondissements imbriqués les uns dans les autres, au rythme de chapitres courts dans lesquels apparaît parfois un clin d'oeil de l'autrice, qu'il faut saisir, malgré des thématiques très dures et glaçantes, grâce à une plume précise et acérée, toujours très visuelle sans effets inutiles. Un régal !
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Boulibooks
  14 avril 2022
Je remercie les éditions Denoël et Babelio de m'avoir permis de découvrir le dernier opus de Sonja Delzongle. C'est une auteure que j'affectionne particulièrement mais cette fois-ci je n'ai pas été emballée. L'intrigue proposée est brouillon, tirée par les cheveux. La galerie de personnages est trop large et complètement fantaisiste voire invraisemblable.
L'histoire débute en janvier 1999 par le biais d'un prologue assez percutant. Viktor Mendi, un homme d'affaires brillant mais ruiné, et son épouse Dolores s'écrasent avec leur avion de tourisme dans le massif pyrénéen du Mont-Perdu, à la frontière franco-espagnole.
Nous sautons en 2023 et découvrons d'un côté, Antoine Mendi, le fils de Viktor, qui rejoint la gendarmerie du village de son père et d'un autre côté les habitants de la forêt. Des personnes refusant les diktats de la société et vivant en autarcie sur leurs terres.
Faux semblants et jeux de pistes jalonneront cette histoire pas comme les autres.
Disparition d'enfants, pédophilie, écologie, dédoublement de la personnalité, culpabilité, vengeance sont quelques-uns des thèmes abordés par l'auteure.
Impossible de se plonger dans cette lecture de manière légère, la concentration est de mise. Je me suis perdue plusieurs fois.
Au final, j'ai envie de dire : tout ça pour ça ?...
Vous l'aurez compris, cette fois-ci, Sonja Delzongle ne m'aura pas embarquée, cela arrive.
Cela ne m'empêchera de lire son prochain roman avec plaisir.
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Audeauffret76
  15 février 2022
ABÎMES de Sonja Delzongle
Aux Éditions Denoël
Pour aimer une auteure, il est vraiment indispensable pour moi de la comprendre afin de vraiment percevoir ce qu'elle a tenté de transmettre dans son récit.
Une auteure qui dévoile peu son identité et attise la curiosité.
Sonja Delzongle a le don de partir d'une idée simple et d'en faire un roman exceptionnel.
Celui-ci ne déroge pas à la règle.
Janvier 1999 Viktor Mendi, un homme d'affaires et son épouse s'écrasent avec leur avion de tourisme dans le massif pyrénéen du Mont-Perdu.
Vingt-quatre ans plus tard leur fils Antoine, arrive dans la région, muté dans la gendarmerie du village.
Quel secret obsède Antoine?
Lorsqu'un berger découvre sept bonhommes de neiges disposés autour du message " ont vous aura" tracé dans la poudreuse, le village est saisi d'effroi.
Dès les premières pages on se sent en confiance avec cette auteure.
Elle joue avec nos nerfs, c'est machiavélique, étouffant.
C'est dans cet endroit hostile que nos protagonistes vont devoir résoudre différents mystères...
Pour certain leur instinct de survie prendra le dessus, les caractères vont s'inffirmer.
Une entraide semble la meilleure des choses mais jusqu'à quel point?
Le lecteur est plongé dans ce froid polaire, révélant petit à petit les personnages, leurs forces, leur faiblesses et surtout leur secrets.
L'auteure de sa plume palpitante et parfaitement maîtrisée fait monter la tension.
De cours chapitres viennent renforcer ce climat oppressant.
Il faut dire qu'elle nous a habitué à démarrer fort jusqu'à la dernière page, ici elle va se surpasser.
Thriller noir, implacable, suspens constant sans aucun temps mort, fin époustouflante.
Dans ce roman angoissant, l'âme humaine apparaît dans son plus simple appareil.
Les personnages principaux transmettent avec succès leurs angoisses au lecteur, le confrontant à une réalité dérangeante où les pulsions prennent le dessus.
Je suis consciente de me répéter avis après avis lorsqu'il s'agit de Sonja Delzongle...pour moi une auteure fabuleuse, un superbe thriller.
À lire absolument, merci pour cette habileté et cette efficacité avérée et incontestable.
Bravo et merci pour votre confiance
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   10 avril 2022
Une dizaine de chalets comme le sien, bâtis entre les sapins, dont certains supportaient même les murs en rondins, semblaient déjà endormis, excepté la fumée qui sortait de la cheminée. Locomotives sans départ, amarrées au sol. Ces femmes et ces hommes qui étaient devenus, un jour, Ceux de la forêt, avaient préféré cette vie-là, libre et sauvage, au cœur de la nature et d’eux-mêmes, n’y puisant que l’essentiel pour un confort sommaire. Et parce qu’à toute communauté est nécessaire un guide ou bien un chef, ils avaient laissé la doyenne, l’Espada, prendre les rênes.
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PGillyPGilly   17 février 2022
Il se contentait de vivre, de se fondre dans son environnement familier, cette forêt qui l'abritait depuis toujours et la neige, sa matrice. Il la sentait venir, à l'intérieur de son corps, dans ses veines, ses os et ses muscles qui se tendaient sous la peau. Il pouvait la respirer avant de voir les premiers flocons s'échapper du ciel bas et opaque.
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Lilou08Lilou08   17 avril 2022
Lorsqu’ils atteignirent le lac Glacé, il était presque 11 heures. L’air s’était sensiblement réchauffé et, avec la dépense physique, leurs anoraks étaient presque de trop.
- On est dans les temps, annonça Noah qui se défit du sien et le noua autour de la taille. On trouvera un endroit où poser la tente de l’autre côté du lac. On va le traverser.
Il tâta la glace de la pointe de son piolet.
- Tu es sûr que ce n’est pas dangereux ?
- La glace est épaisse, ça s’entend à l’oreille, tiens… écoute… Il tapota de nouveau la surface gelée avec le piolet. Formé par un glacier qui se déployait autrefois sur le versant du Marboré, le lac Glacé s’était peu à peu réduit à un creuset naturel rempli d’une eau douce qui gelait en hiver et dont la fonte s’amorçait début avril pour donner un laquet aux teintes émeraude et turquoise, petit joyau posé sur le flanc gris ardoise du Marboré.
- Allons-y. Tu me suis, mais pas à moins d’un mètre. Mieux vaut répartir notre poids, on ne sait jamais.
Prise d’un tremblement intérieur, Miren ne répondit pas et lui emboîta le pas à la distance recommandée. Les crampons accrochaient bien la glace, les empêchant de glisser. Derrière eux se dressait, tel un rempart millénaire, la barrière du cirque d’Estaubé, creusée en son centre par la fameuse brèche de Tuquerouye où se nichait le refuge qui les avait abrités pour la nuit.
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Lilou08Lilou08   16 avril 2022
Il laissa couler pour cette fois et alla se servir une tasse de café aussi noir que son humeur. Les enflures… Et c’est sûr, c’est elle qui est derrière tout ça ! L’Astrid Hirigoyen, la fille du maire. C’est forcément eux. Les écolos. Les antichasse. « ONT VOUS AURAS. » En plus, ils ont fait des fautes, pour faire croire que c’étaient des gosses…, se dit-il en se brûlant la langue, les yeux perdus au-dehors, sur le pré qui s’étendait dans toute sa blancheur neigeuse. On aurait dit que le ciel et ses nuages étaient tombés sur le monde. Juste derrière, le flanc puissant de la montagne. Le village entier y était adossé. Une nichée d’oisillons contre le ventre de leur mère. Elle le protégeait des vents glacés et des tempêtes et le maintenait dans son ombre même en été. Ce qui, par ces canicules de plus en plus régulières, n’était pas un mal. Pourtant, ces derniers temps, les coulées de neige, heureusement sans gravité, s’étaient multipliées et la montagne protectrice se transformait peu à peu en une menace latente. Malgré tout, personne ici ne songeait à quitter le village où il était né.
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collectifpolarcollectifpolar   10 avril 2022
Tout comme les membres de sa communauté, que Ceux d’en haut appelaient Ceux de la forêt, l’Espada connaissait chaque arbre des bois où ils vivaient. Elle avait appris à Noah comment ceux qu’elle qualifiait de rois et de princes couronnés grandissaient. Comment ils s’entraidaient, se protégeaient les uns les autres, communiquaient par un frémissement de feuille ou de sève, un craquement de leur peau en écailles sombres. Elle lui avait parlé du rôle de sentinelle qu’avaient les champignons qui poussaient à leurs pieds. Car, dans la nature, tout était parfaitement organisé et se tenait. Les minuscules maillons d’une immense chaîne. Si l’un d’eux venait à défaillir ou à manquer, ce serait le chaos.
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Vidéo de Sonja Delzongle
À l'occasion de Quais du Polar 2022, Sonja Delzongle vous présente son ouvrage "Abîmes " aux éditions Denoël.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2590451/sonja-delzongle-abimes
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
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