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EAN : 9782253905257
253 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1996)
4/5   3 notes
Résumé :
Notre connaissance du théâtre grec ne cesse de progresser. Les innombrables reprises ou adaptations de pièces antiques sur toutes les scènes du monde témoignent d'une tradition toujours vivante. Destinée à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre cet héritage, l'Introduction au théâtre grec antique retrace avec clarté les grandes étapes de sa formation et de son développement. L'ouvrage relate la genèse des spectacles en Grèce, depuis les manifestations rituelles ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Musardise_aka_CthulieLaMignonne
  28 février 2019
Voilà : j'avais dans l'idée de relire ce livre avant d'en écrire la critique, au cas où... Au cas où j'en sais rien, en fait. Je fais ça régulièrement pour une partie des pièces de théâtre que je lis, et je me rends compte que c'est du perfectionnisme finalement mal placé. C'est pas comme si vous vous attendiez à lire une thèse hyper pointue sur le théâtre grec et que je doive revoir toutes mes sources en détail pour être fin prête. Bon, c'est vrai que je suis lente aussi à me décider à écrire mes critiques, et qu'entre la lecture et l'écriture, je me rends compte que j'ai parfois oublié deux-trois trucs, ou que je croie avoir oublié, ou que... Bref.
Je cherchais un ouvrage sur le théâtre grec antique qui soit accessible à un large public : pas question pour moi de lire une somme de 3000 pages sur le sujet. Et de livre disponible en bibliothèque que je puisse feuilleter, je n'en ai trouvé qu'un : celui dont je vous parle aujourd'hui. Qui m'a paru peu avenant au premier abord (je m'en expliquerai plus tard). Mais bon, avais-je bien le choix ? Non, donc je m'en suis contentée. Et bien m'en a pris, car j 'ai tellement apprécié cette Introduction au théâtre grec antique, je l'ai trouvée tellement indispensable pour les néophytes tels que moi, qu'après avoir rendu le livre à la bibliothèque, je l'ai acheté. Parce que j'étais certaine que j'allais m'y replonger régulièrement - et c'est le cas.
Première qualité, il est très bien fichu, avec ses cinq chapitres sur la naissance du théâtre grec antique, sur le théâtre à Athènes à l'époque classique (car qui dit grec ne dit pas forcément Athènes), sur la tragédie, sur la comédie, et enfin, sur la postérité du théâtre grec antique. Rien à dire sur cet enchaînement logique et complet de l'histoire du théâtre grec antique. La seconde qualité, c'est que c'est très clair tout en restant concis, alors que l'histoire du théâtre grec n'est pas si simple à appréhender. Certes, il ne faut pas décrocher lors du premier chapitre, sans quoi on serait vite largué aux suivants, mais un peu de concentration et de motivation permettent de suivre aisément les aléas et le chemin qui ont mené, d'une part, à la naissance du théâtre grec antique proprement dit, et, d'autre part, à celle du théâtre grec dit "classique", c'est-à-dire celui du Vème siècle que nous connaissons, avec Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane et Ménandre. Je note au passage qu'il est fait mention d'autres auteurs dont il ne nous reste malheureusement pas grand-chose, et de leur éventuelle influence sur le théâtre des célébrités que je viens de nommer.
Ce qui m'a particulièrement frappée et intéressée, au-delà de la question des pièces elles-mêmes (dont il ne reste que peu de choses), c'est tout ce qui a trait au contexte - au point que j'ai maintenant envie de me lancer dans l'histoire grecque du Vème siècle -, notamment lorsqu'il est fait mention des relations entre politique, religion et théâtre ; à ce que signifiait le théâtre antique grec, en tant qu'élément de la vie publique et en tant que spectacle à part entière. Mais apprendre comment fonctionnait le théâtre grec et comment il a évolué - toutes ces histoires de choeur et de choryphée, que je connaissais tout de même un peu, de protagoniste(s), d'autel de Dyonisos et de musique, d'effets spéciaux (mais oui!!!), avec eccyclème et compagnie... Tout ça m'a permis de saisir le gouffre qu'il y a à lire une pièce de, mettons, Euripide... et puis, non, de Sophocle, vu que je préfère Sophocle, en fait... de saisir le gouffre, donc, disais-je, qu'il y existe entre la vision, la lecture, la mise en scène d'une pièce du théâtre grec antique de nos jours, et cette pièce telle qu'elle se présentait à son époque. Ce qui n'empêche pas de comprendre, grâce aux analyses du théâtre de chaque dramaturge par Paul Demont et Annie Lebeau, ce qu'il y a paradoxalement de novateur chez chacun d'eux, mais aussi d'universel. Enfin, je ne serai jamais trop reconnaissante à nos deux auteurs de ne pas être tombés dans le panneau de l'hypothèse du bouc émissaire et de ce genre de spéculations hasardeuses et jamais validées : ils sont bien trop informés pour ça et s'ils émettent des hypothèses, c'est avec prudence - en revanche, j'avais en 1992 une prof de fac qui m'assommait avec des cours ennuyeux sur Racine (que j'adorais jusque-là) et qui nous sortait l'hypothèse du bouc émissaire en tant qu'origine du théâtre grec comme certaine, alors que le livre de Demont et Lebeau était déjà sorti et qu'il devait exister depuis un moment des recherches qui remettaient cette hypothèse en question. Comme quoi les universitaires ne sont pas toujours très fiables, et parfois assez feignants... Passons. Dernière qualité de ce livre : on ne nous bourre pas le crâne avec Aristote et ses écrits sur la tragédie, qui sont loin de donner une idée complète et objective du sujet.
Pour finir, juste quelques mots pour nuancer cet enthousiasme délirant. J'ai dit que le livre m'avait peu attirée lorsque je l'avais feuilleté la première fois, et pour cause : la partie consacrée aux dramaturges du Vème siècle comporte tous les résumés de leurs pièces, soit entières, soit comportant suffisamment de fragments. C'est le moment un peu aride du livre, et ce d'autant plus lorsqu'on en arrive aux nombreux résumés concernant Aristophane. Cela dit, c'est nécessaire, bien qu'un peu ennuyeux, pour l'analyse qui suit ces résumés. À lire en faisant des pauses de temps à autre ! Pour le reste, je regrette un peu que les auteurs ne se soient pas davantage penchés sur l'interprétation très discutable qu'ont donné du théâtre grec antique les dramaturges classiques français du XVIIème, tels Racine. Il est vrai que le chapitre consacré à la postérité du théâtre grec antique n'est pas le plus développé.
Bref, c'est un basique, sa lecture en apprendra beaucoup à plus d'un, vous pourrez faire les malins en citant des mots savants comme "eccyclème" dans la bonne société, et le livre ne comporte qu'un peu plus de deux cents pages (j'aurais pas été contre quelque chose d'un peu plus long finalement, parce que je suis jamais contente).

Challenge Théâtre 2018-2019
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5Arabella
  12 septembre 2020
Un livre aux dimensions relativement modestes (à peine plus de 200 pages) pour faire le point sur le théâtre grec classique. Les auteurs précisent l'historique de la naissance du genre, évoquent le théâtre à Athènes au Ve siècle, la grande époque de sa splendeur. Puis passent en revue la tragédie, avec les auteurs importants ainsi que les oeuvres qui ont survécu, avant de détailler les auteurs et pièces de comédie. La dernière partie est consacrée à la postérité du théâtre grec classique, de l'antiquité jusqu'au XXe siècle.
C'est sans conteste très bien fait, clair et précis, et permet de s'initier au sujet d'une manière succincte mais précise. J'ai trouvé les deux premières parties les plus intéressantes, la naissance du théâtre et ce qu'il a pu être à l'époque de son épanouissement. La présentation des auteurs est peut-être un peu schématique, et ayant lu toutes les pièces évoquées, leurs résumés ne m'ont pas trop intéressés. La postérité aussi est forcément un peu survolée, tant ce théâtre a influencé d'auteurs à des époques très différentes, dans de très nombreux pays. Mais il n'était pas possible d'en faire plus dans le format de la publication.
C'est incontestablement un excellent ouvrage introductif à la thématique du théâtre grec classique, qui permet de s'initier, avant peut-être de lire les textes, et peut-être des ouvrages plus pointus sur le sujet, ou sur tel ou tel aspect évoqué. A recommander sans contester pour les personnes qui voudraient découvrir ce domaine littéraire et culturel.
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Lailathamghnast
  26 octobre 2015
Bun livre à lire
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   13 février 2019
Il était sûrement plus difficile d'utiliser dans le spectacle l'intérieur du bâtiment. Si large qu'ait pu être la grande porte à deux battants qui s'ouvrait au centre de la skene, seuls les spectateurs du premier rang, s'ils avaient une bonne vue, pouvaient apercevoir l'intérieur de la baraque, mais un intérieur bien trop obscur pour qu'on puisse y distinguer rien de précis. Or les poètes, contraints par la nature même du théâtre à ne représenter que des scènes d'extérieur, ont eu parfois besoin, ou envie, de révéler par exemple, de manière spectaculaire, l'horreur cachée dans la palais et dont un messager vient de faire la description. Ils utilisent alors la deuxième machine du théâtre classique, l'eccyclème, une plate-forme située dans l'axe de la porte de la baraque et portée sur des roues, qui "roule" à l'extérieur une partie de l’espace intérieur. Dans l'Héraclès furieux d'Euripide, le messager sorti du palais vient de faire au chœur le récit de l'effroyable assaut de folie dont Héra, par jalousie, a frappé le héros, le poussant à tuer sa femme et ses enfants ; Héraclès dort maintenant d'un sommeil lourd provoqué par Athéna, et on a pris soin de l’attacher à une colonne à l'intérieur du palais à demi détruit. Pour toutes sortes de raisons, ou d'abord parce qu'il veut que le public assiste au réveil du héros, le poète choisit de montrer le spectacle que le messager vient à l’instant de décrire : la porte centrale s'ouvre donc et l'eccyclème sort, exposant aux regards des choreutes et des spectateurs un tableau qui les épouvante, celui d'Héraclès endormi, entouré des cadavres de Mégara, sa femme, et de ses trois enfants ; le chœur le commente en un chant bouleversé : "Hélas, hélas, voici qu'à deux battants s'ouvre la porte de la haute demeure. Hélas, hélas, voyez ces pauvres enfants étendus devant leur malheureux père, qui dot d'un terrible sommeil après avoir tué ses fils. [...]"

Chapitre II - Le théâtre à Athènes à l'époque classique
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Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   11 février 2019
De la même façon qu'il y a des points communs entre le théâtre et la religion, le jeu social par lequel une communauté organise son fonctionnement ; la "politique", n'est pas sans lien avec les spectacles dramatiques. Dans les deux cas, la parole est, au moyen de rituels variés, déléguée à certains, tandis que le reste de la communauté, en position de spectateur, exprime son sentiment par des votes, des applaudissements ou des protestations. Dans les deux cas, les conflits, quelle que soit leur violence, sont, en principe du moins, médiatisés par l'usage réglé de la parole, et la violence est contenue dans les limites strictes de la bienséance. C'est pourquoi c'étaient souvent les mêmes lieux qui étaient utilisés pour le "théâtre" et pour le "politique".
Nous avons déjà vu qu'à Sparte, le theatron était probablement une partie de la place publique. À Athènes, il en allait de même. Le lieu où l'on danse s'appelait dans l'épopée et à l'époque archaïque choros. Un nouveau terme s'y substitua peu à peu, orchestra, formé sur le verbe signifiant "danser". Il y avait une orchestra à Athènes aussi sur l'agora. À l'époque de Socrate, le lieu portait encore ce nom, mais ne servait plus que de marché aux livres (Platon, Apologie, 26d-e). Jusqu'à la construction d'un théâtre au sens architectural du terme, on installa des bancs autour de l'aire de quelques 30 mètres de diamètre, consacrée à Dionysos, qui jouxtait les lieux politiques les plus importants d'Athènes. C'est là, probablement, que les chœurs de cinquante citoyens de chaque tribu donnaient leurs dithyrambes et qu'eurent lieu les premières représentations théâtrales.

Chapitre I - La naissance du théâtre grec antique
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Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   09 novembre 2019
Son œuvre témoigne en effet d'une curiosité incessante et multiple, d'efforts délibérés pour renouveler l'art tragique, pour explorer encore et encore des voies nouvelles, que ce soit dans le domaine des idées, ou dans celui des techniques théâtrales : nature de l'intrigue, conventions du genre, mètres et style, musique, spectacle, etc. Aussi est-il impossible de proposer une présentation globale d'un ensemble qui frappe d'abord par son extrême variété. Quels traits communs trouver qui caractérisent par exemple à la fois Médée et Ion ?

Chapitre III - La tragédie [à propos d'Euripide]
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Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   29 août 2018
Les Grecs, dès les temps les plus anciens que nous puissions connaître, a construit des lieux de spectacle fixes et a connu des activités de type dramatique. En ce qui concerne les lieux, on parle dans ce cas, par prudence, de theatron, transcription du mot grec qui signifie "lieu d'où l'on peut voir" plutôt que de "théâtre", car on ne sait pas, le plus souvent, à quels spectacles (cérémonies religieuses, civiques, fêtes, assemblées politiques) ces lieux servaient.

Chapitre 1 - La naissance du théâtre grec antique
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Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   28 février 2019
Les tragédies d'Eschyle sont d'abord remarquables par la simplicité et la linéarité de l'action : ni intrigue complexe, ni surprises ou retournements inattendus ne viennent en briser ou en obscurcir le déroulement.

Chapitre III - La tragédie
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature hellénique. Littérature grecque>Littérature grecque : drames (40)
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