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EAN : 9782490155064
192 pages
Éditeur : COLLAS (14/09/2018)

Note moyenne : 4.48/5 (sur 22 notes)
Résumé :
L'Aurore de Selahattin Demirtas, c'est le cri de la part éclairée d'un pays.
Ce livre, écrit en prison, est en train de devenir un cri de ralliement et d'espoir.
Des histoires turques et kurdes dédiées « à toutes les femmes qui ont été assassinées et qui ont été victimes de la violence », mais qui n'échappent pas à l'humour. L'auteur aurait pu nous livrer un récit pesant sur les crimes d honneur, le travail des enfant, l'exil ou la guerre, dans la Turq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Nat_85
  01 mars 2019
Lorsque j'ai rencontré Emmanuelle Collas en septembre dernier, elle présentait (ou plutôt elle défendait devrais-je dire) ce livre lors de la rentrée littéraire à la Roche-sur-Yon (85). J'ai été à la fois intriguée mais aussi fascinée par son courage et sa détermination.
Aujourd'hui, après la lecture de celui-ci, je comprends. Et j'ai un rêve. Celui que ce livre fasse le tour du monde, passe de mains en mains, et qu'enfin la démocratie l'emporte partout et pour tous, grâce à la littérature !
Les éditions Emmanuelle Collas, ont choisi de publier de recueil de nouvelles » L'aurore « en 2018, alors que son auteur Selahattin Demirtaş est toujours incarcéré dans la prison d'Edirne en Turquie. L'engagement d'Emmanuelle Collas pour cette publication démontre une volonté de reconnaissance sur la situation non seulement de l'auteur, mais aussi dans une perspective plus large, de la situation en Turquie. Elle cite à son propos : » Il y a chez lui, pour le XXIe siècle et pour le Proche-Orient, quelque chose de Vaclav Havel ou de Nelson Mandela. «
Bien plus qu'un recueil de nouvelles, ce livre est un engagement, un enjeu à défendre à tout prix, un cri d'espoir !
Quelques mots sur l'auteur de ses nouvelles avant toute chose, car c'est au prix de sa liberté que Selahattin Demirtaş a eu le courage de mener son combat. Et c'est après de longues semaines de négociations – censure oblige – que ce projet d'édition sera mené à son terme. Si » Résistance est espérance » comme le disait René Char, alors Selahattin Demirtaş est de ceux dont il ne faut pas oublier le destin. Incarcéré depuis le 4 novembre 2016 en Turquie donc, Selahattin Demirtaş est toujours en attente d'un procès. Il risque une peine de prison de 142 ans ! Turque d'origine kurde, il est le leader charismatique du HDP ( Parti démocratique des peuples ). Ce parti d'opposition pro-kurde est le plus progressiste du Proche-Orient. Malgré les circonstances liées à l'emprisonnement de l'auteur, et bravant la censure, le livre s'est vendu à 180 000 exemplaires depuis sa parution en septembre 2017. Un des plus grands best-sellers de l'histoire de l'édition turque.
C'est avec un grand sens de l'engagement et de logique que les éditions Emmanuelle Collas ont fait le choix de faire préfacer ce recueil par Asli Erdoğan, auteure en exil forcé, devenue le symbole de la résistance en Turquie.
L'aurore. Un titre simple aux mille évocations. Seher en turque, il est le nom d'une femme qui trouve la mort en rencontrant l'amour. Mais L'Aurore, c'est également le journal dans lequel Zola écrivit » J'accuse » le 13 janvier 1898 pour défendre Dreyfus.
» À toutes les femmes assassinées, à toutes celles victimes de violences… «
C'est ainsi que Selahattin Demirtaş rend hommage aux femmes dans son recueil composé de douze nouvelles. Si chacune est une histoire singulière de femme, l'ensemble constitue l'atrocité du destin d'être née femme dans la Turquie et la Syrie contemporaines. Si certaines sont proches de l'insoutenable à la lecture, l'auteur a ce talent de rester lumineux, même dans la nouvelle intitulée justement » Seher « .
p. 37 : » Un soir, dans la forêt, trois homme ont volé les rêves de Seher. Au milieu de la nuit sur un terrain vague, trois hommes ont pris la vie de Seher. «
Celle-ci m'a profondément touchée, et explique ma volonté de promouvoir ce livre et son auteur.
Il utilise aussi la personnification, notamment dans la nouvelle » le mâle qui est en nous » . Ainsi, à la fin de celle-ci, le sourire en coin, le message est passé, telle la morale dégagée dans les fablesDe La Fontaine.
p. 22 : » La femelle, après dix minutes de résistance solitaire et acharnée, avait mis en déroute les oiseaux policiers, qui s'envolèrent loin de la cour. La détermination avec laquelle elle avait défendu son nid et ses oeufs, malgré la violence de l'attaque menée contre eux, était vraiment incroyable. Quant à mon congénère, le voilà qui me regardait en bombant stupidement le torse. » Ne me regarde pas comme ça, tu devrais d'abord tuer le mâle qui est en toi. «
Selahattin Demirtaş imagine un soulèvement démocratique subversif, par les femmes, dans une rage d'être libre, en tant que telle. Une volonté décrite avec sensibilité dans la nouvelle » Nazo, femme de ménage » :
p. 52 : » Je suis ici parce que je suis une femme prolétaire. Je n'ai jamais participé de ma vie à une manifestation, pourtant ça m'a permis de voir notre quartier d'un autre oeil. peut-être que je ne resterai pas longtemps en prison, mais ces six mois m'auront suffi à mieux me connaître. Et puis j'ai appris une chose importante : si tu marches droit devant, avec courage et détermination, tu pourras arriver plus vite que certaines voitures. C'est moi » Nazo, femme de ménage « , à nous deux Ankara ! «
Parfois sur un ton que l'on pourrait paradoxalement qualifié de drôle, Selahattin Demirtaş nous fait découvrir la réalité d'un monde qui ne touche que trop peu l'Occident. On y découvre un pays où la femme ne bénéficie d'aucune présomption d'innocence, coupable parce que d'abord femme. Si vous avez la chance de lire ce recueil de nouvelles, dites-vous qu'il a bravé tous les obstacles pour parvenir jusqu'à vous. Et qu'à ce titre, il est de notre devoir, autant pour cette raison que pour les trésors qu'il renferme, de diffuser au plus grand nombre cette oeuvre ! Car la littérature a ce pouvoir, d'oeuvrer pour la liberté !
Lien : https://missbook85.wordpress..
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jonask54
  26 décembre 2018
Selahattin Demirtaş est un écrivain turc d'origine kurde et surtout l'un des principaux opposants de Recep Tayyip Erdoğan, en tant que co-président du HDP (Parti démocratique des peuples). Il avait été choisi par son parti pour être candidat à l'élection présidentielle anticipée du 24 juin 2018, malgré son emprisonnement depuis le 4 novembre 2016. Emmanuelle Collas lors de la rentrée littéraire a décidé de publier un recueil de nouvelles que Demirtaş a écrit pendant son incarcération qui est toujours d'actualité. Il a été condamné d'ailleurs en septembre dernier à quatre ans et demi de prison et doit affronter de multiples procès dans les années à venir s'il n'est pas libéré, malgré une demande de libération demandée par la Cour européenne des Droits de l'Homme qui fut rejetée.
L'Aurore est un recueil de douze nouvelles qui a été publiée en septembre 2017 et donc un an plus tard en France grâce à Emmanuelle Collas et à la traduction de Julien Lapeyre de Cabanes. Il a figuré sur la liste du prix Médicis étranger jusqu'à la deuxième sélection, prix n'en comportant que deux d'ailleurs cette année. Il s'est vendu déjà à plus de 180000 exemplaires comme le rappelle l'éditrice. En plus des nouvelles, le livre contient les remerciements de l'auteur, un mot de l'éditrice qui cite « Résistance est espérance » de Char notamment ainsi qu'une petite biographie de l'auteur. Emmanuelle Collas est une jeune maison d'édition même si l'éditrice n'en est pas à ses débuts dans le métier, les livres sont très beaux, sobres, avec des bandeaux comme pour celui-ci ou une jaquette qui peut se retirer. Leur format est très appréciable.
Avec ce livre, j'ai découvert davantage la Turquie et plus largement le Proche Orient car jusqu'à présent, je n'ai lu en dehors de la revue Apulée, aucun livre complet d'un écrivain turc, ce qui est désormais chose faite. Pourtant, beaucoup d'auteurs turcs sont très célèbres, en premier lieu Asli Erdoğan dont j'ai suivi de près la détention et le procès constamment reporté avant qu'elle soit libéré, Orhan Pamuk, le prix Nobel de littérature ou encoreHakan Günday (lu dans Apulée justement et dont j'ai acheté récemment le roman Encore qui avait été publié justement par Emmanuelle Collas en 2015 aux éditions Galaade et qui avait été récipiendaire du prix Médicis, livre que j'ai eu la chance de trouver dans cette édition dans une librairie lilloise qui l'avait gardé dans son fonds).
Il faudrait évoquer chacune des douze nouvelles de ce recueil et parler d'un recueil de nouvelles est souvent plus difficile que parler d'un roman. Tout ce que l'on peut dire c'est que c'est magnifiquement écrit et remarquablement traduit à mon avis par Julien Lapeyre de Cabanes. « Seher » qui signifie « Aurore » et qui donne son titre au recueil qui est la seconde nouvelle du recueil est absolument bouleversante en particulier. Ce personnage de jeune femme m'a extrêmement touché. Je n'en dis pas plus. C'est un recueil sur la condition féminine, sur le désir de toutes ces femmes de pouvoir « affirmer leur liberté et leur indépendance » comme le souligne très bien la quatrième de couverture. La nouvelle « Ce n'est pas ce que vous croyez ». Les nouvelles qui m'ont le plus touché et marqué dans ce recueil sont en dehors de celle citée précédemment les nouvelles suivantes : « Ce n'est pas ce que vous croyez », « Salut aux yeux noirs », « Lettre à la Commission de lecture du courrier de la prison », « Les délices d'Alep » et « Seul comme l'Histoire » mais elles sont toutes intéressantes, par leur écriture, leurs thèmes, ces voix que l'écrivain nous donne à entendre, son intérêt pour diverses classes de la société. Il nous donne à voir les ravages que peut causer l'amour, traite beaucoup des relations parents-enfants dans des pays où les événements politiques et les moeurs ont une influence sur la famille. Ce n'est pas qu'un livre triste, c'est un livre également plein d'espoir, un livre de résistance, celui d'un homme engagé, que l'on sent extrêmement bon sur le plan humain. C'est un livre d'une profonde sensibilité. Bravo encore à l'éditrice, au traducteur et à l'écrivain !
Lien : http://passionlectures.over-..
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JeanPierreTisserand
  01 octobre 2018
Selahattin Demirtas avocat turc d'origine kurde et leader d'un parti d'opposition a été emprisonné et condamné à une peine de prison de 142 ans. Cet homme courageux et talentueux nous offre avec
" l'aurore " un recueil de nouvelles, dont certaines bouleversantes, où il dépeint la condition de la femme et la société en Turquie, avec force et justesse dressant un portrait accablant du régime actuel, tout en gardant une sobriété qui n'atténue en rien le propos, mais souligne avec finesse la sensibilité de l'auteur. Un ouvrage qu'on lit avec intérêt et émotion, écrit par un écrivain très doué qui inspire par son action et sa résistance sympathie et respect.
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HQL
  09 mai 2020
Les librairies sont des lieux magiques à bien des égards, mais une de leur fonction oubliée avant celle du simple commerce de l'objet livre, est celle du conseil littéraire. Je n'aurais probablement jamais remarqué ce mince recueil de nouvelles sur la table de présentation de ma librairie si Marie-O., ma libraire, ne m'avait pas glissé un « j'ai une nouveauté qui pourrait vous plaire… », en me présentant L'aurore, ce recueil de nouvelles écrit par Selahattin Demirtaş depuis la prison dans laquelle il est incarcéré en attendant un procès, à l'autre bout de la Turquie. Publié chez un éditeur que je ne connaissais pas, Emmanuelle Collas, je me suis laissé tenter par ces quelques nouvelles regroupées en 140 pages.
Et quel plaisir, les amis ! S'il s'agit de la première publication de l'auteur, qui n'est pas par ailleurs ni écrivain ni romancier mais homme politique – et avant tout désormais prisonnier – et s'il n'a pas pu bénéficier des nombreux conseils qu'un éditeur peut apporter à un auteur lors du travail d'écriture et d'amélioration d'un manuscrit, il faut malgré tout reconnaître un talent de conteur à son auteur, dont la plume est belle et qui réussit ce par insensé de nous faire voyager, vivre des drames, des espoirs, des douleurs, en quelques pages à peine.
En douze nouvelles, Selahattin Demirtaş convoque tour à tour la violence et la cruauté, l'emprise des hommes sur les femmes, le silence des minorités opprimées, la fuite des peuples en guerre, la résilience, la poésie, l'amour, la littérature, la beauté des paysages et la rudesse de l'homme. C'est une très belle découverte, j'ai savouré chacune de ces histoires, aussi douloureuse soit-elle, comme un bonbon, avec gourmandise. Merci à Marie-O. pour ce conseil, merci à l'éditrice d'avoir porté une si belle plume jusqu'à nous, et merci à celles et ceux qui, en Turquie, ont permis à l'auteur de s'évader en écrivant.
Lien : http://www.hql.fr/laurore-se..
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fanfan50
  31 août 2019
J'ai lu avec plaisir ce recueil de douze nouvelles dont la deuxième a donné le nom à l'ouvrage car Seher en turc veut dire l'aube, l'aurore. L'auteur est incarcéré en Turquie dans une prison de type « F » à Edirne. Ce genre de prison au nombre de treize en Turquie accueille en particulier les prisonniers politiques, dans des conditions d'isolement très dures et régulièrement dénoncées par les associations de défense des droits humains, c'est la note de la traductrice dans la nouvelle « Salut aux yeux noirs ». Il a dû écrire ces petites histoires en prison car quelques-unes y font référence. Celle qui est intitulée La petite sirène évoque de façon très poétique le sort des migrants. Rien n'est lourd chez lui, son style est très poétique tout en allant droit vers l'essentiel. Un petit bijou d'écriture qui donne à réfléchir.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Nat_85Nat_85   02 mars 2019
Notre passion grandira à mesure que se resserreront les liens qui nous uniront dans la lutte. Nous apprendrons à nous connaître en marchant main dans la main sur la glorieuse voie de la révolution. Passé par l'épreuve des interrogatoires, de la torture, notre amour deviendra aussi solide que l'acier trempé. Nous imaginerons et construirons un monde où les opprimés auront le pouvoir. Nous créerons l'amour par le travail, la liberté par la révolte.
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fanfan50fanfan50   19 août 2019
Un jour, quelque temps plus tard, tu mis dans une timbale un peu de yaourt que tu avais laissé fermenter à la maison, et tu nous dis : Allez porter ça à vos grands-parents Hadji. » Mon frère et moi traversâmes joyeusement les quatre quartiers de la ville qui nous séparaient de chez eux. Nous arrivâmes vers midi, épuisés. Mamie nous dit : « Vous devez avoir faim maintenant » et elle nous donna un peu de pain pour accompagner le yaourt que nous venions d’apporter. Nous engloutîmes toute la timbale. Mamie la rinça, nous la rendit, et nous rentrâmes chez nous. « Pourquoi vous arrivez si tard ? » demandas-tu. « On a déjeuné chez mamie, c’est pour ça. » « Qu’est-ce que vous avez mangé ? » « Du yaourt.» « Vous voulez dire le yaourt que je vous ai demandé d’apporter ? » « Oui. » Nous répondîmes sans avoir l’impression d’avoir fait quoi que ce soit d’anormal. Ce que les gens ont pu rire quand on leur a raconté. Pour ma part, je ne voyais rien d’étonnant là-dedans. En y repensant, je trouvais même ça tout à fait normal, quoique sans savoir exactement pourquoi. A force d’y réfléchir, j’ai fini par trouver la solution, en prison. Ce n’était pas pour ce yaourt dont ils n’avaient pas besoin que tu nous avais envoyés chez nos grands-parents, mais pour leur faire le plaisir de nous voir. Effectivement, ils étaient très heureux de nous voir arriver avec le yaourt. Et encore plus heureux de voir leurs uniques petits enfants manger tout le yaourt. Tu avais compté leur faire plaisir grâce au yaourt, et nous, en le mangeant nous leur en avons offert un deuxième ! Et depuis trente-six ans, vous continuez à vous moquer injustement de nous, bande d’ingrats.

(Nouvelle intitulée "Règlements de comptes avec ma mère")
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fanfan50fanfan50   19 août 2019
La ville la plus proche d’Alep est Antioche, en Turquie. Les habitants d’Antioche sont si proches d’Alep qu’en tendant bien l’oreille, ils pourraient entendre l’explosion de chez eux.
Les mezzés d’Antioche sont célèbres, sa cuisine est très variée. Riche de toutes les cultures qui s’y sont mélangées depuis la nuit des temps, il n’y a rien qu’on ne retrouve pas dans la cuisine d’Antioche. Tout ce que les Arabes, les Arméniens, les Syriens, les Turkmènes, les Kurdes, les Persans et les Grecs ont pu boire et manger, les habitants d’Antioche en ont pris note, en se disant que ça pourrait leur servir un jour. Et ils s’en sont servis tous les jours. Les voyageurs de passage à Antioche qui quittent la ville sans avoir goûté à ses délices ne savent vraiment pas ce qu’ils ratent.

(Nouvelle intitulée "Les délices d'Alep")
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Nat_85Nat_85   01 mars 2019
Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté.
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fanfan50fanfan50   19 août 2019
D’autre part, je ne suis pas écrivain ni rien. Même si je ne nie pas que d’avoir grandi entre une mère artiste et un père écrivain a pu laisser quelques traces.
Voyez plutôt : quand j’étais petit, nous nous réveillions tous les matins au son du piano. Nous habitions dans deux pièces, les frères et sœurs dormaient tous dans la même chambre. C’est aussi là que se trouvait le piano de ma mère. Ma chère maman s’y asseyait tous les matins et en jouait avec ardeur. Cette musique, croyez-moi, résonne encore à mes oreilles. Quand j’eus un peu grandi, ma mère me dit : « un piano, quel piano ? C’est une machine à coudre ça, imbécile, c’est pour qu’on gagne un peu d’argent en plus. » Soit, mais enfin, on pouvait aussi bien imaginer que c’était un piano, n’est-ce pas ? Chère Commission, que Dieu vous pardonne, si vous voulez que vos enfants aient l’oreille musicale, c’est le rythme qu’il faut leur faire entendre, pas des chansons. Regardez, les plus grands virtuoses de la musique traditionnelle, comme Arif Sag, doivent beaucoup aux crécelles des moulins de leur village.

(Nouvelle intitulée "Lettre à la Commission de lecture du courrier de la prison)
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Emmanuelle Collas vous présente l'ouvrage de Selahattin Demirtas "L'aurore" aux éditions Emmanuelle Collas. Rentrée littéraire automne 2018.
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