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ISBN : 2940523568
Éditeur : Editions des Syrtes (24/08/2017)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Trois générations de femmes russes parlent à bâtons rompus, se confient et racontent leur pays...
En toile de fond de leurs récits de vies ordinaires, c'est l'histoire de la Russie qui défile : l'immense Union soviétique, le chaos libéral des années 1990 et la Russie de Poutine.
Plus concrètement, elles parlent de petites filles, de femmes et de grands-mères qui ont vécu dans différentes Russies. Et au-delà, ce sont des hommes dont elles parlent le plu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  06 juillet 2017
Images multiples de la Femme russe.
14 femmes (et un homme psychanalyste, pour la hauteur de vue) mêlent leurs voix pour nous décrire la société russe en plusieurs générations. Des récits qui nous entraînent dans l'intimité d'une population qui a subi des fractures majeures durant le 20ème siècle, voyant par deux fois s'écrouler un système politique pour le pire et le meilleur.
Les femmes russes, largement majoritaires démographiquement, forment un socle inébranlable, endurantes dans l'adversité du quotidien, reines de la débrouillardise et de la survie. Elles sont néanmoins différentes à l'image de leurs histoires personnelles, mais toutes combattives, exigeantes, conformistes, fatalistes, nostalgiques, toujours réalistes.
Dans tous les domaines, pour elles, la fin justifie les moyens.
Certaines expriment une nostalgie de l'époque soviétique, évoquent des souvenirs heureux et une grande fierté pour leur pays, ce qui peut paraître incroyable pour nous, occidentaux. Mais il faut bien mettre de côté nos visions angéliques de la démocratie et comprendre ce qu'a été, pour la population russe, le libéralisme sauvage des années 90.
Lauren Demidoff leur a donné la parole, intriguée par un constat étonnant: jamais elles ne parlent d'amour et sont souvent déçues par les hommes, surtout ceux qui ont subi la période de transition. Elles ont même la dent très dure envers la gente masculine.
Le décryptage du psychanalyste en est très éclairant.
Elles sont d'un pragmatisme confondant sur la vie de couple et la notion du bonheur familial. Elles évoquent leur rôle, leur statut au sein de la famille, la nécessité de pallier aux incapacités des hommes (ou à leur disparition) dans une culture traditionnellement patriarcale mais dans les faits organisée par les femmes.
Elles parlent métiers, éducation, religion, réussite et patriotisme tout en ayant un oeil admiratif et/ou critique sur la politique de Poutine et la montée du nationalisme.
Un livre formidable, touchant, dramatique, parfois cocasse et surtout explicatif. Une étude sociologique et historique passionnante, aux multiples facettes de ressentis et compréhension, qui se lit comme un roman.
Sélection Document du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018
Rentrée Littéraire 2017
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Yaena
  05 septembre 2017
Un documentaire plaisant à lire qui aborde l'aspect historique, sociologique et humain d'une société souvent énigmatique. Ces femmes sont touchantes et leurs récits nous apprennent beaucoup. Elles nous invitent dans leur intimité, tentent de nous faire comprendre qui elles sont et quels sont leurs combats.
Pas de langue de bois quand il s'agit de parler politique, elles assument leurs opinions, et leur patriotisme frise parfois le nationalisme. Il y a une vraie rage de vivre chez elles, mais leur univers est aussi dur et cynique. Pas de place pour la mièvrerie ou les grands sentiments l'amour est plus que secondaire, c'est le pragmatisme qui prime. Ce qu'elles recherchent c'est la sécurité, la stabilité, un homme avec une bonne situation sur qui se reposer. Ce qu'elles veulent c'est un homme, un vrai et à leurs yeux cela n'existe plus en Russie (sauf Poutine qui semble être la référence en matière d'homme). D'après elles il ne reste que des hommes faibles, alcooliques, dépressifs, bref rien à voir avec leur idéal.
Malgré l'honnêteté dont ces femmes font preuve une certaine distance et une certaine froideur demeure dans ces témoignages, peut être le fruit d'une forme de fierté, ou peut-être est-ce là l'une des manifestations de la mystérieuse « âme Slave ». J'ai trouvé les deux derniers témoignages particulièrement intéressants, a contrario certains ne m'ont pas marqué et me sont plutôt apparus comme redondants. Je regrette également que l'intervention du seul homme ayant participé à cet ouvrage se place uniquement du point de vue professionnel du psychanalyste. J'aurais aimé qu'il nous donne son avis en tant qu'homme, voire qu'il plaide leur cause, au moins qu'il prenne position.
Il est évident qu'on ne peut pas comprendre la Russie à la seule lecture de ce livre mais c'est un angle de vue inattendu et intéressant.
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MallowCat
  13 septembre 2017
Il s'agit ici d'un recueil de témoignages de femmes russes intitulé "La tête et le cou", écrit par Maureen Demidoff, journaliste installée à Moscou depuis plusieurs années.
Elle retranscrit dix interviews de femmes d'âges et de milieux divers dont le seul point commun est la patrie mère.
Si au départ, je n'étais pas emballée par l'idée, je me suis vite laissée happer par les histoires de ces femmes si différentes de nous, occidentales. Leur réputation de femmes fortes n'étant plus à prouver, on découvre à travers ces mots pourquoi elles le sont. On y traite principalement de leur relation avec les hommes, de l'attachement à leur familles, mais aussi de leur rapport au monde du travail, à la politique et surtout à l'ex-URSS.
Il est étonnant de se rendre compte à quel point l'impact historique de cette fission a été fort sur elle, même sur celles qui sont nées bien après la grande crise. Étonnant aussi de les voir parler de Poutine comme d'une espèce de demi dieu. Elles opposent ce modèle d'homme viril à leurs hommes à elles qu'elles qualifient à tour de bras de faibles, d'alcooliques, de violents et j'en passe. Certains points de vue sont croustillants. Certains clichés sont à faire peur : la femme Russe, mariée à 20 ans, divorcée à 22 trouve indécent de sortir de chez elle sans maquillage et cherche à tout prix un homme capable de la protéger. À côté de cela, elle materne son fils à l'extrême et contribue donc à la "faiblesse" de l'homme du futur. le paradoxe est entier, le serpent se mord la queue, elle en est consciente, mais les moeurs n'évoluent pas en conséquence.
Elle clôture son ouvrage en interrogeant le grand absent du livre : l'homme. Une bonne idée à la base qui vient vite se casser la gueule une fois que l'on comprend que le bonhomme en question est un psychanalyste qui, au lieu de nous livrer sa vision de la relation hommes/femmes en Russie, se contente de commenter les témoignages et réduit la chose à une analyse Freudienne à deux balles.
Le tout est intéressant et plutôt agréable à lire, mais j'ai regretté le manque d'implication de l'auteure (et les trop nombreuses fautes d'orthographe). Pourquoi a-t-elle écrit ce livre, qu'en- a-t-elle retenu ? Seule une préface, trop courte à mon sens nous met sur la voie. La postface, quant-à-elle, sorte de résumé statistique et historique, manque à mon sens de coeur et clôture un peu âprement ce moment de lecture.
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bswoessner
  20 octobre 2017
L'auteur, qui a vécu plusieurs années en Russie, nous conte la vie de quelques femmes russes d'âges et d'origines diverses. le livre se compose de courts chapitres, intitulés du prénom de chaque femme présentant les grandes lignes de sa vie et quelques anecdotes à la première personne du singulier.
J'ai eu de la peine à ressentir de l'empathie pour ces femmes, qui ne sont pratiquement pas décrites et qui finalement se ressemblaient toutes dans mon esprit. Beaucoup d'entre elles ont souffert du régime et de l'absence des hommes, de leurs pères en particulier que plusieurs d'entre elles n'ont pas connus.
Je me suis demandé si le postulat de ne faire parler pratiquement que les femmes était judicieux, dans la mesure où les témoignages finissent par devenir répétitifs et ne peuvent rendre compte que d'un point de vue de la relation hommes-femmes. Il y a certes un homme à la fin de l'ouvrage, qui m'a semblé bien isolé et qui ne parle qu'en tant que psychanalyste, tout en livrant en partie sa biographie dans un exercice assez confus. Pourquoi choisir un homme pour juger ce livre d'un point de vue pseudo scientifique ? Je n'ai pas bien compris ce qu'il fabriquait là et n'ai d'ailleurs trouvé ses explications ni limpides, ni bien écrites, ni même structurées (sans parler des fautes d'orthographe). La postface est certes intéressante, mais trop statistique à mon goût et, de ce point de vue, sans aucun lien avec le reste du livre.
J'ai regretté également la forme choisie des témoignages courts à la première personne du singulier, qui font penser à de petites biographies juxtaposées, manquant souvent de profondeur et dans lesquelles l'auteur ne s'implique jamais pour nous expliquer où il veut en venir.
Enfin, le style est très simple et facile à lire, sans grande originalité et très uniforme. Je trouve qu'il n'aide pas non plus à embarquer le lecteur dans ces histoires diverses, qui finalement se lisent avec intérêt, mais sans grand plaisir littéraire.
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supernova7
  23 septembre 2017
Trois générations de femmes russes ont la parole dans ce document éclairant et instructif sur la culture russe. Chaque témoignage fait quelques pages et j'ai pris beaucoup de plaisir à en lire deux ou trois à chaque séance de lecture. Il ne se lit pas d'une traite car il peut paraître répétitif, surtout à travers les témoignages de la vieille génération durant l'ère soviétique. Mais, cela reflète une société très uniformisée et liberticide dans ce régime communiste. Pour cette génération, l'âme slave est primordiale et elles regrettent la perte des valeurs et des repères lors de la chute du régime pendant les années de transition. Cette période de crise est très présente dans tous les témoignages et j'ai été très étonnée de constater qu'à la place de profiter d'une liberté nouvellement acquise, la société russe a alors perdu ses repères, ses illusions et le pays a plongé dans la crise économique. Ce document m'a donc beaucoup appris sur cette période post-soviétique et j'ai trouvé cela très intéressant car étant trop jeune, je n'ai pas assisté à ses bouleversements. Un autre aspect qui m'a intrigué est le rapport entre les hommes et les femmes en URSS puis en Russie, il revient dans la plupart des témoignages et cette vision des choses est très éloignée de celle que l'on a en Occident. En outre, la place de la religion orthodoxe par rapport à l'Etat a été une autre découverte pour moi.
Dans les témoignages des jeunes générations, il est évidemment question de Poutine et comme je m'en doutais, la majorité le soutient et le considère comme l'homme providentiel qui a su relever le pays. Je me suis sentie plus proche de ces jeunes russes qui avaient tendance à rejeter le modèle patriarcal encore très prégnant dans la société russe.
J'ai également apprécié la préface qui permet de fournir un contexte aux différents témoignages qui se succèdent ensuite et la postface d'un psychanalyste qui nous donne une belle réflexion sur la place des femmes en Russie. Ce dernier aurait pu donner son avis en tant qu'homme car j'étais curieuse de savoir ce qu'il en pensait personnellement, en tant qu'homme russe.
Ce document a vraiment le mérité de donner une voix à toutes ces femmes combatives et de nous éclairer sur l'URSS d'hier et la Russie d'aujourd'hui, très intéressant !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
tynntynn   04 juillet 2017
Les Romains disaient que l'homme est la tête et la femme est le cou. La tête ne bouge que grâce au cou qui la commande, et ne regarde que la direction que le cou indique. C'est un proverbe largement répandu en Russie...
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ninachevalierninachevalier   20 octobre 2017
Les hommes, je les aimais intelligents, cultivés, et surtout aimant les livres. Un homme qui n'aime pas lire ne peut pas être intéressant. Une bête de somme, rien de plus.
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tynntynn   04 juillet 2017
La femme russe est assurément singulière et nulle part ailleurs, il me semble, on ne trouve ce concentré de féminité et de combativité. Il faut dire qu'en Russie tout est outré et la femme ne fait pas exception.
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EroblinEroblin   10 septembre 2017
Je pense que les Russes ne savent pas vivre sans un pouvoir fort et qu'ils ont besoin d'être dominés. A l'époque des Tsars, nous étions gouvernés par une autorité forte que nous ne pouvions contester, puis nous avons eu un régime autoritaire avec les communistes, alors quand nous nous sommes retrouvés sans chef, lors des années de transition, nous avons dépassé toutes les limites possibles. Poutine représente l'autorité dont nous avions besoin pour remettre le pays en ordre et le faire sortir de la situation économique et sociale catastrophique des années 1990.
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